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Poésie

Posts Tagged ‘ballotté’

NOUS (Anton Delvig)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2018



Illustration: Odilon Redon
    
NOUS

Pauvres de nous ! Notre esprit? — Une torche éclairant
dans la brume
Notre canot ballotté sur l’océan des douleurs ;
Notre bonheur? — L’ignorance, le rêve, l’informe démence :
Une bougie pour l’enfant, pour le jeune homme l’amour.

(Anton Delvig)

 

Recueil: Le soleil d’Alexandre Le Cercle de Pouchkine
Traduction: André Markowicz
Editions: Actes Sud

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LA CONSCIENCE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



Illustration: Xing Jianjian 
    
LA CONSCIENCE

Est-ce toi dans cette petite vie
Dans l’intérieur si mal tenu de ma poitrine
Tu fais si peu de bruit que je crains de te perdre
Et tu passes sur moi comme une main mouillée
Je peux t’abandonner comme au cours d’un voyage
On oublie dans un lit d’hôtel ou d’un meublé
Une fatigue de dix ans un corps maussade
Malgré moi je saurai bien te retrouver
Au détour d’un jour creux et doux comme une ruine
Dans l’avenue trop courte où mes jours sont comptés
Car j’ai besoin de toi comme l’enfant prodige
Ballotté dans les draps brûlants de la pensée
Se réveille en criant c’en est trop du vertige
Un peu d’eau douce
Dans cette grande solitude salée
Je saurai te donner toujours la préférence
Ce peu de moi si loin de moi qui me revient
Épousé par tant d’angles durs de murs atroces
Cette balle sanglante et triste comme un poing.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Je suis! (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2017



Illustration: Andrew Murray
    
Je suis!

Je suis – mais qui je suis, nul ne sait ou s’en soucie ;
Mes amis me délaissent tel un souvenir vieux :
De mes propres souffrances je me rassasie-
Elles enflent et meurent dans un essaim oublieux
Comme les ombres de nos affres amoureuses-
Et pourtant je suis et je vis –ballotté, vaporeux,

Dans le vaste néant du mépris et du bruit,
Dans l’océan vivant des rêves éveillés
Sans le moindre bonheur et sans la moindre vie,
Seul le grand naufrage de mes vies estimées ;
Et même les êtres que j’aime, les êtres chers,
Me sont devenus étrangers –et je les perds.

Je rêve de lieux ou nul homme n’a marché,
Où nulle femme encore n’a souri ni pleuré,
Ainsi là avec Dieu, toujours, y demeurer,
Et rêver tel qu’enfant doucement j’ai rêvé,
Serein et calme, couché dans un songe éternel,
L’herbe en dessous –par-dessus, l’arche du ciel.

***

I am!

I am—yet what I am none cares or knows;
My friends forsake me like a memory lost:
I am the self-consumer of my woes—
They rise and vanish in oblivious host,
Like shadows in love’s frenzied stifled throes
And yet I am, and live—like vapours tossed

Into the nothingness of scorn and noise,
Into the living sea of waking dreams,
Where there is neither sense of life or joys,
But the vast shipwreck of my life’s esteems;
Even the dearest that I loved the best
Are strange—nay, rather, stranger than the rest.

I long for scenes where man hath never trod
A place where woman never smiled or wept
There to abide with my Creator, God,
And sleep as I in childhood sweetly slept,
Untroubling and untroubled where I lie
The grass below—above the vaulted sky.

(John Clare)

 

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Passage protégé (Patrick Williamson)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017



Illustration: Andrzej Malinowski

    
Passage protégé

Un morceau de bois ravi par la tempête virevolte
au bout de boucles qui se mordent la queue — toi
la bouée d’un fétu, le métronome qui bat comme
le bateau ballotté par des embardées contraires — des courbes
charriées tels les battements de ton coeur sous la peau
un souffle régulier soulevant ta poitrine — se précipite
ordonnant à ceux qui nagent de regagner la berge
planches, épaves charriant le reste — m’enivrant
par ton odeur, ta présence, cette présence
dont je suis si intime, ce corps que je veux — toucher

***

Safe passage

A piece of wood salvaged by the storm lurches past
on curled tips that chase their tails — you
the safety of a straw, the metronome beating
as the boats rock in counter yaw — curves
carried like your heart pulses under skin,
steady breath lifting your chest — rushing past
commanding those who swim to take to land, boards
and flotsam will carry the rest — lifting me
with your soent, your presence, that presence
I am so close to, that body I wish — to touch.

(Patrick Williamson)

 

Recueil: Trois rivières
Traduction: Max Alhau
Editions: L’Harmattan

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Morceau de bois ballotté? (Sugawara no Michizane)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2017



Illustration: Jean-Michel Folon 
    

morceau de bois ballotté et
dans les vagues blanches debout et
dans le sel qui consume et
vers quel amer et obscur
fond de la vaste mer suis-je ?

(Sugawara no Michizane)

 

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