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Tempête (Célie Diaquoi-Deslandes)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2019



 

tempête

Tempête

L’orchestre infernal de la nature
S’est mis en branle ce soir
Sous un ciel capitonné de noir
Éclairs de cymbale, orage.
Les arbres se dévêtent en dansant
Les bananiers et les pins
Dansent la valse brillante de l’ouragan
La mer exécute sa partition macabre
Écarquille ses yeux bleus
Bruit de vagues se mariant
Aux fausses notes de la pluie
Le vent fredonne un glas
Interminable et grave
C’est fête en enfer.

(Célie Diaquoi-Deslandes)

Illustration

 

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Le réveil (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



 

Tranquillo Cremona   rl

Le réveil

Sur ce lit de roseaux puis-je dormir encore ?
Je sens l’air embaumé courir autour de toi ;
Ta bouche est une fleur dont le parfum dévore :
Approche, ô mon trésor, et ne brûle que moi.
Éveille, éveille-toi !

Mais ce souffle d’amour, ce baiser que j’envie,
Sur tes lèvres encor je n’ose le ravir ;
Accordé par ton coeur, il doublera ma vie.
Ton sommeil se prolonge, et tu me fais mourir :
Je n’ose le ravir.

Viens, sous les bananiers nous trouverons l’ombrage.
Les oiseaux vont chanter en voyant notre amour.
Le soleil est jaloux, il est sous un nuage,
Et c’est dans tes yeux seuls que je cherche le jour :
Viens éclairer l’amour.

Non, non, tu ne dors plus, tu partages ma flamme ;
Tes baisers sont le miel que nous donnent les fleurs.
Ton coeur a soupiré, viens-tu chercher mon âme ?
Elle erre sur ma bouche et veut sécher tes pleurs.
Cache-moi sous des fleurs.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Tranquillo Cremona

 

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La fontaine (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
La fontaine

Dans la pâleur de l’air se dresse mon désir,
Fraîche rumeur sans repos sur un fond de verdure,
Telle une svelte colonne tronquée dont la grâce
Couronne le calme déjà céleste des eaux.

Bananiers et châtaigniers bordent de lisses avenues
Et emportent tout au loin mon soupir diaphane,
De chemins lumineux en nuages légers,
Du vol ralenti des colombes grises.

Au pied des statues vaincues par le temps,
Alors que je copie leur pierre dont le charme a figé
Ma tremblante sculpture de ces instants liquides,
Unique entre les choses, je meurs et toujours renais.

Ce jaillissement sans fin vient de la lointaine
Cime où tombèrent les dieux, des siècles
Passés, et son accent de paix baigne encore la vie
Qui dore faiblement le bleu de ma fougue glacée.

En moi flottent au vent les traces apaisées
De vieilles passions, de gloires et de deuils d’antan,
Ils demeurent, dans l’ombre naissante du soir,
Mystérieux face à la vaine rumeur de l’éphémère.

La magie de l’eau fige les instants :
Je suis le divin secours de la peine des hommes,
L’image de qui fuit la lumière pour l’ombre,
Le trouble de la mort devenu mélodie.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Les nuages
Traduction: Anthony Bellanger
Editions: Fata Morgana

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NOSTALGIE D’AMOUR (Li Yu)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



NOSTALGIE D’AMOUR

Attachés par une épingle de jade
Ses cheveux ondulent comme des nuages
Enveloppée dans une souple robe de soie
Elle relève légèrement ses sourcils noirs

Le vent d’automne se fait fort
S’y mêle une pluie abondante
De l’autre côté du store en bambou
Les bananiers s’agitent
Quelle impuissance ai-je devant la nuit si longue

(Li Yu)

 

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