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Poésie

Posts Tagged ‘bandelette’

A Cécile (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2017




    
A Cécile

Cette ville, oú j’ai défait tes bandelettes,
A jamais retiendra mon coeur orageux.
Garde bien les roses mortes de nos jeux
Et ces violettes.

Mercredi.

(Renée Vivien)

 

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SECONDE VIE ICARE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



 

SECONDE VIE
ICARE

La voix du soleil

Écoute écoute-moi car toi tu peux m’entendre
Je le vois à tes yeux sans repos
Je le vois à tes mains raidies lorsque les mots sont pauvres puis
comme des feuilles qui ne peuvent mieux faire que mourir
Je le sens à ce souffle qui te prend et te laisse comme si les oiseaux
t’avaient quitté
Écoute écoute-moi car toi tu peux sortir de ta chair et de ta maison
comme le ferait un mort neuf de ses bandelettes
Tu peux m’entendre toi qui sais que ces épis de blé que l’on sépare
ne témoigneront plus pour le chant de la terre
Tu peux m’entendre toi qui cherches la vie et la raison de vivre
Toi qui sais que tout est autre chose encore
Et le secret dont tu as une part aussi vrai que le son de tes pas
sur l’asphalte des villes

Ce cri que je suis
Ce cri que je suis en toi
Écoute-le et laisse ces royaumes sans énigmes où les jours
s’abattent l’un sur l’autre comme les volets d’une maison sage

Ce cri que je suis en toi fera tomber les écailles de ta première
naissance

Ce cri d’amour que je suis en toi
Ce cri d’amour que je suis en toi

Plus terrible que l’inquiétude du matin et que les mers dont la
nuit sonde les profondeurs
D’autres n’en veulent pas

Ils laissent accumuler en eux des moissons vaines entre lesquelles
je ne peux me frayer le passage

Ce cri
Ce cri terrible et tendre que je suis en toi habite ton visage le
plus nu
Qu’il te prenne que tu n’aies plus de cesse
Qu’il redresse ta jeune nuque qu’il batte à tes tempes
Et en ce point sacré entre tes deux yeux.

(Andrée Chedid)

Illustration: Henri Matisse

 

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Ecrire pour nous rappeler à l’évidence (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016



Ecrire pour nous rappeler à l’évidence.
A ce qui est en nous, et plus vaste que le langage.
Plus grand que nous, et qui n’a pas de nom.

Faire sentir, abrupt, ce qui en nous dépasse tout de nous.
A nouveau, la lumière. La belle lumière.

Comment le langage dirait-il le toucher de l’ange ?
Quel langage pour ce saisissement, pour cette étreinte ?
Quel langage pour cet amour ?
Est-ce poésie le balbutiement qui en témoigne,
ces mots qui tentent en vain de retrouver ?

Il n’y a rien d’autre à écrire, à récrire toujours que cela.
Et, toujours, le langage comme une tombe se referme.
Où était le surgissement, ne reste que les fines bandelettes du discours.

(Gérard Pfister)

Illustration: Viviane-Josée Restieau

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