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Posts Tagged ‘banlieue’

Je ne sais pas où finit La rue de Lagny (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2019




    
Je ne sais pas où finit
La rue de Lagny

Elle jaillit d’un coup
Boulevard de Charonne
Et suit son cours
Sans méandres
Canal domestique

Se goinfre de carbone
En sautant le périph

Et va partager ses eaux
Entre Saint-Mandé
Rive droite
Et Montreuil
Rive gauche

Tour à tour elle irrigue
Des immeubles morts
Machines à mouliner
Le fric
Des bâtisses à habiter
En batterie
Des pavillons de banlieue

Avec arbre
Derrière leurs remparts

Je tourne
Dans la rue Robespierre

Aujourd’hui encore
Je ne saurai où finit
La rue de Lagny

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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BANLIEUE (Louis Simpson)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2019




    
BANLIEUE

Pas question d’en sortir.
Tu es né pour rater ta vie.
Tu es né pour cette vie de classe moyenne

Comme d’autres avant toi
Etaient nés pour défiler en procession
Jusqu’à l’église en chantant.

***

IN THE SUBURBS

There’s no way out.
You were born to waste your life.
You were born to this middleclass life

As others before you
Were born to walk in procession
To the temple, singing.

(Louis Simpson)

 

Recueil: Nombres et poussière
Traduction:
Editions: Atelier La Feugraie

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C’est (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



C’est un vieux papier que je déplie
tramway du dimanche
course de ferraille sur une route de banlieue
complet complet
sonnerie jardin soleil bonjour papa
elle devait avoir des seins droits
dans le petit salon orné de marines
piano-noir-métal-doré
d’où nous regardions tomber la pluie

4h 1/2! si je m’habillais pour partir

(Pierre Albert-Birot)

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MARCHAND DE BALLONS (Manuel Bandeira)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



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MARCHAND DE BALLONS

Au marché de petite banlieue
Un homme loquace fait l’article de ses ballons de couleur :
— « Le meilleur amusement pour les enfants! »
Autour de lui, un cercle de petits enfants pauvres,
Regarde avec des yeux extasiés les grands ballons ronds.

Cependant le marché bat son plein.
Voici qu’arrivent les dames pauvres,
Et les servantes des dames riches,
Et les femmes du peuple, et les blanchisseuses des alentours.
Sur l’étal des poissonniers,
Dans les échoppes de céréales,
Auprès des paniers de légumes,
On marchande avec acrimonie pour un sou.

Les enfants pauvres ne voient ni les tendres petits pois
Ni les tomates écarlates,
Ni les fruits,
Ni rien.

On comprend bien que pour eux ici au marché
la seule marchandise utile et vraiment indispensable
ce sont les ballons de couleur.
Le vendeur infatigable bonimente :
– « Le meilleur amusement pour les enfants! »
Et autour de l’homme loquace les petits enfants pauvres font
un cercle inamovible de désir et d’émerveillement.

(Manuel Bandeira)

Illustration

 

 

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Au point du jour (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



au point du jour

il y aurait eu
pour refaire le temps
à force de gestes et de voyelles
des sables violents
comme une catastrophe au point du jour
mais le monde est aussi
ce visage un peu fatigué
qui dodeline dans un train de banlieue
fixe un de ses regards
pour choisir à travers la vitre
une exacte fenêtre allumée

(Hédi Kaddour)

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Guérison (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Illustration: Theodore Chassériau
    
Guérison

Le gazon nourri des vertes banlieues,
Ma forêt d’amour aux chemins vernis,
Sont tout pénétrés d’une pâte bleue
– D’un azur solide où planter des nids.

Fuyons les pays que leur gloire encombre
(Quel désert superbe on ferait ici)
Nous irons au bois fouler le décombre
De tout ce laurier cher à mes amis

Il faut mettre au vert notre poétique.
Ne te grise plus de métaphysique,
Laisse épanouir ton corps triomphant.

Tout s’arrangera si tu es bien ivre !
Muse des taillis qui ris de mes livres,
Allons dans les bois te faire un enfant.

(Odilon-Jean Périer)

 

 

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Revoir Paris (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018


 


 

Revoir Paris

Revoir Paris
Un petit séjour d´un mois
Revoir Paris
Et me retrouver chez moi
Seul sous la pluie
Parmi la foule des grands boulevards
Quelle joie inouïe
D´aller ainsi au hasard
Prendre un taxi

Qui va le long de la Seine
Et me revoici
Au fond du Bois de Vincennes
Roulant joyeux
Vers ma maison de banlieue
Où ma mère m´attend
Les larmes aux yeux
Le cœur content

Mon Dieu que tout le monde est gentil
Mon Dieu quel sourire à la vie
Mon Dieu merci
Mon Dieu merci d´être ici

Ce n´est pas un rêve
C´est l´île d´amour que je vois
Le jour se lève
Et sèche les pleurs des bois
Dans la petite gare
Un sémaphore appelle ces gens
Tous ces braves gens
De la Varenne et de Nogent

Bonjour la vie
Bonjour mon vieux soleil
Bonjour ma mie
Bonjour l´automne vermeil
Je suis un enfant
Rien qu´un enfant tu sais
Je suis un petit Français
Rien qu´un enfant
Tout simplement

Paris

(Charles Trenet)

 

 

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LES USINES (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2017



 

 

LES USINES

Se regardant avec les yeux cassés de leurs fenêtres
Et se mirant dans l’eau de poix et de salpêtre
D’un canal droit, marquant sa barre à l’infini,
Face à face, le long des quais d’ombre et de nuit,
Par à travers les faubourgs lourds
Et la misère en pleurs de ces faubourgs,
Ronflent terriblement usines et fabriques.

Rectangles de granit et monuments de briques,
Et longs murs noirs durant des lieues,
Immensément, par les banlieues ;
Et sur les toits, dans le brouillard, aiguillonnées
De fers et de paratonnerres,
Les cheminées.

Se regardant de leurs yeux noirs et symétriques,
Par la banlieue, à l’infini,
Ronflent le jour, la nuit,
Les usines et les fabriques.

Parée et noire et opulente,
Au cri des orgues violentes
Qui la célèbrent,
La mort tout en ténèbres
Règne, comme une idole assise,
Sous la coupole des églises.

Des feux, tordus comme des hydres,
Se hérissent, autour du catafalque immense,
Où des anges, tenant des faulx et des clepsydres,
Dressent leur véhémence,
Clairons dardés, vers le néant.

Le vide en est grandi sous le transept béant ;
De hautes voix d’enfants
Jettent vers les miséricordes
Des cris tordus comme des cordes,
Tandis que les vieilles murailles
Montent, comme des linceuls blancs,
Autour du bloc formidable et branlant
De ces massives funérailles.

Drapée en noir et familière,
La Mort s’en va le long des rues
Longues et linéaires.

Drapée en noir, comme le soir,
La vieille Mort agressive et bourrue
S’en va par les quartiers
Des boutiques et des métiers,
En carrosse qui se rehausse

De gros lambris exorbitants,
Couleur d’usure et d’ancien temps.

Drapée en noir, la Mort
Cassant, entre ses mains, le sort
Des gens méticuleux et réfléchis
Qui s’exténuent, en leurs logis,
Vainement, à faire fortune,
La Mort soudaine et importune
Les met en ordre dans leurs bières
Comme en des cases régulières.

Et les cloches sonnent péniblement
Un malheureux enterrement,
Sur le défunt, que l’on trimballe,
Par les églises colossales,
Vers un coin d’ombre, où quelques cierges,
Pauvres flammes, brûlent, devant la Vierge.

Vêtue en noir et besogneuse,
La Mort gagne jusqu’aux faubourgs,
En chariot branlant et lourd,
Avec de vieilles haridelles
Qu’elle flagelle
Chaque matin, vers quels destins ?
Vêtue en noir,
La Mort enjambe le trottoir
Et l’égout pâle, où se mirent les bornes,
Qui vont là-bas, une à une, vers les champs mornes ;
Et leste et rude et dédaigneuse
Gagne les escaliers et s’arrête sur les paliers
Où l’on entend pleurer et sangloter,
Derrière la porte entr’ouverte,

(Emile Verhaeren)

 

 

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Pauvre banlieue parisienne (Louis-Ferdinand Céline)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2016



Pauvre banlieue parisienne,
paillasson devant la ville où chacun s’essuie les pieds,
crache un bon coup,
passe,
qui songe à elle?
Personne.
Abrutie d’usines,
gavée d’épandages,
dépecée, en loques,
ce n’est plus qu’une terre sans âme,
un camp de travail maudit
où le sommeil est inutile,
la peine perdue,
terne la souffrance.
« Paris, capitale de la France! »
Quelle chanson!
Quelle publicité!
La banlieue tour autour qui crève,
qui s’en soucie?
Personne, bien-sûr!
Elle est vilaine, voilà tout!
Banlieue de hargne vaguement mijotante
d’une espèce de révolution
que personne ne pousse ni n’achève,
malade à mourir toujours et ne mourant pas.

(Louis-Ferdinand Céline)

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On joue à se ressembler (René Laporte)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2016



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On vit dans une odeur d’usine et de banlieue
entre les douaniers et la police des sentiments
on joue à se ressembler
dans les reflets des devantures…

(René Laporte)

 Illustration

 

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