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Poésie

Posts Tagged ‘barre’

Adieux (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018



Dame au corsage en dentelle
A la simple jupe écossaise,
Depuis que vous êtes partie
Le vide dans la maison
Blesse toute pensée. En votre présence
Le temps coulait, paisible, ancré
A un sourire, mais l’absence
A déséquilibré l’amour, désamarré
Les jours. Ils roulent et rebondissent
Au travers du calendrier
Tanguant sous le doux son
De votre voix tendre comme une fleur.
Le besoin de vous se brise sur ma grève;
Vous êtes partie, je suis à la dérive.
Jusqu’à ce que vous repreniez la barre
Mon être est en révolte.

(Seamus Heaney)

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Le cube de bois (Herbert Zbigniew)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018




    
Le cube de bois

Le cube de bois ne peut être décrit que de l’extérieur.
Nous sommes ainsi condamnés à une ignorance éternelle quant à son essence.

Même si on le coupe vite en deux, son intérieur devient tout de suite son extrémité
et le secret devient peau en un éclair.

Il est donc impossible de fonder la psychologie d’une boule de pierre,
d’une barre de fer, d’un parallélépipède de bois.

(Herbert Zbigniew)

 

Recueil: Corde de lumières oeuvres poétiques complètes
Traduction: Brigitte Gautier
Editions: LE BRUIT DU TEMPS

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LES SOINS JALOUX (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Marie Laurencin 

    

LES SOINS JALOUX

Il ne faut pas que tu te coiffes, de peur que le fer trop chaud ne brûle ta nuque ou tes cheveux.
Tu les laisseras sur tes épaules et répandus le long de tes bras.

Il ne faut pas que tu t’habilles, de peur qu’une ceinture ne rougisse les plis effilés de ta hanche.
Tu resteras nue comme une petite fille.

Même il ne faut pas que tu te lèves, de peur que tes pieds fragiles ne s’endolorissent en marchant.
Tu reposeras au lit, ô victime d’Érôs, et je panserai ta pauvre plaie.

Car je ne veux voir sur ton corps d’autres marques, Mnasidika,
que la tache d’un baiser trop long,
l’égratignure d’un ongle aigu, ou la barre pourprée de mon étreinte.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Trappe (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



Trappe

Il suffit de soulever la barre
pour vous faire accéder
à un autre niveau

Il suffit de descendre
au long de cette rampe
et l’on atteint le royaume des cavernes

Il suffit de grimper
au long de cette corde tendue
et le panorama jaillit dans la lumière

Il suffit de ramper au long
de ce tunnel pour atteindre
la liberté de l’autre côté des murailles

Il suffit de nager dans ce fleuve profond
pour que le sang de la jeunesse
irrigue à nouveau notre corps fané

(Michel Butor)

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BALLADE (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2018




    
BALLADE

avec toi dans l’arche de la pluie
entraîne tout ce que tu ne peux dire
si tu es nu partout sera l’entrée
ne cherche pas ses yeux déjà si proches
ils ont veillé tes longs sommeils

ne crains pas ses sûrs doigts de liane
ils nouent les instants futurs
des touffes d’herbe te serviront d’offrande
arrache-les vite sans les choisir
si tu oublies partout sera l’entrée

halée par le chant des arbres
l’arche s’allège avec tous ceux qui montent
même une flaque énumère le ciel
la pluie s’en va te laissant à la barre
si tu es nu partout sera le cap

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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DEVANT SOI (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2017




    
DEVANT SOI

Les dernières étincelles au bout des barres
Étoiles
Les trajectoires se dispersent dans les rideaux du ciel
C’est l’ombre qui traîne
Le sous-bois est plus sombre
Il ne fait pas encore nuit
sur la route
Les arbres se sont endormis
Entre les murs quelqu’un appelle
et passe
Un éclair d’hirondelle
Les roues tournent en remontant
On n’écouterait pas ce chant
Dans l’air où les oiseaux se cachent
Des noms dans le temps qui s’effacent
Et seul celui qui reste
Entre les bras levés qui jamais ne se lassent
En attendant que quelque chose vienne
On ne sait quoi

(Pierre Reverdy)

 

Recueil: Main d’oeuvre
Editions: Mercure de France

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Je flotte (Sylvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2017



 

Jean Claude Barthel  flux et reflux

Je flotte
sur la barre
blanche
où flux et
reflux se
heurtent.

(Sylvia Baron Supervielle)

Illustration: Jean Claude Barthel

 

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Fleurs de colza (Aïkolshida)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



Fleurs de colza —
Le clou solitaire,
une barre dans la grange

(Aïkolshida)

 

 

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Au fond des souterrains (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2017



Illustration: Pascal Renoux
    
Au fond des souterrains où je te rencontre,
que ce soit dans une rue barrée par la nuit,
que ce soit dans une chambre coupée par quatre murs,
ton corps a le poids exact du vent
qui bouge dans un matin de soleil et de rosée.

Dans le feuillage des baisers que tu me donnes,
je découvre peu à peu ton visage
et quand je trempe mes lèvres dans ta bouche,
c’est comme si ta chair s’ouvrait sur son noyau.

De ma vie à la tienne tout regard est inutile
puisque tu t’étends sur le lit
comme un peu de ciel arraché à l’espace,
puisque nos deux peaux se baignent l’une dans l’autre
avec le frisson dont s’éveille à l’aube une plaine.

De la même façon qu’on entend dans le soir
le pas de l’océan monter vers la terre,
on n’entend plus dans la chambre
que le bruit des vagues qui portent mon corps vers le tien.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Larguez les amarres (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2016




Larguez les amarres

Larguez les amarres
On est embarqués
Je suis à la barre
C’est pour naviguer
Le temps nous prépare
De quoi bourlinguer
Pour changer de quai
Larguez les amarres

Carguez les voilures
Virons à tribord
Le vent est d’allure
À virée du nord
À deux encablures
La lune s’endort
Pour changer de port
Carguez les voilures

Accostés la veille
Repartis demain
Avec des merveilles
Au creux de nos mains
Ton œil appareille
Vers mes lendemains
Au gré des chemins
Accostés la veille

Si j’ai la tempête
J’aurai vos soleils
Si j’y perds la tête
J’aurai vos conseils
Si quelque mouette
Hante vos sommeils
Restez en éveil
Et soyez poète

Le temps d’une rose
Vous fasse la cour
Qu’un oiseau se pose
Dans vos alentours
Acceptez que j’ose
Vous dire l’amour
Et comme il est court
Le temps d’une rose

J’inscris cette escale
Au journal de bord
Avec dans mes cales
La vie et la mort
À même fringale
De l’âme et du corps
Je veille et je dors
Selon vos escales

J’ai mal à me dire
Qu’il est quelque part
Des voiles qui virent
Mon dernier départ
Tel est mon navire
Toujours en retard
Lancé par hasard
Mais c’est mon navire

Larguez les amarres
On est embarqués
Je suis à la barre
C’est pour naviguer
Le temps nous prépare
De quoi bourlinguer
Pour changer de quai
Larguez les amarres

(Gilles Vigneault)

Illustration: Vladimir Kush

 

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