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Poésie

Posts Tagged ‘barreau’

J’aspire à m’enfouir sous les arbres (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2020



Illustration: Karen L’Hemeury  
    
J’aspire à m’enfouir sous les arbres. Je suis
Comme ces animaux sauvages que des hommes

Ont pris, saisis, traînés dans la ville où nous sommes,
Et qui, dans une cage enfermés tristement,
Voyant la face humaine avec étonnement,
Font tous les mouvements d’un serpent qui se sauve,
A travers les barreaux passent leur museau fauve,
Et sombres, effarés, pensifs, cherchent à voir
Quelque taillis épais, quelque buisson bien noir,
Un trou profond caché dans un fouillis champêtre,
Où tout a coup dans l’ombre ils puissent disparaître

(Victor Hugo)

 

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L’improbable (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020



L’improbable

Une plume entre
en voltigeant
par les barreaux
de la prison.

Une plume blanche
au fond de l’ombre
s’est posée.

Parmi toutes les pensées
du monde
d’où vient cette intention
de l’oiseau

et du vent?

(Jean Mambrino)

 

 

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LES CERCLES (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

 

LES CERCLES

Les cercles tournent en rond,
Et les cercles tournent en rond,
A la rencontre de leur propre queue.

Les saisons viennent, les saisons vont,
Les années dressent leurs barreaux,
Et voici qu’un jour on est en prison.

Comme l’écureuil dans sa cage,
Parce que ronde est la prison…
Et parfois l’on se trouve
La tête au fond.

***

Circles
The circles spin round
And the circles spin round
And meet their own tail.

Seasons come, seasons go,
The years build their bars
Till we’re in jail.

Like a squirrel in a cage –
For the jail is round –
We sometimes find
Ourselves upside down

(Langston Hughes)

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HERBE VIVE (Louis Guillaume)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2019



HERBE VIVE

L’herbe du soir a parcouru trop de chemin
Le ciel ouvre ses guichets noirs
Le coeur des maisons pompe le sommeil
La pluie s’allonge sur l’ardoise

L’oiseau de minuit brise les barreaux
Un pauvre tend les mains vers celles de l’absence
Dans ses prisons le sang circule
La liberté de l’eau s’arrête au creux des pas

Un chien que l’aube effacera
s’enfuit plus loin que les ornières
La rivière de l’ombre affûte son silence
aux berges vives des écorces

Le temps stagne sur les cadrans
Chaque arbre attend comme une éponge
Seuls remplissant les murs comblés d’air et de songes
les dormeurs continuent de vivre

Pourtant le feu couvant sous terre
prépare des linceuls fleuris
Un enfant pleure et tu souris
à la naissance des primevères

La plante aux racines errantes
soudain sur la pelouse a fixé sa promesse
Déjà s’offre à la plaie du jour
toute chair encore immobile

L’herbe du matin luit à travers les volets
Le soleil sur mille pignons
se laisse clouer à coups d’ailes
Un homme s’échappe des pierres

(Louis Guillaume)

 

 

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Sur le mur (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2019



Illustration: Pablo Picasso
    
Sur le mur

Les persiennes ont dessiné
Des barreaux de lumière

Mitraillée
De souvenirs démembrés
De couplets en lambeaux
De ribambelles de mots désaccordés

Les bras en croix au fond d’un trou

Je ne suis plus je
Ni une autre

Et la nuit n’en finit pas

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Derrière les barbelés de ma captivité (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019



 

Derrière les barbelés de ma captivité
s’alourdit de graines inemployées ma jeunesse…
Prisonnier de guerre.
Ma liberté dans une cage aux barreaux espacés
— Plus espacés que mon corps
moins larges que ma nostalgie errante —
Cheval au galop qui revisite ma vie…
mon front sourd écrase mes mots…
j’ai voyagé comme je n’ai pas voulu
j’ai demeuré plus que je n’ai voulu…

(Guy Lévis Mano)

 

 

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Propos du prisonnier (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2019




    
Propos du prisonnier

Raies de lumière sur nos murs
coincées dans l’ombre des barreaux
vous expliquez cette aventure
où tout l’amour semble de trop

nuit verrouillée sans ouverture
tu régnerais dans nos cachots
rien que la nuit la nuit qui mure
battant du pas de nos bourreaux

la moindre fente qui répand
cette chaleur d’un monde clair
vaudra toujours tout le ciment
où tourne en rond notre colère.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Pour sortir de prison (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



 

Mais vraiment pour sortir de prison
a-t-on besoin de connaître le bois de la porte,
l’alliage des barreaux, d’établir l’exacte
gradation de la couleur? A devenir
comme ça de grands experts, on court le risque,
après, de s’y attacher. Si tu veux vraiment
sortir de prison, sors tout de suite,
et même, avec ta voix deviens une chanson.

(Patrizia Cavalli)

Illustration

 

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Mais dis-moi, Blaise (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



Mais dis-moi,
Blaise,
réponds,
ne t’en déplaise,
à ma petite question :
ton oiseau magique
au beau plumage,
Monsieur Cendrars,
n’était-il pas,
par hasard,
enfermé dans une cage ?

Elle est si tragique,
la beauté,
quand elle est emprisonnée…

Et le cri dont tu parles,
comme le « sifflement d’un petit jet de vapeur »,
n’était-il pas simplement
chant de désespoir
plutôt que de bonheur?

Prévert, lui,
après que l’oiseau
est entré dans la cage,
en efface les barreaux.

Il faut libérer les oiseaux
et tous les animaux.
Et les humains aussi,
de la prison de leurs préjugés.
« Effacer un à un tous les barreaux ».

Et que Jacques Prévert
prête à Paul Eluard
le pinceau de son poème
pour qu’il puisse calligraphier
sur les murs de la cité
Le doux nom de
« LIBERTĖ » !

(Béatrice Bastiani-Helbig)

 

 

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À la fenêtre (Edmond-Henri Crisinel)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2018




    
À la fenêtre, je sais qu’il y a des roses,
des roses rouges d’arrière-automne,
les plus hautes du rosier grimpant.

Je n’ose les regarder, elles sont d’un autre monde,
celui qui s’arrête au bord de ma fenêtre.
Je me souviens d’avoir aimé les roses ;
ce souvenir m’est odieux.

Ne pas pouvoir oublier, voilà ce qui me dévore,
et ces roses ne sont là,
fleurs avancées du monde aux portes de l’enfer,
que pour aviver le feu du souvenir !

Au-dessus des roses,
je vois des arbres et des maisons, des arbres
et des maisons quelconques ;
là-bas, la vie continue ;

des femmes se penchent à la fenêtre,
des enfants crient dans une cour, un tram démarre,
une cloche sonne les heures ;
ici, le temps s’est arrêté.

Le tintement de l’horloge, au-dessous de ma chambre,
n’est plus qu’un son bizarre, hallucinant,
dont j’écoute les vibrations, dans mes nuits d’insomnie ;
le sommeil, lui aussi, s’est arrêté.

Il n’y a plus de temps ni de sommeil :
rien qu’une effrayante mémoire.
Petites dents d’une scie aigüe,
les vibrations de l’horloge me font mal au cerveau.

Je voudrais pouvoir les saisir au vol,
comme on fait des mouches irritantes,
et les réduire au silence.

Par-dessus les arbres,
il y a le ciel, visible par petits carrés,
entre les barreaux de ma fenêtre,
toujours hermétiquement close.

(Edmond-Henri Crisinel)

 

Recueil: Alectone
Traduction:
Editions:

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