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Poésie

Posts Tagged ‘barreau’

Derrière les barbelés de ma captivité (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019



 

Derrière les barbelés de ma captivité
s’alourdit de graines inemployées ma jeunesse…
Prisonnier de guerre.
Ma liberté dans une cage aux barreaux espacés
— Plus espacés que mon corps
moins larges que ma nostalgie errante —
Cheval au galop qui revisite ma vie…
mon front sourd écrase mes mots…
j’ai voyagé comme je n’ai pas voulu
j’ai demeuré plus que je n’ai voulu…

(Guy Lévis Mano)

 

 

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Propos du prisonnier (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2019




    
Propos du prisonnier

Raies de lumière sur nos murs
coincées dans l’ombre des barreaux
vous expliquez cette aventure
où tout l’amour semble de trop

nuit verrouillée sans ouverture
tu régnerais dans nos cachots
rien que la nuit la nuit qui mure
battant du pas de nos bourreaux

la moindre fente qui répand
cette chaleur d’un monde clair
vaudra toujours tout le ciment
où tourne en rond notre colère.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Pour sortir de prison (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



 

Mais vraiment pour sortir de prison
a-t-on besoin de connaître le bois de la porte,
l’alliage des barreaux, d’établir l’exacte
gradation de la couleur? A devenir
comme ça de grands experts, on court le risque,
après, de s’y attacher. Si tu veux vraiment
sortir de prison, sors tout de suite,
et même, avec ta voix deviens une chanson.

(Patrizia Cavalli)

Illustration

 

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Mais dis-moi, Blaise (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



Mais dis-moi,
Blaise,
réponds,
ne t’en déplaise,
à ma petite question :
ton oiseau magique
au beau plumage,
Monsieur Cendrars,
n’était-il pas,
par hasard,
enfermé dans une cage ?

Elle est si tragique,
la beauté,
quand elle est emprisonnée…

Et le cri dont tu parles,
comme le « sifflement d’un petit jet de vapeur »,
n’était-il pas simplement
chant de désespoir
plutôt que de bonheur?

Prévert, lui,
après que l’oiseau
est entré dans la cage,
en efface les barreaux.

Il faut libérer les oiseaux
et tous les animaux.
Et les humains aussi,
de la prison de leurs préjugés.
« Effacer un à un tous les barreaux ».

Et que Jacques Prévert
prête à Paul Eluard
le pinceau de son poème
pour qu’il puisse calligraphier
sur les murs de la cité
Le doux nom de
« LIBERTĖ » !

(Béatrice Bastiani-Helbig)

 

 

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À la fenêtre (Edmond-Henri Crisinel)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2018




    
À la fenêtre, je sais qu’il y a des roses,
des roses rouges d’arrière-automne,
les plus hautes du rosier grimpant.

Je n’ose les regarder, elles sont d’un autre monde,
celui qui s’arrête au bord de ma fenêtre.
Je me souviens d’avoir aimé les roses ;
ce souvenir m’est odieux.

Ne pas pouvoir oublier, voilà ce qui me dévore,
et ces roses ne sont là,
fleurs avancées du monde aux portes de l’enfer,
que pour aviver le feu du souvenir !

Au-dessus des roses,
je vois des arbres et des maisons, des arbres
et des maisons quelconques ;
là-bas, la vie continue ;

des femmes se penchent à la fenêtre,
des enfants crient dans une cour, un tram démarre,
une cloche sonne les heures ;
ici, le temps s’est arrêté.

Le tintement de l’horloge, au-dessous de ma chambre,
n’est plus qu’un son bizarre, hallucinant,
dont j’écoute les vibrations, dans mes nuits d’insomnie ;
le sommeil, lui aussi, s’est arrêté.

Il n’y a plus de temps ni de sommeil :
rien qu’une effrayante mémoire.
Petites dents d’une scie aigüe,
les vibrations de l’horloge me font mal au cerveau.

Je voudrais pouvoir les saisir au vol,
comme on fait des mouches irritantes,
et les réduire au silence.

Par-dessus les arbres,
il y a le ciel, visible par petits carrés,
entre les barreaux de ma fenêtre,
toujours hermétiquement close.

(Edmond-Henri Crisinel)

 

Recueil: Alectone
Traduction:
Editions:

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Le pèlerin (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Tu ne marcheras jamais assez
pèlerin perceur fou d’horizon
La terre apprise est une prison
Les barreaux sont les chemins comptés
Tu ne rêveras jamais assez
La mer l’ennemi est déraison
Mais le ciel le bleu ciel insaisissable
est un murmure contenu de pierres
amoureuses dont le temps fait des bornes

(Edmond Jabès)


Illustration

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Les désirs (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018




    
Les désirs sont peuplés d’objets qui nous épellent.

Les objets sont les bornes que nous déplaçons
dans l’entêtement fébrile de nous atteindre.

Il y a l’objet et sa geôle.
Le poète scie les barreaux dans l’ombre.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

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RESPIRE ENCORE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018




    
RESPIRE ENCORE

La trahison sait emmurer le coeur
mais les prés et les bois là-bas sont libres.
Les soirs sont les barreaux de ta cellule
mais l’air t’apporte encor l’odeur des roses.

Respire encore, ô coeur, comme un feuillage
qui se balance à peine avant l’orage
ou qui s’égoutte après l’assaut des pluies.

Ou laisse au moins s’effeuiller ce langage
longtemps dans l’ombre ainsi qu’au loin les roses.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’ai vu (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018




    
J’ai vu non pas l’ombre,
mais entre l’ombre des barreaux
la douce lumière du vide

(Bernard Noël)

Découvert ici: http://www.arthesee.org/

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PAR DES BARREAUX NOUVEAU-NÉS (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Illustration: Edward Hopper
    
PAR DES BARREAUX NOUVEAU-NÉS

Une femme en amour devant une fenêtre vide. Des
yeux bleu ardent, bleu lanière. Un corps arqué sur le
désespoir de son nom. Dehors le grand tumulte harassé
des étoiles contre le ciel semble ne plus s’ouvrir, ne plus
suspendre l’issue de leur perfection qu’à cette véhé-
mence brouillée de larmes puériles, qu’à ce gémisse
ment, qu’à ce silence.

(Jacques Dupin)

 

Recueil: Le corps clairvoyant
Traduction:
Editions: Gallimard

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