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Poésie

Posts Tagged ‘barrer’

L’Homme cosmique (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021



    

L’Homme cosmique

Mes yeux parcourent le monde et nul horizon ne barre ma vue ;
je vois Tokyo et Paris et New-York,
je vois les bombes exploser sur Barcelone et dans les rues de Canton.
Les méfaits sans nombre de l’homme et ses rares bienfaits se déroulent en moi.
Je suis la bête qu’il tue, l’oiseau qu’il nourrit et sauve;
Les pensées d’esprits inconnus vibrent en moi et m’exaltent ;
je porte la douleur de millions d’êtres dans ma poitrine solitaire.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Le pic épeiche (Yvon Le Men)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2021



Illustration
    
Le pic épeiche

La tête barrée de rouge les
plumes couvertes de vert
le ventre gonflé de gris
l’oeil noir

l’oiseau pique et pêche
des vers dans l’herbe mouillée

son nom
lui va comme un gant

comme les noms que j’espère trouver en
marchant
au bord de mes poèmes.

(Yvon Le Men)

 

Recueil: Les mains de ma mère
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Nous nous convertissons nous adhérons (Albane Gellé)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2020



Illustration: Ana Cruz
    
Nous nous convertissons
nous adhérons nous payons cher
nos violentes appartenances
nous barrons le passage
à la petite voix
celle-là dedans qui tambourine
des au secours à tout-va
nous flottons entre-deux
coupant les racines
et coupant les ailes
nous sommes nombreux
et nous sommes seuls.

(Albane Gellé)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: L’au-delà de nos âges
Traduction:
Editions: Cheyne

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SUR UN LIT… (Menahem Boraisha)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



Illustration: Jules Bastien-Lepage
    
SUR UN LIT…

Sur un lit dur, derrière un mur de planches
On entend des pas comme un chuchotis,
La femme des bois fait bruire les branches,
Sa robe se froisse à longs plis.

Pareils à l’eau d’un lac ses seins ondoient,
Cordes nouées ses nattes sont de chanvre,
Vaste est son ventre, il oscille et se ploie
Au balancement de ses hanches.

Pour celui-là qui lui barre la route,
Homme viril qui saura la saisir,
Sa forme soudain devient frêle et douce,
Sa chair frémit d’attendre le plaisir.

À l’abandon les épaules pesantes,
Ses seins sont brûlants d’un feu germinal
Et sa beauté dévoile, consentante,
Le bois sauvage et le giron natal.

La moisson neuve ayant comblé ses sens
Elle a quitté son complice de chair,
Rêvant déjà retrouver la puissance
D’un autre amant sur les chemins déserts.

Où la terre est de mousse et sont tendres les touffes
Ses enfants furent allaités,
Dans chaque appel que la forêt étouffe
Lui vient l’écho de sa fécondité.

Tombent les plis, s’apaise la rumeur,
La femme des bois retient son élan,
Quelqu’un puissamment en elle demeure
Désir éternel et violent.

(Menahem Boraisha)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je l’ai écrit sur une ardoise (Marina Tsetaeva)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2019



 Illustration: Marc Chagall
    
Je l’ai écrit sur une ardoise,
Sur les papiers des éventails
Et sur les rives, et sur les berges,
Patins sur glace, anneau sur verre,

Sur des troncs d’arbres centenaires,
Afin que sache le monde entier,
Je l’ai signé en arc-en-ciel,
Oui, que je t’aime, je t’aime, je t’aime !

Comme j’ai voulu que tous fleurissent
Des siècles, en moi et sous mes doigts.
Puis j’ai barré, biffé, rayé,
Front dans les mains — des noms — combien ?

Gravé dans l’or de mon alliance,
Serré au coeur, brûlant le sein :
Ton nom, toi seul, à l’intérieur,
— Table de Moïse — tu demeures.

(Marina Tsetaeva)

 

Recueil: Mon dernier livre 1940
Traduction: Véronique Lossky
Editions: Cerf

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Ce qui barre la route (Jean de La Bruyère)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



Ce qui barre la route
fait faire du chemin.

(Jean de La Bruyère)

 

 

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J’entre, sans le savoir, dans la maison d’un mort (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Zdzislaw Beksinski 6

J’entre, sans le savoir, dans la maison d’un mort.
Il me barre le seuil, je traverse son corps.
Je piétine un basset qui venait me flairer
et sa ligne s’écrase où coulent d’autres ombres ;
mes lèvres ont frôlé la bouche d’une femme,
je passe à gué le mur qui fut d’une prison
et je conduis mes yeux dans un brouillard étrange
où tous les disparus ne sont que transparence.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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EMBARRAS MATINAL (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018




    
EMBARRAS MATINAL

Le sol ondule autour
de mes pieds. Les fleurs sauvages
dans leur multitude, me font obstacle,
me barrent la route
m’empêchent de passer.
Je me sens embarrassé.
J’ai l’impression que m’entourent des milliers
de jolis petits poèmes.

Étudiant toute ma
vie la perfection,
je pense immobile
à la modicité de mes vers.

(Nikiforos Vrettakos)

 

Recueil: LA MYTHOLOGIE DES FLEURS
Traduction: N. Lygeros
Editions:

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Mal à l’homme (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



Gurbuz Dogan Eksioglu Turk 

Mal à l’homme

J’ai mal à la vie j’ai mal à l’homme
j’ai mal aux années que je n’ai pas vécues
j’ai mal à ma flamme moribonde
et aux hirondelles qui volent trop bas

J’ai mal à mes pavés qui ont des arêtes
aux vagabondages sans auberge
aux nuits qui n’éclairent pas leurs portes
et aux routes que barrent des écriteaux

J’ai mal aux bouches où s’égare le rire
aux chants qui cherchent des clairières
j’ai mal à la lourdeur de leurs pas
et à nos différences

J’ai mal à leurs ventres qui sont vides
j’ai mal aux creux qu’ils ont dans la joue
j’ai mal à notre liberté qui s’effile
à la haine qui va consumer
à l’amour aux rives du désert

J’ai mal aux couleurs qu’ils n’aiment pas
j’ai mal aux frontières en uniforme
au répit qu’ils ne savent pas prendre
à la joie esseulée et folle sur terre
qui n’arrive pas à pavoiser leurs dents

J’ai mal au monde entier
qui oublie l’exemple des moissons
et la liesse des guirlandes
j’ai mal à toutes les vies
parce qu’elles sont coiffées de mort

J’ai mal à l’avenir coincé dans les cavernes
à mon âme qui n’accepte pas
à mon corps qui n’a pas tout son soûl
et à ceux qui vont venir
et à ceux qui vont partir

car ils laissent les champs aux broussailles
et les oiseaux avoir peur du ciel

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

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Décrire n’est pas le monde (Carole Darricarrère)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



Ils disaient décrire n’est pas le monde.
Que les mots, l’écran, tous ces mots.
Voilaient le visage.
Que l’alignement des signes sans la lumière
n’est en vérité qu’abondante collection barrant l’accès.

(Carole Darricarrère)

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