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Posts Tagged ‘barrière’

RÉMINISCENCE DU FOYER (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



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RÉMINISCENCE DU FOYER

Vrai Nord. Nord de Vincent.
Entrevue

l’anti-terre de lumière. Et à travers chaque fissure
de terre, les champs
indigo qui brûlent
sous un vent foisonnant d’étoiles.

Ce qui est enfermé
dans l’oeil qui t’a pénétré
sert toujours
d’image du foyer : la barrière
d’une chaise vide, et le père, absent,
toujours fleurissant dans son vase
à la lunaire.

Tu fermeras les yeux.
Dans l’oeil du corbeau qui vole devant toi
tu te regarderas
te laisser en arrière.

(Paul Auster)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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CHANSON DU VAGABOND (Sakutarô Hagiwara)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



 

vagabond  _p

CHANSON DU VAGABOND
HYÓHAKUSHA NO UTA

Le jour est monté sur le talus
Et la tristesse rôde sous le pont.
Jusqu’au ciel infini
Les rails s’étirent, et derrière les barrières
Une ombre solitaire erre.

Oh, toi, le vagabond!
Tu viens du passé, et passes l’avenir,
Et poursuis une nostalgie éternelle.
Pourquoi vacilles-tu,
Marche triste des aiguilles du temps?
Comme on tue un serpent avec une pierre
Brise donc ce cercle de renaissance
Et foule et coupe cette lâche désolation.

Ah, plus solitaire que le diable
Tu as supporté l’hiver des frimas!
Sans jamais rien croire
Tu as connu l’exaspération de croire.
Sans jamais le nier
Tu as accusé ton désir.
Aussi pourquoi épuisé de tristesse
Rentrerais-tu là où tendrement enlacé t’embrasserait quelqu’un?
Jamais tu n’as rien aimé
Et on ne doit jamais t’aimer.

Oh, toi, désolation,
Tu montes la côte d’un morne couchant
Et vas errant sur un talus sans volonté
Mais nulle part il ne doit y avoir de pays.
Pour toi, il ne doit y avoir de pays!

(Sakutarô Hagiwara)

Illustration: Théophile Alexandre Steinlen

 

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Sonne, résonne, ma talianka (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018




    
Sonne, résonne, ma talianka aux peaux mélodieuses.
Cours à la barrière, la belle, au-devant du fiancé.

De bleuets mon coeur s’illumine, le turquoise l’embrase.
Je chanterai sur la talianka les yeux bleus de ma belle.

Dans les remous du lac ce n’est pas d’aurore qu’est tissée l’épure,
derrière le coteau ton fichu brodé, furtif, s’évanouit.

Sonne, résonne, ma talianka aux peaux mélodieuses.
Écoute, la belle, écoute, l’aubade du fiancé.

(Sergueï Essénine)

***

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Bienvenue (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018


chardon

Bienvenue
c’est un jour soleilleux
que l’on attend l’étranger.
Vêtu de drap noir et fin
et coiffé du chapeau haut
il va pousser la barrière
et dire amis me voici.

L’âne broutant le chardon bleu
la jument en robe sombre
le porc buveur de lait maigre
le chien au front étoilé
le chat sensible aux orages
devant lui seront les mêmes
qu’en la dure Antiquité.

(Jean Follain)

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MESSAGE (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



estampe chinoise -16

MESSAGE

Ami, je t’en conjure, ne viens pas me retrouver!
Tu meurtrirais les saules que j’ai plantés devant ma demeure.
Je ne dois plus t’aimer.

Il faut que j’obéisse à mes parents.
Je leur ai dit combien je t’aime, combien tu m’es nécessaire,
et j’ai entendu leurs violents reproches.

Ami, je t’en conjure, ne franchis pas le mur de notre cour!
Tu briserais les rameaux du jeune santal que j’arrose, chaque matin.
Il m’est impossible de te donner mon coeur.
La volonté de mon frère aîné est inébranlable, et il m’a défendu de t’aimer.

Ami, je t’en conjure, n’arrache pas la barrière où nous nous sommes accoudés, le soir de ton départ!
Tu déracinerais le rosier dont je vais respirer les fleurs, au crépuscule.

(La Flûte de Jade)

 

 

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CHAMP LIBRE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018




    
CHAMP LIBRE

L’océan bat son plein
La barrière est ouverte
On voit des chevaux d’or brouter les plantes vertes
Les deux bords du chemin
Les guirlandes de ciel qui passent par nos mains

Un visage se lève
Soir et matin le même rêve
La peau douce du vent
Je pars dans le soleil et tu marches devant
Le temps presse
A chaque pas vers toi je tombe de faiblesse
Le coeur ne répond plus
Je gagnais ton pardon si tu l’avais voulu

Sur le mur qui chancelle une ombre s’épanouit
Un reflet nous égare
Une voix dans la nuit

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Une éclaircie (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018



Illustration: Benoit Havard
    
Une éclaircie

Il fait plus noir
Les yeux se ferment
La prairie se dressait plus claire
Dans l’air il y avait un mouchoir
Et tu faisais des signes
Ta main sortait sous la manche du soir
Je voulais franchir la barrière
Quelque chose me retenait
Le cri venait de loin
Par derrière la nuit
Et tout ce qui s’avance
Et tout ce que je fuis
Encore
Je me rappelle
La rue que le matin inondait de soleil

(Pierre Reverdy)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Plupart du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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Que de barrières entre les êtres (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018




    

Que de barrières entre les êtres
et même entre ceux qui s’aiment !

Lorsqu’on a fini de détruire ces conventions
qui se dressent autour de nous,
il reste encore tout ce qui surgit de soi
avant même qu’on ait eu le temps de le surprendre.

Tout ce qui naît d’un geste maladroit ou d’un oubli
et qui porte en soi ce poison qui déforme.
Si l’on n’est pas en éveil,
tout nous sépare et nous enferme chacun dans sa propre cage.

(Andrée Chedid)

 

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Musique de chambre (Li Po)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2017




    
Musique de chambre

La fleur illustre et la beauté fatale l’une l’autre s’enchantent.
Souvent, le prince les regarde et sourit.
Sensible à la tristesse sans bornes du vent printanier,
Elle s’accoude sur la barrière nord du Pavillon de Santal.

(Li Po)

 

 

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AUX LISIÈRES (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



AUX LISIÈRES

I

Nous avons longtemps cru qu’il nous suffisait
d’allonger le bras pour toucher le ciel
et tenir en laisse le vieil horizon

si longtemps qu’en nous le geste demeure
à la vue d’une femme à l’aube surprise
lavant dans ses larmes le jour et la nuit

que plus rien ne reste à la fin que l’ombre
pour raser de frais au fil de l’amour
nos corps effondrés dans la chambre avec

le ciel comme un bras sur le parquet nu

II

Amour, disais-tu. J’entendais lisières
genêts, passerelles. Tes yeux résistaient.
Ce n’était pourtant qu’un seuil à franchir.

Déborder le corps et qu’amour soit d’eau
vive, non comme ici lac où tournent tournent
poissons et noyés, le ciel, les nuages

les belles promesses. Reste, disais-tu.
Je voyais mourir les hommes aux barrières
battre comme un bleu crevé par l’orage.

leurs bras affolés leurs ailes d’Icare.

(Guy Goffette)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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