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Poésie

Posts Tagged ‘basculer’

NUÉE (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



NUÉE

Comme si rien n’était solide, comme si
Je marchais sur un trou, comme si leurs corps denses
Allaient se diluer en poussière de nuit…

Mon geste vain s’ouvre et se ferme sur des formes
Qu’en plein jour le soir mange et mes yeux qui s’endorment

Ne percent plus la brume où s’enfoncent vos traits
Vous que je tiens, vous que je serre, et qu’en secret
Je veille dans la veille et le silence ainsi
Qu’une bête couvant en elle ses petits.

Un tournoiement abat le ciel bas sur les toits,
Est-ce le monde qui bascule ? suis-je moi ?
L’air vacille sans plus d’épaisseur que la vie.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

 

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Ma pensée rêve (Stéphane Sangral)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2019



Illustration: Philip McKay
    
Ma pensée rêve de dépasser le fait qu’elle n’est qu’un rêve
(le rêve de dépasser le fait qu’elle n’est qu’un rêve),
et bascule dans le vertige vain où rien n’existe,
pas même elle…

(Stéphane Sangral)

 

Recueil: Méandres et Néant
Traduction:
Editions: Galilée

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L’essentiel peut se dire en quelques phrases (Alexandre Romanès)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019




    
L’essentiel
peut se dire en quelques phrases,
eu-delà,
on bascule dans autre chose.

(Alexandre Romanès)

 

Recueil: Sur l’épaule de l’ange
Traduction:
Editions: Gallimard

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DANSEURS DE PARADIS (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2018



 

Ettore Aldo Del Vigo -  (90)

DANSEURS DE PARADIS

jusqu’à la fin des temps
et plus loin encore
dans tout ce bleu
qui n’est que toi
jusqu’à la fin des mondes
et plus loin encore
bien plus loin
sans jamais rien comprendre

dans tout ce bleu
qui n’est que toi
je remonte
vers la source
des hommes-questions
vers tous ceux
qui interrogent
la source sans source

je remonte
vers l’intérieur de tout
mille astres noirs
au fond de mes poches
je mets lentement au jour
cette force d’éden
de coeur en coeur
de lèvre en lèvre
de vie en vie

l’univers tout entier
suspendu
au visage d’une femme

je mets du baume
au monde
je marche l’immensité

je glisse et reglisse
le long des désolations
je remonte
vers les cendres fertiles
au jour le jour
à la nuit la nuit
j’écoute sans relâche
cette voix qui parle en moi
je l’écoute
aimanté par l’impossible
aimanté
par le fond des mondes

oui je dérive
vers la nuit de la nuit
je m’abandonne
aux avant-postes
des grands effondrements
je remonte
en fièvre pétrifiée
en étincelante déploration
mon âge se compte
en milliers d’étoiles
dans tout ce bleu
qui n’est que toi

j’accueille le jamais plus
comme si l’inquiétude
ne pouvait plus neiger en moi
dans tout ce bleu
qui n’est que toi

comme au premier jour
et les villes basculent
et les fleuves rebroussent chemin
dans la profondeur
des profondeurs
la sève circule
chez les danseurs de paradis

(Zéno Bianu)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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TU PASSES (Maurice Henry)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018




    
TU PASSES

Tu passes derrière la vie traînant sans effort l’invisible tapis de diamants
fine sur tes aiguilles tu t’avances
et la rue tangue et bascule et disparaît dans le fracas des volets de fer
dans le parfum de l’enfance à la recherche des étoiles perdues
dans le flux des visages rendus à la nuit

Tes yeux sont des lièvres à l’heure de la rosée
tes mains sont de sable d’été

Je tombe dans ton souffle je nage dans tes murmures
mais tu passes comme une torche

(Maurice Henry)

 

Recueil: Les poètes du Grand Jeu
Traduction:
Editions: Gallimard

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STAR (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2018



Illustration: Renaud Baltzinger
    
STAR

Mon âme s’est cassée
Je m’éparpille en moi…
Une peur
Me bascule, me secoue
Pas de coin où ma peur se cloue
A un sommeil oublieux.

(Fernando Pessoa)

 

Recueil: Poèmes français
Traduction:
Editions: de la Différence

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LA PLAGE D’ANGLE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



 

Alex Alemany_nina-de-agua

LA PLAGE D’ANGLE

Le vent fait basculer jusqu’à nos racines.
Nos dieux de passage abdiquent.
Nos cirques rétrécissent
sous les voûtes de demain.

Puis, nos enfants à venir,
Tiges aux fronts de chair,
Graviront à leur tour
l’esplanade du temps.

Pour eux.
Fauchons le vieil azur,
Échancrons nos murailles,
Dévidons nos édifices jusqu’au pivot.

Pour eux,
Multiplions les salines d’espérance,
Recouvrons pour eux
la ressemblance perdue.

Altéré de ce qui sera,
Quelqu’un en nous s’obstine —
S’obstine vers la plage d’angle
avec ses océans.

(Andrée Chedid)

Illustration: Alex Alemany

 

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Où cours-tu ? (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018



Illustration: Nathan Oliveira 
    
Il est difficile au milieu du brouhaha de notre civilisation
qui a le vide et le silence en horreur
d’entendre la petite phrase qui, à elle seule,
peut faire basculer une vie :
«Où cours-tu ?»

Il y a des fuites qui sauvent la vie :
devant un serpent, un tigre, un meurtrier.
Il en est qui la coûtent :
la fuite devant soi-même.
Et la fuite de ce siècle devant lui-même
est celle de chacun de nous.

«Où cours-tu ?»
Si au contraire nous faisions halte – ou volte-face –,
alors se révélerait l’inattendu :
ce que depuis toujours nous recherchons dehors
veut naître en nous.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: Le livre de poche

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ÉCOUTE (Else Lasker-Schüler)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2018


 


 

ÉCOUTE

Je vole dans la nuit
Les roses de ta bouche,
Pour qu’aucune femme n’y trouve à boire.

Celle que j’embrasse
M’enlève mes frissons,
Que j’ai peints autour de tes membres.

Je suis ton bord de chemin.
Celle qui te frôle,
Bascule.

Sens-tu ma soif de vivre
Partout
Comme une lisière lointaine ?

(Else Lasker-Schüler)

Illustration: Bruno Di Maio

 

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INTÉRIEUR (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018



 

INTÉRIEUR

Chair déchirée
du tout autre.
Et chaque chose ici, comme si c’était la dernière chose
à dire : le son d’un mot
marié à la mort, et la vie
qui est cette force en moi
à disparaître.

Volets clos. La poussière
d’un moi antérieur, vidant l’espace
que je ne remplis pas. Cette lumière
qui croît au coin de la pièce,
là où la pièce
entière
a basculé.

La nuit ressasse. Une voix qui ne me parle
que de choses infimes.
Pas même des choses — mais de leurs noms.
Et où n’est aucun nom —
de pierres. Le tintamarre des chèvres
remontant par les villages
de midi. Un scarabée
dévoré dans la sphère
de sa propre fiente. Et le pullulement violet
des papillons au loin.

Dans l’impossibilité des mots,
dans le mot imprononcé
qui asphyxie,
je me trouve.

(Paul Auster)

Illustration: Léon Bonnat

 

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