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Poésie

Posts Tagged ‘basculer’

TU PASSES (Maurice Henry)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018




    
TU PASSES

Tu passes derrière la vie traînant sans effort l’invisible tapis de diamants
fine sur tes aiguilles tu t’avances
et la rue tangue et bascule et disparaît dans le fracas des volets de fer
dans le parfum de l’enfance à la recherche des étoiles perdues
dans le flux des visages rendus à la nuit

Tes yeux sont des lièvres à l’heure de la rosée
tes mains sont de sable d’été

Je tombe dans ton souffle je nage dans tes murmures
mais tu passes comme une torche

(Maurice Henry)

 

Recueil: Les poètes du Grand Jeu
Traduction:
Editions: Gallimard

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STAR (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2018



Illustration: Renaud Baltzinger
    
STAR

Mon âme s’est cassée
Je m’éparpille en moi…
Une peur
Me bascule, me secoue
Pas de coin où ma peur se cloue
A un sommeil oublieux.

(Fernando Pessoa)

 

Recueil: Poèmes français
Traduction:
Editions: de la Différence

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LA PLAGE D’ANGLE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



 

Alex Alemany_nina-de-agua

LA PLAGE D’ANGLE

Le vent fait basculer jusqu’à nos racines.
Nos dieux de passage abdiquent.
Nos cirques rétrécissent
sous les voûtes de demain.

Puis, nos enfants à venir,
Tiges aux fronts de chair,
Graviront à leur tour
l’esplanade du temps.

Pour eux.
Fauchons le vieil azur,
Échancrons nos murailles,
Dévidons nos édifices jusqu’au pivot.

Pour eux,
Multiplions les salines d’espérance,
Recouvrons pour eux
la ressemblance perdue.

Altéré de ce qui sera,
Quelqu’un en nous s’obstine —
S’obstine vers la plage d’angle
avec ses océans.

(Andrée Chedid)

Illustration: Alex Alemany

 

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Où cours-tu ? (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018



Illustration: Nathan Oliveira 
    
Il est difficile au milieu du brouhaha de notre civilisation
qui a le vide et le silence en horreur
d’entendre la petite phrase qui, à elle seule,
peut faire basculer une vie :
«Où cours-tu ?»

Il y a des fuites qui sauvent la vie :
devant un serpent, un tigre, un meurtrier.
Il en est qui la coûtent :
la fuite devant soi-même.
Et la fuite de ce siècle devant lui-même
est celle de chacun de nous.

«Où cours-tu ?»
Si au contraire nous faisions halte – ou volte-face –,
alors se révélerait l’inattendu :
ce que depuis toujours nous recherchons dehors
veut naître en nous.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: Le livre de poche

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ÉCOUTE (Else Lasker-Schüler)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2018


 


 

ÉCOUTE

Je vole dans la nuit
Les roses de ta bouche,
Pour qu’aucune femme n’y trouve à boire.

Celle que j’embrasse
M’enlève mes frissons,
Que j’ai peints autour de tes membres.

Je suis ton bord de chemin.
Celle qui te frôle,
Bascule.

Sens-tu ma soif de vivre
Partout
Comme une lisière lointaine ?

(Else Lasker-Schüler)

Illustration: Bruno Di Maio

 

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INTÉRIEUR (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018



 

INTÉRIEUR

Chair déchirée
du tout autre.
Et chaque chose ici, comme si c’était la dernière chose
à dire : le son d’un mot
marié à la mort, et la vie
qui est cette force en moi
à disparaître.

Volets clos. La poussière
d’un moi antérieur, vidant l’espace
que je ne remplis pas. Cette lumière
qui croît au coin de la pièce,
là où la pièce
entière
a basculé.

La nuit ressasse. Une voix qui ne me parle
que de choses infimes.
Pas même des choses — mais de leurs noms.
Et où n’est aucun nom —
de pierres. Le tintamarre des chèvres
remontant par les villages
de midi. Un scarabée
dévoré dans la sphère
de sa propre fiente. Et le pullulement violet
des papillons au loin.

Dans l’impossibilité des mots,
dans le mot imprononcé
qui asphyxie,
je me trouve.

(Paul Auster)

Illustration: Léon Bonnat

 

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Pluriel (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration
    
Pluriel. Je me cherche et dénombre
Visage à forme de vent éteint
Pour faire basculer l’absence

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Regarde moi bien ma petite fill (Abdelmajid Benjelloun)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2017



 

Regarde moi bien ma petite fille,
ma petite Houda
regarde tous les êtres humains
tous envoyés de la lumière
mais se bousculant tous autant qu’ils sont
dans une impasse organisée savamment en la vie.
Ils se prédisent tous une mort qui n’est pas la mort.
Mais savent-ils que l’éternité a commencé à sentir l’homme
avant le premier homme sur terre?

(Abdelmajid Benjelloun)

 

 

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Le vent prend feu (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2017



Illustration: Maria Amaral
    
Le vent prend feu dans les lumières
qui font de la nuit une haute racine vivante.
Les objets tendent leur cou sans tête,
tendent leurs mains sans doigts.

Tant de bras se tordent sur les murs
que la chambre bascule et va se renverser.
Toi que j’aime, je te vois, fermée par ta bouche
et découverte peu à peu par ta propre lueur.

Ton corps est pareil à une eau
où le soleil entre de toute sa nudité.
Il y a dans ton regard de l’obscurité
qui brûle du feu sourd des vitres incendiées.

Quand tout s’éteint le monde est si vaste
que je me demande si tu existes encore,
si tu es bien contre moi de toute ta chair
qui a repris sa forme dure de plante.

La nuit devient si dense autour de nous
que, même serrés l’un contre l’autre,
nous sentons que cette nuit nous sépare
de tout ce qui n’est peut-être que notre peau.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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L’odeur épanouie de ta faim (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



LUI :
L’odeur épanouie de ta faim
éveille une envie de carnage
Mon regard s’enflamme en tes yeux
Je deviens un volcan qui bascule !
Que soient balayés la Morale
et les reproches des horloges!
Que soient culbutés en oubli
ceux qui se gardent spectateurs et juges
Je veux brûler dans ta blessure
mon ciel et mon enfer
Que mon désir dardé creuse sa tombe en toi.

ELLE :
Ma main paralysée sur ta vie triomphante
je renais à la joie
Mon tumulte s’enivre à ton odeur de fauve
Le soleil pénètre en moi
m’illumine !
Les trépidations me ravagent
Mes mains s’agrippent à des crinières
Je crie d’amour dans la douleur.
Locomotive emballée
tu brûles les gares
m’oubliant en fumée vivante
derrière toi
Je hurle de faim sauvage
Ton évasion m’affole et m’exaspère
J’ai des visions de comètes et d’usines
Je me disloque et me fragmente
Un vertige agressif m’entraîne
et me béatifie

LUI :
Hors de toi
rien que de la nuit
rien que du vent perdu
du bruit qui s’illusionne
Je nie que j’aie pu vivre hors de tes bras
tel un haut vent dédaigneux des formes
de la terre
Mais
déjà
Voici surgir le cri qui te délivre !
et m’abandonne…
Nous fûmes toujours en plénitude
la flamme et l’eau se mariant en incendie
Sous la neige de ton absence
mon désir est un tison brûlant
Ma fièvre chante et t’appelle
Toi seule me pacifie.

(Pierre Béarn)

Illustration

 

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