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Posts Tagged ‘bassin’

Jardin d’aujourd’hui (Patricia Castex Menier)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



Jardin
d’aujourd’hui

avec
ses roses vibrantes.

Mais
le geste de l’eau
semble arrêté depuis des siècles,

dans
ces bassins
où venaient les jeunes filles.

(Patricia Castex Menier)

 

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LE POISSON ROUGE (Allen Upward)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018




    
LE POISSON ROUGE

Comme un souffle de musc amassé,
Comme les nageoires d’or qui vont
Vers les ombres vertes du bassin —
Flammes vivantes issues du crépuscule —
Sont les battements lumineux de l’amour
Dans le coeur de l’amant passionné.

(Allen Upward)

 

Recueil: Des Imagistes Anthologie
Traduction:
Editions: La Nerthe

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Son léger de l’eau (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2018



Son léger de l’eau tombant dans un bassin plaintif, vert du gazon régulier…
vous êtes en ce moment l’univers entier pour moi,
car vous êtes le contenu plein et entier de ma sensation consciente.

(Fernando Pessoa)

 

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L’ESPÉRANCE MORTE (Edmond Pilon)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



troi sreines

L’ESPÉRANCE MORTE

Sur le bord du bassin trois Reines se penchent :
Trois Reines, la Bleue et la Rouge et la Blanche :
Sur le bord du bassin de verte espérance
Trois Reines se penchent vers l’attirance
De leurs beaux visages mirés dans l’eau,
Trois Reines se penchent sur le bateau…

Trois Reines se penchent, et la première
Laisse tomber ses bagues dans le courant.

Ses bagues, ses roses, ses bagues d’argent,
Laisse tomber ses bijoux dans la rivière…
Trois Reines se penchent, la Reine Bleue
S’approche et se penche et se courbe un peu…

Trois Reines se penchent, et la seconde,
La Rouge, et puis celle aux deux mains si blondes…
Trois Reines se penchent, la Reine Rouge
Regarde l’Etoile dans l’eau qui bouge,
Laisse choir des lys, et sa sœur aux yeux bleus
Laisse choir l’éclat de ses beaux cheveux :

Au bord du bassin, trois Reines se penchent,
Trois Reines : la Rouge, et la Bleue, et la Blanche,
Trois Reines se penchent vers l’Espérance…
Mais l’Espérance est morte, et l’eau la balance,
Et les trois Reines voient sur son front qui dort
Passer les poissons roses dans les joncs d’or…

(Edmond Pilon)

 

 

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L’EAU PURE DU BASSIN (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration: Jean-Yves Beck
    
L’EAU PURE DU BASSIN

« Eau pure du bassin, miroir immobile, dis-moi ma beauté.
— O Bilitis, ou qui que tu sois, Téthys peut-être ou Amphitritê, tu es belle, sache-le.

« Ton visage se penche sous ta chevelure épaisse, gonflée de fleurs et de parfums.
Tes paupières molles s’ouvrent à peine et tes flancs sont las des mouvements de l’amour.

« Ton corps fatigué du poids de tes seins porte les marques fines de l’ongle et les taches bleues du baiser.
Tes bras sont rougis par l’étreinte. Chaque ligne de ta peau fut aimée.

— Eau claire du bassin, ta fraîcheur repose. Reçois moi, qui suis lasse en effet.
Emporte le fard de mes joues, et la sueur de mon ventre et le souvenir de la nuit. »

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES PARFUMS (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018




    
LES PARFUMS

Je me parfumerai toute la peau pour attirer les amants.
Sur mes belles jambes, dans un bassin d’argent,
je verserai du nard de Tarsos et du métôpion d’Aigypte.

Sous mes bras, de la menthe crépue ; sur mes cils et sur mes yeux, de la marjolaine de Kôs.
Esclave, défais ma chevelure et emplis-la de fumée d’encens.

Voici l’oïnanthê des montagnes de Kypre ; je la ferai couler entre mes seins ;
la liqueur de rose qui vient de Phasêlis embaumera ma nuque et mes joues.

Et maintenant, répands sur mes reins la bakkaris irrésistible.
Il vaut mieux, pour une courtisane, connaître les parfums de Lydie
que les moeurs du Péloponnèse.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’ABSENCE (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Francine Van Hove
    
L’ABSENCE

Elle est sortie, elle est loin, mais je la vois
car tout est plein d’elle dans cette chambre,
tout lui appartient, et moi comme le reste.

Ce lit encore tiède, où je laisse errer ma bouche, est foulé à la mesure de son corps.
Dans ce coussin tendre a dormi sa petite tête enveloppée de cheveux.

Ce bassin est celui où elle s’est lavée; ce peigne a pénétré les noeuds de sa chevelure emmêlée.
Ces pantoufles prirent ses pieds nus. Ces poches de gaze continrent ses seins.

Mais ce que je n’ose toucher du doigt, c’est ce miroir où elle a vu ses meurtrissures toutes chaudes,
et où subsiste peut-être encore le reflet de ses lèvres mouillées.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’ai cueilli des fleurs minérales (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



sodium [800x600]

J’ai cueilli des fleurs minérales
au bord des bassins des geysers
pour alimenter mes vergers
alchimiques en greffons drus
afin d’obtenir les agrumes
dont se délectent les dragons
veillant autour de mes trésors
convoités par les gens en place
que leurs espions ont alertés

J’ai cueilli des cendres vivantes
au bord des fusées retombées
des feux d’artifice en l’honneur
des dernières libérations
pour fumer les terreaux safran
des prés où joueront les enfants
des griffons nés dans les cavernes
que m’ont léguées les anciens maîtres
pour y mûrir mes talismans

J’ai cueilli les interminables
minutes des accouchements
au bord des scènes et des vies
pour en tisser l’allongement
des cases du calendrier
en plages d’immortalité
à l’abri de toutes les taxes
l’or des ans le citron des vagues
pour ouvrir les geôles du temps

J’ai cueilli des flux d’étincelles
au bord d’alambics électriques
dans les discrets laboratoires
où s’élabore l’élixir
qui dissoudra canons et tanks
épaulettes cravaches morgue
dans les piscines des gymnases
où s’exerceront les dauphins
pour explorer les autres règnes

J’ai cueilli les éclairs d’été
au bord des forêts et banquises
pour creuser dans les nuits des pôles
des galeries en draperies
s’enroulant autour de l’essieu
de notre planète et donnant
sur des trous noirs ou bien couleur
de la raie du sodium pour rendre
Vénus habitable et Pluton

(Michel Butor)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

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HOMMAGE (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



 

statue

HOMMAGE

Décembre a noirci l’if et gelé le bassin,
Le buis silencieux est saupoudré de givre,
L’aurore est d’acier clair et le couchant de cuivre,
Le vent, qui rôde, hurle et mord l’Amour au sein.

La Déesse frissonne et le lierre assassin
Étouffe la statue à la gorge. Un Faune ivre
Voit l’outre se durcir, et son pas qui veut suivre
La Nymphe, sent monter la gaine qui l’étreint.

La fête est morte avec sa musique et sa joie!
L’Hiver fait un vieillard de l’Été qu’il coudoie
Et le parc semble mort qui fut jadis vivant.

Mais, immortelle encor par la gamme et l’arpège,
J’écoute, à travers l’ombre et la mort et le vent,
Une flûte à mi-voix qui chante dans la neige.

(Henri De Régnier)

Illustration

 

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Japoneries (Paul Morin)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2018



 

Abraxsis Der Jen 21 [1280x768]

Japoneries

J’ai peint ces vers sur la soierie
D’un frêle éventail japonais,
Où courait une broderie
De fils d’or, de nacre et de jais:

Nid de polychromes mousmées
Dont les silhouettes s’en vont,
Grêles, mignardes et grimées,
Se perdre au clair de lune blond;

Fantasque pays d’hippogriffes
Dont les temples d’ocre vêtus
Et flanqués de monstres à griffes
Jaillissent, bulbeux ou pointus,

Et se reflètent dans la moire
Azuréenne d’un bassin
D’onyx rose ou de pâle ivoire,
De granit rouge ou de succin;

Rafales nippones, fleuries
De la neige des fleurs de thé
Que moissonne aux branches meurtries
Le vent nocturne de l’été;

Pagodes bizarres, dieux blêmes,
Geishas en robe de crépon,
Jardins gemmés de chrysanthèmes
D’iris, de jonquilles… Japon!

Pays où la brise sans trêve
Berce les lotus et les lis,
Pays secret d’extrême rêve
Peuplé de flamants et d’ibis;

Petit empire aux vertes rives,
Sensuel, bigarré, charmant,
Tu me déplais et me captives,
Tout chez toi me semble alarmant,

Et le vif carmin de ta lèvre,
Et tes masques et tes chansons…
Petit empire des frissons,
Des frissons d’angoisse et de fièvre
Dont meurent, au matin pâli,
Tes mille et une Butterfly…

(Paul Morin)

Illustration: Abraxsis Der Jen

 

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