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Posts Tagged ‘bataille’

JEUNESSE (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2021




JEUNESSE

Petite fille au visage lisse,
Le temps, semble-t-il, sur toi, glisse :
Tu n’as encore ni rides, ni sillons,
Ni vallées, ni vallons…

Et pourtant, tu vas changer :
Insensiblement,
Tu vas perdre ce visage innocent,
Pour prendre un regard plus ardent.
La vie, passant,
Va laisser ses traces :
Tu les verras dans la glace…
Ton visage,
Livre ouvert,
Dont les pages
Tous sentiments offerts,
Diront tes luttes et tes batailles,
Tes défaites et tes victoires,
Tes rages et tes semailles…
Heures de tristesse ou bien de gloire,
Et tout ce que tu auras récolté…

La vie nous donne le visage
Qu’on a ensemencé…

(Mireille Gaglio)

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Je recueille bout par bout (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2021



Abdellatif Laâbi    
    
Je recueille bout par bout
ce qui subsiste en moi
Tessons de colère
lambeaux de passion
escarbilles de joie
Je couds, colle et cautérise
Abracadabra !
Je suis de nouveau debout
Pour quelle autre bataille ?

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: L’arbre à poèmes Anthologie personnelle 1992-2021
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mignonne, allons nous en dans un pays de songe (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021



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Mignonne, allons nous en dans un pays de songe,
Joli, capricieux, absurde, comme vous,
Azuré d’impossible et fleuri de mensonges,
Où les arbres, les eaux et les ciels seront fous.

Regardez ! Le soleil sort de chez sa maîtresse
En galant négligé du matin, pâli, las,
Tandis qu’à l’horizon traînant sa noire tresse
Elle lui jette au nez des bouquets de lilas.

Lilas de l’aube, blancs lilas semés de perles !
Mettez à votre front ce nimbe gracieux.
La diane déjà chante au gosier des merles.
Les feuilles au réveil s’ouvrent comme des yeux.

Le ruisseau qui gazouille a pour vous des cascades
De diamant ou bien des miroirs de cristal.
Les cailloux du sentier roulent des noix de muscades,
Et l’écorce du bois est un bois de santal.

Le vent luxurieux sur vos lèvres dérobe
L’arôme des baisers et le vol des chansons,
Et le désir troublant qui dort sous votre robe
Fait courir un frisson d’amour dans les buissons.

Et sous vos pieds, vos mains, vos regards, votre haleine,
Tout va fleurir dans la foręt d’enchantement.
De fleurs aux mille noms pour que l’herbe soit pleine,
Ô fée, il vous suffit de m’aimer un moment.

L’héliotrope sombre embaumant la vanille,
L’aspérule aux relents de musc, le romarin,
La marjolaine en blanc qu’on nomme la gentille,
La sauge qui dans l’air met un souffle marin,

L’encens du basilic, la myrrhe des glycines,
L’oeillet qui sent le poivre et l’anis plein de miel,
La gueule ouverte rouge et or des capucines,
Le bleu myosotis, gouttelette de ciel,

La mauve, le muguet, les lis, les violettes,
Le chèvrefeuille avec ses coraux blancs-rosés,
La lavande, l’iris, le thym, ces cassolettes,
Tous les pois de senteur, ces papillons posés,

La jacinthe, l’arum, l’ache, les amarantes,
Les clochetons ambrés des pâles liserons,
Les roses, firmament d’aurores odorantes,
Tout va s’épanouir quand nous nous baiserons.

Au printemps de nos coeurs tout se mêle et s’enivre.
Étreintes de parfums, de formes, de couleurs !
Notre baiser d’aveu, comme un clairon de cuivre,
Sonne la charge en rut aux batailles des fleurs.

Mignonne, nous voici noyés dans cette foule.
Tu n’y peux échapper, c’est en vain que tu cours.
Les fleurs aiment encor sous ton pied qui les foule.
Sous nos corps enlacés les fleurs aiment toujours.

Leur sang coule embaumé du coeur de leurs calices,
Bu par les vents pareils à des chiens maraudeurs,
Qui traînent dans l’air chaud saturé des délices
Des lambeaux de couleurs, de formes et d’odeurs.

Elles meurent d’aimer. Elles meurent, qu’importe ?
Mort d’amour, ô le plus savoureux des trépas !
Et leur dernier soupir est un souffle qui porte
L’âpre besoin d’aimer ŕ ceux qui n’aiment pas.

O mignonne, mourrons comme ces fleurs qui s’aiment.
Donnons tout notre sang de désirs parfumé,
Et que les vents, grisés par nos baisers qu’ils sèment,
Aillent dire partout que nous avons aimé.

Qu’ils le disent au bois, au champ, à la ravine,
Le disent à la nuit et le disent au jour,
Qu’ils disent par sanglots notre extase divine
Au monde fatigué qui ne sait plus l’amour !

Qu’ils le disent au ciel, à la nature entière,
Qu’ils racontent que nous nous sommes épousés
Et que l’éternité de toute la matière
A fleuri ce jour-là dans un de nos baisers !

(Jean Richepin)

 Illustration: Dimitra Milan

 

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MA VIE (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2021



 

Gurbuz Dogan Eksioglu  (20)

MA VIE

Tu t’en vas sans moi, ma vie.
Tu roules,
Et moi j’attends encore de faire un pas.
Tu portes ailleurs la bataille.
Tu me désertes ainsi.
Je ne t’ai jamais suivie.

Je ne vois pas clair dans tes offres.
Le petit peu que je veux, jamais tu ne l’apportes.
A cause de ce manque, j’aspire à tant.
A tant de choses, à presque l’infini…
A cause de ce peu qui manque, que jamais tu n’apportes.

(Henri Michaux)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

 

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L’homme est en mer (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



L’homme est en mer. Depuis l’enfance matelot,
Il livre au hasard sombre une rude bataille.
Pluie ou bourrasque, il faut qu’il sorte, il faut qu’il aille,
Car les petits enfants ont faim. Il part le soir
Quand l’eau profonde monte aux marches du musoir.
Il gouverne à lui seul sa barque à quatre voiles.
La femme est au logis, cousant les vieilles toiles,
Remmaillant les filets, préparant l’hameçon,
Surveillant l’âtre où bout la soupe de poisson,
Puis priant Dieu sitôt que les cinq enfants dorment.
Lui, seul, battu des flots qui toujours se reforment,
l s’en va dans l’abîme et s’en va dans la nuit.
Dur labeur ! tout est noir, tout est froid ; rien ne luit.
Dans les brisants, parmi les lames en démence,
L’endroit bon à la pêche, et, sur la mer immense,
Le lieu mobile, obscur, capricieux, changeant,
Où se plaît le poisson aux nageoires d’argent,
Ce n’est qu’un point ; c’est grand deux fois comme la chambre.
Or, la nuit, dans l’ondée et la brume, en décembre,
Pour rencontrer ce point sur le désert mouvant,
Comme il faut calculer la marée et le vent !
Comme il faut combiner sûrement les manoeuvres !
Les flots le long du bord glissent, vertes couleuvres ;
Le gouffre roule et tord ses plis démesurés,
Et fait râler d’horreur les agrès effarés.
Lui, songe à sa Jeannie au sein des mers glacées,
Et Jeannie en pleurant l’appelle ; et leurs pensées
Se croisent dans la nuit, divins oiseaux du coeur.

(Victor Hugo)

Illustration: Albert Pinkham Ryder

 

 

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FÉE ÉLECTRICITÉ (Mathias Malzieu)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2021



Illustration: Daria Nelson
    
FÉE ÉLECTRICITÉ

Tu m’es tombée sur le coin du coeur.

Il était coupant, couvert de mines et de volcans
mais tu es entrée quand même.

À l’intérieur, tu as découvert un champ de bataille,
une décharge privée d’électricité.

Tout un village d’ombres et de fantômes abandonnés.

Il faisait sombre, il faisait froid.

Mais tu es restée quand même.

Tu as branché ton électricité.

Tu as allumé une flamme qui n’existait plus.

Âme illuminée façon ciel étoilé,
je t’explore de jour en nuit.

Fée électricité, tu as rallumé ma vie.

(Mathias Malzieu)

 

Recueil: Le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse
Traduction:
Editions: L’ICONOPOP

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SIEGE (Luca Benassi)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2021



Illustration: John Hacking 
    

Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla, Irish, Serbian, Macedonian, Armenian

Poem of the Week Ithaca 671 « SIEGE », Luca Benassi, Italy
from “I fasti del grigio”, Edizioni Lepisma
– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

SIEGE

Qu’est-ce donc pour un siège
ce sombre anéantissement de soldats en armes
sous les murs de Troie ?
On parle de vaisseaux en feu
et de ciel aussi noir
que la rivière saturée de sang
après la bataille.
Mais la guerre commence à présent
avec les faces noires
de créatures, vos créatures
qui braquent leurs épées vers notre maison.
Et toi, femme
mesure le bruit
le bruit de la pierre
qui aiguise les lames.

(Luca Benassi)

Traduction Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache

***

BELEGERING

Wat is dit voor belegering,
deze sombere ommanteling van gewapenden
onder de muren van Troje?
Men spreekt over schepen die in brand staan
en de lucht zo zwart
als de met bloed bedekte rivier
na de strijd.
Maar de oorlog begint nu
met de zwarte hoofden
van mensen, jouw mensen
die hun zwaarden naar ons huis richten
En jij, vrouw,
tel het geluid
het geluid van de steen
die de messen scherpt.

Vertaling Germain Droogenbroodt

***

ASEDIO

¿Qué es este asedio,
este lúgubre cinturón de ejércitos
bajo los muros de Troya?
Hablan de los barcos en llamas
y del cielo negro
como el río cubierto de sangre
después de la batalla.
Pero la guerra comienza ahora
con las cabezas negras
de los hombres, los tuyos,
que extienden sus espadas hacia nuestra casa
y tú, mujer
capta el sonido,
el sonido de la piedra
afilando las hojas.

Traducción Rafael Carcelén

***

SIEGE

What is this siege,
this gloomy enclosure of armed men
beneath the walls of Troy?
It tells of ships in flames
and of the black sky
like the river covered in blood
after the battle.
But the war begins now
with the black heads
of the men—yours
who point swords at our house,
and you, woman,
who count the sound,
the sound of the stone
which sharpens the blades.

Translation: Luca Benassi – Stanley Barkan

***

ASSEDIO

Cos’è questo assedio,
questa cinta lugubre d’armati
sotto le mura di Troia?
dicono di navi in fiamme
e del cielo nero
come il fiume coperto di sangue
dopo la battaglia.
Ma la guerra inizia adesso
con le teste nere
degli uomini, i tuoi
che tendono le spade alla nostra casa
e tu, donna
conti il suono
il suono della pietra
che affila le lame.

LUCA BENASSI, Italia

***

BELAGERUNG

Was ist diese Belagerung,
diese düstere Einfriedigung von Gewaffneten
unter den Mauern von Troja?
Man spricht von brennenden Schiffen
und vom Himmel schwarz
wie der von Blut überdeckten Fluss
nach der Schlacht.
Aber der Krieg beginnt jetzt
mit den schwarzen Köpfen
der Menschen, deine,
die ihre Schwerter nach unserem Haus strecken
und du, Frau
zählst den Klang
den Klang des Steins
der die Klingen schärft.

Übersetzung Germain Droogenbroodt – Wolfgang Klinck

***

ASSÉDIO

Que coisa é este assédio
este círculo lúgubre de armados
sob o muro de Troia?
dizem de navios em chama
e do céu escuro
como o rio coberto de sangue
depois da batalha.
Mas a guerra inicia agora
com as cabeças negras dos homens, teus
que apontam espadas afrontando a casa
e tu, mulher
relata o som,
o som da pedra
que afia as lâminas.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia

***

ASSEDIU

Chi è st’assediu,
sta cinta scurusa d’armati
sutta li mura di Troia?
Parranu di navi ca brucianu
E di celu niuru
Comu lu ciumi allurdatu di sangu
Doppu la battagghia.
Ma la guerra cumincia ora
Cu li testi niuri
Di l’omini, ca sunnu i to,
ca puntanu li spati contru la nostra casa
e tu, donna, cunti lu scrusciu
lu scrusciu di la petra
chi ammula li lami.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

ASEDIU

Ce este acest asediu,
această încercuire lugubră de oștiri
sub zidurile Troiei?
E vorba despre nave în flăcări,
despre cerul înnegurat
carâulacoperit de sânge
în urma bătăliei.
Însă războiul începe acum
cu creștetele negre debărbați,ai tăi,
care își întind spre casa noastră spada
și tu, femeie,
numeri sunetul,
sunetul pietrei
ce ascute tăișurile.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

OBLĘŻENIE

Coto za oblężenie,
Ten ponury pierścień uzbrojonych mężczyzn
wokół murów Troi?
Opowiadają o płonących okrętach
i oniebie czarnym
jak rzeka pokryta krwią
po bitwie.
Ale wojna zaczyna się od zaraz,
czarnymi głowami
mężczyzn —tychtwoich,
którzy wyciągają mieczew naszym domu,
a ty, kobieto,
zliczaszteodgłosy,
brzmieniekamienia
który ostrzy brzeszczoty mieczy.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień
Translation into Polish by Mirosław Grudzień

***

ΠΟΛΙΟΡΚΙΑ

Προς τί αυτή η πολιορκία
σκυθρωπών ανθρώπων
κάτω απ’ τα τείχη της Τροίας;
Μαρτυρεί τα φλογισμένα καράβια
και το μαύρο ουρανό
σαν το γεμάτο αίμα ποτάμι
μετά τη μάχη.
Μα ο πόλεμος τώρα ξεκινά
με τα μαύρα κεφάλια ανθρώπων
σαν το δικό σου
που σκοπεύεις το σπίτι με το σπαθί σου
κι εσύ γυναίκα
που μελετάς τον ήχο
της πέτρας που ακονίζει
τις λεπίδες

ΜετάφρασηΜανώληΑλυγιζάκη
Translated into Greek by Manolis Aligizakis

***

围 攻

这包围,
特洛伊城墙下武士的
这无望的围场是什么?
它讲述战船着火
以及战役后
黑色天空像满身鲜血的
河流的故事。
但是战争现在开始了
带着男人的
黑脑筋——你的
他们用剑指着我们的房子,
和你,女人,
你数着声音,
使刀刃锋利的
石头的声音。

原作:意大利 卢卡·贝纳西
英译:卢卡·贝纳西—斯坦利·巴坎
Translation into Chinese by William Zhou

***

حِصار

يا لِهَذا الحِصار.
ذلكَ الطَّوقُ الكَئيبُ للجُنود
تحتَ أسوارِ طَرَوادة؟
يَحكي عن سُفنٍ أُضْرِمتْ فيهَا النِّيران
وسَماءٌ تَلبَّدتْ بالدُّخان
كنهرٍ غطَّتْهُ الدِّمَاء
بعدَ معاركٍ وقتال.
لكن طُبولَ الحربِ تقرعُ الآن
ورجالٌ برؤوسٍ سود
شاهِرينَ سُيوفَهم على منازِلنا
وأنتُنَّ، أيَّتُها النسوة،
ستسمعن أصواتا،
أصواتُ الحِجارة
التِّي تشحذُ نصلَ السُّيوف.

Translation into Arab by Sarah Slim

***

घेराबंदी

यह क्या है घेराबंदी,
सशस्त्र पुरुषों के इस उदास बाड़े
ट्रॉय की दीवारों के नीचे?
यह लपटों में जहाजों के बारे में बताता है
और काले आकाश की
जैसे नदी खून में समा गई
लड़ाई के बाद l
लेकिन युद्ध अब शुरू होता है
ब्लैक हेड्स के साथ
पुरुषों की – तुम्हारा
जो हमारे घर पर तलवारें चलाते हैं,
और तुम, महिला,
कौन ध्वनि की गिनती कर रही हैं ,
पत्थर की आवाज
जो ब्लेड को तेज करता है।

लुका बेनासी, इटालिया l

Hindi translation by Jyotirmaya Thakur.

***

包囲網

この包囲網は何だ
トロイの壁の下で
武装した男たちが暗く取り囲んで
それは炎に包まれた船
そして黒い空を語っている
戦いの後に
地で覆われた河のように

ところが戦争はいま始まる
男たちの黒い頭の群れ
それは剣を私たちの家に向ける
あなたの頭でもある
そして刃を磨く石の音を数える
お前たち女もそうなのだ

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

محاصره

این محاصره چیست،
این حصار غمانگیز از مردان مسلح
زیر دیوارهای تروا؟
برایمان از کشتیهای شعلهوردر آتش میگوید
و از آسمان سیاه
مانند رودخانهیی پوشیده از خون
بعد از نبرد.
اما جنگ حالا شروع شده
با مردانی کله سیاه
و شمشرهایی که نوکشان به سمت خانههای ماست،
و تو، زن،
که صدا را میشماری
صدای سنگ

که تیغه شمشیرها را تیز میکند.
لوسیا بناسی، ایتالیا

ترجمه: سپیده زمانی
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

ОБСАДА

Каква е тази обсада,
това застрашително струпване на армия
под стените на Троя?
Тя предвещава за кораби в пламъци
и за червено небе
като реката покрита с кръв
след битката.
Но войната започва сега
с черните глави
на войниците – твоите,
които издигат мечове срещу нашата къща
и ти, жено,
която броиш звуците,
звуците на камъка,
който точи остриетата.

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

UMSÁTUR

Um hvað sitja þeir,
vopnuðu mennirnir sem umkringja
múra Tróju?
Sagt er frá logandi skipum
og svörtum himni
og blóðugri ánni
eftir orrustuna.
En stríðið byrjar núna
með svörtum höfðum
mannanna — ykkar
sem beinið sverðum að húsinu okkar,
og þér, kona,
sem telur hljóðið,
hljóð steinsins
sem brýnir sverðin.

Þór Stefánsson þýddi samkvæmt enskri þýðingu Luca Benassi og Stanleys Barkan
Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

Осада

Чтоэто за осада,
темные плащисолдат
под стенами Трои?
Все говорят о сожженных кораблях,
ивоздухчёрен,
словнорека, полная крови,
после битвы.
Но вот сейчас начнут войну
черныеголовы
людей, твоих людей,
поднявших меч на нас.
Иты, госпожа,
считайзвуки,
звукикамня,
о который точат нож.

Translation into Russian by Daria Mishueva

***

PAGKUBKOB

Ano itong pagkubkob na ito,
ang malungkot na pagkabihag sa mga de armas na mga tao
sa likod ng dingding ng Troy?
Tinutukoy nito ang nasusunog na mga barko
at ang madilim na kalangitan
tulad ng ilog na nabalot ng dugo
pagkatapos ng digmaan.
Subalit ang digmaan ay nagpasimula na ngayon
sa mga itim na ulo ng tao- kayo
na nagsipagtutok ng mga espada sa aming bahay,
at ikaw, babae,
na nagbilang ng tunog,
tunog ng mga bato
na nagpatalas ng mga talim.

Translation in Filipino-Eden Soriano Trinidad

***

מצור / Luca Benassi, איטליה

מַהוּהַמָּצוֹרהַזֶּה,
הַכִּתּוּר הַקּוֹדֵר שֶׁל אֲנָשִׁים חֲמוּשִׁים
מִתַּחַתלְחוֹמוֹתטְרוֹיָה?
פֵּרוּשׁ הַדָּבָרשֶׁיֵּשׁסְפִינוֹתבְּלֶהָבוֹת
וְשָׁמַיִםשְׁחוֹרִים
כְּמוֹהַנָּהָרהַמְּכֻסָּהבְּדָם
לְאַחַרהַקְּרָב.
אֲבָלהַמִּלְחָמָהמַתְחִילָהעַכְשָׁו
עִםהָרָאשִׁיםהַשְּׁחוֹרִים
שֶׁלהַגְּבָרִים–שֶׁלָּכֶם,
שֶׁמַּפְנִיםחֲנִיתוֹתאֶלבָּתֵּינוּ,
וְאַתְּ,אִשָּׁה,
שֶׁמּוֹנָהאֶתהַצְּלִיל,
צְלִילהָאֶבֶן
שֶׁמַּשְׁחִיזָהאֶתהַלֶּהָבִים.

Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***

முற்றுகை
இது என்ன முற்றுகை
ட்ராயின் சுவர்களுக்குக் கீழே
ஆயுதம் ஏந்திய மனிதனின் இருள் படிந்த அடைப்பிற்குள்?
எரியும் கப்பல்கள்
கருத்த மேகங்கள்
போருக்குப்பின்
இரத்தம் நிறம்பிய ஆறாக.
இப்பொழுதுதான் போர் துவங்குகிறது
உங்களைப்போன்ற
கருப்புத்தலை மனிதர்களோடு
எங்கள் வீடுகளை நோக்கி வாளைக் காட்டுகிறீர்கள்
நீங்களும் , பெண்களும்
ஒலிகளை எண்ணிக்கொண்டிருக்கிறீர்கள
வ்ாளினைத் தீட்டிக் கூறாக்கும்
கற்களின் ஒலியை!
ஆக்கம்

Translation into Tamil by nvsubbaraman

***

DORPÊÇ

Çî ye ev dorpêça,
ev çepera tarî ji çekdaran
li ber dîwarê Troya?
Li ser keşitya sotîndar tê axaftin
û esmanê reş
çawa rubar bi xwînê hatibû têwerdan
piştî şergehê.
Lê ceng niha bi
seriyên reş destpêdike
yên mirovan, yên te
ewên şwîrên xwe berv mala me dirêjdikin
û tu, jinê
dengê cengê dijmêrî
awaza hesanê
twîjkirina peykanan.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

অবরোধ

কি এইঅবরোধ,
এইঅন্ধকারাচ্ছন্নসশস্ত্রযোদ্ধাদেরএইলড়াই
ট্রয়েরদেয়ালএরনিচে?
এযেবলশিখাময়নৌবহরেরকথা
আরতমসাচ্ছন্নআকাশেরকথা
ঠিকযেমননদীটিরক্তেপরিপূর্ণ
যুদ্ধেরপরে ।
কিন্তুএখনযেযুদ্ধেরসময়
সঙ্গেনিয়েকৃষ্ণময়মস্তকগুলো
আপনাদেরই – পুরুষদের
যারাকরেতলোয়ারতাআমাদেরগৃহে,
এবংআপনাদের, মহিলাদের,
যারাআওয়াজগণনাকরে,
পাথরেরশব্দ
যেপাথরশাণ দেয়অস্ত্রেরফলকগুলিকে ।
লুকাবেনাসি, ইতালি

Bangla Translation: – তাবাসসুমতাহমিনাশাগুফতাহুসেন
Translation into Bangla by Shagufta Tabassum Tahmina

***

LÉIGEAR

Cad chuige an léigearseo,
An campa míleatagrána
faoibhallaínaTraí?
Eachtraíonnséloingdhóite
An spéirdubh le toit
An abhainndearg le fuil
i ndiaidh an chatha.
Ach tosaíonn an fíorchoimhlintanois
idircloigeannachacantalacha
nabhfear—do chuidse
a dhíoraíonn a gclaimhtearárdtithe,
agustusa, a bhean,
a chloiseann an fhuaim,
fuaimnacloichefaobhair
a géaraíonn an lann.

Aistriúchán Gaeilge, Rua Breathnach
Translation into Irish by Rua Breathnach

***

Опсада

Каква је ово опсада,
суморна ограда наоружаних људи
испод зидина Троје?
Проповеда о бродовима у пламену,
црном небу,
реци којом плива крв
после боја.
Али рат почињу сада
црне главе
мушкараца-твојих
са мачевима упереним на нашу кућу,
а ти, жено
бројиш звуке,
звуке камена
који оштре сабље.

Са енглеског превела С.Пиксиадес
Translation into Serbian by S Piksiades

***

ОПСАДА

Каква ли е оваа опсада,
ова мрачно опколување на вооружени мажи
под ѕидовите на Троја?
Тоа зборува за бродови во пламен
и за црно небо
како реката во крв
по битка.
Но војната започнува сега
со црните глави
на мажите—твоите
кои со мечеви посочуваат на твојата куќа,
и со тебе, жено,
која го броиш звукот,
звукот на каменот
што ги остри сечилата.

Translation from English in Macedonian: Daniela Andonovska-Trajkovska

***

Պաշարում

Ի՞նչ է այս պաշարումը՝
զինվածմարդկանցմռայլպարիսպը
Տրոյայիպատերիտակ:
Այն պատմում է այրվող նավերի
և սև երկնքի մասին,
ինչպես մարտից հետո
գետն է ներկվում արյունով:
Բայց պատերազմը
նոր է սկսվում միայն՝
տղամարդկանց սև գլուխներով,
որ ուղղում են թրերը դեպի տունը մեր
և դու՝ կի՛ն,
հաշվում ես ձայնը՝
ձայնը քարի,
որ սրում է շեղբըթրերի:

Translated into Armenian by Armenuhi Sisyan

(Luca Benassi)

 

Recueil: Ithaca 671
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
Holland: https://boekenplan.nl
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
France: https://arbrealettres.wordpress.com
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
Romania: http://www.logossiagape.ro; http://la-gamba.net/ro; http://climate.literare.ro; http://www.curteadelaarges.ro.; https://cetatealuibucur.wordpress.com
Spain: https://www.point-editions.com; https://www.luzcultural.com
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Le Timide (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020


fenêtres

devant l’armée des fenêtres
en ordre de bataille
il passe le front haut
rempli de victoires
et de femmes violées
leurs cris lui donnent cette pâleur
le soir ses lèvres de cannelle
mais seule
une boisson tiède l’attend
entre quatre murs gris

(Daniel Boulanger)

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Pour Grand-mère (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020



Pour Grand-mère

L’ovale allongé, sévère,
Les plis de la robe noire…
jeune grand-mère! Qui baisait
Vos lèvres hautaines?

Ces mains qui dans les salles du palais
jouaient les valses de Chopin…
De chaque côté du visage glacé —
Les boucles en spirales.

Le regard sombre, droit et exigeant,
Le regard prêt à la bataille.
Les jeunes femmes ne regardent pas ainsi.
jeune grand-mère, qui êtes-vous?

Que d’occasions vous avez emportées,
Que de choses impossibles aussi —
Dans le sein affamé de la terre,
Polonaise de vingt ans!

Le jour était innocent, le vent frais.
Les sombres étoiles mouraient.
Grand-mère! Ce cruel tourment
Dans mon cœur – serait-ce vous?…

(Marina Tsvétaïéva)


Illustration

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BAGARRES (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2020



 

Illustration: Jeannie Lynn Paske
    
BAGARRES

Je me bats le jour je me bats la nuit
batailles contre la mélancolie
cette vieille pieuvre toujours éveillée
qui me guette au coin des années
au coin des rues et des souvenirs
et lance son refrain mourir
alors que je veux vivre mille fois
que je veux aimer que je veux la joie
qu’il est temps enfin d’espérer
temps de croire temps de respirer

Je porte une flamme dans mon coeur
elle brûle c’est mon enfant ma soeur
c’est la vie qui sourit qui murmure
c’est le temps qui fuit pour que dure
le grand incendie toute la vie
sans remords sans mélancolie
dans l’univers qu’ont créé
les rêves et toute la vérité
seule vérité ma vérité lumière
pour aujourd’hui demain hier

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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