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Poésie

Posts Tagged ‘bâtir’

MANDALA (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018



Illustration: Fabrice Vacherot
    
MANDALA

Dans une contrée étrangère
Entretien sur ce qui n’est pas :
Recherche du Nom sans personne
Et de la Personne sans nom

Recherches des routes sans pont
Et de lacs où nulle eau ne sonne
Des temples bâtis sans lumière
Nuit où le soleil ruissela

Désir du membre sans moteur
De l’action sans corps de bête
De l’éternité sans pâleur

Et par le silence des fêtes
Faim du Souverain qui là-bas
Se dérobe dedans l’état.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard
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La liberté (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



A l’intérieur est la souffrance,
mais au-dehors est sa raison.
Ta blessure est ce monde ardent,
mais l’âme en fièvre ta lésion.
Le rebelle reste en prison –
La liberté vient seulement
si tu bâtis une maison
sans propriétaire dedans.

(Attila Jozsef)


Illustration

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Chanson de la monotonie de la terre (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018



Les mains de la terre
Manquaient de surprises.

On leur donna un homme
A bâtir et endormir.

On leur donna une femme
A fleurir et pervertir.

On leur donna un arbre.
On leur donna la mer.

Les mains déçues noyèrent
Un matin clair, la terre.

(Edmond Jabès)

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Travaillez le « comment» qui est tout (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



Max Jacob  
    

Travaillez le « comment» qui est tout.
Le « qui ?» Le « quoi ? » Le «pourquoi ?».

Le premier geste du travail est la séparation.
Il faut, présent et visible,
se séparer de ce qui est présent et visible.

Creuser un abîme entre le toi et le moi,
bâtir une citadelle du moi

– quand cet abîme sera creusé vous aurez déjà bien travaillé :
il y faut du temps et une application minutieuse.

Le deuxième geste du travail est
le silence.

(Max Jacob)

 

Recueil: Conseils à un jeune poète
Traduction:
Editions: Gallimard

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ENCORE UNE CHANSON D’AMOUR (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018


 


 

coeur

ENCORE UNE CHANSON D’AMOUR

Encore une chanson d’amour
Croyez-vous cette lampe éteinte
C’est la même cloche qui tinte
Dans le clocher des anciens jours
Encore une chanson d’amour

Il a neigé trois fois la hauteur des maisons
Il a plu quatre fois comme l’anse est profonde
Le vent a fait trois fois cent fois le tour du monde
Le soleil a poli des siècles de saisons
Et mes amours sont demeurées les mêmes
Je l’aime

Nous avons dévoré jusque dans leurs chemins
Des quartiers de pays rêvés depuis l’enfance
Dormi dans des châteaux où la mémoire avance
Fouillé dans des greniers chargés de lendemains
Et ma parole est demeurée la même
Je t’aime

Nous nous sommes bâti des bateaux et des ponts
Avec les mots frileux de mille solitudes
Nous nous sommes forgé de douces habitudes
Le silence n’est pas toujours la trahison
Et mon langage est demeuré le même
Je l’aime

Encore une chanson d’amour
Croyez-vous cette lampe éteinte
C’est la même cloche qui tinte
Dans le clocher des anciens jours
Encore une chanson d’amour

(Gilles Vigneault)

 

 

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Bâtissez-moi (Anne Perrier)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2018



Illustration
    
Bâtissez-moi un grand tombeau
Une haute fontaine
Je vous dis que rien n’est trop beau
Pour ton sommeil ô longue peine
De vivre que nulle eau
N’est assez pure pour atteindre
En moi le ciel profond
N’est assez fraîche pour éteindre
Ces soifs qui détruisent le corps
Ces feux qui brûleront
Les portes de la mort

(Anne Perrier)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Le livre d’Ophélie et La voie nomade
Traduction:
Editions: Zoé

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Je vous parle du temps (Paol Keineg)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



Je vous parle du temps où l’on bâtissait les forêts
du temps où chaque fleur nouveau-née
recevait des hommes
le sel du langage…

(Paol Keineg)

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L’ÎLE SUR LE LAC, À INNISFREE (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

L’ÎLE SUR LE LAC, À INNISFREE

Que je me lève et je parte, que je parte pour Innisfree,
Que je me bâtisse là une hutte, faite d’argile et de joncs.
J’aurai neuf rangs de haricots, j’aurai une ruche
Et dans ma clairière je vivrai seul, devenu le bruit des abeilles.

Et là j’aurai quelque paix car goutte à goutte la paix retombe
Des brumes du matin sur l’herbe où le grillon chante,
Et là minuit n’est qu’une lueur et midi est un rayon rouge
Et d’ailes de passereaux déborde le ciel du soir.

Que je me lève et je parte, car nuit et jour
J’entends clapoter l’eau paisible contre la rive.
Vais-je sur la grand route ou le pavé incolore,
Je l’entends dans l’âme du coeur.

***

THE LAKE ISLE OF INNISFREE

I will arise and go now, and go to Innisfree,
And a small cabin build there, of clay and wattles made :
Nine bean-rows will I have there, a hive for the honeybee,
And live alone in the bee-loud glade.

And I shall have some peace there, for peace comes dropping slow,
Dropping from the veils of the morning to where the cricket sings ;
There midnight’s all a glimmer, and noon a purple glow,
And evening full of the linnet’s wings.

I will arise and go now, for always night and day
I hear lake water la pping with low sounds by the shore;
While I stand on the roadway, or on the pavements grey,
I hear it in the deep heart’s core.

(William Butler Yeats)

Illustration

 

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NUAGES (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018




    
NUAGES

Dits, dédits, amours, méprises,
et jour et nuit, l’un dans l’autre,
le blanc valant le noir et tous

fil blanc perdu dans les bois,
fleuve plein de gestes et d’appels,
mare aux canards miteux — tous

s’en vont finir dans le pur océan
et nul n’y revendique : moi, moi,
moi, comme ici, nul

qui cherche à bâtir pour lui seul
une barque pérenne, un nom
contre le temps et gravé

dans la pierre, nul
car le ciel est à eux, qu’ils dénouent
et font bouger, les nuages.

(Guy Goffette)

 

Recueil: Éloge pour une cuisine de province
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE GROS RAT (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018




    
LE GROS RAT
Sao-Nan

Gros rat ! Énorme rat !
Ne ronge pas tout mon grain, rat cruel et dévorateur !

Depuis trois ans je subis la férocité de tes dents aiguës,
et j’ai vainement tenté de t’adoucir par des supplications.

Mais enfin je partirai, et je te fuirai,
et j’irai me bâtir une maison dans un pays lointain.

Dans un pays lointain et heureux,
où les remords ne sont pas éternels !

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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