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Poésie

Posts Tagged ‘bâtir’

Sur quelques heures (Hans Lodeizen)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



     

Sur quelques heures

pour faire
un peu de musique
j’ai tant fait
fait et oublié —

pour nourrir mes
désirs j’ai
bâti tant de villes
bâti et démoli —

pour brûler mes jours
au feu du désespoir
j’ai été
malade

il y a un goût
d’automne dans les arbres
disent les vieux
poètes

il flotte une couleur
de faim au-dessus
des maisons se plaignent
les dames

j’habite dans un jeu de construction
soupçonnant comme un enfant
des doigts partout
du noir et des baisers.

(Hans Lodeizen)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Saskia Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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Épris d’un pays (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2017



 Illustration: Robert Cattan

    

Épris d’un pays que nous avons bâti
à la mesure de nos erreurs,
de nos détresses, de nos dénis,
nous avançons, endettés par une vie
qui ne nous restituera jamais les espoirs
que nous lui avions concédés.

Quel chemin s’accordera à notre marche,
à nos exigences ?

Jusqu’où l’horizon nous mènera-t-il,
quand il serait vrai que notre image
s’est abîmée en nous ?

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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C’est quand la pluie tombe (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2017



Illustration: Leonid Afremov

    

C’est quand la pluie tombe, c’est quand
on le regarde doucement que brille le corps.

Pour dire cela la bouche est bien peu de chose,
il serait nécessaire que les mains elles aussi
voient ce brillant, qu’avec lui elles composent
la musique, et même bâtissent la maison.

Tous les mots parlent de ce feu,
ont le goût de peau de cette lumière mouillée.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière Solaire / Poids de l’Ombre / Blanc sur Blanc
Traduction:Michel Chandeigne, Patrick Quillier, Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

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J’ai pour te bâtir (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2017



J’ai pour te bâtir un tombeau
des mots du soleil et des rêves,
rien qui appartienne au poids du monde

rien qui t’impose une mort enchaînée,
rien qui ralentisse ta course plus haut
que tous les sommets.

(André Velter)

 

 

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Plages (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2017



Plages

Nous laissons à l’empereur ses murailles
à garder contre la ruse des dieux
et la lampe grise au veilleur de l’aube
et l’arme fiévreuse aux dents du voleur.

Que celui qui rêve d’une tour la bâtisse
et s’y perche loin du sommeil des fleurs,
que l’ambitieux courtise les chiens,
que le jaloux s’agite au lit de ronce.

Il est trop de rumeurs de par la mer
pour tendre l’oreille à ce pauvre bruit
et trop de sel aux plages qui déplient
vers l’eau ce moule d’or et de saveur.

Dormeuse, tu retiens sur ton épaule
assez de sable au blond duvet qui tremble
pour occuper la tendresse du jour

jusqu’à l’instant où nos langues se fondent.

(Jean Joubert)


Illustration:
Alexandre Séon

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Dans un pays désert (Song Pai-Jen)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017



Dans un pays désert, bâtir une terrasse,
où jouir de la pureté des soirs ;

regarder la pluie
qui voile le pied lourd des nuages,

tandis que le corps léger des hirondelles
est emporté par le vent.

(Song Pai-Jen)

 

 

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Un grand Espoir s’écroula (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Un grand Espoir s’écroula
On ne perçut aucun bruit
Au-dedans était la Ruine
Ô Naufrage sournois
Qui ne se Trahit pas
Et n’admit nul Témoin

L’esprit bâti pour une Charge immense
Conçu pour la tourmente
Sombrant en Mer tant de fois
Et sur Terre, ostensiblement

Un refus de m’avouer la blessure
Et tant elle s’élargit
Que toute ma Vie s’y engouffra
Autour, ce n’étaient que failles –

Rabattu le simple couvercle qui bâillait au soleil
Jusqu’à ce que le tendre Menuisier
A jamais le cloue –

***

A great Hope fell
You heard no noise
The Ruin was within
Oh cunning Wreck
That told no Tale
And let no Witness in

The mind was built for mighty Freight
For dread occasion planned
How often foundering at Sea
Ostensibly, on Land

A not admitting the wound
Until it grew so wide
That all my Life had entered it
And there were troughs beside –

A closing of the simple lid that opened to the sun
Until the tender Carpenter
Perpetual nail it down –

(Emily Dickinson)


Illustration: Jacob-Peter Gowi

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Laissez venir à moi mes paysages (Anne Perrier)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



Laissez venir à moi mes paysages
Maintenant tous les rêves ont fui dépouillés
Mon coeur se fait secret comme un autel

Laissez venir à moi mes paysages
Pour qu’ils bâtissent du silence
Où se taisent les voix qui m’ont blessée
Je me souviens d’un ciel immense dans les yeux
Je me souviens d’étoiles sur le front
Tièdes comme des mains abandonnées
Je me souviens d’amour coulant sur le visage
Et d’un chemin bleu jusqu’au bout du coeur
Oh croire qu’on est chose aussi sans désespoir

Laissez venir à moi mes paysages

(Anne Perrier)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

 

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POÉSIE II (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



 

Kristoffer Zetterstrand CloudRose

POÉSIE II

Ce qui est plus que le mot
mais que le mot délivre

Ce qui est périssable
mais qui renaît devant

Ce qui sombre à foison
mais sans cesse se bâtit

Ce qui nous passe toujours
mais dont nous sommes semence

Ce qui a nom de vie
mais que les jours écartent

Ce qui est évidence
mais qui reste en suspens.

(Andrée Chedid)

Illustration: Kristoffer Zetterstrand

 

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Comment s’y rendre (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2016



Fossoyeur! Mon Maître dort ici.
De grâce mène-moi à son lit!
Je suis venue bâtir le Nid,
Et semer la graine Tendre –

Car une fois la neige en allée
De sa porte de chambre –
Les Marguerites – et le Troubadour –
Diront comment s’y rendre.

(Emily Dickinson)

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