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Posts Tagged ‘bâtir’

Un grand Espoir s’écroula (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Un grand Espoir s’écroula
On ne perçut aucun bruit
Au-dedans était la Ruine
Ô Naufrage sournois
Qui ne se Trahit pas
Et n’admit nul Témoin

L’esprit bâti pour une Charge immense
Conçu pour la tourmente
Sombrant en Mer tant de fois
Et sur Terre, ostensiblement

Un refus de m’avouer la blessure
Et tant elle s’élargit
Que toute ma Vie s’y engouffra
Autour, ce n’étaient que failles –

Rabattu le simple couvercle qui bâillait au soleil
Jusqu’à ce que le tendre Menuisier
A jamais le cloue –

***

A great Hope fell
You heard no noise
The Ruin was within
Oh cunning Wreck
That told no Tale
And let no Witness in

The mind was built for mighty Freight
For dread occasion planned
How often foundering at Sea
Ostensibly, on Land

A not admitting the wound
Until it grew so wide
That all my Life had entered it
And there were troughs beside –

A closing of the simple lid that opened to the sun
Until the tender Carpenter
Perpetual nail it down –

(Emily Dickinson)


Illustration: Jacob-Peter Gowi

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Laissez venir à moi mes paysages (Anne Perrier)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



Laissez venir à moi mes paysages
Maintenant tous les rêves ont fui dépouillés
Mon coeur se fait secret comme un autel

Laissez venir à moi mes paysages
Pour qu’ils bâtissent du silence
Où se taisent les voix qui m’ont blessée
Je me souviens d’un ciel immense dans les yeux
Je me souviens d’étoiles sur le front
Tièdes comme des mains abandonnées
Je me souviens d’amour coulant sur le visage
Et d’un chemin bleu jusqu’au bout du coeur
Oh croire qu’on est chose aussi sans désespoir

Laissez venir à moi mes paysages

(Anne Perrier)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

 

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POÉSIE II (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



 

Kristoffer Zetterstrand CloudRose

POÉSIE II

Ce qui est plus que le mot
mais que le mot délivre

Ce qui est périssable
mais qui renaît devant

Ce qui sombre à foison
mais sans cesse se bâtit

Ce qui nous passe toujours
mais dont nous sommes semence

Ce qui a nom de vie
mais que les jours écartent

Ce qui est évidence
mais qui reste en suspens.

(Andrée Chedid)

Illustration: Kristoffer Zetterstrand

 

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Comment s’y rendre (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2016



Fossoyeur! Mon Maître dort ici.
De grâce mène-moi à son lit!
Je suis venue bâtir le Nid,
Et semer la graine Tendre –

Car une fois la neige en allée
De sa porte de chambre –
Les Marguerites – et le Troubadour –
Diront comment s’y rendre.

(Emily Dickinson)

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JOUR D’AUTOMNE (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2016



 

Brad Kunkle j

JOUR D’AUTOMNE

Seigneur, le temps est proche. L’été fut très grand.
Ton ombre, pose-la sur les cadrans solaires,
et sur les plaines lâche les vents.

Aux derniers fruits ordonne d’être mûrs,
accorde-leur encor deux journées plus sereines,
hâte leur perfection, et presse la suprême
douceur des sucs dans le vin lourd.

Qui n’a pas sa maison, or plus n’en bâtira
Qui solitaire était, longtemps le restera,
Lisant et prolongeant ses lettres et ses veilles.
Et, agité, il marchera de-ci, de-là
dans les allées où tournoieront les feuilles.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Brad Kunkle

 

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Océan de terre (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2016



Océan de terre

J’ai bâti une maison au milieu de l’Océan
Ses fenêtres sont les fleuves qui s’écoulent de mes yeux
Des poulpes grouillent partout où se tiennent les murailles
Entendez battre leur triple cœur et leur bec cogner aux vitres
Maison humide
Maison ardente
Saison rapide
Saison qui chante
Les avions pondent des œufs
Attention on va jeter l’ancre
Attention à l’encre que l’on jette
Il serait bon que vous vinssiez du ciel
Le chèvrefeuille du ciel grimpe
Les poulpes terrestres palpitent
Et puis nous sommes tant et tant à être nos propres fossoyeurs
Pâles poulpes des vagues crayeuses ô poulpes aux becs pâles
Autour de la maison il y a cet océan que tu connais
Et qui ne se repose jamais

(Guillaume Apollinaire)

 

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Celui qui bâtit le monde (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2016


Brueghel.Babel

celui qui bâtit le monde est celui
qui active son errance

(Adonis)

Illustration: Pieter Bruegel l’Ancien

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C’est le poème qui m’a trouvé (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2016



Car c’est le poème qui m’a trouvé
L’entrée du poème
Et la maison a bâti l’absence
Habitable de ses murs
Nous sommes où nous sommes si peu
Duvet du nid qui tremble
Là où tout arbre
Brosse de ses feuilles le ciel

(Heather Dohollau)

 

 

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Un poème c’est bien peu de chose (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2016



poeme-rjz

Un poème c’est bien peu de chose
à peine plus qu’un cyclone aux Antilles
qu’un typhon dans la mer de Chine
un tremblement de terre à Formose

une inondation du Yang Tse Kiang
ça vous noie cent mille Chinois d’un seul coup
vlan
ça ne fait même pas le sujet d’un poème
Bien peu de chose

On s’amuse bien dans notre petit village
on va bâtir une nouvelle école
on va élire un nouveau maire et changer les jours de marché
on était au centre du monde on se trouve maintenant
près du fleuve océan qui ronge l’horizon

Un poème c’est bien peu de chose

(Raymond Queneau)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

 

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LE JEU (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



 

LE JEU

Ne me dérangez pas je suis profondément occupé
Un enfant est en train de bâtir un village
C’est une ville, un comté
Et qui sait
Tantôt l’univers.

Il joue

Ces cubes de bois sont des maisons qu’il déplace et des châteaux
Cette planche fait signe d’un toit qui penche ça n’est pas mal à voir
Ce n’est pas peu de savoir où va tourner la route de cartes
Cela pourrait changer complètement le cours de la rivière
A cause du pont qui fait un si beau mirage dans l’eau du tapis
C’est facile d’avoir un grand arbre
Et de mettre au-dessous une montagne pour qu’il soit en haut.

Joie de jouer ! paradis des libertés !
Et surtout n’allez pas mettre un pied dans la chambre
On ne sait jamais ce qui peut être dans ce coin
Et si vous n’allez pas écraser la plus chère des fleurs invisibles

Voilà ma boîte à jouets
Pleine de mots pour faire de merveilleux enlacements
Les allier séparer marier,
Déroulements tantôt de danse
Et tout à l’heure le clair éclat du rire
Qu’on croyait perdu

Une tendre chiquenaude
Et l’étoile
Qui se balançait sans prendre garde
Au bout d’un fil trop ténu de lumière
Tombe dans l’eau et fait des ronds.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

 

 

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