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Posts Tagged ‘bâton’

Emmène-moi voir Guignol (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2020



Illustration
    
Emmène-moi voir Guignol

Maman
J’ai fini mes croquignoles’
Et j’ai des sous dans ma tirelire
Emmène-moi voir Guignol !
Emmène-moi voir Guignol
Que je te regarde rire.
L’oeil à vif et toutes tes dents
Folichonnes sur deux rangs.
Quand tu vois Guignol
Qui donne des coups de bâton dans les cieux
Tu rigoles
Comme une casserole
Qui danse sur le feu !
Et des fois tu pleures tellement tu ris
Tu pousses des cris de colibri
Tu ris, tu pleures quand Ratapoil
Met la moustache du gendarme !
Et quelques-unes de tes larmes
Luisantes comme la rosée du matin
Ça fait des petites étoiles
Qui tombent sur ma main…

(René de Obaldia)

 

Recueil: Innocentines
Traduction:
Editions: Gracet & Fasquelle

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Je demande (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Je demande qu’il y ait en Bretagne
dans chaque primevère un breton,
je demande pour ce pays
d’humus et de colère
un breton dans chaque maison,
dans chaque ferme ou moulin,
un breton à chaque porte ou croisée.

Je demande un breton
dans tous les arbres de Bretagne,
un breton dans les haies et les rivières,
je demande pour cette terre
comme une poitrine qui ne parle
qu’en jurons ou en prières
un breton au coeur de chaque pierre.

Je demande qu’il y ait en Bretagne
un breton par bâton,
un breton par moissonneur,
par faucille ou par filet de pêche
et s’il le faut un breton par facteur.

Je demande qu’il y ait un breton
dans le cri de chaque breton.

(Gérard Le Gouic)

Illustration

 

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LA MOISSON (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020



Illustration: Joseph Matar
    
LA MOISSON

Des coquelicots, fleurs du sommeil,
Envahirent les blés.
L’éclat de la faucille, un sifflement dans les champs de blé mûr,
Une rumeur dans l’air que le feu torture.

O la joie folle dans l’ivresse de la mort,
Mais la tristesse plus encore.
Roi de l’étendue, l’épouvantail balance
Sa tête de chiffons, ses bras de bâtons.

Qui vient pour allaiter les sanglots de l’enfant
Oublié là, dans la terre à sillons ?
Donnez-moi la cruche avec l’eau tiède,
Faites encore des liens pour les gerbes.

Dans la plaine il y a, sur le ciel embrasé, le mirage
Un mensonge aux couleurs criardes.
A l’abri du soleil le boyard
Veille sur sa belle récolte.

Vent, où donc iras-tu pour calmer la douleur
Des plaies, le feu des fronts ridés ?
Roi de l’étendue, l’épouvantail regarde.
En chiffons la tête, en bâtons les bras.

(Mihai Beniuc)

 

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LES DJINNS (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2020



 

Schéhérazade

LES DJINNS

Tous les djinns d’Orient sont cachés, dit-on,
O Rimsky-Korsakoff, dans les instruments
Que tu fais jouer au signe de ton bâton;
Ils montrent leurs nez trop longs
Par les trous des flûtes de bois creux
Ou dansent des pas prestes et charmants
Sur les cordes des violons.
Ils redisent des sérénades et des aubades
Comme des amoureux;
Ils redisent les chants des marins de Sindbad,
Et l’on croit toujours
Après leur musique très douce ou nasillarde
Voir apparaître en robe de velours
Schéhérazade.

(Tristan Klingsor)

 

 

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Comme d’un bâton (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2020



Comme d’un bâton,
pierre, ce

qui s’est ainsi
dressé a

une tête, marche,
parle, mène

une vie.

(Robert Creeley)


Illustration: Gilbert Garcin

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LA NUIT EST OBSCURE (H. Leivick)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



 


    
LA NUIT EST OBSCURE

La nuit est obscure
Aveugle je suis
Et le vent m’arrache
Mon bâton de buis

Vide est ma besace
Et mon coeur béant
Tous deux – en surcharge
Tous deux – trop pesants.

J’entends que m’effleure
La main de quelqu’un
Donne, et ton fardeau
Portons en commun

Le monde est opaque
Nous marchons à deux
Moi portant le sac
Lui – portant mon coeur.

(H. Leivick)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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De son bâton noueux et dur (Jean-Marc Soriano)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2019




    
De son bâton noueux et dur
Un éleveur mène sa vache vers l’abattoir,
Il la regarde sans tendresse, sans un mot, sans la voir
Comme une chose sans coeur
Alors qu’elle a pour lui le regard du chien.

(Jean-Marc Soriano)

 

Recueil: Une nuit de 7 jours
Traduction:
Editions: Petitfleur

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LES SONGES DE L’INANIMÉ (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019




    
LES SONGES DE L’INANIMÉ

Le vagabond des millions d’années
l’Inanimé
s’efforce Il monte il trébuche à travers
le va-et-vient l’affiche lumineuse
des nuits et des jours.

ll s’approche il monte, l »Inanimé, le vagabond,
il heurte de son bâton
les bords du chemin éboulé
ll peine il gémit il s’efforce
d’être un jour ce qu’il rêve,
de prendre vie.,
de troquer l’insensible contre la douleur
d’échanger l’innombrable
contre l’unique,
contre un destin.

Futur empereur future idole
le caillou vagabond
limé couturé par l’embrun
veut gravir les degrés prendre figure
faire éclore sur sa face camuse
une bête qui brame
un philosophe qui bougonne
un saint qui se tait
un dieu qui souffre et qui meurt

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Chanson (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2019



Frank Bernard Dicksee   08

 

Chanson

Vous, avec vos yeux, avec tes yeux,
Dans la bastille que tu hantes !
Celui qui dormait s’est éveillé
Au tocsin des heures beuglantes.
Il prendra sans doute
Son bâton de route
Dans ses mains aux paumes sanglantes.

Il ira, du tournoi au combat,
À la défaite réciproque ;
Qu’il fende heaumes beaux et si clairs,
Son pennon, qu’il ventèle, est loque !
Le haubert qui lace
Sa poitrine lasse,
Si léger ! il fait qu’il suffoque.

Ah, que de tes jeux, que de tes pleurs
Aux rémissions tu l’exhortes,
Ah laisse ! tout l’orage a passé
Sur les lys, sur les roses fortes.
Comme un feu de flamme
Ton âme et son âme,
Toutes deux vos âmes sont mortes.

(Jean Moréas)

Illustration: Frank Bernard Dicksee 

 

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On brise plus facilement un bâton (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2019




    
On brise plus facilement un bâton
que la branche du lotus.

***

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Le Livre des petits étonnements du sage Tao Li Fu
Traduction: Meng Ming
Editions: Cheyne

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