Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘battement’

NOTRE-DAME DE RUMENGOL (Paol Keineg)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020



Notre Dame

NOTRE-DAME DE RUMENGOL

Visage pauvre et véhément
A la conviction de pure nécessité.
On est fier de ses joues rondes
Et des mouvements de son ventre.
Indispensable impériale et rose
Elle se confond avec la cause et l’effet.
On objectera que tant et tant de foi
Ne conduit pas sur les chemins du réel :
A quoi bon lui jeter la pierre ?
Son sourire ne pèse pas plus lourd
Qu’un battement de coeur.

(Paol Keineg)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE CHEVALERESQUE TIREUR A L’ARC (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2020



LE CHEVALERESQUE TIREUR A L’ARC

Entre deux battements
d’ailes.

Entre deux sauts
du temps.

Entre deux querelles
d’atomes.

Entre deux mots
du poème.

Entre deux paumes
de hasard.

Entre deux regards
qui sèment.

Le centre.

(Jean Mambrino)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Un soir se refait (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2020


Un soir se refait
dans les tremblements d’herbes
battement de portes
armoires vidées
quittant des genoux pris sous la robe noire
à tâches de soleil
une bête gagne son coin
sans l’horreur du temps
qui reprend un couple
au tournant d’un chemin
accablé d’oiseaux.

(Jean Follain)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Seigneur, venez à mon secours (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



Seigneur, venez à mon secours,
Tendez-moi votre main si grande
Qu’elle est le dôme des amours,
Des océans, des monts, des landes,
De l’éternel et de nos jours.

Tendez-moi, Seigneur, ne serait-ce
Qu’un de vos doigts pour m’y poser,
Emmenez-moi me reposer
Loin de tout ce qui me délaisse
Et loin de ce que j’ai osé.

Écartez-moi de la rivière,
Conduisez-moi sur le chemin
Qui mène au cœur de la prière,
Tendez-moi votre grande main
D’où sort la nuit et la lumière.

Tout m’est trop proche et trop lointain,
Mon cœur est mort, mon âme pleure,
Le temps ne m’apporte plus d’heure,
Mes battements se sont éteints
Sous un pas quittant ma demeure.

J’ai rendu le dernier soupir.
Seigneur, écoutez la prière
De celle qui voudrait dormir.
Baissez mes rouges paupières
Car j’ai grand sommeil de mourir.

(Louise de Vilmorin)

Illustration: Christophe Gilbert 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Qui (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2020



Illustration: Josephine Wall 
    
Qui

Dans le bleu du ciel, dans le vert des forêts,
quelle main a peint ces rayons de lumière ?
Quand les vents dormaient encore au sein du firmament,
qui les éveilla et leur ordonna de souffler ?

Perdu dans le coeur, dans la caverne de la Nature,
retrouvé dans le cerveau, Il bâtit la pensée ;
tissé dans le dessin et dans l’éclat des fleurs,
saisi dans le réseau lumineux des astres,

Il est la force d’un homme, la beauté d’une femme,
le rire d’un garçon, l’émoi d’une fille ;
et Sa main qui fit tournoyer Jupiter dans le ciel
met tout son art à façonner une boucle.

Tels sont Ses oeuvres et Ses voiles et Ses ombres ;
mais Lui, où est-Il donc ? Par quel nom Le connaître ?
Est-il Brahma ou Vishnu ? Homme ou femme ?
Avec ou sans corps ? Double ou unique ?

Nous aimons un jeune garçon au teint sombre et radieux,
une femme, redoutable et nue, est notre souveraine.
Nous L’avons vu méditer sur la neige des montagnes,
nous L’avons vu à l’oeuvre au coeur des sphères.

Au monde entier nous dirons Ses voies et Son art ;
Il sent l’extase de la torture, de la passion, de la douleur ;
Il jouit de notre chagrin et fait couler nos larmes,
puis à nouveau nous séduit par Sa joie et Sa beauté.

Toute musique n’est que le son de Son rire,
toute beauté le sourire de Sa béatitude passionnée ;
nos vies sont les battements de Son coeur, notre extase les noces
de Râdhâ et Krishna, et notre amour leur baiser.

Sa force retentit dans la sonnerie des trompettes,
c’est Lui qui roule dans le char, qui frappe dans le combat ;
Il tue sans compter et Il est plein de compassion ;
Il combat pour le monde jusqu’à la fin des temps.

Dans la ruée des mondes, dans la houle des âges,
ineffable, puissant, majestueux et pur,
par-delà le dernier pinacle atteint par le penseur
Il trône en Ses royaumes qui demeurent à jamais.

Maître de l’homme et son éternel Bien-Aimé,
Il est proche de nos coeurs, si seulement nous savions Le voir ;
mais notre orgueil nous aveugle et le faste de nos passions,
nous sommes prisonniers de nos pensées, et nous nous croyons libres.

C’est Lui dans le Soleil qui est sans âge et sans mort,
et dans la minuit Son ombre est étendue ;
quand les Ténèbres étaient aveugles et englouties par les Ténèbres,
Il se tenait en elles, immense et solitaire.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nul battement de coeur (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2020



Nul battement de coeur n’annonce
la présence des bras tendus
vers la brusque reconnaissance
du seul visage qui approche,
et dissipe la nuit en plein soleil ;
la nuit où le bleu de l’été se change
en sang (misère et beauté se confondent),
effaçant les merveilles du monde
offertes nûment aux yeux
qui peuvent transformer l’obscur
en éclat, et dévoiler l’alliance.

(Jean Mambrino)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Percé de lucarnes (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2019


Coeur

Débusque ce battement-de-nous
gravé dans l’énigme

Sacre l’éphémère
Reconnais la rencontre

Explore cette trame-de-nous
où l’univers s’avive

Le coeur percé de lucarnes
remonte les soirs muets.

(Andrée Chedid)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

UNE IMAGE (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2019



UNE IMAGE

Au cœur du coeur
de la rose des univers
enroulés sur eux-mêmes
un coeur (si détaché
qu’il ressemble au sommeil
ou à l’absence) semble battre
le rassemblement des mondes
d’un battement si faible
qu’il est attentivement égal
au silence.

Absorbé par un violent
amour
ou détachement.

(Jean Mambrino)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Cesse ! Je t’en conjure, (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019



Illustration: Alex Alemany
    
Cesse ! Je t’en conjure,
visage de l’unique amour,
reste clair et ferme d’un battement de cils
– les yeux sur le monde, reste beau,
visage de l’unique amour,
et élève ton front
hors des éclairs du doute.
Ils vont partager tes baisers,
te défigurer dans le sommeil,
si tu cherches ton image dans les miroirs
dans lesquels tu appartiens à chacun.

***

Halt ein! Dich beschwör ich,
Gesicht der einzigen Liebe,
bleib hell und schlag mit den Wimpern
das Auge zur Welt zu, bleib schön,
Gesicht der einzigen Liebe,
und heb deine Stirn
aus dem Wetterleuchten der Zweifel.
Deine Küsse werden sie teilen,
dich entstellen im Schlaf,
wenn du nach Spiegeln blickst,
in denen du jedem gehörst!

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La vague étrangère à la terre (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2019



Illustration: Guillaume Seignac
    
La vague étrangère à la terre

De l’obscurité arrive, comme si souvent, une résonance,
Parcourant de haut en bas les cloisons ténues.
Je prête l’oreille et pense à ce jour
Qui, à peine passé, me rappelle à lui.

Mais même le jour ne peut tant me lier
Et par-dessus moi étendre son bras.
Je suis entièrement réveillée et entends un martèlement
Qui actionne mon coeur de lourds battements.

Je presse et ferme les paupières éveillées.
Les eaux des mers m’enserrant brusquement dans un rugissement,
Je les laisse s’élever autour de moi en me souvenant
Et j’ai glissé sur la pente de rêves obscurs.

Ce ne fut pas un rêve, ce fut seulement une heure,
Qui m’appela au rivage, chaude et ardente.
Tu étais, fraîche et claire, la vague d’argent,
Qui me baigne encore dans le crépuscule et le sommeil.

Je lève vers la nuit des bras chauds et tendres
Dans l’attente de la délivrance,
Quand à ma fenêtre frappent des papillons tardifs
Apportant un souffle de ton imminence.

***

Die unirdische Welle

Aus Dunkel kommt, wie schon so oft ein Tönen,
Die schmalen Wände auf und niederströmend.
Ich lausche auf und denke dieses Tages,
Der kaum vergangen, mich zu sich noch ruft.

Doch auch der Tag kann mich so sehr nicht binden
Und über mich mit seinem Arme greifen.
Ich bin ganz wach und höre einen Hammer,
Der mir das Herz bewegt mit schweren Schlägen.

Ich presse die erwachten Lieder zu.
Der Meere Wasser, die mich jäh umrauschen
Lass ich erinnernd höher um mich steigen
Und bin zu dunklen Träumen abgeglitten.

So war kein Traum, so war nur eine Stunde,
Die heiss und glühend mich zum Strande rief.
Du warst die kühle, silberhelle Welle,
Die noch im Dämmer mich, und Schlaf umspühlt.

Die warmen Arme hebe ich zur Nacht
Und warte den Erlösungen entgegen,
Wenn an mein Fenster späte Falter schlagen
Und einen Hauch von deiner Nähe bringen.

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :