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Poésie

Posts Tagged ‘battre’

Dans mon livre (Jeanne Benameur)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2022



Illustration: Carole Moutte
    
Dans mon livre je voyais
ce que les yeux
ne voient pas.
Des images
et encore des images.

C’était ma force.
Ma merveille.

Le livre a ouvert en moi des portes immenses.
Plus rien ne peut les refermer.

Plus rien.

Ils l’ont déchiré
mais les portes battent
à l’intérieur de moi.
Rien ne peut refermer
ce qui a été ouvert.

Je veux
découvrir.
Je veux
continuer l’aventure
du livre.
Découvrir.
Découvrir.

(Jeanne Benameur)

L’exil n’a pas d’ombre 2019

Recueil: La Beauté Éphéméride poétique pour chanter la vie
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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JE TRAVERSE LA NUIT (Mario Wirz)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2022



JE TRAVERSE LA NUIT

Mon coeur bat la chamade nocturne
bruit désemparé
le temps est goulu

(Mario Wirz)

 

 

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Il y a des lits à jamais abandonnés (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2022


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Il y a des lits à jamais abandonnés
Des maisons dont les portes ont cessé de battre.

(Charles Dobzynski)

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Je crois que j’ai cent ans (Bernard Dimay)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2022



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Ne me regardez pas, je crois que j’ai cent ans…
Ne me regardez plus, mon visage est un autre.
Le temps m’a fait du mal, on a joué perdant,
Mon coeur ne saurait plus battre au rythme du vôtre.

Je ne veux rien savoir ni de vous ni des autres,
Vous êt’s un inconnu que je connais par coeur,
L’amour est toujours là mais ce n’est plus le vôtre.
Si j’avais su qu’un jour vous me feriez si peur…

Les oiseaux d’autrefois sont morts depuis longtemps,
Ne me regardez pas, j’ai les yeux pleins de larmes,
L’amour m’a fait du mal… en êtes-vous content?

Je ne vous aimais pas, j’étais bête à merveille,
Et l’amour s’est perdu au rythme de vos pas…
Soudain j’ai comme un air de valse dans l’oreille…
Adieu, ne dires rien, ne me regardez pas!

(Bernard Dimay)

Illustration: Jean-Baptiste Greuze

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Les gens du voyage (Frédéric Charles)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2022



Illustration: André Langevin dit: Zaü
    
Les gens du voyage

Hommes du voyage
femmes de la route
et gamins des Toujours-plus-loin
vos murs ont des ailes
et vos ailes en battant dérangent un peu
nos mèches de cheveux.

Elles les dérangent
parce qu’elles ont besoin d’être dérangées
pour doucement nous faire croire qu’en
nous
nous aussi
nous marchons.

(Frédéric Charles)

Recueil: La cour couleurs Anthologie de poèmes contre le racisme
Traduction:
Editions: Rue du monde

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Rencontre (Alain Boudet)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2022



Illustration: Ira Mitchell-Kirk
    

Rencontre

Dans la rencontre
tisser pour le voyage
la voile des regards
quand les pays qui nous habitent
sont sans cesse à redécouvrir

Reconnaître une étoile
dans la lumière des mains

Réchauffer son regard
à la chaleur des voix

Et entendre
dans le corps des mots
battre son propre coeur.

(Alain Boudet)

Recueil: La cour couleurs Anthologie de poèmes contre le racisme
Traduction:
Editions: Rue du monde

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A un enfant turc (Michel Cosem)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2022



    

à un enfant turc

Ton sourire ouvre la porte du monde
ton geste doux parle d’un pays
d’arbres et de sources
de chants ensoleillés
de tambours qui battent dans la nuit
de légendes au coeur gros
du blé qui pousse si haut dans la montagne
et du vent au goût de résine

Ton sourire ouvre la porte du monde
il est comme un cerf-volant dans l’azur
il va et vient et ne veut jamais s’arrêter

(Michel Cosem)

Recueil: La cour couleurs Anthologie de poèmes contre le racisme
Traduction:
Editions: Rue du monde

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Nocturne (Germaine Beaumont)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2022



Illustration: George Hyde Pownall
    
Nocturne

Des Irlandaises vendaient sous les portes
des pommes de terre qui me brûlaient les doigts.
Quel vent désolé vous apporte
Londres, mon Londres d’autrefois ?

Les chats cousaient les maisons l’une à l’autre
d’un fil noir, d’un fil roux, d’un fil blanc.
Ils faufilaient le jour et la nuit l’un à l’autre.
Des « derelicts » dormaient, distingués, sur des bancs.

La Tamise montait, mais en nappes légères
d’odeurs et de brouillards ténus.
Que de songes ainsi, dans l’ombre, sont venus
se prendre à vos chapeaux, nocturnes passagères !

L’Adelphi, vers le flot glissait en froides pentes
qu’une lanterne transperçait.
Et l’ivresse nouait sa forme titubante
aux « street lamps » qu’elle enlaçait.

Parfois un rat, qu’un bruit insolite déloge
s’enfonçait dans la vase avec un sifflement.
L’éternité bat dans vos cœurs comme une horloge,
Pèlerins de la nuit qui marchez en dormant.

J’ai frôlé, jeune encor, sans mesurer le risque,
ces épaves du temps perdu,
Cléopâtre dressant sa petite obélisque,
montrait le ciel d’un doigt tendu.

Elle perçait de l’aiguille,
votre opaque intensité,
nuit de Londres où scintille,
l’astre du déshérité.

Le bruit d’un pas, ce tendre ami des rues désertes
sonne encor dans mon souvenir.
Mon cœur attend au seuil d’une porte entrouverte,
ce qui ne peut plus revenir.

Mon cœur perçoit au loin le convoi qui déraille
avec ses morts et ses vivants.
Quelqu’un court dans la nuit derrière un brin de paille
mais c’est le vent, mais c’est le vent.

(Germaine Beaumont)

 

Recueil: Poésie au féminin
Traduction:
Editions: Folio

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Petit Tableau (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2022


Petit Tableau

Une pomme multicolore
Que l’arc-en-ciel relie au soleil
Cette grosse pomme d’or.

Quelques fleurs éclosent
Dans un vase bleu que tiennent
Des mains aux ongles peints

Un oeil aux longs cils
Qui battent comme des ailes
Lorgnent la pomme
Qui incarne le péché.

(Jean-Baptiste Besnard)

Le Blog de Jean-Baptiste ici

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À PRÉSENT tu n’as plus, mon coeur, ce vol (José Àngel Valente)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2022




À PRÉSENT tu n’as plus, mon coeur, ce vol
qui t’emportait vers les plus hautes cimes.

Tu bats, rampant, parmi les feuilles sèches
du jaune automne.

Et jusqu’à quand dans ta secrète larve ?

Renaîtras-tu dans le matin
pour respirer le froid de l’air
où il y a un oiseau ?
L’entends-tu ?

Il chante tout en haut, sur les cimes
comme toi, comme alors.

Tu n’es qu’un battement réfugié dans l’obscur.

À cet oiseau que tu as été tu dédies ce chant.

***

AHORA no tienes, corazôn, el vuelo
que te llevaba a las màs altas cumbres.

Lates, reptante, entre las hojas secas
del amarillo otono.

Y hasta cuàndo en la secreta larva de ti ?

Volveràs a nacer en la maniana,
a respirar la frialdad del aire
donde hay un pàjaro ?
Lo oyes ?

Canta arriba, en las cimas,
como tù, como entonces.

Tù eres solo latir cobijado en lo oscuro.

Al pàjaro que fuiste dedicas este canto.

(José Àngel Valente)

 

 

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