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Pour m’endormir (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018



    

Pour m’endormir, je mets
le masque du sommeil : un léger voile
que je tisse avec les événements du jour
et les mots dont je perds le fil en m’endormant.
Une toile aussi fine que celle de l’araignée
où restent au matin des lambeaux de rêves :
des images prises au piège, les discours décousus
d’un somnambule qui se réveille.

Le masque du cauchemar est un masque de fer
et de bois dur. La corne et l’ivoire,
c’était pour les dieux qui parlaient latin
et les grands mammifères dont on faisait
des trophées. Les bibelots nous suffisent:
la jungle des images a remplacé les grandes battues.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Homère au royaume des morts a les yeux ouverts
Traduction:
Editions: Le bruit du temps

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NUIT DU CŒUR (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018




NUIT DU CŒUR

Automne dans le bleu d’un mur :
sois la protection des petites mortes.
Chaque nuit, dans la durée d’un cri, arrive une ombre nouvelle.
Tout esseulée danse la mystérieuse autonome.
Je partage sa peur d’animal très jeune durant la première nuit des battues.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Gustave Courbet

 

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On sait qu’un jour la bouche sera fermée par la terre (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2017



on sait qu’un jour
la bouche sera fermée
par la terre
et la terre refermée

bouches sans nombre déjà devenues sol

à la longue sous la langue
on arrive à saisir
une basse continue des morts
ce sol tassé ou terre battue

comme une langue — mère — mort — terre
si on veut

il n’y a pas d’ailleurs

(Antoine Emaz)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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Toute innocence triche (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016




Un divan gris comme un remords.
Un violon comme une folle vérité.
Un vase en dix morceaux
comme un amour trop anonyme.
Il se fait plomb
car il est plus troué
qu’une perdrix le soir de la battue.
Toute innocence triche.

(Alain Bosquet)

Illustration: Giacomo Piussi

 

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On raconte (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2015


 


Otto Dix Painting 130 [1280x768]

On raconte que nos ruines sont de nouveau hantées
Un spectre partout à la fois tout le monde l’a vu
N’est-il pas venu regarder nos enfants cette nuit
N’a-t-il pas dérangé ces photos des parents morts à la guerre

Ceux qui ont remis un toit sur leur vieille maison
Entendent rôder dans le grenier et ceux qui vivent dans les caves
Voient l’ombre passer et repasser devant les soupiraux
On dit qu’il enlève toute joie au vin et qu’il noircit le pain qu’il touche

On dit que c’est le spectre de la guerre qui veut paralyser les gens par la terreur
Et profitant de nos cauchemars il inspecte l’état des routes et des ponts
Il y a dans l’air des tournoiements au-dessus de chaque tête
Il y a sur les mers des sillages qui ne présagent rien de bon

Déjà la guerre on n’a pas eu de paix et l’on s’enferme
Comme s’il faisait déjà très froid certains veulent s’unir
Pour effectuer une battue le pourchasser et puis l’abattre
Mais d’autres comme toujours croient qu’il vaut mieux rester chez soi
Et attendre et attendre la mort un enfant dans les bras

(Ernest Delève)

Illustration: Otto Dix

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