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Poésie

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Que de chaque rencontre naisse un poème! (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Que de chaque rencontre naisse un poème!
Pour qui n’est infidèle ni bavard, peu de poèmes dans une vie entière.
Plus j’avancerai sur le chemin sans but,
sur la route de terre qui tout à coup débouche dans la nuit,
plus je vous bercerai en moi paroles et visages !

Il a suffit d’aller t’attendre.
Enfance du monde redevenue, ô mon enfance !
J’étais seule dans une rue, et toutes les choses et toi au loin vous m’entouriez.
L’écorce des platanes avait la couleur du pavé,
et les taches sur les troncs les mêmes contours que sur les pierres.

Les branches nues, peintes de la même pâleur que le ciel,
inscrivaient dans l’air des motifs si dépouillés et si patients que j’étais près des larmes et du sourire.
Un soleil blanc fit un trou là-haut et sur le fleuve un cercle scintillant.
A cet instant ton pas fut derrière moi.
Il avait le rythme de mon coeur.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

 

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Deux pigeons (Michel Besnier)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2019



vautours

Deux pigeons

Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre
Deux corbeaux s’aimaient d’amour noir
Deux mésanges s’aimaient d’amour bleu
Deux pies s’aimaient d’amour bavard
Deux autruches s’aimaient d’amour lourd
Deux pinsons s’aimaient d’amour gai
Deux vautours s’aimaient eux aussi

(Michel Besnier)

Illustration

 

 

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220 satoris mortels (François Matton)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2018



Illustration

    

Quand ce serait l’heure d’y aller
mais qu’on n’y est pas du tout

Quand en sauvant un papillon
attaqué par des fourmis
on se prend pour un saint

Quand on est si loin de chez soi
qu’on finit par l’oublier

Quand on est couché dans son lit
et qu’on entend soudainement craquer
le plancher du grenier

Quand le spectacle de la Nature
devient le seul spectacle supportable

Quand on est heureux
et malheureux
simultanément
sans raison

Quand
OH Regarde

Quand un arc-en-ciel
une colline jaune
un lapin à deux pas

Quand la projection
est subitement suspendue

Quand on ne saurait dire
si le monde préexiste à la perception

Quand toutes les salles se vident
et que le silence revient

Qaund passer le balai
se révèle plus efficace
qu’avaler un anxiolytique

Quand on n’est plus personne
à l’instant où le petit oiseau va sortir

Quand tout paraît
bulles de savon
à la surface
et au-dedans

Quand un changement de focale
sauve du monde bavard des hommes

Quand on se demande bien
pourquoi
on n’a pas commencé par là

Quand la montagne
déplace la Foi

Quand on hésite à frapper
au seuil de l’Inconnu

Quand on jurerait être
déjà passé par là

Quand les mots s’espacent
à mesure que le souffle s’allonge

Quand la joie se réveille
au moment où
on s’y attend le moins

Quand toute votre enfance resurgit
du simple fait d’être
monté au grenier

Quand on s’arrête
soudainement
de se croire
un monstre

Quand ça chatouille les chakras
à travers la forêt
des plaisir sensoriels

Quand tout l’éclat du monde
se concentre sur un seul point

Quand on espère très fort
que ça n’est pas une mauvaise blague

Quand bêtement
d’un coup
on ne veut plus
mourir

Quand vous n’avez
plus de tête
et que vous ne
le regrettez pas

Quand on assiste
au retour inopiné
de figures
très aimées

Quand la joie descend
jusqu’aux orteils

Quand la tentation est trop forte
bien que le panneau soit énorme

Quand ça semblerait bien
pouvoir durer toujours

Quand Ouuuiii ii i iii i i i i

Quand on n’a plus
qu’une envie

Quand il fait si bon
si doux
si tout

Quand cet élan
qui nous prend
c’est le pur Amour

[…]

(François Matton)

 

Recueil: 220 satoris mortels
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Les enfants bavards (Ryôkan)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



 

Les enfants bavards
Ne l’attraperont jamais
La première luciole

(Ryôkan)

Illustration

 

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Les bouquets de fleurs (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018




    
Les bouquets de fleurs
sont toujours trop bavards.

(Werner Lambersy)

 

Recueil: L’éternité est un battement de cils
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Ne me tire pas de l’eau (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Illustration: Paul Klee
    
Ne me tire pas de l’eau, oiseau.
Ne me cloue pas le bec, bavard.
Ne me crève pas les yeux, sorcier.
Ne m’oublie plus jamais, ami.
Ne coupe les roses que roses.
Ne fais l’enfant que pour aimer.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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Peut-être bien (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018




    
Peut-être bien que les hommes après tout
ne sont pas faits pour vivre dans les maisons
mais dans les arbres
et encore
pas comme l’écureuil ou le singe d’Afrique
qui sont des enfants espiègles et craintifs
mais comme les oiseaux
et encore
pas comme le loriot bavard ou le geai plus rogue
qu’un chien de ferme et plus insupportable
qu’une porte qui grince
mais comme les oiseaux de haute volée de longs
voyages
qui n’y viennent que pour le repos
échanger quelques nouvelles lier connaissance
et prendre un peu de sang nouveau
avant de s’enfoncer dans le silence et l’anonyme
gloire du ciel
loin
[…]

(Guy Goffette)

 

Recueil: Éloge pour une cuisine de province
Traduction:
Editions: Gallimard

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UNE FUMÉE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018




    
UNE FUMÉE

La vie se rassemble à chaque instant
comme une fumée sur le toit.
Comme le soleil s’en va des vallées
comme un cheval à larges pas,
la vie s’en va.

Ô mon désastre, mon beau désastre,
ma vie, tu m’as trop épargné.
Il fallait te défaire au matin
comme un peu d’eau ravie au ciel,
comme un souffle d’air est heureux
dans le vol bavard des hirondelles.

(André Frénaud)

 

Recueil: Il n’y a pas de paradis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Veille (Alexàndra Galanou)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018




    
Veille

Posée sur une chaise
une chemise
En boule sur le tapis
couleur de nuit
la robe
Sur sa poitrine
un papillon
qui scintillait.

Entre les murs
dans une lumière ambrée
veillait
la saveur d’un parfum.
Sous le toucher bavard
dans des bruits sourds
l’étreinte
et dans le lit
un adagio de baisers
se mêlait
aux draps bleus
sommeillants.

(Alexàndra Galanou)

 

Recueil: Dans les recoins des mots
Traduction:
Editions: Circé

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Champ de tir (Alexàndra Galanou)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2018



Illustration
    
Champ de tir

Coups d’oeil bavards
Coups d’oeil en biais
Coups d’oeil vides
Coups d’oeil sans importance
Coups d’oeil qui importent
Coups d’oeil lourds de sens ou sans poids
Coups d’oeil prostitués
Coups d’oeil superficiels
Coups d’oeil profonds
Coups d’oeil épées
Coups d’oeil de feu
Coups d’oeil clandestins
Coups d’oeil en silence.

T’es-tu jamais demandé
s’ils se croisent correctement
tous ces différents coups d’oeil ?

(Alexàndra Galanou)

 

Recueil: Dans les recoins des mots
Traduction:
Editions: Circé

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