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Poésie

Posts Tagged ‘bavardage’

Vite déshabillée (Jean-Paul Chague)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2018



 

F.A. Moore La Réponse

vite déshabillée
du plus léger bavardage

la bouche hésite
sans provisions

l’amant heureux
signe sur ton corps

ce qui ne passe pas
la page trop poreuse

(Jean-Paul Chague)

Illustration: F.A. Moore

 

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CHERCHER (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018




CHERCHER

Du dithyrambe à la racine de la mer
s’étend un vide nouveau style :
En voilà assez, dit la vague,
arrêtez votre bavardage
et que cesse aussi de pousser
la barbe du ciment
dans la ville :
nous sommes seuls,
nous voulons crier enfin,
nous soulager devant la mer,
voir sept oiseaux de la même couleur,
trois mille mouettes aux plumes vertes,
nous voulons chercher l’amour sur le sable,
crotter nos chaussures, salir
livres, chapeau, pensée,
pour à la fin te découvrir, néant,
pour t’offrir nos baisers, néant,
pour te chanter, néant,
néant sans rien, sans faire
quoi que ce soit, sans achever
ce qui est authentique et vrai.

(Pablo Neruda)

Illustration

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La mer (Katell Antoine)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



La mer

son immense bavardage
ses foules contenues
m’envoie ce simple message
TOUT VA BIEN

(Katell Antoine)

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Dans le moyeu la coquille implose (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2018



 

Dans le moyeu la coquille implose,
survit comme un jeu de mots de terreau et rocaille,
se dressant tel un bâton, pour envahir, chasser
le bavardage qui emplissait son corps
pour jaillir, attendre les coups
à venir — ville en germe, de fait, non surgie, même hors
de la ville. Va-t’en. La roue
fut une tromperie. Elle ne peut tourner.

(Paul Auster)

Illustration

 

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La théorie de M. Sörensen (Karen Blixen)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2017




    
Seuls, quelques amis intimes connaissaient la théorie de M. Sörensen,
selon laquel les êtres humains éviteraient de commettre nombre d’actes indignes d’eux,
s’ils voulaient bien prendre l’habitude de parler en vers.

« Ce n’est pas exactement la rime qui s’impose, disait-il,
non, le langage ne devrait pas nécessairement rimer ;
le vers rimé n’est à la longue qu’une attaque sournoise
contre le caractère essentiel de la poésie.

C’est en vers blancs, non rimés,
que nous devrions exprimer nos sentiments
et communiquer les uns avec les autres.

La grossièreté de notre nature cède à l’influence des ïambes,
qui lui prêtent leur noblesse, et séparent diligemment
dans le langage humain le métal précieux
de la monnaie de billion du bavardage
et de la chronique scandaleuse. »

Dans les grands moments de sa vie,
M. Sörensen pensait en vers.

(Karen Blixen)

 

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Retouche à l’univers (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2017




    

retouche à l’univers

la nappe le couteau le verre
le sourire et Dieu dans la tranche du pain
et sur un dôme de cuiller
le reflet persan du placard ouvert

dans les détroits du bavardage
la voile blanche du silence
vers des îles

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie Retouches
Editions: Gallimard

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Chaque soir (Maram al-Masri)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2017



    

    

Chaque soir
les oiseaux dorment dans leur solitude

ils regardent leur corps
comme si c’était un corps de femme
fragile
où luttent l’eau et le vent

chaque soir
les oiseaux et les ours rêvent
de mains qui les caressent

les chats s’étirent
pour lécher leur corps
sans se soucier
du regard de Dieu
qui s’étend
sur le plafond et les murs

sans se soucier du temps
sans se soucier des bavardages
ni des juges ni des prisons de l’amour
ni des mites dont les mandibules
dévorent les robes
du désir

satisfaits de leur être
dans l’insouciance de leur corps
ils jouissent
du matin

(Maram al-Masri)

 

Recueil: Par la Fontaine de ma Bouche
Traduction: Maram al-Masri – Bruno Doucey
Editions: Bruno Doucey

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Le bavardage de l’eau me console (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2016




Le ciel éteint les yeux des pierres qui vivent dans le sable

Elles regardent les ténèbres humides des sources qui bruissent
comme la soie des feuilles oubliées

Déjà s’allume le vent sur les murailles

La nuit est la sentinelle élevée des étangs noirs

Le bruit des marées
avance vers la ville

Le bavardage de l’eau me console.

(Georges Jean)

Illustration: ArbreaPhotos

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NUIT DE NOËL (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2016



NUIT DE NOËL

Comme l’orchestre se tait, des ombres féminines voilées
passent sous la ramure,
les feuilles mortes laissent filtrer les chimères glacées
de la lune, de pâles nuages crépusculaires.

Il y a des lèvres qui pleurent des arias oubliées,
de grands iris qui feignent d’éburnéennes vêtures.
Des bavardages et des sourires en bandes folles
qui parfument de soie le rude bocage.

J’attends la lumière rieuse de ton retour ;
et, dans l’épiphanie de ta sveltesse,
éclatera en or majeur la fête.

Alors mes vers bêleront sur tes terres,
entonnant de leurs airains mystiques
la venue de l’enfant-jésus né de ton amour.

***

NOCHEBUENA

Al callar la orquesta, pasean veladas
sombras femeninas bajo los ramajes,
por cuya hojarasca se filtran heladas
quimeras de luna, pálidos celajes.

Hay labios que lloran arias olvidadas,
grandes lirios fingen los ebúrneos trajes.
Charlas y sonrisas en locas bandadas
perfuman de seda los rudos boscajes.

Espero que ría la luz de tu vuelta;
y en la epifanía de tu forma esbelta,
cantará la fiesta en oro mayor.

Balarán mis versos en tu predio entonces,
canturreando en todos sus místicos bronces
que ha nacido el Niño-Jesús de tu amor.

(César Vallejo)


Illustration: Maurice Denis

 

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La voix (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2016



 

Otto Dix   Painting 067 [1280x768]

La voix

Une voix, une voix qui vient de si loin
Qu’elle ne fait plus tinter les oreilles,
Une voix, comme un tambour, voilée
Parvient pourtant, distinctement, jusqu’à nous.

Bien qu’elle semble sortir d’un tombeau
Elle ne parle que d’été et de printemps,
Elle emplit le corps de joie,
Elle allume aux lèvres le sourire.

Je l’écoute. Ce n’est qu’une voix humaine
Qui traverse les fracas de la vie et des batailles,
L’écroulement du tonnerre et le murmure des bavardages.

Et vous ? ne l’entendez-vous pas ?
Elle dit «La peine sera de peu de durée »
Elle dit «La belle saison est proche ».

Ne l’entendez-vous pas?

(Robert Desnos)

Illustration: Otto Dix 

 

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