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Posts Tagged ‘bavarder’

CONFIDENCES (André Spire)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019



 

Alexander Daniloff

CONFIDENCES

Les cœurs bavardent, les cœurs se disent
Tu bats trop fort…
— Toi, tu bats trop lentement.
— J’ai battu si vite, si vite !
— Et moi pas assez encore…
Tout m’appelle,
Tout m’attire, m’entraine,
Les femmes, les larmes, les livres,
Les villes, les fleuves, le ciel.

(André Spire)

Illustration: Alexander Daniloff

 

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Les horloges (Tilemachos Chytiris)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Les horloges
Commentent la vie
Monotones elles bavardent
En perdant leur temps

(Tilemachos Chytiris)


Illustration

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Tu te racontes sans le savoir (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018


 


Andrey Remnev  (29)

Tu te racontes sans le savoir
même quand tu poses et fais semblant.
Tes gestes sont comme le miroir
De tes pensées d’hier, de maintenant.

De toi tu n’arrêtes de parler
tout en ne cessant de te taire.
Tu es, malgré toi, livre ouvert
qui traduit ton langage codé.

Souvent rien qu’un tic te résume.
En lui s’abrite ton amertume
Et dans chacun de tes mouvements
tu trahis tes rêves latents.

Pourtant tu te tiens sur tes gardes
Et à personne ne te confies.
A quoi cela sert-il, ma fille ?
Puisque tous tes secrets bavardent…

(Esther Granek)

Illustration: Andrey Remnev

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Elles bavardent peu (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018



Elles bavardent peu

Sauf peut-être
avec certains vents au long cours
ou quelque nuit de gel pur
longtemps soutenu

Elles se confient encore moins

Si ce n’est aux racines
de quelques très vieux troncs
aux bords de quelques sources
en montagne
et à la mer
où elles se couchent pour mourir
sous des marées
de courtisanes expertes
qui les épuisent
jusqu’aux langueurs de nos plages
ou l’exquise
douleur écumeuse des falaises

Elles ont pouvoirs sur nos seuils
puissance sur nos enceintes
et nos murailles
tirant orgueil des permanences
de la poussière

Comme des éponges bien vivantes
elles sont gonflées du chant
des mondes
font et défont sans fin
les noeuds quantiques de l’harmonie

(Werner Lambersy)

 

 

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En revenant… (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2017



En revenant…

Elle disait en revenant :

– Ce n’est pas le sujet dont nous avons parlé :
Nous bavardions sans but comme des étrangers
Qu’on a laissés ensemble…

Ce ne sont pas non plus ses façons avec moi :
Il était avec moi comme avec tous les autres.

Mais je le sens, je le sais,
Sûrement, entre nous deux,
Quelque chose est commencé !
Sûrement, c’est aujourd’hui,
– Car me voici trop contente –
C’est aujourd’hui ce départ
Que j’attendais, que j’attendais !

Elle disait aussi : Mais non …
Je suis folle, je me trompe ;
Il n’y a aucune raison…

Enfin elle disait : Je veux savoir !
Oh ! que bientôt je le revoie !
La prochaine je serai
Comme lorsqu’on a cru entendre
Un bruit léger, un bruit caché
Et qu’on retient longtemps son souffle
Et qu’on s’applique à «écouter…

Lui se disait
– Elle aurait pu causer avec tant d’autres…
Et c’est avec moi seul qu’elle est restée.

La fois prochain, en lui parlant,
Je la regarderai dans les yeux
Et je profiterai d’un moment
De silence pour lui sourire.

Vint le jour d’une autre rencontre ;
Mais vraiment tout agit contre eux :
Elle, fut captive d’un autre.
Lui, fut entouré, cerné.

Des gens s’amassèrent entre eux
Comme un bois entre deux chaumières,
Les empêchant de se rejoindre
Fût-ce avec les yeux…

En revenant, chacun disait :
Que je demeure donc avec ma tristesse
Et ma pauvreté !

Je m’étais trompé, il n’y avait rien.
Rien que le hasard et que mon attente.

Il n’y avait rien , se disait-elle.
Que la politesse.
Il n’y avait rien, se disait-il,
Que ma fatuité.

(Charles Vildrac)

Illustration

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Pas le temps de s’arrêter pour réfléchir (Malcom Lowry)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



Pas le temps de s’arrêter pour réfléchir

Ton seul espoir : le prochain verre
Va te promener, si tu veux
Pas un moment pour réfléchir
Ton seul espoir : le prochain verre
Rien ne sert de tergiverser
Et bavarder est encore pire.
Ton seul espoir : le prochain verre.
Va te promener (si tu veux).

(Malcom Lowry)

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CHEVAL DES RÊVES (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017




CHEVAL DES RÊVES

Superflu, me regardant dans les miroirs
avec un goût de semaines, de biographes, de papiers,
j’arrache de mon sieur le capitaine de l’enfer,
j’établis des clauses indéfiniment tristes.

j’erre d’un point à l’autre, j’absorbe des illusions,
je bavarde avec les oiseaux dans leurs nids:
et eux, souvent, d’une voix fatale et froide
chantent et font fuir les maléfices.

I1 y a un vaste pays dans le ciel
avec les superstitieux tapis de l’arc-en-ciel
et les végétations vespérales :
c’est vers lui que je vais et grande est ma fatigue,
foulant une terre retournée de tombes encore fraîches,
je rêve entre ces plantes aux fruits indécis.

Je Passe entre les enseignements possédés, entre les sources,
vêtu comme un être original et abattu :
j’aime le miel usé du respect,
le doux catéchisme entre les feuilles duquel
dorment des violettes vieillies, évanouies,
et les balais, aux secours émouvants,
dans leur apparence il y a sans doute, cauchemar et certitude.

Je détruis la rose qui siffle et la ravisseuse anxiété:
je brise les extrêmes aimés: et plus encore,
je guette le temps uniforme, sans mesures
une saveur que j’ai dans l’âme me déprime.

Quelle aurore a surgi! Quelle épaisse lumière de lait,
compacte, digitale, me protège !
J’ai entendu hennir son rouge cheval
nu, sans fers et radieux.
Je survole avec lui les églises,
Je galope à travers les casernes désertes de soldats
et une armée impure me poursuit.
Ses yeux d’eucalyptus volent l’ombre,
son corps de cloche galope et frappe.

J’ai besoin d’un éclair de splendeur persistante,
d’une parenté joyeuse qui assume mes héritages.

(Pablo Neruda)

Illustration: Marc Chagall

 

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Rencontrer quelqu’un (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2017



Rencontrer quelqu’un, le rencontrer vraiment
– et non simplement bavarder comme si personne ne devait mourir un jour -,
est une chose infiniment rare.
La substance inaltérable de l’amour est l’intelligence partagée de la vie.

(Christian Bobin)

 

 

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CHAMADE (Jacques Basse)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2017



Illustration
    
CHAMADE

d’où peut venir cette chamade
si pesante qui charge mon coeur
qui insidieusement bavarde
sans que j’en sache la teneur

blessante comme une gourmade
est-ce la lassitude des jours
qui marchande cette oeillade
où vivre est un compte à rebours

est-ce dû à de la malchance
à un concours de circonstance
ô mon coeur reste en espérance

la mort va dès la délivrance
le cri que le nouveau né lance
est déjà un déni d’assistance

(Jacques Basse)

 

Recueil: Le temps des Résonances
Editions: Rafaël de Surtis

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UN TOUR AU BOIS (Raymond Genty)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2017



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Illustration: Oleg Zhivetin
   
UN TOUR AU BOIS

Non, je n’aurais pas dû venir… je suis coupable,
Je m’en veux à présent… mais je l’avais promis.
Seulement, vous savez, soyez très raisonnable,
Nous allons bavarder comme deux vieux amis.

Que le Bois est joli !.,. les sentiers sont tout roses,
Regardez! les bouleaux ont des frissons très doux;
Au fond, il ne faut pas exagérer les choses,
On cause, on rit un peu…, mais quel mal faisons-nous?

Le monde est si méchant… tiens, une violette!
Aussi voyez, j’ai mis cette épaisse voilette
Pour pouvoir échapper aux yeux indélicats.

Éloignez-vous !… non, non…, vraiment je suis trop bonne;
Un baiser ?… calmez-vous !… il ne passe personne,
Allons ! dépêchez-vous… ne me décoiffez pas?

(Raymond Genty)

 

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