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Poésie

Posts Tagged ‘baver’

La glose (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2020




    
La glose

– Maman,
Toi qui es du Capricorne’,
Toi qui connais tout et rien
Depuis les Mérovingiens’,
Qui discute savamment
Du tiers et du tremblement,
Pourquoi les escargots ont-ils toujours des cornes
Comme les Martiens enfermés au zoo ?
– Mon petit,
Tu n’as pas mangé tes radis
Ni la soupe aux pissenlits,
Tu ne te laves jamais les mains
Tu baves
Tu fais enrager Firmin
Je ne te dirai plus rien !
– Oh ! si, maman, dis-moi !
Je mangerai les radis
Et la soupe aux pissenlits,
Je ferai comme Pilate’ :
Je me laverai les mains
Avec un savon romain
Fabriqué pour diplomates,
Je ne baverai pas plus
Que la pipe d’Esaiii,
Je donnerai à Firmin
Toutes mes crottes de lapin.
Et encore bien d’autres choses
Que je ferai comme un rien
Pour accéder à la glose,
Le gloussement du genre humain.
– S’ils ont des cornes, mon enfant,
C’est pour corner certainement
Aux carrefours, dans les tournants
Au sein des encombrements,
Ça évite les accidents.

(René de Obaldia)

 

Recueil: Innocentines
Traduction:
Editions: Gracet & Fasquelle

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LE TEMPS (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2020



Illustration: Gilbert Garcin
    
LE TEMPS

Bête comme un moteur, bête comme un alexandrin,
le temps piétine et bouge et marche tout le temps.
Il ne peut pas rester en place, et son chemin
déroule son tricot de vers à soie bavant.

Le temps n’a pas le temps de perdre ses minutes,
ni de trouver jolies les choses ni les gens.
Il a toujours à faire, et s’il trébuche et bute
il repart tout de suite et rattrape le temps.

Mon échelle à monter aux grand’places d’aurore,
ma douce, ma songeuse, et mon seul passe-temps,
dans le chaud mélangé de notre double corps
nous n’entendons plus les gros sabots du temps.

Il n’est pourtant pas loin, bête comme un ruisseau,
il fait bouger le sang et le tic-tac du coeur,
les onze ou douze pieds de mes vers pas très beaux,
bête comme une rime qu’on saurait par coeur.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Tout est relatif (Liliane Wouters)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



Tout est relatif

Monsieur Y n’a plus de dents,
plus de cheveux,
Il bave un peu
et son visage est plein de plis.
Il a cent ans.
Il est affreux.

Monsieur Z tout comme lui
n’a pas de dents
pas de cheveux,
il bave un peu
et son visage est plein de plis.
Il a trois jours.
Qu’il est joli!

(Liliane Wouters)

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POMME (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018




    
POMME

Lents nos jours comme les boeufs
qui bavaient sur leurs fanons.
En haut du tremble frémissent
les lueurs qu’on voit dans les mares.

La pomme avariée qui tombe
fait s’envoler un oiseau.

Au loin chantonne un tracteur.
Une odeur de terre se mêle
à l’odeur des pailles.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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S’éveillera sans nous (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Illustration: Francis Bacon
    
S’éveillera sans nous l’alternative du sens au coeur de
l’ébriété du langage. Du langage assoupli par l’allégresse
de son rebondissement illimité J’ânonne, il s’élance. Il
oublie que je suis second, en retrait, en recul. Il ignore
surtout que je n’existe pas, que je bave et transpire
d’inexistence dans l’ébranlement de sa trace.

(Jacques Dupin)

 

Recueil: Le corps clairvoyant
Traduction:
Editions: Gallimard

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Si l’escargot ne bavait pas (René Daumal)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
si l’escargot ne bavait pas,
il serait une étoile

(René Daumal)

 

Recueil: Se dégager du scorpion imposé
Traduction:
Editions: Editions Eoliennes

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Ma mortelle dame (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Illustration: Katsushika Hokusai
    
ma mortelle dame au corps cadavérique

d’une douceur bête exquisément,équipée
(devenant exactement passionnée agrippe

Volontiers en des gloussements de suprême sexe

ma protubérance muette-articulée)
Désirant que mon bel obus vexe

l’intuitif sillon qui se moque…
Et le vif clapotis-de-son-cerveau me mord

tendrement,
comme la lente concession-de-chair

chaude me,Prend;en de plus folles vagues de lumière
sentantbon
parfumées :
d’éclats imprononçables
Arrachés,
au soleil immense(dont le jour bave
sur la nuit—)et l’abrupt navire-de-ses lèvres

se désintègre,en une explosion!mièvre

***

my deathly body’s deadly lady

smoothly-foolish exquisitely,tooled
(becoming exactly passionate Gladly

grips with chuckles of supreme sex

my mute-articulate protrusion)
Inviting my gorgeous bullet to vex

the fooling groove intuitive…

And the sharp ripples-of-her-brain bite
fondly into mine,
as the slow give

of-hot-flesh Takes,me;in crazier waves of light
sweetsmelling
fragrant:
unspeakable chips
Hacked,
from the immense sun(whose day is drooled
on night—)and the abrupt ship-of-her lips

disintegrates,with a coy!explosion

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Chassant vos pieds marins (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2017




    
Chassant vos pieds marins, vos chevilles de feuilles,
Comme un bûcheron, je dois vivre dans l’ombre,
Boire à cette bouche où les guêpes m’accueillent,
Elle bave un miel où mes gestes s’encombrent.

(Olivier Larronde)

 

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En proie à ta manie d’accumuler (Carolyn Carlson)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2017




    
En proie à ta manie d’accumuler
plonge cette page dans l’eau
l’encre bave le papier se dissout
ton regard se désemplit
plus rien à chercher
c’est alors que tout peut arriver

(Carolyn Carlson)

 

Recueil: brins d’herbe
Traduction: Jean-Pierre Siméon
Editions: Actes Sud

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Et j’irai le long de la mer éternelle (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2015



Anne Bachelier 02 [800x600]

Et j’irai le long de la mer éternelle

Et j’irai le long de la mer éternelle
Qui bave et gémit en les roches concaves,
En tordant sa queue en les roches concaves ;
J’irai tout le long de la mer éternelle.
Je viendrai déposer, ô mer maternelle,

Parmi les varechs et parmi les épaves,
Mes rêves et mon orgueil, mornes épaves,
Pour que tu les berces, ô mer maternelle.
Et j’écouterai les cris des alcyons
Dans les cieux plombés et noirs comme un remords,
Leurs cris dans le vent aigu comme un remords.
Et je pleurerai comme les alcyons,
Et je cueillerai, triste jusqu’à la mort,
Les lys des sables pâles comme la mort.

(Jean Moréas)

Illustration: Anne Bachelier

 

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