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Poésie

Posts Tagged ‘béatitude’

J’ai tout repeint en bleu (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



J’ai atteint
à la béatitude
des anges
de bazar
j’ai tout repeint
en bleu
Les oursins
du coeur
les sandales
d’Empédocle
sur l’Etna
les machines
à sous du sexe
l’oeil
de verre
des USA
J’ai tout repeint
en bleu
nirvana
comme on fait
aux volets
de campagne
à cause
des mouches
qui n’aiment
pas cette couleur
Et j’ai tourné
sept fois
ma langue
dans l’oreille
de Dieu
pour le faire rire

(Werner Lambersy)


Illustration: Fabienne Contat

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Si la joie (Baruch Spinoza)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018




    
Si la joie consiste dans le passage
à une perfection plus grande,
alors la Béatitude doit être le fait
que l’esprit est doué de la perfection même.

(Baruch Spinoza)

 

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La béatitude (Baruch Spinoza)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



    

La béatitude n’est pas la récompense de la vertu,
mais la vertu elle-même.

(Baruch Spinoza)


Illustration: Odilon Redon

 

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Dormir et rire d’aise (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



 

Rockwell Kent 14

Dormir et rire d’aise, un sommeil : je divague ;
Dormons : le mal d’aimer, ô cœur, t’a ravagé ;
Et je me sens, ce soir, si follement âgé
Que je me crois le survivant d’un monde vague.

La nuit est formidable et triste à tout jamais,
Un souvenir qui hante emplit l’ombre déserte ;
Mon regret est futile et mon désir inerte
N’appelle plus l’espoir des rêves abîmés ;

Dormons: il n’est plus rien sous le crêpe d’azur
Où s’est drapée à tout jamais la vieille joie ;
Tes ailes, que le saint désir ouvre et déploie,

Retombent, ton espoir d’aimer est presque impur…
Je divague au retour des vaines lassitudes,
N’avions-nous pas rêvé d’autres béatitudes ?

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Rockwell Kent

 

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Dormir et rire d’aise (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



 

Kathryn Jacobi   (10)

Dormir et rire d’aise, un sommeil : je divague ;
Dormons : le mal d’aimer, ô cœur, t’a ravagé ;
Et je me sens, ce soir, si follement âgé
Que je me crois le survivant d’un monde vague.

La nuit est formidable et triste à tout jamais,
Un souvenir qui hante emplit l’ombre déserte ;
Mon regret est futile et mon désir inerte
N’appelle plus l’espoir des rêves abîmés ;

Dormons: il n’est plus rien sous le crêpe d’azur
Où s’est drapée à tout jamais la vieille joie ;
Tes ailes, que le saint désir ouvre et déploie,

Retombent, ton espoir d’aimer est presque impur…
Je divague au retour des vaines lassitudes,
N’avions-nous pas rêvé d’autres béatitudes ?

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Kathryn Jacobi

 

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Et l’illumination ? (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



Illustration: Fra Angelico

    

Et l’illumination ? L’un des sens de ce mot
Outre le sens commun d’éclairement,
D’enluminure, et autres, est celui-ci :

Instant extraordinaire où l’esprit flamboie
Dans une pure joie, avant la mort —
Le bon larron en nous écoutant la promesse !

Voyez-le donc à la droite du Christ, du promontoire
Scrutant l’espace vide, le corps si disloqué qu’il semble
Qu’on ne pourra le translater dans la béatitude

Qu’appellent, à la frange lunaire de son front,
Sur la face obscure de son cerveau les cratères des clous :
Ce soir tu seras avec moi à la droite du Père.

***

And lightening? One meaning of that
Beyond the usual sense of alleviation,
Illumination, and so on, is this:

A phenomenal instant when the spirit flares
With pure exhilaration before death —
The good thief in us harking to the promise!

So paint him on Christ’s right hand, on a promontory
Scanning empty space, so body-racked he seems
Untranslatable into the bliss

Ached for at the moon-rim of his forehead,
By nail-craters on the dark side of his brain:
This day thou shalt be with Me in Paradise.

(Seamus Heaney)

 

Recueil: La lucarne
Traduction: Patrick Hersant
Editions: Gallimard

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APRÈS LA TRISTESSE (Umberto Saba)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018



 

APRÈS LA TRISTESSE

Ce pain a goût de souvenir,
que j’ai mangé dans cette pauvre auberge,
au point le plus perdu, le plus encombré du port.

J’aime le goût amer de cette bière,
assis à mi-chemin du retour,
face aux montagnes ennuagées et au phare.

Mon âme venue à bout de l’une de ses peines
avec des yeux nouveaux dans le soir ancien
regarde un pilote avec sa femme enceinte ;

puis un bâtiment dont la vieille coque
luit au soleil, et dont la cheminée
longue comme ses deux mâts est un dessin
d’enfant que j’ai fait il y a bien vingt ans.
Et qui m’aurait prédit ma vie
aussi belle, avec tant de doux tourments,
et tant de béatitude solitaire !

(Umberto Saba)

Illustration

 

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DEUXIÈME CHANSON DE LA DAME (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

DEUXIÈME CHANSON DE LA DAME

Quelle sorte d’homme est-il, celui qui vient
S’allonger entre tes jambes ?
Qu’importe, nous ne sommes que des femmes.
Lave-toi; parfume ton corps ;
J’ai des armoires pleines de fleurs séchées,
Je puis en parsemer les draps.
Le Seigneur aie pitié de nous.

ll aimera mon âme comme si
De corps il n’était point du tout,
Et il aimera ton corps
Sans être dérangé par l’âme.
Que l’amour emplisse les deux mesures de l’amour
Mais garde intacte sa substance.
Le Seigneur aie pitié de nous.

ll faudra bien que l’âme apprenne
L’amour que réclame mon sein,
Et tout le corps un amour qu’il a en commun
Avec les animaux les plus nobles.
Si l’âme peut voir, le corps toucher,
Où est la plus grande béatitude ?
Le Seigneur aie pitié de nous.

***

THE LADY’S SECOND SONG

What sort of manis coming
To fie between your feet?
What matter, we are but women.
Wash; make your body sweet;
I have cupboards of dried fragrance,
I can strew the sheet.
The Lord have mercy upon us.

He shall love my souf as though
Body were not at all,
He shall love your body
Untroubled by the soul,
Love cram love’s two divisions
Yet keep his substance whole.
The Lord have mercy upon us.

Soul must fearn a love that is
Proper to my breast,
Limbs a love in common
With every noble beast.
If soul may look and body touch,
Which is the more blest?
The Lord have mercy upon us.

(William Butler Yeats)

Illustration: Alain Bonnefoit

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Une écluse fraîche (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018



Illustration: Andrew Gonzalez
    
Une écluse fraîche nivèle
orgie et béatitude

(Jean Cocteau)

 

Recueil: Le Cap de Bonne-Espérance suivi de Discours du Grand Sommeil
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les béatitudes (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



 

 
    
Les béatitudes

Bienheureux ceux qui vont cassés et vermoulus
S’appuyer souriants au mur du cimetière,
Sachant qu’ils sont vivants, tous ceux qui ne sont plus;
Certains d’être attendus par eux dans la lumière
Des paradis prochains dont les portes flamboient:
Bienheureux ceux qui croient.

Bienheureux ceux qui sont assis coeur contre coeur
La nuit sur les seuils noirs ou les vieux bancs de pierre
Dans le parfum des lys et de la vigne en fleur,
Partageant simplement l’ivresse de la terre,
Alors que la blancheur des vergers fous essaime:
Bienheureux ceux qui s’aiment.

Bienheureux les naïfs et bienheureux les fous
Dont les trésors sont faits d’un or impondérable:
Caresses de leur chien, cri d’un oiseau, le doux
Murmure qu’ont le soir les branches des érables
Aux souffles languissants du vent qui les soulèvent:
Bienheureux ceux qui rêvent.

Et bienheureux aussi les tendres dont les yeux
Sont humides quand un violon bégaie
Sous l’archet d’un aveugle, ou que vibre amoureux
Le contralto d’un merle à travers la futaie,
Quand parmi les joncs bleus des clartés d’astres meurent:
Bienheureux ceux qui pleurent.

(Marie Dauguet)

 

 

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