Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘(Béatrice Bastiani-Helbig)’

Que ne suis-je peintre (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



Que ne suis-je peintre
pour dire les couleurs,
la légèreté,
la lumière,
la transparence
des fleurs de mon jardin…

Coquelicot,
rouge éclatant
mais si fragile,
lumineux,
jupe gitane dansant
dans la brise.

Iris,
mauve pâle
long, élégant,
gracieux,
peint par Van Gogh
et par Maman
si joliment.

Chaque jardin a une histoire.
Il est un peu notre mémoire.
Nostalgie et tendresse
pour nos aînés,
pour nos aimés.

Jacinthes de Roubaix,
enfance de mon père.
Iris et lilas d’Alfortville,
enfance de ma mère.

Iris, jacinthes,
lilas et jonquilles,
et glycine au délicieux parfum,
mon enfance.

Mon enfance réveillée
chaque matin de printemps,
mon enfance toujours
émerveillée.

Et gentil coqu’licot, Mesdames,
Gentil coqu’licot nouveau.

(Béatrice Bastiani-Helbig)

 

Illustrations amicalement envoyées par l’auteure


 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Ils étaient jeunes ils étaient beaux (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




    
Ils étaient jeunes
ils étaient beaux
de bleu vêtus
Ils sont partis
fleur au fusil

Il verrait bien de quel bois
on se chauffe
l’ennemi
On le repousserait chez lui
Et puis
on rentrerait chez soi
C’était l’affaire de quelques mois

Dans les tranchées d’en face
ils étaient jeunes
ils étaient beaux
de gris vêtus
Un peu plus blonds peut-être

D’un côté comme de l’autre
tous avaient laissé
leur mère, leur sœur, leur fiancée
leur femme, leurs enfants
et les enfants à naître

Ils leur avaient bourré la tête
les bons apôtres :
ils se battraient pour la Nation

Mais ils n’étaient rien que les pions
d’un échiquier géant
dont les joueurs étaient seuls maîtres

Chair à canon
ils ont été déchiquetés
les bruns, les blonds
les bleus, les gris
Leur sang était le même

Dans leur âme et dans leur corps
à tout jamais meurtris
tous ceux qui ne sont pas tombés
au champ d’horreur
en criant : « Maman ! »

Il y a toujours une guerre quelque part
Quand comprendrons-nous ?
Quand comprendrons-nous ?

(Béatrice Bastiani-Helbig)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mais dis-moi, Blaise (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



Mais dis-moi,
Blaise,
réponds,
ne t’en déplaise,
à ma petite question :
ton oiseau magique
au beau plumage,
Monsieur Cendrars,
n’était-il pas,
par hasard,
enfermé dans une cage ?

Elle est si tragique,
la beauté,
quand elle est emprisonnée…

Et le cri dont tu parles,
comme le « sifflement d’un petit jet de vapeur »,
n’était-il pas simplement
chant de désespoir
plutôt que de bonheur?

Prévert, lui,
après que l’oiseau
est entré dans la cage,
en efface les barreaux.

Il faut libérer les oiseaux
et tous les animaux.
Et les humains aussi,
de la prison de leurs préjugés.
« Effacer un à un tous les barreaux ».

Et que Jacques Prévert
prête à Paul Eluard
le pinceau de son poème
pour qu’il puisse calligraphier
sur les murs de la cité
Le doux nom de
« LIBERTĖ » !

(Béatrice Bastiani-Helbig)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Les voix du printemps (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2016



P1060168 [800x600]

Les voix du printemps

Il te faut quitter la ville
et ses bruits et sa fureur,
apprendre la lenteur
et le rythme tranquille
des grands arbres et des fleurs,
et enfin prendre le temps
d’entendre
les voix du printemps.

Les herbes qui frémissent,
caressées par la brise,
le murmure du ruisseau
et le chant des oiseaux,
le roucoulement de la tourterelle,
les bruits minuscules
des insectes dans les fleurs,
le sautillement furtif
dans les feuilles sèches du chêne
d’un jeune merle
en quête de pitance.

Et ton chant intérieur.

Et le silence…

(Béatrice Bastiani-Helbig)

Illustration amicalement envoyée par l’auteure

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Chaque fois comme la dernière (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2016



geranium

Chaque fois comme la dernière…
Dentelle des fougères
enlaçant le buis
dont chaque feuille s’emplit
de la lumière
de ce nouveau jour.
Trilles des oiseaux
célébrant le beau.
Fourmi de passage
et son ombre longue
sur la table où j’écris.
Trois pigeons sur un fil
comme une balançoire.
Bruissement dans les feuilles roussies
d’un compagnon minuscule.
Rouge ardent du géranium
aux feuilles de velours
maintenant devenu arbre.
Branche d’olivier frôlée,
coquelicots dans l’herbe séchée,
oranges amères tombées,
haie d’honneur des mimosas…
Tout ici
me dit
« Ne pars pas ! ».

(Béatrice Bastiani-Helbig)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MUR (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2016



MUR

Le soir est tombé
et le mur aussi
Puis ce fut elle
dans ses bras à lui
Et malgré l’obscurité
et malgré la myopie
ses yeux ont croisé
ses yeux
Et tout autour d’eux
s’est évanoui
Et tous deux
ont pris feu
est et ouest
réunis

(Béatrice Bastiani-Helbig)

Illustration: Koloman Moser

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

INNOCENCE (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2016



INNOCENCE

Deux enfants
sur un trampoline
se tenant par la main
cheveux au vent
Et dessous
un chien
courant en cercles

(Béatrice Bastiani-Helbig)

Illustration

 

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

L’empreinte (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2016




En nous serrant si fort
peut-être espérions-nous
garder sur nos deux corps
l’empreinte
de la dernière étreinte

(Béatrice Bastiani-Helbig)


Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | 4 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :