Arbrealettres

Poésie

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La mer (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



La mer

Éternellement elle chuchote autour
Des rivages désolés et de sa houle puissante
Gorge deux fois dix mille cavernes, jusqu’au moment
où le charme
D’Hécate les abandonne à leurs antiques rumeurs
indistinctes.
Souvent vous la trouverez d’humeur si douce
Que c’est à peine si le plus minuscule coquillage
Quitte pendant des jours la place où jadis il échoua,
Quand les vents du ciel la dernière fois se déchaînèrent.
O vous dont les prunelles sont irritées et lasses
Faites-les se repaître de l’immensité de la mer;
O vous dont les oreilles sont assourdies d’un affreux
tintamarre,
Ou nourries à l’excès de quelque écoeurante mélodie,
Asseyez-vous où bée une antique caverne, et rêvez
Jusqu’au brusque réveil où vous croirez entendre
le choeur des nymphes de la mer.

***

On the sea
It keeps eternal whisperings around
Desolate shores, and with its mighty swell
Gluts twice ten thousand caverns; till the spell
Of Hecate leaves them their old shadowy sound.
Often ’tis in such gentle temper found,
That scarcely will the very smallest shell
Be mov’d for days from where it sometime fell,
When last the winds of heaven were unbound.
Oh ye who have your eyeballs vexed and tir’d,
Feast them upon the wideness of the sea;
Oh ye whose ears are dinn’d with uproar rude,
Or fed too much with cloying melody,
— Sit ye near some old cavern’s mouth, and brood
Until ye start, as if the sea-nymphs quir’d!

(John Keats)

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Franchement je te le dis (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




    
Franchement je te le dis,
O mon ange :
Chimère et cherry brandy,
Rien ne change !

Là où les Grecs ne rencontrent
Que beauté,
En trous noirs pour moi la honte
Seule bée.

Sur l’onde ils kidnappaient celle
Dite Hélène,
Moi je n’ai qu’écume et sel
Sur les lèvres.

Sur mes lèvres un seul baume :
Le néant ;
La misère ouvre ses paumes,
Me narguant.

Oh, vraiment, suis-je marri ?
Bagatelles !
Bois ton vin, ange Mary,
Tes cocktails !

Franchement je te le dis,
O mon ange :
Chimère et cherry brandy,
Rien ne change.

(Ossip Mandelstam)

***

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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L’éclair (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



    

L’éclair

J’ai semé clair mon pas jusqu’aux portes splendides
Les racines du vent sont dehors comme des griffes
J’ai couru aux réalités priantes

La combe s’imposait sous mes pas de vertige
Les jardins riaient de peur
Sous l’eau béante

Mes mains glacées hier
Galaxies lasses
Maintenant les grilles des jardins m’indiffèrent
Me fortifient

Je regarde les arbres se pencher sur l’éclair.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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