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TRISTESSE DANS LE PALAIS PRINTANIER (Du Xunhe)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2019



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TRISTESSE DANS LE PALAIS PRINTANIER

Jadis je croyais ma beauté éternelle
A présent je suis triste en me regardant dans le miroir
Mes charmes n’émeuvent plus l’empereur
Que faire pour éveiller son désir

Le vent doux m’apporte des fragments de chants d’oiseaux
Le soleil haut rend épaisse l’ombre des fleurs
Les belles filles passent des années au bord du ruisseau Yue
Se rappelant encore la cueillette des hibiscus

(Du Xunhe)

 

 

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Pendant que vostre main docte … (Rémy Belleau)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019



 

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Pendant que vostre main docte …

Pendant que vostre main docte, gentille et belle
Va triant dextrement les odorantes fleurs
Par ces prez esmaillez en cent et cent couleurs,
Par le sacré labeur de la troupe immortelle :

Gardez qu’Amour tapy sous la robe nouvelle
De quelque belle fleur n’evente ses chaleurs,
Et qu’au lieu de penser amortir vos douleurs,
D’un petit traict de feu ne vous les renouvelle.

En recueillant des fleurs la fille d’Agenor
Fut surprise d’Amour, et Prosperine encor
L’une fille de roy, l’autre toute déesse.

Il ne faut seulement que soufler un bien peu
Le charbon eschauffé, pour allumer un feu,
Duquel vous ne pourriez enfin estre maistresse.

(Rémy Belleau)

Illustration: Lauri Blank

 

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LE MAI D’AMOUR (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019


LE MAI D’AMOUR

Voici que verdit le printemps
Où l’heure au coeur sonne vingt ans,
Larivarite et la la ri ;
Voici que j’ai touché l’époque
Où l’on est las d’habits en loque,
Au gentil sieur il faudra ça
Ça
La la ri
Jeunes filles de bel humour,
Donnez-nous le mai de l’amour,
Larivarite et la la ri.

Soyez blonde ou brune ou châtaine,
Ayez les yeux couleur lointaine
Larivarite et la la ri ;

Des astres bleus, des perles roses,
Mais surtout, pas de voix moroses,
Belles de liesse, il faudra ça
Ça
La la ri
Il faudra battre un coeur de joie
Tout plein de gaîté qui rougeoie,
Larivarite et la la ri.

Moi, j’ai rêvé de celle-là
Au coeur triste dans le gala
Larivarite et la la ri;

Comme l’oiseau d’automne au bois
Ou le rythme du vieux hautbois,
Un coeur triste, il me faudra va
Ça
La la ri
Triste comme une main d’adieu
Et pur comme les yeux de Dieu,
Larivarite et la la ri.

Voici que vient l’amour de mai,
Vivez-le vite, le coeur gai,
Larivarite et la la ri ;

Ils tombent tôt les jours méchants,
Vous cesserez aussi vos chants ;
Dans le cercueil Il faudra ça
Ça
La la ri
Belles de vingt ans au coeur d’or,
L’amour, sachez-le, tôt s’endort,
Larivarite et la la ri.

(Emile Nelligan)


Illustration: William Bouguereau

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Douce est la belle (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Douce est la belle comme si musique et bois,
agate, toile, blé, et pêchers transparents,
avaient érigé sa fugitive statue.
À la fraîcheur du flot elle oppose la sienne.

La mer baigne des pieds lisses, luisants, moulés
sur la forme récente imprimée dans le sable ;
maintenant sa féminine flamme de rose
n’est que bulle battue de soleil et de mer.

Ah, que rien ne te touche hormis le sel du froid
Que pas même l’amour n’altère le printemps.
Belle, réverbérant l’écume indélébile,

laisse, laisse ta hanche imposer à cette eau
la neuve dimension du nénuphar, du cygne
et vogue ta statue sur l’éternel cristal.

***

Suave es la bella como si música y madera,
ágata, telas, trigo, duraznos transparentes,
hubieran erigido la fugitiva estatua.
Hacia la ola dirige su contraria frescura.

El mar moja bruñidos pies copiados
a la forma recién trabajada en la arena
y es ahora su fuego femenino de rosa
una sola burbuja que el sol y el mar combaten.

Ay, que nada te toque sino la sal del frio !
Que ni el amor destruya la primavera intacta.
Hermosa, reverbero de la indeleble espuma,

deja que tus caderas impongan en el agua
una medida nueva de cisne o de nenúfar
y navegue tu estatua por el cristal eterno.

(Pablo Neruda)

Illustration: William Bouguereau

 

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Belle tourneuse planète (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Belle tourneuse planète
tu fais toujours la coquette
mon coeur ouvre mes volets
regarde, sait-on jamais
si le vrai n’est pas la fable ?
A travers le temps des morts
sait-on jamais si l’enfance
dans l’espace en transparence
ne touchera pas le port ?

(Georges Libbrecht)

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Voyeurs (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



Illustration: Laurits Regner Tuxen
    
Voyeurs, je vous comprends durant les nuits de neige
Quand fragment d’autre monde est la moindre clarté
Et l’anadyomène une ombre qui se lève,
Je vous comprends aussi durant les nuits d’été

Quand le feuillage tremble au-devant d’une lampe
Et que rien n’a bougé, mais le bruit des soupirs
Raconte un lit défait d’où jaillissent des jambes
Si belles que la nuit se remplit de plaisir.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Trézeaux
Traduction:
Editions: Gallimard

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TE SOUVIENS-TU DU JOUR (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



TE SOUVIENS-TU DU JOUR

Te souviens-tu du jour où je te disais que tu es belle,
Du jour où, les yeux scintillants, les lèvres couleur de sang,
Tu t’arrêtais tremblante d’émoi, sous l’automnale ombrelle
Des arbres, en rêvant à l’amour entrevu si souvent ?…

Tu attendais qu’enfin je sois le poète audacieux
Qui te fasse entendre l’écho glacé d’étreintes brûlantes ;
Tu te portais sans cesse vers quelque ombre obscure, obsédante
Comme une pâle vision, se détachant d’autres cieux.
Tu m’as dit — oh combien simplement ! — que tu as soif d’amour,

Et n’écoutant en la forêt déserte que son murmure,
De la main tu comprimais ton coeur, souriais alentour,
Ne pouvant plus — loin l’un de l’autre — endurer cette torture.

— Ha, ha, ha ! riait l’écho et je riais de ton plaisir,
Tu m’as dit l’ancienne haine entre l’homme et la femme lasse.
Je t’ai laissée alors, là-bas, m’égrener tes souvenirs
Douloureux, mystérieux, comme à un inconnu qui passe.
Te souviens-tu du jour où je te disais que tu es belle,
Du jour où, peut-être, je t’ai embrassée en la forêt,
Écoutant l’écho glacé de cet automne froid, rebelle,
Qui donnait à notre rencontre un goût d’adieu, de regret ?

(George Bacovia)

Illustration: Irina Kotova

 

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MÉMENTO (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



 

MÉMENTO

La neige flotte au loin, en errance,
A l’horloge du temps ont sonné
Sur les âmes mortes, les souffrances.
Mais tout cela n’est que du passé !

La neige flotte au loin, en errance,
De nouveaux amours s’en sont allés,
Les poètes peuplent le silence,
Mais tout cela n’est que du passé !

La neige flotte au loin, en errance,
Comme sur un rivage ignoré…
Tu es belle et à nouveau j’y pense,
Mais tout cela n’est que du passé !

(George Bacovia)

Illustration

 

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Rêvez rêvez dit la rose fanée (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019


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Mon regard se perd dans les régions de son corps
Le plus vaste des océans
est le corps de l’amante

***
Lorsqu’elle me voit
son visage s’enflamme
Je suis son feu intérieur

***

Le coeur de l’amant est entre ses lèvres
Le coeur de l’amante est sous son nombril

***

Non – il ne peut voir dans la rose
qu’un corps de femme

***

Pourquoi ta souvenance ne me quitte-t-elle pas
Le vent lui-même ne m’a pas entendu
quand j’ai dit – je t’aime

***

Il se lève dans son corps
Il dort dans son corps à elle

***

La ligne droite
est cercle dans l’amour

***

L’homme pour la femme est un livre
qu’elle ne sait lire qu’avec son corps entier

***

Le parfum est la plus belle robe
que peut porter une femme

***

Dans l’extase du sexe
l’homme et la femme sont égaux
Chacun se sent créé de la côte de l’autre

***

Tu n’entreras dans la nuit du corps
que si tu te livres au soleil de la folie

***

Pour le corps le présent
est la forme du temps

***

Ô langue sois modeste
seul le corps peut écrire le corps

***

Le parfum de la femme crée pour l’air
un lit et un phallus

***

L’océan est le plus désiré des hommes
au sein de la steppe
La steppe est la plus désirée des femmes
au sein de l’océan
Ô les deux amants qui jamais ne se rencontrent

***

L’étoile de l’amant est entre ses bras
L’astre de l’amante est entre ses cuisses

***

Rêvez rêvez dit la rose fanée

***

J’ai vu la femme
qui a vu l’hirondelle
qui crée le printemps
et c’était toi

***

La raison tourne autour de nous
devant nous avance le coeur

***

Corps –
la plus belle demeure de l’imagination

***

Le plaisir –
résurrection du corps

***

Ses larmes –
ruisseau dans lequel nage la volupté

***

(Adonis)

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Mort (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2019



 

Danilo Ricciardi - (12)

Mort, si notre enterrement
ne signifiait pas abîme dur et sec,
mais douce profondeur,
profonde immensité !

Si tu étais, ô mort,
comme un noir été souterrain ;
s’il n’importait, sur toi, que le soleil tombât,
pour que la nuit fût belle et claire !

***

Muerte, isi tu enterrarnos
no fuese abismo duro y seco,
sino suave hondura,
profundidad inmensa!

¡Si fueras, muerte,
como un negro verano subterráneo;
si no importara, en ti, que el sol cayera,
porque la noche fuese bella y clara!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Danilo Ricciardi

 

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