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Poésie

Posts Tagged ‘bénédiction’

Femme multiple (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2019



Femme multiple

Habillée de lumière
Ton sourire t’épanouit
Tu as des mains pour boire
Aux sources de la vie

Tu as des jambes à traverser les tempêtes
Et des seins à fendre les flots
Et dans ta robe à fleurs
Ton corps mûrit tous les désirs

Tes mains ouvrent des chemins
Et projettent de la tiédeur
Sur les vitres où se cognent
Des étoiles égarées
Tes yeux fascinent les pierres
Et pétrifient les oiseaux

Dans les frissons de l’aube
Tes regards piègent les êtres
Alors que des rayons errent sur ton corps
Qui s’imprègne de bien-être
Tu t’offres à la lumière
Le reflet de ta voix
Caresse l’écho du miroir
Sous la bénédiction des lampes

Toutes les choses sont belles de toi.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Louis Joseph Raphael Collin

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Qu’il neige sur la Ville (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2019



 

Qu’il neige sur la Ville

Qu’il neige sur la Ville et neige dans le coeur,
qu’il neige, ô lente neige, à travers notre songe,
qu’il neige sur l’oiseau, dans la main du veilleur
où l’ombre et la durée à l’infini s’allongent ;
qu’il neige sur le temps, sur la feuille et l’écorce,
qu’il neige sur la vie aux visages sans nom,
avec le chant du soir, l’oubli des jours à naître,
que sur les morts debout neigent tous les hivers.
Plus pauvre que le pauvre, ô neige pardonneuse,
qu’il neige du silence et neige sur l’esprit ;
ne sommes-nous ce peu qu’un peu de neige efface
et pourquoi tant de bruit pour un peuple qui passe ?
Pour reculer en nous les révélations,
qu’il neige avec le spleen, qu’il neige avec l’angoisse,
neige de l’absolu, qu’il neige sur la race,
qu’il neige sur moi-même ainsi que sur l’ami,
est-il un souvenir qui n’ait sa neige aussi ?
Qu’il neige sur les Rois, qu’il neige sur Marie,
douce neige, qu’il neige, ô bénédiction,
et que l’aurore soit, qu’il neige et qu’on oublie.
La pâle odeur des lys épanche le sommeil,
ô neige patiente où s’endort le soleil,
pour le pardon de l’homme et le pardon du crime,
qu’il neige, neige étrange, au creux de nos chagrins,
sur toute vanité, sur la vigne et la tombe,
je veux rester ici parmi les pèlerins
à contempler la neige avec le ciel qui tombe.

(Géo Libbrecht)

Illustration: ArbreaPhotos

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Union temporaire (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2019



Union temporaire

Nos corps se rapprochent l’un de l’autre
Tandis que tu parles à la grève
Déserte et sinistre
Dans les espaces mythiques
De la frayeur et de la démence
Où se joue notre destin

Ton regard de sorcière
Dévoile mon passé
Dans l’au-delà du temps
Ou derrière l’instant présent
Je ferme les yeux pour voir en moi
Mais tu ouvres ton vêtement
D’un seul geste rapide

Halte du vent
L’été répand ses couleurs sur l’herbe
Mais dans la détresse de notre regard
Le navire sombre à l’horizon
Alors qu’au-dessus du rivage
Le ciel écarte ses nuages
Pour laisser sortir
Un peu de soleil
Pour une courte bénédiction

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Fuchs Ernst

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VERBE ET MATIÈRE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019



Illustration
    
VERBE ET MATIÈRE

J’ai je n’ai pas
J’avais eu je n’ai plus
J’aurai toujours

Un béret Un cheval de bois Un
jeu de construction Un père
Une mère Les taches de soleil à
travers les arbres Le chant du
crapaud la nuit Les orages de
septembre.

J’avais je n’ai plus
Je n’aurai plus jamais

Le temps de grandir, de dési-
rer. L’eau glacée tirée du puits
Les fruits du verger Les veufs
frais dans la paille. Le grenier
La poussière Les images de
femmes dans une revue légère
Les gifles à l’heure du piano Le
sein nu de la servante.

Si j’avais eu
j’aurais encore

La fuite nocturne dans les
astres
La bénédiction de l’espace
L’adieu du monde à travers la
clarté La fin de toute crainte
de tout espoir L’aurore démas-
quée Tous les pièges détruits
Le temps d’avant toutes choses.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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ANTIENNE D’AMOUR (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




ANTIENNE D’AMOUR

Par le vent voyageur
Par les nuages sans trêve
Par l’espace du ciel,

Par l’écume des brisants
Par la courbe de la vague
Par le flux des marées,

Par le sillage du soleil
Par l’éclat de la lumière
Par l’étrave sur la mer,
Vienne mon amour.

Par la voie de l’air
Par le vol de la corneille
Par l’aigle sur le vent,

Par la falaise du cormoran
Par le rocher du phoque
Par le tertre du corbeau,

Par les coquilles sur le rivage
Par les rides sur le sable
Par le sombre varech,
Vienne mon amour.

Par la brume et la pluie
Par la cascade
Par le ruisseau rapide,

Par la source limpide
Par le puits sacré
Par la fougère de l’étang,
Vienne mon amour.

Par les sentiers de moutons
Par les traces du lièvre
Par les pierres du gué,
Vienne mon amour.

Par l’ombre lente
Par la clarté du soir
Par le soleil d’été
Vienne mon amour.

Par le parfum de la rose blanche,
Du trèfle d’eau
Et l’odeur du thym
Vienne mon amour.

Par le chant de l’alouette
Par la note du merle
Par le cri du corbeau
Vienne mon amour.

Par les voix de l’air
Par le chant de l’eau
La chanson d’une femme
Vienne mon amour.

Par les brindilles dans l’âtre
Par la flamme d’une chandelle
Par le feu dans le sang
Vienne mon amour.

Par le toucher des mains
Par la rencontre des lèvres
Par le tourment d’amour
Vienne mon amour.

Par le calme de la nuit
Par la blancheur de mon sein
Par la paix du sommeil
Vienne mon amour.

Par la bénédiction de l’ombre
Par le battement du coeur
Par mon enfant qui n’est pas né,
Vienne mon amour.

***

LOVE SPELL

By the travelling wind
By the restless clouds
By the space of the sky,

By the foam of the surf
By the curve of the wave
By the flowing of the tide,

By the way of the sun,
By the dazzle of light
By the path across the sea,
Bring my lover.

By the way of the air,
By the hoodie crow’s flight
By the eagle on the wind,

By the cormorant’s cliff
By the seal’s rock
By the raven’s crag,

By the shells on the strand
By the ripples on the sand
By the brown sea-wrack,
Bring my lover.

By the mist and the rain
By the waterfall
By the running burn,

By the clear spring
By the holy well
And the fern by the pool
Bring my lover.

By the sheepwalks on the hills
By the rabbit’s tracks
By the stones of the ford,
Bring my lover.

By the long shadow
By the evening light
By the midsummer sun
Bring my lover.

By the scent of the white rose
Of the bog myrtle
And the scent of the thyme
Bring my lover.

By the lark’s song
By the blackbird’s note
By the raven’s croak
Bring my lover.

By the voices of the air
By the water’s song
By the song of a woman
Bring my lover.

By the sticks burning on the hearth
By the candle’s flame
By the fire in the blood
Bring my lover.

By the touch of hands
By the meeting of lips
By love’s unrest
Bring my lover.

By the quiet of the night
By the whiteness of my breast
By the peace of sleep
Bring my lover.

By the blessing of the dark
By the beating of the heart
By my unborn child,
Bring my lover.

(Kathleen Raine)

 

 

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SUR MON LIT DE MALADE (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018




SUR MON LIT DE MALADE

Dans la pure lumière de l’aube qui point
je vis l’Univers ceint de la Couronne de Paix.
De leur tête inclinée les arbres lui donnaient leur bénédiction.
Solidement établie au coeur de l’Univers, la Paix
se garde elle-même à travers les luttes et la douleur au long des âges.
Dans ce monde tourmenté, elle se manifeste chaque jour, à l’aube et au crépuscule.

O Poète, héraut du Bien,
tu as sûrement reçu son invitation.
Si, ignorant son appel,
tu deviens le porte-parole du désespoir,
l’émissaire de la difformité,
si tu joues faux sur une harpe cassée,
défigurant l’éternelle vérité de l’Univers,
alors pourquoi as-tu été mis au monde ?
Dans les rizières pourquoi laisse-t-on les chardons prospérer,
pour insulter la faim de l’Homme ?

Si le malade considère la maladie comme l’ultime vérité,
mieux vaut mourir en silence.
Le poète dans l’Homme devrait-il ne devenir qu’objet de disgrâce
en suivant les sentiers d’une imagination sans pudeur,
et mettant un masque éhonté
devrait-il ternir l’éclat de la figure humaine ?

(Rabindranath Tagore)

Illustration: Alex Alemany

 

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LE POULS (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2018




    
LE POULS

Le matin, avant que le soleil n’arrive jusqu’ici
tandis qu’il dépose encore sa bénédiction
d’or sur les cimes des montagnes,
je descends au jardin. Je me penche sur
mon rosier blanc
et le jaune, je me penche sur
mon rouge et mon blanc
géranium.
Et quelque soit
la tige que je prenne (comme si
Dieu m’avait tendu sa main)
j’entends son pouls.

(Nikiforos Vrettakos)

 

Recueil: LA MYTHOLOGIE DES FLEURS
Traduction: N. Lygeros
Editions:

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VOYAGE (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
VOYAGE

toutes les cartes désormais illisibles
nous explorons l’inachevé
allumant le soir des feux brefs

lavant les noms dans les fontaines
déshabillant les odeurs savamment
nous enterrons nos larmes sous des cairns

sur un clair sentier de traverse
l’oubli rieur nous laisse enfin
sa bénédiction d’herbe

la péninsule de nos voix se perd
lentement nos gestes s’envolent
vers les yeux grands ouverts du large

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Celui qui manque (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2017



Celui qui manque

Cherche-le, Toi, Soleil, dans l’effroyable désolation
Parce qu’il T’aime, cherche-le et bénis
Son visage abandonné d’une caresse divine.
Avec légèreté, Toi, Vent, sur sa chère, sa sombre tête
Où se déploient les ailes d’un sommeil sans rêves,
Murmure une bénédiction pour les morts.

Doucement, Toi, Pluie, pour l’amour de sa mère,
Répands sur lui Tes larmes; il ne s’éveillera pas :
Aucun pleur ne peut briser le repos des profondeurs

(Dylan Thomas)

 

 

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Mains sur un Front de Malade (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017



 


    
C’est l’imposition fraîche et lente des mains
Sur mon front que remplit l’horreur des lendemains,
O bénédiction suave de ses mains !

Les douces mains de femmes ont des gestes de prêtre
Et répandent en vous la paix et le bien-être,
La consolation que vient donner le prêtre !

Elles n’apprennent point le geste qui guérit,
Elles l’ont toujours su… Dans l’horreur de la nuit
Cette imposition très calme nous guérit…

Apaise mon grand mal, de tes mains secourables,
Tandis que l’heure glisse aux sabliers des sables,
Car le bienfait me vient de tes mains secourables !

Donne-moi ta fraîcheur et donne-moi ta paix !
Et calme le démon qui sur moi se repaît,
En signant sur mon front le geste de la paix !

(Renée Vivien)

 

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