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Posts Tagged ‘bénie’

La mémoire (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019


 


 

Gene Pressler

La mémoire

Souvent, lorsque la main sur les yeux je médite,
Elle m’apparaît, svelte et la tête petite,
Avec ses blonds cheveux coupés courts sur le front.
Trouverai-je jamais des mots qui la peindront,
La chère vision que malgré moi j’ai fuie ?
Qu’est auprès de son teint la rose après la pluie ?
Peut-on comparer même au chant du bengali
Son exotique accent, si clair et si joli ?
Est-il une grenade entr’ouverte qui rende
L’incarnat de sa bouche adorablement grande ?
Oui, les astres sont purs, mais aucun, dans les cieux,
Aucun n’est éclatant et pur comme ses yeux ;
Et l’antilope errant sous le taillis humide
N’a pas ce long regard lumineux et timide.
Ah ! devant tant de grâce et de charme innocent,
Le poète qui veut décrire est impuissant ;
Mais l’amant peut du moins s’écrier : « Sois bénie,
O faculté sublime à l’égal du génie,
Mémoire, qui me rends son sourire et sa voix,
Et qui fais qu’exilé loin d’elle, je la vois ! »

(François Coppée)

Illustration: Gene Pressler  

 

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Jeune homme (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



Josélito Donas  allongé  02481 [1280x768]

Jeune homme

Oh ! me coucher tranquillement
Pendant des heures infinies !
Et j’étais pourtant ton amant
Lors des abandons que tu nies.

Tu mens trop ! Toute femme ment.
Jouer avec les ironies,
Avec l’oubli froid, c’est charmant.
Moi, je baise tes mains bénies.

Je me tais. Je vais dans la nuit
Du cimetière calme où luit
La lune sur la terre brune.

Six balles de mon revolver
M’enverront sous le gazon vert
Oublier tes yeux et la lune.

(Charles Cros)

Illustration: Josélito Donas

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JEUNE HOMME (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018


 


 

Júlia Fernández Sánchez 0721

JEUNE HOMME

Oh ! me coucher tranquillement
Pendant des heures infinies !
Et j’étais pourtant ton amant
Lors des abandons que tu nies.

Tu mens trop ! Toute femme ment.
Jouer avec les ironies,
Avec l’oubli froid, c’est charmant.
Moi, je baise tes mains bénies.

Je me tais. Je vais dans la nuit
Du cimetière calme où luit
La lune sur la terre brune.

Six balles de mon revolver
M’enverront sous le gazon vert
Oublier tes yeux et la lune.

(Charles Cros)

Illustration: Júlia Fernández Sánchez

 

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LE DÉMON (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017




LE DÉMON

En ces jours-là, quand les impressions
Du monde étaient encore pour moi neuves :
Un rossignol, sa nocturne chanson,
Des yeux de femme, un bruit venu du fleuve,
Quand j’éprouvais d’immortels sentiments
Tels que l’amour, la liberté, la gloire
Sourdre en mon coeur et me troubler le sang,
Quand fervemment à l’art je pouvais croire,
Quand je goûtais heures de l’espoir
Et les plaisirs du soudain triste automne,
Certain démon vint alors, pour me voir,
Discrètement, plus méchant que personne.
Bien tristement nous nous rencontrions
Car son regard exquis et son sourire,
Son ton caustique instillaient un poison
Qui me glaçait et pouvait me détruire.
Calomniant intarissablement,
Il défiait la Sainte Providence.
Pour lui le Beau était rêve qui ment,
Il méprisait l’art comme extravagance,
Il reniait la liberté, l’amour.
Il regardait narquoisement la vie
Et voulait même, à croire son discours,
Que la nature en rien ne soit bénie.

(Alexandre Pouchkine)

 

 

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Je salue ton corps d’oiseau prêt au vol (Jean-Dominique Rey)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017




Je salue ton corps d’oiseau prêt au vol
ta couleur d’apsara
descendue des temples aux pierres grèges
ta langueur d’herbe bénie
tes hanches de cyclades
lorsque
le soleil achève
entre les vagues
et le silence du premier matin
sa naissance
rouge

à tes narines rapides
j’offre
l’encens du désir
le copal des marches
ivre de sang

à tes yeux
l’eau tendre
qui sourd des rochers

à l’oreille
cachée sous la forêt
le chant rugueux
de la mémoire

au front
la neige ronde
d’un tympan

aux cils
la sentence
d’une plume tigrée

à tes lèvres
la rumeur
de l’horizon sans trace

là-bas
les moteurs tremblent
entre les vitres
du jour brouillé
près de la pampa
sèche
l’arbre acajou
ruisselle d’ombre
un colibri
remonte à l’envers
le temps
couleur de nuit

(Jean-Dominique Rey)

Illustration: Alan Lee

 

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NOTRE-DAME DE STRASBOURG (Pascal Bonetti)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017




NOTRE-DAME DE STRASBOURG

Rose mystique, tour d’ivoire, maison d’or,
Vase spirituel d’amour et de science,
Miroir de la justice et de la patience,
Etoile dont s’ajoute aux aubes le trésor,

Nid d’espoir d’où le chant d’un peuple prend l’essor,
Refuge où le pécheur au pardon se fiance,
Trône de la sagesse, arche de l’alliance
Où deux races mille ans ont confondu leur sort,

Main divine, de grâce et d’encens parfumée,
Qui tenez sur les coeurs votre paume fermée
Et qui, sur les cités d’Alsace et ses labours,

Montrez de votre index la route à leurs prières,
Je vous salue, ô Notre-Dame de Strasbourg,
Car vous êtes bénie entre toutes les pierres.

(Pascal Bonetti)

Illustration

 

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