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Posts Tagged ‘bénir’

FLORÉAL (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



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FLORÉAL

Je vous voyais passer parmi les Dieux,
Dans un grand char aux flamboyants essieux;
Et sous la roue en or, n’osant vous suivre,
J’ai mis mon front, et j’ai cessé de vivre
En bénissant, écrasé mais joyeux,
Votre beauté.

(Jean Richepin)

 

 

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Le tigre et le curé (Jean-Luc Moreau)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



Le tigre et le curé

Dans la jungle, un jour, s’aventure
Un curé. Le tigre survient.
«Prions», se dit l’abbé. «Seigneur, je t’en conjure,
Fais que ce tigre soit chrétien.»
Comment le Très-Haut se débrouille,
La chronique n’en parle pas.
Le fauve en tout cas s’agenouille :
«Seigneur», dit-il, bénissez ce repas. »

(Jean-Luc Moreau)

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Femme-liane (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



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Femme-liane

Elle la femme-liane la bien-aimée
La très-chérie la toute-douce la très-belle
L’éternelle fiancée aux doigts orchestrant les caresses du cœur
Ô la tendre épousée de mariale Foi
Celle donc qui était qui est et qui sera toujours la même mouvance
Et le lent mouvement découvrant la Lumière
Je l’incante je la bénis je la crée
Du fond des mondes des forêts des cathédrales d’eau
J’épouse ses yeux ses lèvres ses seins la courbe de son ventre
de ses épaules l’inclinaison de son axe
Le clinamen ancestral où les galaxies se conjuguent et fusent
Elles s’inclinent et découvrent
Les plaines vertes révélées les enfances bleues qui s’élèvent
Tels les soleils et les myriades d’astres
Et les voyages les pays l’envol terrestre des azurs
Au beau milieu des orgues et des ors à leur centre
Où très-étrangement tournoient les étincelles et les flammes
et le foyer le Feu
De notre fin Amour

(Jean-Claude Demay)

Illustration: Anne-Marie Zylberman

 

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Chérissant l’océan (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



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Chérissant l’océan et ses âpres tempêtes
Ils bénissent les flots au cours de leur voyage
Il semblerait ainsi qu’éternellement cette
Aventure les mène aux plus beaux paysages

Ils ont des souvenirs plus troublants que les lames
Et poursuivent les ultramarins archipels
Ils gardent dans leur cœur et au tréfonds de l’âme

Les mystiques beautés issues de ces ciels
Abritant à jamais les plus anciens drames
Or la joie sur leurs joues coule comme des larmes

(Jean-Claude Demay)

 

 

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Le dernier rendez-vous (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2017



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Le dernier rendez-vous

Mon seul amour ! embrasse-moi.
Si la mort me veut avant toi,
Je bénis Dieu ; tu m’as aimée !
Ce doux hymen eut peu d’instants :
Tu vois ; les fleurs n’ont qu’un printemps,
Et la rose meurt embaumée.
Mais quand, sous tes pieds renfermée,
Tu viendras me parler tout bas,
Crains-tu que je n’entende pas ?

Je t’entendrai, mon seul amour !
Triste dans mon dernier séjour,
Si le courage t’abandonne ;
Et la nuit, sans te commander,
J’irai doucement te gronder,
Puis te dire : « Dieu nous pardonne ! »
Et, d’une voix que le ciel donne,
Je te peindrai les cieux tout bas :
Crains-tu de ne m’entendre pas ?

J’irai seule, en quittant tes yeux,
T’attendre à la porte des Cieux,
Et prier pour ta délivrance.
Oh ! dussé-je y rester longtemps,
Je veux y couler mes instants
A t’adoucir quelque souffrance ;
Puis un jour, avec l’Espérance,
Je viendrai délier tes pas ;
Crains-tu que je ne vienne pas ?

Je viendrai, car tu dois mourir,
Sans être las de me chérir ;
Et comme deux ramiers fidèles,
Séparés par de sombres jours,
Pour monter où l’on vit toujours,
Nous entrelacerons nos ailes !
Là, nos heures sont éternelles :
Quand Dieu nous l’a promis tout bas,
Crois-tu que je n’écoutais pas ?

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Abrishami Hessam

 

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ÉTÉ (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



ÉTÉ

Eté, je m’en vais ! Les petites mains soumises
de tes soirs me font de la peine.
Dévotement tu arrives ; vieux ;
tu ne trouveras plus personne dans mon âme.

Eté! Tu traverseras mes balcons
avec un grand rosaire d’améthystes et d’ors,
comme un évêque triste qui arriverait
de loin pour chercher et bénir
les bagues brisées de quelques fiancés défunts.

Eté, je m’en vais. Là-bas, en septembre
je connais une rose que je recommande à tes prières;
tu l’arroseras d’eau bénite chaque
matin de péché et de sépulcre.

Et si à force de pleurer le mausolée,
son marbre ouvre des ailes tout enluminé,
élève ton répons, et supplie
Dieu de la garder en mort.
Mais il sera déjà trop tard ;
et tu ne trouveras plus personne dans mon âme.

Ne pleure plus, Eté! Dans ce sillon
meurt une rose renaissante toujours…

***

VERANO

Verano, ya me voy. Y me dan pena
las manitas sumisas de tus tardes.
Llegas devotamente; llegas viejo;
y ya no encontrarás en mi alma a nadie.

Verano! y pasarás por mis balcones
con gran rosario de amatistas y oros,
como un obispo triste que llegara
de lejos a buscar y bendecir
los rotos aros de unos muertos novios.

Verano, ya me voy. Allá, en setiembre
tengo una rosa que te encargo mucho;
la regarás de agua bendita todos
los días de pecado y de sepulcro.

Si a fuerza de llorar el mausoleo,
con luz de fe su mármol aletea,
levanta en alto tu responso, y pide
a Dios que siga para siempre muerta.
Todo ha de ser ya tarde;
y tú no encontrarás en mi alma a nadie.

Ya no llores, Verano! En aquel surco
muere una rosa que renace mucho…

(César Vallejo)

 

 

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REPONSE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



 

Alexandra Kirievskaya a3 [1280x768]

REPONSE

Ce que je te suis te donne du doute ?
Ma vie est à toi, si tu la veux, toute.
Et loin que je sois maître de tes voeux,
C’est toi qui conduis mon rêve où tu veux.

Avec la beauté du ciel, en toi vibre
Un rythme fatal ; car mon âme libre
Passe de la joie aux âpres soucis
Selon que le veut l’arc de tes sourcils.

Que j’aye ton coeur ou que tu me l’ôtes,
Je te bénirai dans des rimes hautes,
Je me souviendrai qu’un jour je te plus
Et que je n’ai rien à vouloir de plus.

(Charles Cros)

Illustration: Alexandra Kirievskaya

 

 

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RÉPONSE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016




RÉPONSE

Ce que je te suis te donne du doute ?
Ma vie est à toi, si tu la veux, toute.
Et loin que je sois maître de tes voeux,
C’est toi qui conduis mon rêve où tu veux.

Avec la beauté du ciel, en toi vibre
Un rhythme fatal ; car mon âme libre
Passe de la joie aux âpres soucis
Selon que le veut l’arc de tes sourcils.

Que j’aye ton coeur ou que tu me l’ôtes,
Je te bénirai dans des rimes hautes,
Je me souviendrai qu’un jour je te plus
Et que je n’ai rien à vouloir de plus.

(Charles Cros)

Illustration: Bec Winnel

 

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Quelqu’un était venu troubler votre coeur (Sandro Penna)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2016



Quelqu’un était venu troubler votre coeur
libres spectateurs sans nom
soucieux et indifférents dans l’ennui,
dans la joie pour vous de la saison.

Quelqu’un était venu vieillir votre coeur
libres adolescents sans amour
soucieux et indifférents dans la joie,
dans l’ennui pour vous de son péché.

Quelqu’un était venu et puis s’en était allé
vous laissant dans les corbeilles, comme fruits au marché.

***

Qualcuno era venuto a turbare il vostro cuore
liberi spettatori senza nome
assorti e indifferenti ferenti nella noia,
nella gioia per voi della stagione.

Qualcuno era venuto a invecchiare il vostro cuore
liberi adolescenti senza amore
assorti e indifferenti erenti nella gioia,
nella noia per voi del suo peccato.

Qualcuno era venuto e poi se n’era andato
lasciandovi nei cesti, come frutti al mercato.

(Sandro Penna)

 

 

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Heurté aux obstacles (Pierre-Albert Jourdan)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2016



Heurté aux obstacles,
peux-tu bénir les obstacles ?

(Pierre-Albert Jourdan)

 

 

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