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Poésie

Posts Tagged ‘bercer’

Le chalutier (David Marino)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2020



Le chalutier

Le ciel sombre,
L’océan mort
Bercent l’Ombre.

Dans ce noir d’encre,
Un chalutier
Jette l’ancre.

Des fils sordides
Jettent à l’eau
Des chants vides.

Et c’est l’attente
Pour ce pêcheur
Qui nous hante.

(David Marino)


Illustration

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MADRIGAL (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2020



Illustration: Anne-Marie Zylberman
    
MADRIGAL

Faut-il crier chérie
puisque j’entends qu’on veut vous tuer
à petits coups avec des mots
des petits sourires des clins d’oeil

Faut-il crier mon amour
puisqu’on vous étouffe peu à peu
avec des mots tendres comme les oeufs
avec des souvenirs d’enfance

Faut-il crier petite fille
puisqu’on vous assassine gentiment
en vous berçant en vous souriant
en vous jouant les airs connus

Je crie je crie et je crierai
comme crient les paralysés
les lépreux les intouchables
les enfants malades

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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L’âme des poètes (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020



 

Charles Trenet

L’âme des poètes

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues
La foule les chante un peu distraite
En ignorant le nom de l´auteur
Sans savoir pour qui battait leur cœur
Parfois on change un mot, une phrase
Et quand on est à court d´idées
On fait la la la la la la
La la la la la la

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues
Un jour, peut-être, bien après moi
Un jour on chantera
Cet air pour bercer un chagrin
Ou quelque heureux destin
Fera-t-il vivre un vieux mendiant
Ou dormir un enfant
Ou, quelque part au bord de l´eau
Au printemps tournera-t-il sur un phono

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leur âme légère court encore dans les rues

Leur âme légère, c’est leurs chansons
Qui rendent gais, qui rendent tristes
Filles et garçons
Bourgeois, artistes
Ou vagabonds.

Longtemps, longtemps, longtemps
La la la…

(Charles Trenet)

 

 

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Le temps est un affreux pillard (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020



 

Jean Delville  047 [1280x768]

Le temps est un affreux pillard

Vos robes légères
vos robes fougère
vos robes de soyeuse écaille
souples et larges auréoles
vos robes étaient des corolles
mouvantes autour de vos tailles

Vos robes de lentes
plissures mourantes
tulipes aux minceurs qui flambent
de chaudes vapeurs indiscrètes
souffles menus d’une voilette
à la caresse de vos jambes

Je les ai tant aimées
dans les autrefois de mon temps
vos robes comme des fumées
sous les vins doux d’autres printemps

De ces candeurs dans leurs regards
que je ne vois bien qu’aujourd’hui
aujourd’hui où il est trop tard
car j’ai largement dépassé mon minuit

Blonds visages dans des foulards
pour des tendresses infinies
vous êtes tout nouveaux je pars
moi qui saurais si bien bercer vos agonies

Ô ma jeunesse évanouie
le temps est un affreux pillard

(Louis Calaferte)

Illustration: Jean Delville

 

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Il y a sur une table (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2020



 

Carl Larsson 2f0 0 [1280x768]

Il y a sur une table
un objet qui sourit à travers tous les sommeils du monde
C’est un visage
jamais aperçu
jamais oublié
un visage que berce
l’infinissable neige du souvenir

(Georges Henein)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Carl Larsson

 

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Quand j’étais petite (Jeanne Benameur)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2020




    
Quand j’étais petite
la nuit se tenait devant notre porte
et elle chantait d’étranges chants.
Pour les oiseaux qu’on ne voit pas.
Pour les pierres du chemin.
La nuit chantait
et moi
je dormais ou je veillais ?
Est-ce que je rêvais ?

Est-ce que je suis seule à entendre
le chant de la nuit sur la terre
aux portes des maisons ?

Qui berce le sommeil de ceux qui rêvent ?

La nuit a été une voix
qui m’a gardée
de toutes peurs.

Et puis la nuit s’est tue
et je suis restée seule.

Je suis sortie sur le seuil de la maison
J’ai appelé très doucement
Aucun son ne m’a répondu.
Dans ma poitrine
l’écho.

Assise sur le seuil
J’ai pleuré.
J’ai attendu le matin.
Et rien.

La nuit s’était tue pour toujours.

Je suis partie.

(Jeanne Benameur)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: L’exil n’a pas d’ombre
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Le sein ému, le front à demi soulevé (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2020



Luis Falero Reclining_Nude

Le sein ému, le front à demi soulevé,
Inquiète, elle attend celui qu’elle a rêvé.
Et le vent monotone endort les noirs feuillages;
La mer en gémissant berce les coquillages;
La montagne muette, au loin, de toutes parts,
Des coteaux aux vallons,brille de feux épars;
Et la source elle-même, au travers de la mousse,
S’agite et fuit avec une chanson plus douce.

Mais le jeune Immortel, le céleste Inconnu,
L’Amant mystérieux et cher n’est pas venu !
Il faut partir, hélas ! et regagner la plaine.
Thestylis sur son front pose l’amphore pleine,
S’éloigne, hésite encore, et sent couler ses pleurs;
De la joue et du col s’effacent les couleurs;
Son corps charmant, Éros, frissonne de tes fièvres !
Mais bientôt, l’oeil brillant, un fier sourire aux lèvres,
Elle songe tout bas, reprenant son chemin :
— Je l’aime et je suis belle! Il m’entendra demain !

(Leconte de Lisle)

Illustration: Luis Falero 

 

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POÈME À PROPOS DE POÈMES (Izi Harik)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2019



    

POÈME À PROPOS DE POÈMES

Pourquoi diable ai-je appris à chanter des poèmes :
Ne me suffit donc point l’inquiétude du vent?
Ô toi, ma tête, toi qui es si lasse et inquiète,
Viens, je vais te bercer comme on berce un enfant.

Il ne connaissait rien des poèmes, ton père,
Il épelait difficilement l’A.B.C.
Et tu aurais été cordonnier ordinaire
Et simple comme lui, le corps sain et musclé.

Lorsque s’étoufferait le ciel dans ses couleur
Seul le vent bercerait ton âne sur la sente,
Et comme lui tu chanterais à ton labeur
Ne sachant même pas toi-même que tu chantes.

La fatigue serait dans ton corps plus légère
Et tout serait léger dans ta tête à jamais.
Pourquoi as-tu appris à chanter des poèmes
Ô toi ma tête, toi mon enfant inquiet ?

(Izi Harik)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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MA MÈRE CUIT DU PAIN (Moshe Szulstein)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2019



Illustration: Anna Sahlsten
    
MA MÈRE CUIT DU PAIN

Ma mère cuit du pain aujourd’hui – la maison est en joie,
Quel feu d’enfer dans le fourneau – rouge de joie,
Qui s’ouvre comme bouche et rit – et rit de joie,
flamme danse avec ardeur – comble de joie,
Le four s’embrase et le bois craque – éclats de joie,
Les copeaux tels des apprentis – l’aident avec joie,
La mère cajole les pains – les caresse de joie,
Les fait basculer dans ses mains – balancement de joie,
On dirait qu’elle joue au ballon – tout en joie,
Ou les berce tels des enfants – assoupis dans la joie,
Que son visage est lumineux – il rayonne de joie,
Sur le mur son ombre s’étend, de plus en plus vaste – de joie,
L’ombre elle-même est en liesse et danse aussi – de joie,
Lorsque ma mère cuit du pain – la maison est en joie.

(Moshe Szulstein)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Floridum mare (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Salvador Dali papillons s [800x600]

Floridum mare

La moisson débordant le plateau diapré
Roule, ondule et déferle au vent frais qui la berce ;
Et le profil, au ciel lointain, de quelque herse
Semble un bateau qui tangue et lève un noir beaupré.

Et sous mes pieds, la mer, jusqu’au couchant pourpré,
Céruléenne ou rose ou violette ou perse
Ou blanche de moutons que le reflux disperse,
Verdoie à l’infini comme un immense pré.

Aussi les goëlands qui suivent la marée,
Vers les blés mûrs que gonfle une houle dorée,
Avec des cris joyeux, volaient en tourbillons ;

Tandis que, de la terre, une brise emmiellée
Éparpillait au gré de leur ivresse ailée
Sur l’Océan fleuri des vols de papillons.

(José-Maria de Hérédia)

Illustration: Salvador Dali

 

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