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BERGERIE (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2019




    
BERGERIE

Avec une lenteur où bouge un paysage,
Les clochettes à brebis du songe
Prétendent descendre des montagnes

Et l’âme, animale et sereine,
Sous les cyprès que la brume amenuise,
Rumine une voix dans sa laine,

Une voix d’eau blessée pour épines,
Une voix de fruits pour l’eau des plaines
Une voix d’eau tendre pour Beethoven.

Même si j’étais mort
La voix serait toujours
En tout bosquet bienfaitrice mutine.

Je me suis depuis lors
Fait mendiant d’images.
Nul noisetier, nul trèfle ne me refuse.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le Visiteur nocturne (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



 

solitude

Le Visiteur nocturne

C’était l’automne, la nuit.
Le vent sifflait dans les arbres dépouillés du bois,et miaulait le long des bergeries,
comme s’il eût voulu, pour se réchauffer, partager la litière des moutons.

La pluie fouettait avec rage les vitraux de ma chaumière,
et comme irritée de la trouver fermée.
Assis près du feu, j’écrivais à la lueur de ma lampe mes souvenirs ou mes rêves,
ce que j’ai vu ou ce que j’aurais voulu voir ;
et, tout en m’occupant du passé, je l’oubliais.

Le travail est un dieu qui nous permet de changer de monde.
Un autre bruit que celui de l’orage me ramena bientôt sur la terre.
J’entendis bien distinctement frapper à ma porte.
J’ouvris, et je ne vis personne.
Je me remis à ma place et je repris ma plume.
Mais je n’étais plus seul. Un hôte que je n’avais pas vu était entré,
un hôte bien connu qui ne souffre pas qu’on l’oublie,
qui venait voir si j’étais tranquille,
ou si je pensais à lui : c’était le chagrin.

(Jules Lefèvre-Deumier)

Illustration: Quercia

 

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La nuit (Bernard Dimey)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2015



matisse

 

La nuit, les cerfs-volants,
le grand-duc et la lune
et les engoulevents…
et les chiens dans les fermes
et dans les bergeries,
les agneaux qui se plaignent…

J’ai vu sur la rivière
une brume étonnante
où dansaient des fantômes
ou des vierges ou des saintes.
Je me tenais très loin
de ces ronds de sorcières…
Je n’avais peur de rien
mais je claquais des dents.

Que les nuits étaient belles
et qu’il est merveilleux
d’avoir encore dix ans!

(Bernard Dimey)

Illustration: Henri Matisse

 

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