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Poésie

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Dernier (Bernard Flucha)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2016




Dernier

Dernier orfèvre de la nuit
Au matin nu des souvenances
Espoir vaincu serrant l’oubli
Dans le grain bleu de sa naissance

Au fer bleui de l’aventure
J’ai mis le cri j’ai mille forges
Le feu strident de sa blessure
Cautérise toutes mes gorges

Un oeil ouvert face à la mort
Cristal ennui gercé de peur
Un oeil fermé devant l’amour
Pétale rouge de sa fleur

Dernier coron des solitudes
Dans la veine d’un grand charbon
Frère d’éclipse ô négritude
Quand vient gémir l’accordéon

Un acrostiche hume la fête
Mentor de bruit coureur de jour
Rosace-accord sacre de tête
Mon initiale attend son tour

Sous le grand pin de nos aiguilles
Revient l’écume y buissonner
Et dans un verbe sans coquille
Nous conjuguons le temps aimer

Dernier coron des solitudes
Dernier orfèvre de la nuit

(Bernard Flucha)

 

 

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Les galets de ma rue (Bernard Flucha)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015




Les galets de ma rue

Les galets de la Mer se roulent dans ma Rue
Sur la pente s’ébrouent ma jeunesse et mon âge
Corridor de la nuit qu’éclairent tes mains nues
Dans une multitude où la vie se partage

Sur la pente s’ébrouent ma jeunesse et mon âge
On m’a dit les baigneurs recherchant ta venue
Dans une multitude où la vie se partage
J’en recouvre le temps du voile des seins nus

On m’a dit les baigneurs recherchant ta venue
Où le sable s’endort et veillant sur la plage
S’apostrophent les corps dans la toile tendue
Comme la déraison dont résonne mon âge

Où le sable s’endort et veillant sur la plage
Se combinent les doigts et l’Amour à la vue
Comme la déraison dont résonne mon âge
Les galets de la Mer se roulent dans ma Rue

(Bernard Flucha)

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Fleur d’étranger (Bernard Flucha)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2015




Fleur d’étranger

J’habite le village en lacets de ma mémoire
les rideaux tirés sur mes fenêtres
l’antre melliflue d’un corps à portée d’odeur profonde

J’habite la levée d’un voile
qu’une main buissonnière me tend au-delà de ses ponts

J’habite le coeur au vagabond de quelques traits humides
le reflet alizé d’un souffle de bitume
une arche
un instantané de porte

J’habite une photographie du puzzle de mes saisons
une étoile rouge nimbée de rais et de lumière naine
une embrasure de feu

J’habite un instant de pluie

J’habite le village enlacé de ta mémoire

(Bernard Flucha)

Poète découvert chez Lara ici


Illustration: René Magritte

 

 

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