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Retouche aux Indes Galantes (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2017




    
retouche aux Indes Galantes

Une lavandière sous les arbres
étend de grands linges blancs
où l’ombre des branches dessine un labyrinthe.
L’amour y tourne, berné par l’appel d’un coucou.

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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Dit-elle (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017




Amour me tient à l’aurore nouvelle
comme la mer qui berce la nacelle
guettant l’ami veillant en sentinelle
à la persienne en haut de la tourelle
amour me tient en ardente chapelle
jusqu’à l’instant où s’éteint ma prunelle
comme ceux-là qui vont à Compostelle
amour me tient hors de ma vie charnelle

Amour me tient qui me brûle et me cerne
me glace au coeur me conforte et me berne
et me rudoie m’éjouit et m’hiverne
amour me tient qui toujours me gouverne
comme le vent fait pencher les luzernes
et je le chante aux tables des tavernes
je le maudis sous la pâle lanterne
le pleure enfin aux muettes poternes

Amour me tient servante en son église
coiffée de blanc vêtue de toile bise
bouche mouillée comme chair de cerise
seins tout menus et ceinture bien prise
amour me tient en ses chambres soumise
par diable heureux toutes folies permises
me font chanter en la langue requise
les mille morts de la guerre promise.

(Henri Gougaud)

Illustration: Alexandre-Auguste Hirsch

 

 

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SURSEOIR À L’ADIEU (Jean-Claude Xuereb)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



 

Kathryn Jacobi   (4)

SURSEOIR À L’ADIEU

Lorsque le vaisseau brûle
que sauver du naufrage ?
le sourire friable
d’un être qui s’éloigne?
le bief assoiffé d’une vie
que des yeux affaiblis
ne peuvent situer
au trajet brouillé d’un destin?

De quel choix aurons-nous loisir
sauf celui du renoncement ?

La tiédeur de nos mains
sur l’émotion des doigts
souffle à souffle ajustés
la fusion de deux corps
éperdus dans l’envol
en faille d’infini
par éclair entrevu

Le désir obstiné
du désir nous tenaille
dans cette imprévision
d’un chatoiement des jours
nous berne l’illusion
contre toute évidence
de surseoir à l’adieu

(Jean-Claude Xuereb)

Illustration: Kathryn Jacobi

 

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