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GOUTTES DE ROSÉE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




    
GOUTTES DE ROSÉE

Les gouttes de rosée sur chaque tige d’herbe
ressemblent tant à des gouttes d’argent
que j’ai dû me pencher en marchant
pour voir si c’étaient des perles,
et celles qui parsèment les lits de primevères
entrelacés de lierre sous le noisetier l’aubépine et les érables
ressemblent tant à des perles d’or
que j’ai dû me pencher pour sentir si elles étaient dures,
mais elles ont fondu sous mon doigt.

Et lorsque la rosée repose sur les feuilles
des primevères, des violettes et des aubépines,
elles sont émeraude et béryl
sans être pourtant rien d’autre
que la rosée du matin sur les feuilles en bourgeon
— mieux encore les herbes de la route
sont couvertes de perles d’or et d’argent
et plus on va plus elles paraissent brillantes
comme de l’or ou de l’argent solide.

Ce n’est que l’effet du soleil et de l’ombre
sur elles par ce matin de rosée
— chaque pointe d’épine chaque tige de ronce
a sa tremblante parure —
jusqu’au moment où le vent se fait un peu plus vif,
alors tout est jeté bas
et l’étincelante joaillerie se mue en une commune matinée de printemps
pleine de feuilles en bourgeon de primeroses
de violettes de véroniques de jacinthes d’orchidées
et de choses ordinaires

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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Emmène-moi chez moi (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



jaspe

Les murs ne tombent pas
[23]

Emmène-moi chez moi
où les canaux

coulent
entre des talus d’iris :

où le héron
a son nid:

où la mante religieuse
prie sur le roseau d’eau douce :

où la sauterelle dit
Amen, Amen, Amen.

[24]

Ou bien n’importe où
où les étoiles flambent dans l’air clair,

où nous pourrions saluer individuellement,
Sirius, Vega, Arcturus,

où ces entités distinctes
nous sont intimement liées,

où chacune, avec son attribut particulier,
peut être invoquée

avec la précision d’un charme, d’une formule, d’une prière,
qui révélera indiscutablement,

quelle essence curative ou édifiante
est nécessaire pour quelle maladie particulière

à laquelle est disposée l’âme curieuse :
ô étoiles, petites jarres de ce Guérisseur,

Apothicaire indisputable et absolu,
boîtes ouvrées, à facettes,

ornées de pierres, très précieuses, pour de nouveaux
onguents, de la myrrhe, de l’encens :

jaspe, béryl, saphir
qui, quand nous les attirons plus près

par la prière, les formules,
les litanies, les incantations,

révéleront leur fragrance individuelle,
influence magnétique personnelle,

devenues, comme elles l’étaient auparavant,
des messagers personnifiés,

guérisseurs, aides
du Seul, Amen, Tout-Père.

***

Take me home
where canals

flow
between iris-banks:

where the heron
has her nest:

where the mantis
prays on the river-reed :

where the grasshopper says
Amen, Amen, Amen.

Or anywhere
where stars blaze through clear air,

where we may greet individually,
Sirius, Vega, Arcturus,

where these separate entities
are intimately concerned with us,

where each, with its particular attribute,
may be invoked

with accurate charm, spell, prayer,
which will reveal unquestionably,

whatever healing or inspirational essence
is necessary for whatever particular ill

the inquiring soul is heir to:
O stars, little jars of that indisputable

and absolute Healer, Apothecary,
wrought, faceted, jewelled

boxes, very precious, to hold further
unguent, myrrh,incense:

jasper, beryl, sapphire
that, as we draw them nearer

by prayer, spell,
litany, incantation,

will reveal their individual fragrance,
personal magnetic influence,

become, as they once were,
personified messengers,

healers, helpers
of the One, Amen, All-father.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Sensualité (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2015



Sensualité

N’écoute plus l’archet plaintif qui se lamente
Comme un ramier mourant le long des boulingrins ;
Ne tente plus l’essor des rêves pérégrins
Traînant des ailes d’or dans l’argile infamante.
Viens par ici : voici les féeriques décors,
Dans du Sèvres les mets exquis dont tu te sèvres,

Les coupes de Samos pour y tremper tes lèvres,
Et les divans profonds pour reposer ton corps.
Viens par ici : voici l’ardente érubescence
Des cheveux roux piqués de fleurs et de béryls,
Les étangs des yeux pers, et les roses avrils
Des croupes, et les lis des seins frottés d’essence
Viens humer le fumet-et mordre à pleines dents
A la banalité suave de la vie,
Et dormir le sommeil de la bête assouvie,
Dédaigneux des splendeurs des songes transcendants.

(Jean Moréas)

Illustration: Louis Courtat

 

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Dans une larme de béryl (Yvan Goll)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2015



 Pierre-Héliodore [1280x768]

Dans une larme de béryl
Le pur insecte
Seul connaît l’immortalité

(Yvan Goll)

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