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Posts Tagged ‘besace’

Le Thérapeute (Pierre Coran)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



Le Thérapeute

Il a tonné, le tonnerre.
Il a tonné à tonneaux.

Il a volé, à vau-l’eau,
Ma besace, mon chapeau
Et ma canne de bouleau.

Il m’a cassé les oreilles
En cent vingt et un morceaux.

Quand il s’est tu, le tonnerre,
J’ai recollé les morceaux,
Repris mon sac, mon chapeau
Et ma canne de bouleau.

A présent, dès le réveil,
J’ai des chants plein les oreilles
Comme les marchands d’oiseaux.

(Pierre Coran)


Illustration: René Magritte

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Ecoute (René-Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



Ecoute

Ecoute aux meules du couvent
Les visages qui se repassent
Un pied est déjà dans la chasse
Et le volet bat sous l’auvent
Qu’importe le nom des vivants
Et l’oiseau bleu ou les menaces
J’ai là au fond de ma besace
Le doigt bénévole du vent.

(René-Guy Cadou)


Illustration

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L’HOMME ESCALADE SON PARADIS SECRET (Eduardo Jonquieres)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2017



 

L’HOMME ESCALADE SON PARADIS SECRET

Couronné de nuit, d’éclairs et d’immédiats nuage
L’homme en détresse escalade son paradis secret
Il tire à lui, comme une outre, cette agnelle pleine
Cette panse gonflée, emplie d’obscures cantilènes
La vie, avec son lent écoulement.

Il est seul au milieu du désir,
Lent, devenu son écorce dernière.
Le temps désaccorde sa voix étouffée.
La mort passe, les hontes
Acceptées, la rougeur coupable et les heures d’absolu

(La mort passe et pardonne,
Les fautes demeurent dans la besace pleine.)

Que reste-t-il de lui sinon le plus perdu ?
Quoi de plus, sinon le moins ?
Que reste-t-il après la prière et la colère insensées
Pour apaiser les anciens jours et le futur ?

Les portes n’admettent pas la quête prudente.
Qui appelle, et quoi ? Quel bandeau déchiré
Tombe
Montrant la chair vive, nuisible,
Ouverte à l’air, sanglotant par le dedans
Avec l’autre face tournée vers le vide ?
On n’appelle pas, non, personne n’appelle.
Personne n’aide l’homme à monter
Vers son paradis secret. Et la vie
Le tire à lui, la vie pleine.

(Eduardo Jonquieres)

Illustration

 

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NON L’ETRE MAIS LES ETRES (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016



NON L’ETRE MAIS LES ETRES

Ombre d’une ombre mais elle te désigne
elle désigne le soleil, ombre d’une ombre, des violettes
rapides attendrissent la terre, violent
l’ombre d’une ombre d’un soleil : il reste
des traces, la terre se reforme en nouveaux
modèles, ombre d’une ombre les violettes tremblent
dans le doigt dessiné sur la pierre
qui désignait quelque chose à Hiroshima.

Et toi qui penses, candide pensée, ombre
d’une ombre sur la pierre, laisse
que te ramasse, fondue, provisoire,
liquide entre les doigts, celui qui ne sait pas,
l’enfant qui regarde l’ombre et rit.
Déjà elle est à demi vide la besace, ils s’accroissent
les détritus, et l’ordre désordonne davantage
en profondeur : les pierres sourient

elles ne rient pas les lèvres déjà détachées
de l’amour, entrouvertes, prêtes
á la parole, le geste se repose
encore un peu dans le sang et déjà
se dégage pensif : mais qui,
qui donc reconnaît l’un dans l’autre
l’objet aimé et le désaimé, qui
sépare l’origine de la fin…

***

NON L’ESSERE MA GLI ESSERI

Ombra di un’ombra ma quella ti addita
addita il sole, ombra di un’ombra, viole
rapide inteneriscono la terra, violan
l’ombra di un’ombra di un sole : restano
tracce, la terra si riplasma in nuovi
modelli ombra di un’ombra le viole tremano
nel dito disegnato sulla pietra
che additava qualcosa a Hiroscima.

E tu che pensi, candido pensiero, ombra
di un’ombra sulla pietra, lascia
che ti raccatti, fuso, provvisorio,
liquido tra le dita, chi non sa,
il bambino che guarda l’ombra e ride.
Già semivuota è la bisaccia, crescono
i detriti, e più l’ordine disordina
nel profondo : sorridono le pietre

non ridono le labbra già staccate
dall’amore, semiaperte, pronte
alla parola, il gesto si riposa
ancora per poco riel sangue e già
si divincola pensieroso : chi
chi riconosce l’uno dentro l’altro
l’oggetto amato il disamato, chi
il principio separa dalla fine…

(Piero Bigongiari)

Illustration: Bernadette Mercier

 

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Rêve de Grenouille (Dominique Cagnard)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2015



 

Rêve de Grenouille

Les grenouilles chantent
Pendant que les hommes
Vont à la chasse,
Ils n’ont pas faim,
Mais ils s’ennuient: les hommes.
Que cherchent-ils au fond
de leurs besaces pleines de trous?
Au lieu d’écouter les rainettes
Et de regarder les étoiles?

(Dominique Cagnard)

 

 

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