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Posts Tagged ‘besogne’

Ma mère (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2016


 


orgue de barbarie

 

Ma mère sainte des besognes
et qui n’êtes plus parmi nous
vous souvient-il du petit sou
dont je me privais pour que l’homme
plus triste, pauvre et mal debout
tournât pour vous la manivelle ?

(Georges Libbrecht)

Illustration

 

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LA CHANSON DES NOCHERS DE L’AIR (Pascal Bonetti)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2015




LA CHANSON DES NOCHERS DE L’AIR

Nous partîmes, un soir fulgurant et vermeil
Comme en forgent les ciels d’été sur leurs enclumes,
Et notre prime essor fut si prompt que nous eûmes
L’immense illusion d’entrer dans le soleil.

Nos grands oiseaux de toile éployèrent leurs pennes
Et, se servant du vain effort des vents debout,
Ils prirent le plein ciel, lentement, sans à-coup,
Sur l’émerveillement des cités et des plaines.

Et depuis, nous voguons du zénith au nadir,
Toujours plus haut, toujours plus loin, nos mains tendues
Vers le silence bleu des vastes étendues
D’où nous voyons Phébus, à chaque aube, bondir.

*

Nous ne savons plus rien des faiblesses des hommes,
Rien de leurs gestes fous, rien de leurs mots menteurs.
Le murmure des vents, le chant de nos moteurs,
Sont le seul bruit perçu dans l’espace où nous sommes.

En voyant nos regards où flambent nos orgueils,
Les aigles attardés qui regagnent leurs aires
Disent entre eux : « Fuyons, ce sont les Téméraires.
Nous sommes les nochers de la mer sans écueils.

Nous sommes les coureurs de la route infinie,
Les Jasons du soleil, les Gamas de l’éther.
L’inextinguible feu qui brûle notre chair
N’est qu’un éclair jailli de l’éternel génie.

*

Quand, penchés sur les bords de nos vaisseaux ailés,
Nous regardons peiner les foules dans les villes,
Nous plaignons les rancoeurs, les besognes serviles
Et les rêves rampants des siècles en allés.

Nous, dont le vol s’éploie en libre théorie
Sous l’oeil indifférent des constellations,
Nous prenons en pitié les chocs des nations
Car nous sommes les seuls et les vrais sans-patrie.

Et si toujours plus haut nous entrons dans les cieux,
C’est qu’un désir ardent bouillonne dans nos moelles :
Aborder, quelque jour, sur l’une des étoiles,
Pour, n’enviant plus rien, nous croire enfin des dieux !

(Pascal Bonetti)

Illustration: Patrice Rivoallan

 

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