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Poésie

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Banlieue Ouest 1950 (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020



Les nombreux pas perdus dans la salle du nom
Ont sonné maintes fois sur les pavés de verre,
A Saint-Lazare à l’heure où partait pour Cythère
La rame des élus via Triel ou Bécon.

La Défense n’était pas encore en béton,
On cueillait l’abricot du côté de Nanterre,
Certain petit vin blanc se buvait sans manière,
Passant par les gosiers de godet en chanson.

De Malmaison à Vaux fleurissaient les guinguettes
Où les fins de semaine étaient sûrement faites
Pour la guinche et la joie alentour des buissons.

Les femmes portaient haut leur chevelure floue,
Quelques mèches pourtant leur tombaient sur la joue
Pour taquiner la barbe ou la peau des garçons.

(Jean-Charles Michel)

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EPITAPHE POUR JOAQUIN PASOS (Ernesto Cardenal)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2020



Illustration: Paola Grizi

    

EPITAPHE POUR JOAQUIN PASOS

Il passait ici par ces rues, à pied,
sans relation, sans travail et sans argent.
Seuls les poètes, putains et poivrots
connaissaient ses vers.

Jamais il n’a été à l’étranger.
Il était en prison.
Maintenant il est mort.
Il n’a aucune statue.

Mais
souvenez-vous de lui quand vous aurez des ponts en béton,
de grandes turbines, des tracteurs, des remises argentées,
de bons gouvernements.

Car dans ses poèmes il a épuré la langue de son peuple
où un jour les accords commerciaux, la Constitution,
les lettres d’amour
et les décrets seront écrits.

***

EPITAFIO PARA JOAQUÍN PASOS

Aquí pasaba a pie por estas calles,
sin empleo ni puesto y sin un peso.
Sólo poetas, putas y picados
conocieron sus versos.

Nunca estuvo en el extranjero.
Estuvo preso.
Ahora está muerto.
No tiene ningún monumento…

Pero
recordadle cuando tengáis puentes de concreto,
grandes turbinas, tractores, plateados graneros,
buenos gobiernos.

Porque él purificó en sus poemas el lenguaje de su pueblo,
en el que un día se escribirán los tratados de comercio,
la Constitución, las cartas de amor,
y los decretos.

***

EPITAPH FOR JOAQUÍN PASOS

He used to walk here, along these streets,
without job or position and without a peso.
Only poets, prostitutes, and bums
knew his verses.

He was never abroad.
He was in prison.
Now he’s dead.
He hasn’t any monument . . .

But
remember him when you have concrete bridges,
big turbines, tractors, silver-plated barns,
good governments.

Because in his poems he purified the language of his people,
in which one day trade agreements will be written,
the Constitution, the love letters,
and the decrees.

***

EPITAF DEMI JOAQUÍN PASOS

Dia sentiasa berjalan di sini, di lorong ini
tanpa jawatan atau kedudukan, tanpa duit
Hanya penyair, wanita sundal dan yang musnah
memahami puisinya.

Tidak pernah berkelana ke luar negara.
Terkurung di penjara.
Kini kembali ke negeri abadi.
Tiada tugu…

Tapi
Titi konkrit, turbin besar, traktor, bangsal perak, kerajaan telus
kembalikan ingatan terhadapnya.
Dalam puisinya disucikan bahasa warganya,

bakal termeterai perjanjian perdagangan,
Perlembagaan, surat cinta
dan dekri.

***

EPITAF PENTRU JOAQUÍN PASOS

A fost pe-aici, cândva, mergând pe-aceste străzi
fără angajamente sau funcții sau vreun peso.
Și doar câțiva poeți și cerșetori, și curve
versul i l-au aflat.

Nicicând peste hotare n-a plecat.
A stat toți anii lui încarcerat.
Acum în viață nu mai este.
Nimeni nu i-a făcut vreun monument…

Dar voi
să-l evocați când poduri ridicați,
turbine și tractoare și argintii hambare,
guverne binefăcătoare.

Căci el prin poezie a-nnobilat limbajul din popor,
limba în care-apoi s-au scris acorduri, legi
scrisori de amor,
decrete.

***

EPITAFFIO PER JOAQUÍN PASOS

Era solito passeggiare qui, lungo queste strade,
senza un lavoro o una posizione, senza una lira.
solo poeti, prostitute e straccioni
conoscevano i suoi versi.

Non era mai stato all’estero.
Conosceva la prigione.
Adesso è morto.
Non ha nessun monumento . . .

Eppure
ricordalo quando nell’avere ponti in cemento,
grandi turbine, trattori, silos argentati,
buoni governi.

Perché nelle sue poesie ha purificato il linguaggio del suo popolo,
nel quale un giorno scriveranno accordi commerciali,
la Costituzione, lettere d’amore
e le leggi.

***

EPITÁFIO PARA JOAQUÍN PASOS

Aqui passava a pé por estas ruas,
sem emprego, sem posto, e sem dinheiro.
Somente poetas, putas e borrachos
conheceram os seus versos.

Nunca foi para o exterior.
Esteve preso.
Agora está morto.
Não tem nenhuma estátua…

Mas
lembrem dele quando tiverem pontes de concreto,
grandes turbinas, tratores, prateados celeiros,
bons governos.

Porque ele purificou nos seus poemas a língua do seu povo,
em que um dia serão escritos os tratados de comércio,
a Constituição, as cartas de amor,
e os decretos.

***

ΕΠΙΤΑΦΙΟΣ ΓΙΑ ΤΟΝ JOAQUÍN PASOS

Εδώ σ’ αυτούς τους δρόμους συνήθιζε να περπατεί
δίχως δουλειά, δίχως δεκάρα ή θέση
οι ποιητές, ιερόδουλες κι αλήτες
τους στίχους του ρητόρευαν
ποτέ του δεν ταξίδεψε
μπήκε σε φυλακή
και τώρα πια νεκρός δίχως μνημείο.
Μα πείτε του πως γέφυρες έχετε
τουρμπίνες, και τρακτέρ, και αποθήκες
και κυβερνήσεις με μυαλό
τη γλώσα του λαού με στίχους είχε αγιάσει
που συμφωνίες μια μέρα θα γραφτούν
και Καταστατικό, και γράμματα ερωτικά
και τίτλοι.

***

乔昆·帕索斯墓志铭

他过去常走在这里, 沿着这些街道,
没有工作或职位, 也没有比索。
只有诗人、卖淫者和流浪汉
知道他的诗句。
他从未出过国。
他曾坐监狱。
现在他死了。
他没有纪念碑……
但是
当你有混凝土桥的时候记得他,
大型涡轮机,拖拉机, 银色谷仓,
好政府。
因为他在诗中净化了人民的语言,
其中有一天贸易协定会被写下来,
宪法,情书,
以及法令。

***

GRAFSCHRIFT VOOR JOAQUÍN PASOS

Hier kwam hij langs deze straten, te voet,
zonder betrekking, zonder werk en zonder geld.
Alleen dichters, hoeren en dronkaards
kenden zijn verzen.

Hij was nooit in het buitenland.
Hij was in de gevangenis.
Nu is hij dood.
Hij heeft geen enkel standbeeld…

Maar
herinner hem wanneer jullie bruggen van beton zullen hebben,
grote turbines, tractors, verzilverde schuren,
goede regeringen.

Want hij zuiverde in zijn gedichten de taal van zijn volk
waarin ooit de handelsovereenkomsten, de Grondwet,
de liefdesbrieven,
en de decreten zullen worden geschreven.

***

***

***

***

(Ernesto Cardenal)

 

Recueil: ITHACA 622
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Espagnol / Anglais Stanley Barkan / Malaisien : Dr.Raja Rajeswari Seetha Raman / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Italien Luca Benassi / Portugais José Eduardo Degrazia / Grec Manolis Aligizakis / Chinois William Zhou / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Russe Rahim Karim / Indi Jyotirmaya Thakur / Persan Sepideh Zamani /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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Chanson de l’herbe (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2020



Chanson de l’herbe

Sarcle sarcle, bon jardinier,
Tu te fatigueras
Le premier.

Attila passe
Et je repousse.

Broute broute, bonne laitière,
Tu te fatigueras
La première.

Où passa Attila
Moi je suis toujours là.

Bâtis bâtis, chef de chantier,
Tu te fatigueras
Le premier.

Attila passe
Et je repousse.

Pavés bétons briques et pierres,
Rira bien qui rira
La dernière.

Après les Attila
Je serai toujours là.

(Bernard Lorraine)

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Banlieues (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019



Banlieues

Les tags, le rock, le rap, en guise de culture.
Blocs, bitume et bétons pour seconde nature.
Pour école la rue, pour foyer le bistro.
La moto pour cheval, pour Pégase un métro.
La drogue tenant lieu de bottes de sept lieues.

Y a-t-il un poète, un seul, dans les banlieues ?

(Bernard Lorraine)

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Poule, poule ponds ton oeuf (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



Ettore Aldo Del Vigo 109

 

Poule, poule ponds ton oeuf,
buvons, trinquons à l’art veuf
béton, porphyre, métaux.
Oui ! je connais d’autres chants
et d’autres calligraphies,
Chambres à aimer, divans.
doubles grelottant de vie,
je connais la comédie
et son drame par dedans.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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L’école (Jacques Charpentreau)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



L’école

Dans notre ville il y a
Des tours, des maisons par milliers,
Du béton, des blocs, des quartiers,
Et puis mon coeur, mon coeur qui bat
Tout bas.

Dans mon quartier, il y a
Des boulevards, des avenues,
Des places, des ronds-points, des rues
Et puis mon coeur, mon coeur qui bat
Tout bas.

Dans notre rue il y a
Des autos, des gens qui s’affolent,
Un grand magasin, une école,

Et puis mon coeur, mon coeur qui bat
Tout bas.

Dans cette école, il y a
Des oiseaux qui chantent tout le jour
Dans les marronniers de la cour.
Mon coeur, mon coeur, mon coeur qui bat
Est là.

(Jacques Charpentreau)

 

 

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DANS LE VENT QUAND ON SENT LA PEAU D’UNE AUTRE VIE (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



 Illustration: Victor Karlovich Shtemberg
    
DANS LE VENT QUAND ON SENT LA PEAU D’UNE AUTRE VIE

Quand je vois un corps j’ai les larmes aux yeux,
Оrigine et limite; et même vie et culture
Ne sont que l’éternelle répétition du même mot.
Dе l’époque du simple abri à l’époque du bâtiment en béton, oui.
Les corps seuls existent
Ai-je pensé en faisant l’amour.

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

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LA CITÉ ENDORMIE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



LA CITÉ ENDORMIE

Avant le lever de rideau
Et l’éclairage de l’aube
Absence du machiniste
Dans la Cité endormie

La voûte noire enserre
Des gerbes de béton
Des tours ponts avenues
Des places et des jardins
Un fleuve et puis l’absence

Le plateau est désert
Les galeries sont muettes
Le parterre sombre et nu

Théâtre à l’abandon
Comédiens éphémères
Parodiant dans leur sommeil
Le funèbre dénouement.

(Andrée Chedid)


Illustration: Paul Delvaux

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Poésie (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018




Poésie

Même s’il fut un temps
Où ma poésie, souffrante, me faisait plus de mal
Une larme au bord des cils
Un pleur sur un sourire pâle,
Même s’il fut un temps
Où ma poésie était défoulement,
Je n’y renonce pas pour autant…

Ma poésie, tu es la fleur perdue
Dans une immensité de béton,
L’oiseau, égaré ou repu,
Posé sur le coin d’un balcon,
Le bleu, rose ou argent à l’horizon,
Le rire inattendu
Qui surgit au détour d’une rue,
La bonté reflétée dans un regard ému…
Mais aussi cette tendre laideur,
Dépouillée de toute frayeur
Parce qu’en la scrutant
On y découvre à tout moment
Un peu de réconfort, pas de peur
Devant la fuite du temps,
Peut-être une âme sœur…

Ma poésie, tu n’es pas un message,
Ma poésie, tu n’es pas sage,
Tu es volupté,
Plaisir de regarder,
Aimer, adorer…
Ma poésie, tu es mon cœur déployé,
Mes sentiments exhalés:
Tu es tendresse, tu es chaleur,
Tu sais sourire à toute heure,
Mais aussi me faire pleurer…

Ma poésie,
Merci
A travers toi,
Je vois,
A travers toi,
Je vis…

(Mireille Gaglio)

 

 

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La cité endormie (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



La cité endormie

Avant le lever de rideau
Et l’éclairage de l’aube
Absence du machiniste
Dans la Cité endormie

La voûte noire enserre
Des gerbes de béton
Des tours ponts avenues
Des places et des jardins
Un fleuve et puis l’absence

Le plateau est désert
Les galeries sont muettes
Le parterre sombre et nu

Théâtre à l’abandon
Comédiens éphémères
Parodiant dans leur sommeil
Le funèbre dénouement.

(Andrée Chedid)

Illustration: Paul Delvaux

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