Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘beuverie’

Le lys pur (Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2020



    

Le lys pur

Le jardin invite au bonheur,
à l’agréable compagnie.
bienvenue, ô saison des fleurs !
Voici le temps des beuveries.
a brise du matin apporte
ses doux effluves à chacun.
Oh oui ! Oh oui ! Comme elle est douce,
l’odeur du souffle protecteur !
La peine est éclose la rose
qu’elle chante un chant du départ :
Gémis donc, pauvre rossignol,
car ton cri nous va droit au cœur.
Voici, oiseau mélodieux,
pour toi une bonne nouvelle :
En amour, il faut bien gémir
toute la nuit, ô triste amant !
Le bonheur ne s’achète pas
au bazar du monde, ici-bas :
Il se trouve dans les façons
des voyous, des mauvais garçons.
Au lys pur j’ai entendu dire
— de ses lèvres à mon oreille
Qu’il ne faut pas être chargé,
dans le monde, ce vieux couvent.

O Hâfez, le renoncement
est le vrai chemin du bonheur.
Il faut bien te garder de croire
que la vie des mondains soit bonne

***

(Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

 

Recueil: L’amour, l’amant, l’aimé
Traduction: Vincent-Masour Monteil
Editions: Actes Sud

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La nuit dernière déjà (Liu Yong)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



La nuit dernière déjà
J’avais dormi tout habillé,
Et cette nuit encore
Tout habillé je me suis endormi.
Je rentrais d’une petite beuverie,
Passée la première veille,
Quand ivre mort me suis écroulé.
Mais peu après minuit,
Pourquoi soudain me suis-je réveillé ?
L’air glacial m’a fait frissonner.
Un mince filet de vent
A travers la fenêtre s’est infiltré
Et la flamme de la lampe a doucement vacillé.

Seul dans mon lit, je me tourne et me retourne, essayant de me rappeler
Mon rêve de nuages et de pluie.
Appuyé contre l’oreiller, en vain je m’efforce de le retrouver,
Le coeur tout agité de mille sentiments.
Je la sens si proche et si lointaine à la fois !
Quand le temps et le cadre sont propices,
A quoi bon penser tendrement l’un à l’autre
Si l’on ne peut s’aimer pour de vrai…

(Liu Yong)


Illustration: Francine Van Hove

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :