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Posts Tagged ‘bien-aimée’

Le colibri (Charles Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



 

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Le colibri

Le vert colibri, le roi des collines,
Voyant la rosée et le soleil clair
Luire dans son nid tissé d’herbes fines,
Comme un frais rayon s’échappe dans l’air.

Il se hâte et vole aux sources voisines
Où les bambous font le bruit de la mer,
Où l’açoka rouge, aux odeurs divines,
S’ouvre et porte au coeur un humide éclair.

Vers la fleur dorée il descend, se pose,
Et boit tant d’amour dans la coupe rose,
Qu’il meurt, ne sachant s’il l’a pu tarir.

Sur ta lèvre pure, ô ma bien-aimée,
Telle aussi mon âme eût voulu mourir
Du premier baiser qui l’a parfumée !

(Charles Leconte de Lisle)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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Janvier (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



 

Mathieu Triolet Oiseau mort sur la neige (2013)

Janvier

Songes-tu parfois, bien-aimée,
Assise près du foyer clair,
Lorsque sous la porte fermée
Gémit la bise de l’hiver,

Qu’après cette automne clémente,
Les oiseaux, cher peuple étourdi,
Trop tard, par un jour de tourmente,
Ont pris leur vol vers le Midi ;

Que leurs ailes, blanches de givre,
Sont lasses d’avoir voyagé ;
Que sur le long chemin à suivre
Il a neigé, neigé, neigé ;

Et que, perdus dans la rafale,
Ils sont là, transis et sans voix,
Eux dont la chanson triomphale
Charmait nos courses dans les bois ?

Hélas ! comme il faut qu’il en meure
De ces émigrés grelottants !
Y songes-tu ? Moi, je les pleure,
Nos chanteurs du dernier printemps.

Tu parles, ce soir où tu m’aimes,
Des oiseaux du prochain Avril ;
Mais ce ne seront plus les mêmes,
Et ton amour attendra-t-il ?

(François Coppée)

Illustration: Mathieu Triolet

 

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Ne sois pas un seul jour loin de moi (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018



Margarita Sikorskaia -  (32)

Ne sois pas un seul jour loin de moi, il est long
si long le jour, je n’arrive pas à le dire.
ou bien je t’attendrai comme on fait dans les gares
lorsque les trains se sont endormis quelque part.
Ne t’en va même pas pour une heure : en elle
alors s’unissent les gouttes de l’insomnie
et toute la fumée qui cherche une maison
pour tuer mon coeur perdu viendra peut-être encore.
Que ne se brise pas ton portrait sur le sable,
que ne s’envolent pas tes paupières sans moi :
ne t’en va pas une minute, bien-aimée,
un instant suffirait, tu t’en irais si loin
que je traverserais la terre en demandant
si tu vas revenir ou me laisser mourant.

***

No estés lejos de mí un solo día, porque cómo,
porque, no sé decirlo, es largo el día,
y te estaré esperando como en las estaciones
cuando en alguna parte se durmieron los trenes.
No te vayas por una hora porque entonces
en esa hora se juntan las gotas del desvelo
y tal vez todo el humo que anda buscando casa
venga a matar aún mi corazón perdido.
Ay que no se quebrante tu silueta en la arena,
ay que no vuelen tus párpados en la ausencia :
no te vayas por un minuto, bienamada,
porque en ese minuto te habrás ido tan lejos
que yo cruzaré toda la tierra preguntando
si volverás o si me dejarás muriendo.

(Pablo Neruda)

Illustration: Margarita Sikorskaia

 

 

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LES ROSES TRÉMIÈRES (Edmond Pilon)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



LES ROSES TRÉMIÈRES

Les roses trémières brillent aux haies,
Le linge léger flotte près des toits,
Les fermes sont claires et la plaine s’égaie
De tout un éveil de ses pousses lentes,
Et pourtant tout se fait sommeil en moi
Puisque la bien-aimée est absente ;

De jeunes enfants rient aux seuils du village,
De vieilles femmes filent la laine des troupeaux,
Des charrettes qui passent emportent les fourrages
Vers la grange rustique, et, dans les bois nouveaux,
S’exhale un parfum tendre d’aube et de lilas ;
Mais que me font les fleurs et les femmes des hameaux,
Puisque la bien-aimée n’est pas là ;

Le jeune matin m’accueille de son soleil ;
Ses meules sont élevées comme des maisons ;
Sa plaine est verdoyante et ses coteaux vermeils ;
Tout est prospère et beau dans la saison
De ses blés, de ses bois et de ses champs de foins.
Pour moi, je n’aime ni ses fruits ni ses moissons,
Car ma bien-aimée est au loin.

(Edmond Pilon)

 

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Maintenant, mon Amour, nous retournons chez nous (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



Maintenant, mon Amour, nous retournons chez nous
là où le liseron grimpe par les échelles :
en ta chambre déjà, bien avant ta venue,
est venu l’été nu aux pieds de chèvrefeuille.
Nos baisers voyageurs ont parcouru le monde :
Arménie, goutte épaisse et miel déterré,
Ceylan, verte colombe et Yang-Tsé séparant
les jours d’avec les nuits de sa vieille patience.
Maintenant, bien-aimée, par la mer crépitante
comme deux oiseaux aveugles nous revenons
vers notre mur, notre nid du lointain printemps,
puisque l’amour ne peut voler sans s’arrêter :
notre vie va au mur, aux pierres de la mer,
les baisers sont rentrés à notre territoire.

***

Amor, ahora nos vamos a la casa
donde la enredadera sube por las escalas :
antes que llegues tú llegó a tu dormitorio
el verano desnudo con pies de madreselva.
Nuestros besos errantes recorrieron el mundo :
Armenia, espesa gota de miel desenterrada,
Ceylán, paloma verde, y el Yang Tsé separando
con antigua paciencia los días de las noches.
Y ahora, bienamada, por el mar crepitante
volvemos como dos aves ciegas al muro,
al nido de la lejana primavera,
porque el amor no puede volar sin detenerse :
al muro o a las piedras del mar van nuestras vidas,
a nuestro territorio regresaron los besos.

(Pablo Neruda)

Illustration

 

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SUR LE FLEUVE TCHOU (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




    
SUR LE FLEUVE TCHOU
Thou-Fou

Mon bateau glisse rapidement sur le fleuve, et je regarde dans l’eau.
Au-dessus est le grand ciel, où se promènent les nuages.
Le ciel est aussi dans le fleuve ;
quand un nuage passe sur la lune, je le vois passer dans l’eau.
Et je crois que mon bateau glisse sur le ciel.
Alors je songe que ma bien-aimée se reflète ainsi dans mon cœur.

(Dynastie des Thang)

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Chant d’amour du prince Magari (Magari)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

femme asiatique

Chant d’amour du prince Magari

Dans le pays des huit îles
Je cherchais vainement une femme
Lorsque dans Kasuga
Au ciel printanier
J’appris qu’il était
Une jolie fille,
J’appris qu’il était
Une fille accomplie.
Je poussai et ouvris
La porte de planches de cyprès
Au bois magnifique.
Et j’entrai.
Je la pris par les pieds,
Je pris mon épouse.
Je la pris par la tête.
Je pris mon épouse.
Alors les bras de mon aimée
S’enroulèrent autour de moi
Mes bras aussi
Entourèrent ma bien-aimée.
De nos bras comme des lianes
S’enlaçant nous nous unîmes
Nous dormîmes délicieusement
Jusqu’à ce que le coq
chantât dans la cour!
« C’est un oiseau dans la lande
Un faisan qui chante! »
Avant que j’aie pu dire
Tout ce que je voulais de tendre,
Le jour était arrivé… O bien-aimée!

(Magari)

 

 

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Maintenant, mon Amour (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018


 


Hannah Giffard  crowslookingup460

Maintenant, mon Amour, nous retournons chez nous
là où le liseron grimpe par les échelles :
en ta chambre déjà, bien avant ta venue,
est venu l’été nu aux pieds de chèvrefeuille.

Nos baisers voyageurs ont parcouru le monde :
Arménie, goutte épaisse et miel déterré,
Ceylan, verte colombe et Yang-Tsé séparant
les jours d’avec les nuits de sa vieille patience.

Maintenant, bien-aimée, par la mer crépitante
comme deux oiseaux aveugles nous revenons
vers notre mur, notre nid du lointain printemps,

puisque l’amour ne peut voler sans s’arrêter :
notre vie va au mur, aux pierres de la mer,
les baisers sont rentrés à notre territoire.

(Pablo Neruda)

Illustration: Hannah Giffard

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CANTIQUE DU PRINTEMPS (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



CANTIQUE DU PRINTEMPS

Le printemps est revenu de ses lointains voyages,
Il nous apporte la paix du cœur.
Lève-toi, chère tête ! Regarde, beau visage !
La montagne est une île au milieu des vapeurs : elle a repris sa riante couleur.
O jeunesse ! ô viorne de la maison penchée !
O saison de la guêpe prodigue !
La vierge folle de l’été
Chante dans la chaleur.
Tout est confiance, charme, repos.

Que le monde est beau, bien-aimée, que le monde est beau !
Un grave et pur nuage est venu d’un royaume obscur.
Un silence d’amour est tombé sur l’or de midi.
L’ortie ensommeillée courbe sa tête mûre
Sous sa belle couronne de reine de Judée.
Entends-tu ? Voici l’ondée.
Elle vient… elle est tombée.
Tout le royaume de l’amour sent la fleur d’eau.
La jeune abeille,
Fille du soleil.

Vole à la découverte dans le mystère du verger ;
J’entends bêler les troupeaux ;
L’écho répond au berger.
Que le monde est beau, bien-aimée, que le monde est beau !

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Illustration: Castanheira Amilcar

 

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Ton rire fait songer à cet arbre entrouvert par l’éclair argenté (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



Ton rire fait songer à cet arbre entrouvert
par l’éclair argenté, par la foudre qui tombe
du ciel et qui vient se briser sur la cime,
partageant l’arbre en deux par un seul coup d’épée.
Seules les hautes terres au feuillage de neige
sont mères d’un tel rire, ô ma bien-aimante,
c’est le rire de l’air libre sur la montagne,
et coutumes d’araucaria, ma bien-aimée.
Mon Andine, vraie montagnarde de Chillan,
viens déchirer l’obscur des couteaux de ton rire,
la nuit et le matin, et le miel du midi,
que s’élancent au ciel les oiseaux du feuillage :
tu viens, c’est pour briser cet arbre de la vie
avec ton rire et sa lumière dissipatrice.

***

Tu risa pertenece a un árbol entreabierto
por un rayo, por un relámpago plateado
que desde el cielo cae quebrándose en la copa,
partiendo en dos el árbol con una sola espada.
Sólo en las tierras altas del follaje con nieve
nace una risa como la tuya, bienamante,
es la risa del aire desatado en la altura,
costumbres de araucaria, bienamada.
Cordillerana mía, chillaneja evidente,
corta con los cuchillos de tu risa la sombra,
la noche, la mañana, la miel del mediodía,
y que salten al cielo las aves del follaje
cuando como una luz derrochadora
rompe tu risa el árbol de la vida.

(Pablo Neruda)

Illustration: Jeff Scher

 

 

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