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BIENHEUREUX DÉSIR (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



    

BIENHEUREUX DÉSIR

Ne le dites à personne, sinon au sage,
Car la foule est prompte à railler :
Je veux louer le Vivant
Qui aspire à la mort dans la flamme.

Dans la fraîcheur des nuits d’amour
Où tu reçus la vie, où tu la donnas,
Tе saisit un sentiment étrange
Quand luit le flambeau silencieux.

Tu ne restes plus enfermé
Dans l’ombre ténébreuse
Et un désir nouveau t’entraîne
Vers un plus haut hyménée.

Nulle distance ne te rebute,
Tu accours en volant, fasciné,
Et enfin, amant de la lumière,
Tе voilà, ô papillon, consumé.

Et tant que tu n’as pas compris
Ce : Meurs et deviens !
Tu n’es qu’un hôte obscur
Sur la terre ténébreuse.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Goethe Le Divan
Traduction: Henri Lichtenberger
Editions: Gallimard
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FATALITÉ (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018




    
FATALITÉ
À René Pérez

Bienheureux l’arbre qui est à peine sensitif,
plus encore la pierre dure, rien ne touche celle-là
car il n’y a pas de douleur plus grande que d’être vif
et l’existence consciente est le pire des tracas.

Être, et ne rien savoir, être sans but certain,
et la peur d’avoir été et la terreur qu’un jour…
L’effroi infaillible d’être mort demain,
et souffrir pour la vie, pour l’ombre et pour

ce que nous ne connaissons pas et soupçonnons à peine,
et la chair qui tente avec ses frais raisins,
et la tombe en attente avec ses chrysanthèmes,
et ne pas savoir son destin,
et ignorer d’où l’on vient… !

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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Le cloître (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Le cloître

Avec peu de frères, fuyez le bruit des hordes
Avant que dans le froid poison ne soit défait
Votre jeune vouloir: bâtissez pour la paix
Dans un val silencieux la maison de votre Ordre.

Bercés d’heures égales aux douces mélodies
Travailler le sol chaste est un acte sacré
Le jour s’écoule ainsi rythmé de sept degrés
pour vous et ma légion qui à vous se dédie.

L’enlacement ignore les avides tourments
L’amitié libérée de peur et désespoir —
Sanglots baisers et mots s’envolent dans le soir..
Voici des couples pieux le sublime ornement :

De douleur et d’envie sereines consumés
De lever leur regard vers cette beauté bleue
Renoncement divin zèle des bienheureux —
Comme enseigna jadis un moine à Fiesole.

(Stefan George)


Illustration

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GAÉTAN (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



GAÉTAN

Rugit l’océan,
Chante l’ouragan,
Tournoie en rafales la neige,

S’enfuit le siècle d’une seconde,
Se rêve un bienheureux rivage,

Dans les sombres failles de la nuit,
Le rouet bourdonne et chante :
L’Invisible Tisseuse au fond des yeux
Regarde, et tisse les destins.

Se mire d’un trait de flamme
Dans les yeux du chevalier le couchant,
Au-dessus de son destin fatal
Brûlent les nuits étoilées.

Du monde l’enthousiasme sans limites
Au coeur chantant est donné.
Vers la voie fatale et sans but
L’appelle le bruyant océan.

Abandonne-toi au rêve impossible :
S’accomplira ce qui est préfixé.
Au coeur, pour loi immuable,
La Joie-Souffrance est donnée.

Ta voie future, c’est d’être Pèlerin,
Chante le bruyant océan.
O Joie, o Joie-Souffrance,
O douleur des blessures inconnues !

Partout, malheurs et deuils,
Qu’est-ce qui t’attend demain ?
Dresse ta voile échevelée
Marque ta solide armure
D’un signe de croix sur la poitrine !

Hurle l’ouragan,
Chante l’océan,

Tournoie en rafales la neige,
S’enfuit le siècle d’une seconde,
Se rêve un bienheureux rivage.

(Alexandre Blok)

Illustration: William Turner

 

 

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Elle avait quinze ans (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



Illustration: Richard S. Johnson
    

Elle avait quinze ans. Mais son coeur ne battait
Pas encore comme celui d’une fiancée.
Quand en riant je lui offris ma main,
Elle rit à son tour et partit.

C’était il y a longtemps. Depuis sont passés
Des années et des temps de tous ignorés.
Nos rencontres étaient rares, et si peu disertes,
Mais profonds étaient nos silences.

Par une nuit d’hiver, à mon songe fidèle,
Je quittai les salles peuplées et lumineuses,
Où des masques étouffants souriaient aux chansons,
Où mon regard avide allait l’accompagnant.

Alors, obéissante, elle me suivit,
Ignorant elle-même ce qui allait arriver,
Et seule la nuit noire de la ville
Vit passer les époux, passer et s’éclipser.

En un jour de givre, de soleil, de carmin —
Nous nous rencontrâmes dans le silence du temple :
De ces années muettes nous vîmes l’évidence,
Et ce qui s’accomplit — s’accomplit dans le ciel.

L’histoire de cette longue et bienheureuse quête
Déborde ma poitrine, et roule dans ce chant.
J’ai puisé dans ce chant pour bâtir l’édifice,
Quant aux autres chansons — c’est pour un autre jour.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Cantique au bien-aimé de la Reine de Saba (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2017




    
Cantique au bien-aimé de la Reine de Saba

« Je te ferai boire un vin parfumé. »
Cantique des Cantiques

Bienheureuse , ô mon amour, la main qui te touche,
Bienheureuse la bouche qui s’attache à ta bouche,
Qui goûte tes baisers semblables à l’encens,
Au cinname, à l’odeur des pêches mûrissant.

Tu es un lys altier au jardin de l’aurore,
Un rosier flamboyant que le couchant décore
Et, flot mystérieux où s’abreuvent les faons,
La source au pied d’un cèdre et que l’ombre défend.

Tu es, ô bien-aimé, la divine fontaine
Fleurant le thym, l’anis, le miel et la verveine;
Le puits de l’oasis que les noirs chandeliers
Devinent dans la nuit sous les troncs des palmiers.

Tu es comme un chèvrefeuille dans la rosée,
Comme un parfum de vigne en Mai; comme, irrisées
De matinal soleil, se mirant à l’étang,
Les campanules aux calices éclatants.

Les touffes des genêts, les lavandes fleuries,
Et ton corps est pareil à l’herbe des prairies
Quand la lune y répand en onduleux reflets
Ses rayons pâlissants sous les bleus serpolets.

Ta voix a la fraîcheur des flûtes bucoliques
A qui l’écho lointain au fond du soir réplique
Et ton regard puissant m’émeut plus que l’accord
Voluptueux des tambourins et des kinnors.

Tu es parmi mon coeur comme un figuier qui penche
Et dont les fruits nombreux font s’écrouler les branches;
Comme le rampement nerveux des pampres d’or
Où pend la grappe ardente et que l’abeille mord.

Tu es fort, mon amour, et mon corps brisé ploie
Quand tu m’emportes dans tes bras comme une proie.
Tel un soleil brûlant pesant sur les blés roux,
Ton corps est lourd et ton geste d’amour plus fou

Qu’à la cime des pins l’élan du vent sauvage;
Tu es le léopard au rutilant pelage,
Et tu te dresses lumineux à travers l’air
Comme une tour d’albâtre aux créneaux d’argent clair.

Cherchez mon bien-aimé, ô tremblantes gazelles
Qui bondissez frôlant le silence des bois;
Cherchez mon bien-aimé, fauvette et tourterelle
Et rossignol pensif dont s’éplore la voix.

Cherchez mon bien-aimé, plainte du vent qui erre
Par les noirs oliviers courbant leurs troncs retors;
Par la ville déserte où sommeillent les pierres,
Cherchez mon bien-aimé, gardiens des portes d’or!

Dans les soupirs flottant aux corolles des roses,
Les langoureux frissons qui bercent les lilas,
Aux marches de mon seuil sous les étoiles roses,
Est-ce mon bien-aimé dont bruissent les pas?…

(Marie Dauguet)

 

 

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Printemps (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Printemps

La branche jaillit.
Le chemin secret des eaux voit le jour.
Moi le ciel, toi la terre, moi le sable,
toi le ruisseau, moi les reins, toi l’abondance,
avec en plus la rencontre du temps prédestiné,
moi l’histoire, toi l’événement,
mêlés, roulés, confondus, essoufflés, perdus.

Moi la silice, toi le grain d’eau,
moi le chagrin, toi le repos,
les jours, les nuits, leur alternance.

Une branche verdit qui nous unit d’un seul élan,
toi la sève, moi l’écorce,
toi le bourgeon, moi la feuille.

Le sang qui est amour a coulé
au long des berges de la mémoire,
salué je ne sais quel dieu noir,
je te souris et tu m’enchantes,
je t’enlace et tu me prolonges
sur le grondement même des eaux.

Le temps fleurit en ses racines profondes.
Il règne ici l’odeur et la fragrance du jasmin.
Toi la douceur, moi le regard,
toi la narine, moi la tempe.
Ma voix, ta voix
sont les gémissements des bienheureux.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: À leur sage lumière

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Souffle rénové (Gemma Tremblay)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2017



Souffle rénové

bienheureux ceux qui verront Dieu
sur mes lèvres en délire
ce jour je renaîtrai
renversée sur les dalles de la mort

La rosée de l’aube luira sur mon visage
à l’approche du paysage éternel
la brillance de mon regard éclaboussera l’espace
les malaises d’argile s’estomperont
dans le cri ténu de mon dernier soupir
mêlé aux bruits de perles sur la montagne

(Gemma Tremblay)

Illustration: Albert Pinkham Ryder

 

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L’île-centre perdue (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



La floraison du bâton

[31]
Et la fleur, ainsi contenue
dans la graine ou le grain infiniment petit,

s’ouvrit pétale après pétale, un cercle,
et chaque pétale était séparé

et pourtant maintenu, pour ainsi dire,
par quelque force d’attraction

à son centre dynamique ;
et le cercle continua à grandir

et continuerait à s’ouvrir
il le savait, à l’infini ;

mais avant de se perdre,
complètement hors-du-temps,

il vit les îles des Bienheureux,
il vit les Hespérides,

il vit les cercles et les cercles d’îles
autour de l’île-centre perdue, Atlantis ;

il vit ce que la légende sacrosainte
disait encore exister,

il vit le pays des bienheureux,
les terres promises, perdues ;

lui, dans cette demi-seconde, vit
toute la portée tout le dessein

de notre et de sa civilisation ici,
sur sa et notre terre, avant Adam.

[32]
Et il vit tout cela comme agrandi sous un verre solaire ;
il vit tout cela dans les plus petits détails,

les falaises, les quais, la citadelle,
il vit les navires et les routes maritimes

toutes les rivières, les ponts et les habitations
et les terrasses et les jardins intérieurs suspendus ;

il vit les nombreuses colonnes et la pierre du Foyer
et même le feu qui brûlait dans le Grand Foyer,

et dans tout cela un bruit comme de grandes eaux,
des rivières qui coulaient, fontaines et vagues se brisant sur les rochers,

et bien que ce fut à très grande échelle,
c’était aussi petit et intime,

le Paradis
avant Ève.

[33]
Et il entendit, pour ainsi dire, l’écho
d’un écho dans un coquillage,

des mots ni chantés ni psalmodiés
mais prononcés en rythme ;

les syllabes de ce charme ainsi renvoyées
ne correspondaient au son

d’aucun mot qu’il eût jamais entendu,
et Kaspar était un grand voyageur,

un voyageur célèbre ;
mais il comprenaient les mots

bien que le son fût autre
que ceux auxquels nos oreilles sont habitués,

le ton était différent
pourtant il le comprenait ;

il se traduisait tout seul
tout en transmuant son message

dans spirale après spirale du coquillage
de la mémoire qui nous lie encore

aux cités englouties de la pré-histoire ;
Kaspar comprenait et son cerveau traduisait :

Lilith née avant Ève
et celle née avant Lilith,
et Ève ; nous trois pardonnées,
nous sommes trois des sept
démons chassés d’elle.

[34]
Puis en laissant retomber son bras
pendant la seconde demi-seconde,

son esprit le lui avait soufflé,
tout comme si son esprit

se devait de distinguer nettement,
de définir clairement les limites de la beauté ;

haies et clôtures et forteresses
doivent défendre le secret le plus profond,

même les haies et forteresses de l’esprit;
ainsi pensa son esprit,

bien qu’il eût l’esprit ailleurs
et que son corps fonctionnât, mais lui-même ;

lui-même n’était pas là ;
et son esprit formula la pensée,

la dernière défense interne
d’une citadelle, à présent perdue,

il était inconvenant qu’une femme
apparaisse en désordre, échevelée;

il était inconvenant qu’une femme
apparaisse, tout simplement.

[35]
Ce qu’il pensait était en contradiction directe
avec ce qu’il comprenait,

ce qu’il voyait était une femme discrète,
nouant un foulard,

et une femme imprévisible
se glissant dehors ;

nous ne savons pas si lui-même
la suivit ou pas

avec la jarre d’albâtre ; nous savons seulement
que la myrrhe ou le baume d’aspic de grand prix, était à Kaspar,

nous savons seulement que tout cela fut si vite terminé,
le festin, les rires.

***

As he stooped for the scarf, he saw this,
and as he straightened, in that half-second,

he saw the fleck of light
like a flaw in the third jewel

to his right, in the second circlet,
a grain, a flaw, or a speck of light,

and in that point or shadow,
was the whole secret of the mystery;

literally, as his hand just did-not touch her hand,
and as she drew the scarf toward her,

the speck, fleck, grain or seed
opened like a flower.

And the flower, thus contained
in the infinitely tiny grain or seed,

opened petal by petal, a circle,
and each petal was separate

yet still held, as it were,
by some force of attraction

to its dynamic centre;
and the circle went on widening

and would go on opening
he knew, to infinity;

but before he was lost,
out-of-time completely,

he saw the islands of the Blest,
he saw the Hesperides,

he saw the circles and circles of islands
about the lost centre-island, Atlantis;

he saw what the sacrosanct legend
said still existed,

he saw the lands of the blest,
the promised lands, lost;

he, in that half-second, saw
the whole scope and plan

of our and his civilization on this,
his and our earth, before Adam.

And he saw it all as if enlarged under a sun-glass;
he saw it all in minute detail,

the cliffs, the wharves, the citadel,
he saw the ships and the sea-roads crossing

and all the rivers and bridges and dwelling-houses
and the terraces and the built-up inner gardens;

he saw the many pillars and the Hearth-stone
and the very fire on the Great-hearth,

and through it, there was a sound as of many waters,
rivers flowing and fountains and sea-waves washing the sea-rocks,

and though it was all on a very grand scale,
yet it was small and intimate,

Paradise
before Eve …

And he heard, as it were, the echo
of an echo in a shell,

words neither sung nor chanted
but stressed rhythmically;

the echoed syllables of this spell
conformed to the sound

of no word he had ever heard spoken,
and Kaspar was a great wanderer,

a renowned traveller;
but he understood the words

though the sound was other
than our ears are attuned to,

the tone was different
yet he understood it;

it translated itself
as it transmuted its message

through spiral upon spiral of the shell
of memory that yet connects us

with the drowned cities of pre-history;
Kaspar understood and his brain translated:

Lilith born before Eve
and one born before Lilith,
and Eve; we three are forgiven,
we are three of the seven
daemons cast out of her.

Then as he dropped his arm
in the second half-second,

his mind prompted him,
even as if his mind

must sharply differentiate,
clearly define the boundaries of beauty;

hedges and fences and fortresses
must defend the innermost secret,

even the hedges and fortresses of the mind;
so his mind thought,

though his spirit was elsewhere
and his body functioned, though himself,

he-himself was not there;
and his mind framed the thought,

the last inner defence
of a citadel, now lost,

it is unseemly that a woman
appear disordered, dishevelled,

it is unseemly that a woman
appear at all.

What he thought was the direct contradiction
of what he apprehended,

what he saw was a woman of discretion,
knotting a scarf,

and an unpredictable woman
sliding out of a door;

we do not know whether or not
he himself followed her

with the alabaster jar; all we know is,
the myrrh or the spikenard, very costly, was Kaspar’s,

all we know is that it was all so very soon over,
the feasting, the laughter.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Catherine Abel

 

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Sans (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2017



Illustration: Dave McKean
    
Sans

Ô, les enfants encore à naître,
sans souci dans le non-être,
sans perturbation, sans imperturbation,
sans intentions ni bonnes ni mauvaises,
sans ancêtres ni héritiers,
sans se douter qu’ils sont intemporels.

Ils ne savent pas ce qu’ils ne font pas,
bienheureux car ils ne savent pas.

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Sans visa
Traduction: Eva Antonnikov
Editions: Héros-Limite

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