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Poésie

Posts Tagged ‘bifurquer’

Automne (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2019



Automne

La route bifurque
Vers les collines
Les branches se dénudent
par ricochets

L’oiseau hésite
L’insecte fuit
Le bois fredonne
à notre toucher

Le soleil module
ses dernières gammes
La mort capiteuse des feuilles
Frissonne au pied des forêts

(Andrée Chedid)


Illustration

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Labyrinthe (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018


 


 

Labyrinthe

Il n’y aura pas de porte. Tu y es
Et le château embrasse l’univers
Il ne contient ni avers ni revers
Ni mur extérieur ni centre secret.
N’attends pas de la rigueur du chemin
Qui, obstiné, bifurque dans un autre,
Qu’il ait de fin. De fer est ton destin
Comme ton juge. N’attends pas l’assaut
Du taureau qui est homme et dont, plurielle,
L’étrange forme est l’horreur du réseau
D’interminable pierre qui s’emmêle.
Il n’existe pas. N’attends rien. Ni cette
Bête au noir crépuscule qui te guette.

(Jorge Luis Borges)

Illustration

 

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LABYRINTHE (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018



 

Pablo Picasso _le_minotaure

LABYRINTHE

Il n’y a pas de porte. Tu y es
Et le château embrasse l’univers
Il ne contient ni avers ni revers
Ni mur extérieur ni centre secret.
N’attends pas de la rigueur du chemin
Qui, obstiné, bifurque dans un autre,
Qu’il ait une fin. De fer est ton destin
Comme ton juge. N’attends pas l’assaut
Du taureau qui est homme et dont, plurielle,
L’étrange forme est l’horreur du réseau
D’interminable pierre qui s’emmêle.
Il n’existe pas. N’attends rien. Ni cette
Bête au noir crépuscule qui te guette.

(Jorge Luis Borges)

Illustration: Pablo Picasso

 

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J’irai plus loin (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Illustration: Caroline Duvivier
    
J’irai plus loin

—Je ne sens rien de moi crever votre écriture
Je suis la page blanche et l’encre reste en vous.

—J’écris pourtant sur vous Votre corps est ma table
Les mots me sont dictés par votre parchemin.

— Je ne suis pas l’objet que vous croyez décrire
De chair de sang vous évidez ce que je suis.

—Penser à vous s’infuse en mes veines
Que vous n’ayez qu’un sens m’est inadmissible.

—Vous faites bifurquer ce sens imaginaire
De mon fleuve secret vous ignorez le cours.

—Je ne vous quitte plus La nuit je suis la barque
Qui ne pourrait sans vous rompre ses amarres.

—Vous mentez par ma personne interposée
Mais j’habite un miroir où vous êtes éteint.

—J’irai plus loin plus loin pour accoster votre rivage
Ce rivage du corps qui déserta sa peau.

— Vous cherchez un rivage et je ne suis qu’une île
Au grand large du corps que vous ne pouvez voir.

(Charles Dobzynski)

 

Recueil: La scène primitive
Traduction:
Editions: De la Différence

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Pour penser, deviens un arbre (Michel Serres)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2017



Pour penser, deviens un arbre.
Bifurque à gauche, à droite, en éventail,
ne cesse jamais de dédoubler tes branchages dans l’espace grand.

Ramifie, multiplie tes ramilles, envahis le volume,
par la cime et dans le large, capte la lumière.
La généalogie n’invente que si elle bifurque — ainsi parle-t-on d’un arbre généalogique.

Perpétue donc l’arborescence dans le bas comme au haut,
longe lentement le cheminement noir de tes racines souterraines qui savent proliférer au loin,
lance hardiment le jaillissement vertical du tronc, étale vers le ciel, de ton houppier, les musculeuses branches planes,
détaille un feuillage si large qu’il pourrait recouvrir la place du village,

émets la chimie exquise de parfums subtils, piège des abeilles, et de poisons tueurs de chenilles parasites,
chante avec le vent dont les turbulences font vibrer ta ramure dont l’immobilité,
alors, se tord, hante les nids accueillants des pics et des mésanges d’où émanent dix chansons.

Monte des mottes vers les notes.

(Michel Serres)

Illustration

 

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Des lieux gisaient en lui comme des mares (Jacqueline Saint-Jean)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2017



Des lieux gisaient en lui comme des mares
Locmariaquer Bucarest ou Bavière
leurs noms luisent dans le silence
Il faut une barque aux étés perdus
déteinte échouée au fond de la plage
la grisaille douce des fins d’image
où le désir lève sa ligne d’écume
Il faut une ville au fond du voyage
pour l’ineffaçable au fond de l’hiver
Des lieux refusés frémissaient encore
quand la vie bifurque au bord de la voix
Bavière de rêve Lothlorien d’hier
et le mot jamais tremble de lumière

(Jacqueline Saint-Jean)

Illustration

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Le truc (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2015


into_the_wild

le truc
c’est de bifurquer

(Jacques Dupin)

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