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Posts Tagged ‘bijoux’

Suis-je à jamais beaudelairisée (Azadée Nichapour)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



Suis-je à jamais beaudelairisée
qu’en mon miroir
yeux
chevelure
parfois la beauté
parfois même l’effroi de la mort
me renvoient son regard

Comme ces miroirs qui se répondent
à l’infini
dans la vie
femme et poète en moi se fécondent

Et je n’ai
pour habiter ma nudité que les bijoux sonores de la langue

(Azadée Nichapour)

 

 

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LES PROMENEUSES DU SOIR (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018




LES PROMENEUSES DU SOIR

Eloge
Eloge des sommeils d’amies

Eloge d’épouses de doges
Et de stratèges villes grèges
Ocrées de ceinturons de briques

Eloge à pas de somnambule
Des noctambules promeneuses
Noires cavales de bijoux
Plus grandes, couples sans époux
Que des reines prostituées

Eloge de mélancolie

Femme pour un temps d’avène
Femme pour un temps d’exil
Est-ce que l’enfance était plus claire
Etait plus sombre que mémoire

Que les pas
les palais
les pavés du hasard

(Henry Bauchau)

 
Illustration: Paul Delvaux

 

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Donne du rhum à ton homme (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



 

George Clair Tooker 1920-2011 - American Magic Realist painter - Tutt'Art@ (40)

Donne du rhum à ton homme

{Refrain:}
Donne du rhum à ton homme
Du miel et du tabac
Donne du rhum à ton homme et tu verras comme
Il t´aimera.

Y a des filles sur le port
Si belles et si gentilles
Tout sourire dehors
Sentant bon la vanille
Et ton homme n´est pas de bois
Il les regarde d´un œil tendre
Si tu veux le garder pour toi
Donne donne-lui sans attendre.
{au Refrain}

Il te donnera des bijoux
Des colliers qui scintillent
Qu´il ramène du Pérou
De Cuba des Antilles
Mais pour te donner de l´amour
Faut qu´il se repose du voyage
Avant de lui offrir à ton tour
Tous les trésors de ton corsage
{au Refrain}

Quelle nuit que cette nuit-là
On en parle dans la ville
Même on exagérera
Sa tendresse virile
Car pour l´heure il est fatigué
Il sombre dans la somnolence
Dès que tu l´auras réveillé
Si tu veux que ça recommence.
{au Refrain}

Quand il va repartir
Te laissant pauvre fille
Seule avec le souvenir
Et le collier de pacotille
Au moment de vous séparer
Pour des mois de longues semaines
Donne-lui bien sûr des baisers
Mais si tu veux qu´il te revienne
Mais si tu veux qu´il te revienne
{au Refrain}

(Georges Moustaki)

Illustration: George Clair Tooker

 

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Les hiboux (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



 

Les hiboux

Ce sont les mères des hiboux
Qui désiraient chercher les poux
De leurs enfants, leurs petits choux,
En les tenant sur les genoux.

Leurs yeux d’or valent des bijoux,
Leur bec est dur comme cailloux,
Ils sont doux comme des joujoux,
Mais aux hiboux point de genoux!

Votre histoire se passait où ?
Chez les Zoulous? les Andalous?
Ou dans la cabane Bambou?
À Moscou ou à Tombouctou?
En Anjou ou dans le Poitou?
Au Pérou ou chez les Mandchous?
Hou! Hou!
Pas du tout c’était chez les fous.

(Robert Desnos)

 

 

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SI J’ÉTAIS AVEC VOUS.. (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2017



Xue Da_NeigeRouge

SI J’ÉTAIS AVEC VOUS…

Si j’étais avec vous, seigneur, là-bas, parmi vos camarades,
votre courage en serait peut-être diminué.
Il m’a fallu bien des mois pour tisser mes robes de fine toile,
qui devaient vous faire honneur!
Je ne les porterai sans doute jamais.

J’ai renoncé aux bijoux, aux fards.
J’ai renoncé aux fleurs.
Je contemple les oiseaux qui volent par couple,
et je les envie.

O mon époux,
quand nos regards pourront-ils se rencontrer?

(La Flûte de Jade)

 

 

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Annie-Anna (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017



 

Charles J. Dwyer, Jr. 93647a0 [1280x768]

Annie-Anna

Tandis qu’Anna se met à la machine à coudre
Voyez sa sœur Annie qui se met de la poudre.
Tandis qu´Anna toujours nettoie le linge sale
En ascenseur sa sœur Annie s´en va au bal.

Annie
Vous êtes bien plus jolie qu´Anna.
Anna
Je vous aime beaucoup plus qu´Annie.
Annie
Vous avez des yeux bleus qu´Anna n´a.
Anna
Je préfère vos jolis yeux gris.
L´amour est entré dans mon cœur depuis
Le jour béni
Où je vous vis.
Annie
Vous avez séduit un maharajah.
Anna
Eh bien vous n´avez séduit que moi.

Tandis qu´Anna dans sa maison fait la lessive
Dans les salons, sa sœur Annie fait la lascive.

Le maharajah met des bijoux sur sa poitrine
Cette poitrine m´a tout l´air d´une vitrine

Tous vos amis font du cinéma.
Anna
Je suis vraiment votre seul ami.
Annie
Cet hindou vous dit toujours « Ça va »
Anna
Il ne faut pas envier sa vie.
Rajah, je préfère aux trésors d´un jour
Un bel amour
Qui dure toujours.
Annie
Vous sortez en robe d´apparat.
Anna
Vous restez toujours seule à Paris.

Un jour la pauvre Annie vient frapper à ma porte.
Elle a des yeux qui font des plis, l´air d´une morte.
Le maharajah vient de partir pour Singapour
En emportant ses bijoux faux comme son amour.

Annie
Vous vous êtes jetée dans mes bras.
Anna
Tous trois nous avons pleuré sans bruit.
Annie
Vous êtes restée trois jours dans le coma.
Anna
Hier vous avez épousé le commis
Et moi qui ne suis pas un maharajah.
Mais un ami
Je suis parti
Parti
Je suis parti pour Bratislava
Là-bas.
Je vais essayer de refaire ma vie
En oubliant Anna-Annie.

(Charles Trenet)

Illustration: Charles J. Dwyer, Jr.

 

 

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En ce monde, sans remède est la fuite du temps (Yamanoue no Okura)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



Ukiyo-e Harunobu  jeune fille

 

En ce monde,
Sans remède
Est la fuite
Du temps.
Sans intermission
Les adversités nous poursuivent
Et nous attaquent
De cent manières.
Les jeunes filles
Imitant toutes les filles
Enroulent à leurs poignets
Des bijoux chinois
Elles font voltiger leurs manches
D’un blanc éblouissant
Et sont suivies d’une traîne
D’un rouge écarlate.
Aux amies du même âge
Elles se joignent
pour jouer.
Ne pouvant s’arrêter
A la fleur de leur jeunesse
Elles doivent la laisser passer.

Sur leur chevelure
D’un noir corbeau
Un beau jour
Tombera la gelée blanche,
Sur le rose
De leur visage
Venues on ne sait d’où
Se dessineront des rides.
Les sourires et les sourcils peints
Qu’elles arborent toujours
Se faneront
Comme se flétrissent les fleurs.
En ce monde
Il n’en va pas autrement.
Les jeunes guerriers
Imitant tous les garçons
Ceignent
leur deux sabres
Tenant d’une main ferme
Leurs arcs de chasse,
Ils posent sur leurs chevaux bais
Leur fin tapis de selle.
Ils se hissent sur leur monture
Et caracolent.
Ainsi font-ils
Sur cette terre.
La porte de bois
Derrière laquelle dort la jeune fille
Est rouverte par un jeune homme
Qui s’approche à tâtons.
Les beaux bras
Aux beaux bras se mêlent.
Combien y en aura-t-il encore
De telles nuits à dormir ensemble ?
Quand sur leur canne
Ils redresseront leurs reins,
Lorsqu’ils iront par ici
Les gens d’eux s’écarteront,
Lorsqu’ils iront par là
Les gens les haïront.
Ainsi des vieux
En va-t-il
Quelque regret que l’on ait
De cette vie si brève
Il n’y a point de remède

(Yamanoue no Okura)

Illustration: Ukiyo-e Harunobu

 

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Objets (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2017



Objets

On cherche en vain dans la nuit des soupentes
le couteau disparu, la mince lame
qui partageait la tendresse du pain.

Puis c’est le pain qui fait défaut. Un livre,
un gant, une clef, un bijou frileux
cèdent tour à tour à la contagion.

Partout la main glisse sur une absence.
La maison se vide, et nous sommes seuls,
transpercés par une lueur d’épouvante.

Nous sentons fondre nos dents sous la langue,
nos cheveux jonchent le sol, nos os
déracinés se couchent dans le vent

qui fouille le désert entre les murs,
car dans la nuit s’est brisée la toiture,
avant l’aube du parfait dénuement.

(Jean Joubert)


Illustration: Jacques Place

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Le corps d’Eurydice (2/4) (Claude Adelen)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



Certains soirs elle ne savait pas
Ce qui, d’elle, était devenu insaisissable:
Une poignée de plumes rousses
Sur le ciel lisse, où volaient les fleurs du cerisier.
Où l’atteignait, porté par quelque souffle,
Un parfum indéfinissable. Etait-ce
Le laurier rose, dont la feuille est empoisonnée?
Sinon quel souvenir, ou quel désir
Aurait meublé les couches de lumière déclinante,
Et l’espace qui était en elle ce miroir
Obscurci, ce point de fuite, une heure
Avec de légers nuages sur le ciel pâle?
Un moment du monde aurait passé:

« Reprendre le chemin qui ramène
Vers ce lieu de moi-même où tout s’apaise
Et s’équilibre, est-ce tellement difficile
Mère mauvaise? Et me fondre dans ce qui m’appelait:
La nuit accueillante où le corps ne vieillit pas. »

Une vivante. Elle a fait son deuil d’elle-même.
Elle a erré parmi les petits noms de l’amour,
Les objets familiers: beaucoup de fleurs,
D’étoffes, de bijoux, pour embellir une vivante.
Pour retenir sur elle la lumière. Et la passion?
Et le manque, et le besoin, et le plaisir?
Enfin pour finir cette chambre
Sans lit et sans miroirs, où elle se dévisageait
Un moment dans une fenêtre blanche,
Avant de se détourner tout à fait du dehors,
Respirant profondément l’odeur douceâtre
Des bouquets fanés sur la table:

« Nue dans la mémoire, comme dans l’amour,
C’est là que j’ai appris à être impitoyable
Avec ma vie, à n’être plus que du temps
Sans désir comme le soleil sur les pierres nues,
Les pages, désertées d’êtres écrites. »

Ce qui, d’elle, était devenue méconnaissable,
Une partie d’elle-même donc, sa main seulement
Ou sa personne tout entière, les concours
De ce qu’on nomme l’âme? Et beaucoup plus tard
Ce furent d’autres fleurs, celles des paulownias
Qui forment une sorte de ciel mauve
Quand le vrai ciel s’emplit de noir.
Ce qu’il faudrait, de toute urgence, ressaisir,
Elle ne savait toujours pas. – Et pourquoi
Saisir plutôt que se laisser saisir?
Elle regardait alors ces grappes de fleurs,
Respirait cette brume mauve. Elle était capable
D’en jouir. Puis le bleu plus profond
Se mettait tout autour, c’était
Un chef-d’oeuvre de tendresse,
De distraction, ou de destruction:

« Mère mauvaise, non, je n’ai pas changé ma vie.
Mais je suis revenue, parmi les miens, quel que fût
Cet inconnu qui me forçait à aimer l’amour.
Dérobée à lui-même, mes gestes mutilés,
Ceux d’une autre? Sa tête perdue. »

(Claude Adelen)

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Canzone devant un vieux portrait (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2016



Canzone devant un vieux portrait

Anne de Bretagne est reine.
Mais il faut bien me le dire:
je regarde son sourire
où se voit toute sa peine.
A quoi bon rêver Royaume?
aux Grandeurs qui l’accompagnent?
si l’on ne sent plus l’arôme
des genêts sur la Bretagne,
si la croix d’humble métal
se perd entre les bijoux,
et, sur un gazon royal,
si l’on n’a plus peur des loups?

(Paul Fort)

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