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Poésie

Posts Tagged ‘bille’

Enfance (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2020



Enfance

Je suis né près du pont de Saint Germain
Avec la Seine à portée de la main,
Le onze juin mille neuf cent trente trois.
La route n’était qu’un chemin étroit
Se glissant entre les maisons de pierre
Ou de bois et les bords de la rivière.
Je regardais naviguer les péniches
Dans la fumée des lourdauds remorqueurs.
Les chiens bâtards aboyaient dans leurs niches
Quand nous les excitions, voyous moqueurs.
Nous fumions des lianes et de l’armoise
En allant à l’école de Fin d’Oise
En galoches et en tabliers noirs.
Nous ne rentrions que fort tard le soir,
Car nous jouions au cerceau ou aux billes
Ou tendions des embuscades aux filles.

(Jean-Baptiste Besnard)

(CONFLANS 1952)

Illustration

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DEUX MOTS DE MÉCANIQUE RATIONNELLE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2020



Illustration: Gérard Villemin
    
(Recueil Le professeur Froeppel)
DEUX MOTS DE MÉCANIQUE RATIONNELLE
Une bille remonte un plan incliné. Faites une enquête.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: Jean Tardieu Un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Source (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2020


source ste odile1

Source sourde à nos souillures
Sourde même à nos complaintes
Ourlant le sol de ses bulles
De ses billes et frisottis

Parant l’azur de nuées
Et le val d’éclats de pluie
Sourdant coulant le temps nu
Muant tous cris en mélodie

(François Cheng)

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Chanson pour le visage de la petite fille heureuse (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



La petite fille a posé sa tête
contre la poitrine velue du printemps.
Ses cheveux en sont parfumés;
ses doigts tressent la tige frêle de nos rêves.
Qui fait encore défaut à l’appel?
Ce jour est interdit.
Pour elle,
le sucre est liquide le long des branches
et le soleil rond comme une bille.

(Edmond Jabès)

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Agates (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2018




    
Je me souviens des billes en terre qui se cassaient en deux dès que le choc était un peu fort,
et des agates, et des gros calots de verre dans lesquels il y avait parfois des bulles.

(Georges Perec)

 

Recueil: Je me souviens
Traduction:
Editions: Hachette

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Je lance mes billes (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2018



Djordje Prudnikoff-Kiss

 

Le tendre vaisseau de tes mains.
Ton cou, un caillou que te complotent
les épaules. Et puis la longue prose
de tes bras, le toit du thorax.

J’écris, je parle, je lance mes billes.

Illustration: Djordje Prudnikoff

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LES ÉCOLIERS (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2018



LES ÉCOLIERS

Sur la route couleur de sable
En capuchon noir et pointu,
Le « moyen », le « bon », le « passable »
Vont, à galoches que veux-tu
Vers leur école intarissable.

Ils ont dans leur plumier des gommes
Et des hannetons du matin,
Dans leurs poches, du pain, des pommes,
Des billes, ô précieux butin
Gagné sur d’autres petits hommes.

Ils ont la ruse et la paresse
— Mais l’innocence et la fraîcheur
Près d’eux les filles ont des tresses
Et des veux bleus couleur de fleur
Et de vraies fleurs pour la maîtresse.

Puis, les voilà tous à s’asseoir
Dans l’école crépie de lune,
On les enferme jusqu’au soir
Jusqu’à ce qu’il leur pousse plume
Pour s’envoler. Après, bonsoir !

Ça vous fait des gars de charrue
Qui fument, boivent le gros vin,
Puis des ménagères bourrues
Dosant le beurre et le levain.
Billevesées, coquecigrues,
Ils vous auront connues en vain

Dans leurs enfances disparues !

(Maurice Fombeure)

Illustration: Robert Doisneau

 

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La cour de mon école (Jean-Luc moreau)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



La cour de mon école
Vaut bien, je crois,
La cour de Picrochole,
Le fameux roi :
Elle est pleine de charme,
Haute en couleur;
On y joue aux gendarmes
Et aux voleurs;
Loin des Gaulois, des Cimbres
Et des Teutons,
On échange des timbres,
À croupetons;
Des timbres des Antilles,
De Bornéo…
Et puis on joue aux billes
Sous le préau.
Qu’on ait pris la Bastille,
C’est merveilleux,
mais que le soleil brille,
C’est encor mieux !
Orthographe et problèmes
Sont conjurés.
École, ah ! que je t’aime
À la récré !

(Jean-Luc moreau)

Illustration

 

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Un enfant tient un trésor entre ses mains (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2018



Illustration: Edouard Boubat
    
Un enfant tient un trésor entre ses mains.
Un missel, une bille, un coquillage.
Il serre les mains si fort sur son bien qu’il le fait entrer sous ses ongles, dans ses veines, son cerveau,
le métamorphose en lumière dont l’enfant n’est plus lui-même qu’un accident bienheureux, comblé.

(Christian Bobin)

 

Recueil: La grande vie
Traduction:
Editions: Folio

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CHEZ MOI (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



CHEZ MOI

Chez moi, dit la petite fille
On élève un éléphant.
Le dimanche son oeil brille
Quand Papa le peint en blanc.

Chez moi, dit le petit garçon
On élève une tortue.
Elle chante des chansons
En latin et en laitue.

Chez moi, dit la petite fille
Notre vaisselle est en or,
Quand on mange des lentilles
On croit manger un trésor.

Chez moi, dit le petit garçon
Nous avons une soupière
Qui vient tout droit de Soissons
Quand Clovis était notaire.

Chez moi, dit la petite fille
Ma grand-mère a cent mille ans.
Elle joue encore aux billes
Tout en se curant les dents.

Chez moi, dit le petit garçon
Mon grand-père a une barbe
Pleine pleine de pinsons
Qui empeste la rhubarbe.

Chez moi, dit la petite fille
il y a trois cheminées
Et lorsque le feu pétille
On a chaud de trois côtés.

Chez moi, dit le petit garçon
Passe un train tous les minuits.
Au réveil, mon caleçon
Est tout barbouillé de suie.

Chez moi, dit la petite fille
Le Pape vient se confesser.
il boit de la camomille
Une fois qu’on l’a fessé.

Chez moi, dit le petit garçon
Vit un Empereur chinois.
il dort sur le paillasson
Aussi bien qu’un Iroquois.

Iroquois ! dit la petite fille,
Tu veux te moquer de moi!
Si je trouve mon aiguille
Je vais te piquer le doigt!

Ce que c’est d’être une fille
Répond le petit garçon.
Tu es bête comme une anguille
Bête comme un saucisson.

C’est moi qu’ai pris la Bastille
Quand t’étais dans les oignons.
Mais à une telle quille
Je n’en dirai pas plus long!

(René de Obaldia)

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