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Posts Tagged ‘(Birago Diop)’

Dictamen (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020



Dictamen

Chercher dans ses pensées les ombres de ses rêves,
Chercher dans le rêve un peu de réalité;
Dans la course folle des minutes si brèves
Chercher l’Eternité,
Et sur un corps de femme un peu de beauté.

Croire à tous les serments, malgré tous les mensonges,
Croire à la Bonté malgré les méchancetés,
Malgré le doute affreux qui broie et qui nous ronge
Croire à la Vérité,
Et malgré l’obscurité croire à la clarté.

Aimer, aimer chaque heure et toutes les femmes,
Aimer malgré les trahisons, les vanités,
Aimer ce qui peine, aimer ce qui réjouit l’âme,
Ce qui la fait pleurer,
Et toujours vouloir, chercher, ailer l’Unité.

(Birago Diop)


Illustration: Pierre-Yves Vigneron

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Fin d’année (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2020



Fin d’année

Le ciel est grisâtre et froid
Pâle le soleil grelotte;
Morne mon rêve sanglote,
Tout désir est mort en moi.

Seule auberge au fond d’un bois,
Mon cœur héberge un seul hôte
Qui démolit et lui ôte
Tout ce qui fut autrefois.

Tout est mort et tout est cendres,
Les doux baisers, les mots tendres
S’estompent au fond du cœur.

Goutte à goutte choient les pleurs
Et l’Espoir trop las d’attendre
S’éteint loin de la rumeur.

(Birago Diop)


Illustration: Edvard Munch

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Fidélité (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2020


phalene2

 

Les phalènes
Sont folles
Qui voltent et qui volent
A perdre haleine,
Qui volent et se collent
Sur la lampe à pétrole…
Ces phalènes sont folles.

Et le vent est dément
Qui sait un chant
Un chant touchant,
Qui sait un chant touchant
Qu’il siffle sur deux temps
Et le souffle en sifflant
Aux feuilles doucement…
Le vent est bien dément.

Mais le poisson
Lui qu’est-il donc
Est-il fou est-il sage
Qui naît et nage
Qui file gaiement
Qui file et va
Qui va et s’ébat
Qui s’ébat bêtement
Dans l’eau qui le cuira?

Moi suis-je fou
Qui crois à tout
Qui crois en toi
Moi qui crois tout en toi?
Mais suis-je fou
Moi qui écoute tout
Qui écoute ta voix
Moi qui t’écoute
Qui t’écoute toute?

Les phalènes sont folles
Et le vent est dément…
Mais le poisson et moi
Sommes-nous fous vraiment?

(Birago Diop)

 

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Regrets (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Regrets

Je sais que j’aurais dû n’en rien faire
Et garder toujours mon secret;
Et sans nullement chercher à être aimé
Me contenter de pouvoir plaire.

Entre l’homme et la femme l’Amitié
C’est de l’amour même discrète,
Et un jour tu aurais eu pitié
En devinant ma passion muette.

Mais tu pars, tu me quittes, il fait si noir,
Que te devinant ne pouvant plus te voir,
A chaque ombre qui bouge, je dis: c’est Elle…

Et mon rêve dans les senteurs de la nuit,
Monte lentement, lentement sur vos ailes
Phalènes du soir qui mourez comme lui.

(Birago Diop)


Illustration: Pierre-Yves Vigneron

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Plage (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2018



Plage

Un grand soleil, un soleil de soir éblouit
Sur l’Océan que blanchissent les volutes,
L’embrun comme de vains rêves s’évanouit
Dissipé par la folle fuite des minutes.

Dans les recoins où l’Inconscient s’enfouit
D’indistinctes questions naissent et luttent
Et le murmure des vagues semble un Oui
Aux plus angoissantes qui hantent la Brute.

La voix de la mer en moi obscurément
Réveille l’écho d’autres voix angoissées
Et je sens avoir pensé, en d’autres temps,

Les éternelles et défuntes pensées
Qu’elle roule dans son grand linceul mouvant
Et que jadis les vagues ont cadencées.

(Birago Diop)

Illustration: Corrie White

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Baume (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2018



Baume

Voici aux primes averses
Les mots fanés, les mots flétris
Dont jadis nous fûmes nourris
Qui renaissent et nous bercent.

Et sur la sente que traverse
Le ruisseau si longtemps tari
Remontent les bruits désappris
Les sons qui passent et nous percent.

A nouveau tout va se remplir
De l’arôme des souvenirs
Mois vides et semaines mornes,

Passé si loin, passé si près
Que jalonnaient, tristes cyprès,
Les jours faits de rêves sans bornes.

(Birago Diop)


Illustration: Vincent Van Gogh

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Quiescence (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Quiescence

Des rythmes attardés se lovent
Sur les branches que berce le soir.
Dans l’eau calme comme un miroir
Se réfracte une lueur mauve.

Sans bruit un pas furtif se sauve…
L’enfant pleure de désespoir…
Mais un calme et doux nonchaloir
Guide le sommeil dans l’alcôve.

Le souvenir des vieux parfums
Humés jadis sur des poitrines
N’agacera plus les narines.

Les rêves meurent un à un
Et l’Amour chasseur impassible
Vainement tire sur sa cible.

(Birago Diop)


Illustration: William Bouguereau

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Misère (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



Misère

Larme, larme importune
qui choit sans bruit, dans la nuit
Comme un rayon de lune
dans la nuit qui fuit.
Le cœur vaste comme un rêve
un rêve d’enfant
Souffrant ailleurs
Vous pleure
Serments, leurres
des heures
d’antan.

Murmures, murmures indistincts
qu’on égrène sans fin
qu’on égrène en vain
sur les longs chemins,
Sur les chemins indistincts.
Les peines,
Les petites peines,
Les grandes peines
les peines lointaines
Reviennent
Ternir
le souvenir

Plainte, plainte douce
sans cesse envolée
Que pousse
l’âme esseulée
Sur l’aile d’un rêve
Elle crève
Comme le sachet
d’un
parfum
secret.

(Birago Diop)


Illustration: Zhaoming Wu

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Dyptique (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



Dyptique

Le Soleil pendu par un fil
Au fond de la Calebasse teinte à l’indigo
Fait bouillir la Marmite du Jour.
Effrayée à l’approche des Filles du feu
L’Ombre se terre au pied des pieux.
La Savane est claire et crue
Tout est net, formes et couleurs.
Mais dans les Silences angoissants faits des Rumeurs
Des Bruits infimes, ni sourds ni aigus,
Sourd un Mystère lourd,
Un Mystère sourd et sans contours
Qui nous entoure et nous effraie…

Le Pagne sombre troué de clous de feu
Etendu sur la Terre couvre le lit de la Nuit.
Effrayés à l’approche des filles de l’Ombre
Le Chien hurle, le Cheval hennit
L’Homme se terre au fond de la case.
La Savane est sombre,
Tout est noir, formes et couleurs,
Mais dans les Silences angoissants faits des Rumeurs.
Des Bruits infinis ou sourds ou aigus,
Les Sentes broussailleuses du Mystère
lentement s’éclairent
Pour Ceux qui s’en allèrent
Et pour Ceux qui reviennent.

(Birago Diop)


Illustration

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Refuge (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



Refuge

Reviendra-t-il jamais notre temps du « Vin Triste »
Après ces mornes jours d’un temps triste incertain,
Qui de l’aube à la nuit, hier, aujourd’hui, demain,
Sont tissés d’un ennui dont la trame résiste ?

J’ai foulé très longtemps d’impassibles chemins,
Et sur mes pas nouveaux de la cendre persiste
Ternissant nos amours, mes Compagnons de piste,
Maintenant seuls reflets des grands rêves éteints.

Lambeaux effilochés aux branches équarries
Le souvenir gémit aux Vents qui l’ont glacé
Assourdi par l’écho des aigu les taries…

Lorsqu’en vain j’ai pleuré sur notre bref passé,
Tranquille je reprends le long joug des journées
Pour mieux rythmer ma rime à grands coups de cognées.

(Birago Diop)

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