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Poésie

Posts Tagged ‘bitume’

Banlieues (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019



Banlieues

Les tags, le rock, le rap, en guise de culture.
Blocs, bitume et bétons pour seconde nature.
Pour école la rue, pour foyer le bistro.
La moto pour cheval, pour Pégase un métro.
La drogue tenant lieu de bottes de sept lieues.

Y a-t-il un poète, un seul, dans les banlieues ?

(Bernard Lorraine)

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CITÉS DISPARUES (Jaime Labastida)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018


 


 

Teotihuacán

CITÉS DISPARUES

Le plus certain : le bruit effrayant
du silence. Où est restée Troie ?
Ensevelie. Où est Teotihuacán ?
Objet de tourisme. Et le Parthénon ?
Et l’Acropole ? Pierres lépreuses,
un peu d’air entre des colonnes gangrenées.
Venise ? Ensevelie sous la vase et le commerce.
Ainsi moururent Thèbes, aux portes
inhospitalières, et Palenque
dans son luxuriant catafalque de verdure.
Les pierres souffrent du cancer. L’ère
du pétrole a succédé enfin
à celle du fer. Et ce Mexique-là,
d’il y a à peine quelques heures,
celui dans lequel on pouvait dormir
et respirer, dans quel puits
de sang et de bitume nous enfonce-t-il ?
Tant de cités mortes,
avalées par des mers de cendre ?
Qui a élevé les murs de Corinthe ?
Ses portes ne s’ouvraient, dit-on,
que pour faire entrer
les épices. Et, au déclin du jour,
les volets se rapprochaient et la clef
enfermait non seulement la cité
mais aussi le temps et le savoir.
Ceux qui arrivaient trop tard ne trouvaient pas
les paroles du repos : le pont
avait divisé les hommes.
L’eau était muraille. L’air durcissait
subitement comme une roche vive. C’était un temps
tranquille celui de la langue qui vibrait
dans sa conversation d’azur, cette voix
qui glissait les mots comme un écho
de l’écho du feu, près du foyer
domestique, attentif, dans la pénombre certaine
des fantasmes. Les questions trouvaient
réponse. On nous l’a raconté: l’eau était cristal.
Les volcans avaient cessé de jeter
leur feu. Seulement neige et douceur, seulement
lumière et silence. Ah ! cités somptueuses,
perroquets solennels ! Maintenant nous marchons
dans leurs os, peut-être
dans leur intestin. Où sont
les esclaves ? Les rameurs,
où sont-ils ? Il y eut un jour ici des lacs.
Maintenant ce sont égouts et pourriture.

Y aura-t-il un autre temps semblable, mensonger ?
Et d’autres cités moins dures?
Mangerons-nous alors autre chose
que le temps cruel
et la cendre? Et comme aujourd’hui,
nos fils lutteront-ils contre les assassins ?
Chichén Itzá éblouira-t-elle,
somnambule, mortelle ?

D’autres viendront creuser pour nous chercher.
On sourira en voyant nos crânes.
La cité se fera rouille.
Et la poussière révérencieuse fera tomber
avec douceur et clarté
sa queue de topaze
dans la colère rouge des heures.

(Jaime Labastida)

Illustration

 

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Il y avait un jardin (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Michèle Tahon   adam et eve

Il y avait un jardin

{Parlé}
C´est une chanson pour les enfants
Qui naissent et qui vivent entre l´acier
Et le bitume entre le béton et l´asphalte
Et qui ne sauront peut-être jamais
Que la terre était un jardin

Il y avait un jardin qu´on appelait la terre
Il brillait au soleil comme un fruit défendu
Non ce n´était pas le paradis ni l´enfer
Ni rien de déjà vu ou déjà entendu

Il y avait un jardin une maison des arbres
Avec un lit de mousse pour y faire l´amour
Et un petit ruisseau roulant sans une vague
Venait le rafraîchir et poursuivait son cours.

Il y avait un jardin grand comme une vallée
On pouvait s´y nourrir à toutes les saisons
Sur la terre brûlante ou sur l´herbe gelée
Et découvrir des fleurs qui n´avaient pas de nom.

Il y avait un jardin qu´on appelait la terre
Il était assez grand pour des milliers d´enfants
Il était habité jadis par nos grands-pères
Qui le tenaient eux-mêmes de leurs grands-parents.

Où est-il ce jardin où nous aurions pu naître
Où nous aurions pu vivre insouciants et nus,
Où est cette maison toutes portes ouvertes
Que je cherche encore et que je ne trouve plus.

(Georges Moustaki)

Illustration: Michèle Tahon

 

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A comme Love (Liska)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017



A comme Love

Bitume aux semelles
Les yeux dans les nuages
Le coeur a l’abri
Sous le parapluie
De ton amour
Je bats la campagne
A Paris

(Liska)

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Voyez l’appétit féroce des comètes brochets (Jean-Pierre Luminet)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2016



Voyez l’appétit féroce des comètes
brochets poursuivant le menu fretin
moustiques hallucinants tout parés de
trompes et d’aigrettes
vers fantastiques pareils à des noyaux de pêche
dont la queue s’orne d’une couronne
rayonnante de poils et s’étire jusqu’aux
cantons les plus disgraciés de la création.
Qui purgera les mers de leurs bitumes ?

(Jean-Pierre Luminet)

Illustration

 

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Alors ils ont coupé les arbres (Mano Solo)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2016



petit_arbre

Alors ils ont coupé les arbres
dont les racines lézardaient les trottoirs
pour en replanter des petits tout neufs
rien ne s’est passé
et ce sont nos veines qu’on arrache du pavé
vides de cette sève torturée
qui croyait que rien ne pouvait lui résister
alors viendra couler un bitume de plomb
pour boucher la plaie
et rendre leur perspective
aux pavillons posés là
sur lesquels on pourrait planter des croix.

(Mano Solo)

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Malgré les âpres traversées (Francis Royo)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2016



Malgré les âpres traversées de la nuit organique
lors de la mort de nos chevaux fous
nos amours à l’encan et nos corps disgraciés
nous aurions pu errer muets et las
balayant incertains le bitume des villes
de nos ombres inachevées

Pourtant
chaque matin nous enlaçons l’air frais
Nous posons notre joue sur le souple oreiller du vent
et c’est notre manne
Chaque goutte de pluie est désir sur nos mains tendues
Chaque trouée est route ronde ouverte
Chaque maison est ruche
et les fruits sur nos lèvres sont les plus mûrs

Nos épaves intérieures n’étoufferont jamais le chant des oiseaux

(Francis Royo)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Rabi Khan

 

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J’écris pour tous les oiseaux du bitume (Philippe Garnier)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2016



Qu’on laisse venir à nous le charme
le charme au grand galop
car la beauté est cavalière
filante légère
porteuse de mots

Chacun de nous est seul
seul émigrant passant perpétuel
seul étranger dans sa cervelle
chacun de nous marche marche dans ses rêves
arpente les mêmes allées les mêmes
chacun suit ses pensées dans ses ruelles
comme en hiver
poussé par le soleil
Bouffons tristes fous
chaque fois qu’une idée nous traverse
c’est dans les clous
qu’espérons-nous
sinon un trou sous l’averse

J’écris pour tous les oiseaux du bitume
pour tous les ensablés
pour tous les goudronnés du bec et des plumes
pour tous les buveurs de mazout
pour tout les dégazés du coeur et de la soute
pour tous ceux qui sur la route ont attrapé
la goutte au nez
ceux qui comme moi
ont des haut-le-cœur à toute épreuve
des écoeurements parfois des détresses
qui les oppressent
les émeuvent

Accrochons ensemble nos cœurs
comme des guirlandes
faisons danser nos fleurs et nos glandes
Seigneur
pardonne à tous ceux qui se sont défoncés
l’innocence est un doute qui a perdu la cadence
danse danse

La révolution c’est la Tolérance
c’est la Tolérance la Tolérance

(Philippe Garnier)

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Nevermore (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2015



Nevermore

Le gaz pleure dans la brume,
Le gaz pleure, tel un oeil.
– Ah ! prenons, prenons le deuil
De tout cela que nous eûmes.

L’averse bat le bitume,
Telle la lame l’écueil.
– Et l’on lève le cercueil
De tout cela que nous fûmes.

Ô n’allons pas, pauvre soeur,
Comme un enfant qui s’entête,
Dans l’horreur de la tempête

Rêver encor de douceur,
De douceur et de guirlandes,
– L’hiver fauche sur les landes.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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Sous les routes sans fin (Alice Godel)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2015


Sous les routes sans fin
Et leur morne bitume
Perce mon tilleul
Au tronc déhanché
Aux racines souterraines
Plus soleil
Que le soleil sur les routes 1à-haut.

(Alice Godel)


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