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Poésie

Posts Tagged ‘bizarre’

Ménilmontant (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019



 

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Ménilmontant

Ménilmontant mais oui madame
C´est là que j´ai laissé mon cœur
C´est là que je viens retrouver mon âme
Toute ma flamme
Tout mon bonheur…
Quand je revois ma petite église
Où les mariages allaient gaiement
Quand je revois ma vieille maison grise
Où même la brise
Parle d´antan
Elles me racontent
Comme autrefois
De jolis contes
Beaux jours passés je vous revois
Un rendez-vous
Une musique
Des yeux rêveurs tout un roman
Tout un roman d´amour poétique et pathétique
Ménilmontant!

Quand midi sonne
La vie s´éveille à nouveau
Tout résonne
De mille échos
La midinette fait sa dînette au bistro
La pipelette
Lit ses journaux
Voici la grille verte
Voici la porte ouverte
Qui grince un peu pour dire « Bonjour bonjour
Alors te v´là de retour? »

Ménilmontant mais oui madame
C´est là que j´ai laissé mon cœur
C´est là que je viens retrouver mon âme
Toute ma flamme
Tout mon bonheur…
Quand je revois ma petite gare
Où chaque train passait joyeux
J´entends encor dans le tintamarre
Des mots bizarres
Des mots d´adieux
Je suis pas poète
Mais je suis ému,
Et dans ma tête
Y a des souvenirs jamais perdus
Un soir d´hiver
Une musique
Des yeux très doux les tiens maman
Quel beau roman d´amour poétique
Et pathétique
Ménilmontant!

(Charles Trenet)

 

 

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A UNE DEMOISELLE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



A UNE DEMOISELLE

A toute heure la demoiselle lit,
Elle pianote, aime la peinture,
Et veille la nuit, sans en avoir cure,
Et c’est pourquoi, sans doute, elle maigrit.

On croit savoir, et même l’on prétend —
Mais cela reste une chose secrète —
La demoiselle rêve à un poète,
Fort bizarre, solitaire, et dément.

(George Bacovia)

Illustration: Delphin Enjolras

 

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Il ne convient rire des mots (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2019



Illustration
    
il ne convient rire des mots
mais les aimer pour ce qu’ils sont
des écureuils des hérissons
d’autre bizarres animaux

qui dans le beau monde n’ont pas
de nom mais en langue verna-
culaire en ont de rigolos
alors on peut rire des mots

et les aimer en même temps
leur donner à manger du son
à boire du pinot beurot

à respirer le vent d’antan
et les vêtir de calicot
et puis leur chanter des chansons

(Jean-Claude Pirotte)

 

Recueil: Gens sérieux s’abstenir
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Personne n’est venu à ma rencontre (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2019



… Personne n’est venu à ma rencontre
Avec une lanterne sur les marches.
Je suis entrée dans la maison silencieuse
A la lueur infidèle de la lune.

Sous la lampe verte,
Avec un sourire figé,
L’ami murmure :  » Cendrillon,
Comme ta voix est bizarre…  »

Dans l’âtre les flammes meurent;
Le grillon crisse, il me fatigue;
Ah! sans doute quelqu’un a pris
En souvenir mon soulier blanc.

Et il m’a donné trois oeillets,
Sans lever les yeux.
Ô tendres preuves,
Où vous dissimuler?

Il est amer pour le coeur de croire
Que l’instant est proche, tout proche,
Qu’il va faire essayer à toutes
Mon soulier blanc.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Edward Coley Burne-Jones

 

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ELLE (Evguéni Baratynski)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2018



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
ELLE

Elle est douée d’une beauté bizarre
Qui touche l’âme et non les yeux mortels,
Une beauté étrange qui égare
L’amour terrestre et le désir charnel.

Est-elle comme une réminiscence,
Le calme éclat d’un astre protecteur,
Toujours est-il qu’elle offre une défense,
Que sa présence efface le malheur.

Près d’elle on sent comme un pouvoir étrange
Et nos songes étranges lui sont dus, —
Des pensées sans pensée — c’est comme un ange
Dont la beauté est déjà la vertu.

Loin d’elle, lorsque, enfin, le jour s’achève,
Dans un recoin désert et malheureux,
On porte un incompréhensible rêve
Bercé par un ennui mystérieux.

(Evguéni Baratynski)

 

Recueil: Le soleil d’Alexandre Le Cercle de Pouchkine
Traduction: André Markowicz
Editions: Actes Sud

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Je vous parle des murs (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



 

Je vous parle des murs

Si tu parles aux murs, fais attention, je te préviens fais attention.
Les murs sont comme ces plantes bizarres qui semblent fermées et quiètes.
Mais ce n’est pas vrai.
Un moment ou l’autre, elles s’ouvrent subrepticement — c’est toujours au contact d’une proie ingénue —
et elles se referment vous ayant happé irrémédiablement, et assimilé.
Et vous êtes encore là à les regarder comme si rien ne s’était passé.
Je vous en parle — des murs — et vous mets en garde, parce que j’en sais beaucoup sur leur comportement,
moi qui suis ennemi déclaré des murs, et qui leur tiens des discours offensants,
leur faisant entendre qu’ils ne sont pas de la race des portes et des fenêtres qui ont deux richesses :
le dedans et le dehors.

Les murs m’ont inoculé l’obsession du dehors.

(Guy Lévis Mano)

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Bizarre (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



     


    
-Alice: « Peut être ne vous en êtes vous pas rendu compte jusqu’à présent
mais lorsqu’il vous faudra vous transformer en nymphe (…) et ensuite en papillon,
je pense que cela vous paraîtra plutôt bizarre, ne croyez vous pas?
-Pas le moins du monde » répondit le ver à soie.

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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Au retour de ces voyages (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018




    
Au retour de ces voyages
que certaines pensées font dans l’infini,
dans ces espaces habités seulement par l’Idée,
c’est pour elles une incompréhensible vision,
que celle de ce monde réel.

Les maladies du corps et de l’âme,
les laideurs, les monstruosités, les crimes, les prostitutions,
toutes les lâchetés et toutes les folies terrestres,
toutes ces tragédies terribles ou ces comédies ridicules,
qu’éclairent tranquillement tour à tour le soleil d’or ou la lune pâle,
tout ce spectacle enfin, cette danse macabre, cette comédie plus infernale que divine,

font qu’elles se demandent,
ne pouvant croire que tant d’horreurs soient vraies,
si elles ne sont pas sous l’empire d’une hallucination bizarre,
d’un rêve sans doute maladif,
qui les torture,
mais qui leur ment.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Pour toile de fond (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018




    
Pour toile de fond, l’infini et l’éternité;
au devant, des myriades d’êtres,
comme des ombres chinoises,
s’agitant, se poussant, se pressant, paraissant et disparaissant,
avec des gestes bizarres, incompréhensibles, grotesques,
charmants quelquefois, plus souvent ridicules :

curieux théâtre, comédie effroyable!

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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À la fenêtre (Edmond-Henri Crisinel)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2018




    
À la fenêtre, je sais qu’il y a des roses,
des roses rouges d’arrière-automne,
les plus hautes du rosier grimpant.

Je n’ose les regarder, elles sont d’un autre monde,
celui qui s’arrête au bord de ma fenêtre.
Je me souviens d’avoir aimé les roses ;
ce souvenir m’est odieux.

Ne pas pouvoir oublier, voilà ce qui me dévore,
et ces roses ne sont là,
fleurs avancées du monde aux portes de l’enfer,
que pour aviver le feu du souvenir !

Au-dessus des roses,
je vois des arbres et des maisons, des arbres
et des maisons quelconques ;
là-bas, la vie continue ;

des femmes se penchent à la fenêtre,
des enfants crient dans une cour, un tram démarre,
une cloche sonne les heures ;
ici, le temps s’est arrêté.

Le tintement de l’horloge, au-dessous de ma chambre,
n’est plus qu’un son bizarre, hallucinant,
dont j’écoute les vibrations, dans mes nuits d’insomnie ;
le sommeil, lui aussi, s’est arrêté.

Il n’y a plus de temps ni de sommeil :
rien qu’une effrayante mémoire.
Petites dents d’une scie aigüe,
les vibrations de l’horloge me font mal au cerveau.

Je voudrais pouvoir les saisir au vol,
comme on fait des mouches irritantes,
et les réduire au silence.

Par-dessus les arbres,
il y a le ciel, visible par petits carrés,
entre les barreaux de ma fenêtre,
toujours hermétiquement close.

(Edmond-Henri Crisinel)

 

Recueil: Alectone
Traduction:
Editions:

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