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220 satoris mortels (François Matton)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2018



Illustration

    

Quand ce serait l’heure d’y aller
mais qu’on n’y est pas du tout

Quand en sauvant un papillon
attaqué par des fourmis
on se prend pour un saint

Quand on est si loin de chez soi
qu’on finit par l’oublier

Quand on est couché dans son lit
et qu’on entend soudainement craquer
le plancher du grenier

Quand le spectacle de la Nature
devient le seul spectacle supportable

Quand on est heureux
et malheureux
simultanément
sans raison

Quand
OH Regarde

Quand un arc-en-ciel
une colline jaune
un lapin à deux pas

Quand la projection
est subitement suspendue

Quand on ne saurait dire
si le monde préexiste à la perception

Quand toutes les salles se vident
et que le silence revient

Qaund passer le balai
se révèle plus efficace
qu’avaler un anxiolytique

Quand on n’est plus personne
à l’instant où le petit oiseau va sortir

Quand tout paraît
bulles de savon
à la surface
et au-dedans

Quand un changement de focale
sauve du monde bavard des hommes

Quand on se demande bien
pourquoi
on n’a pas commencé par là

Quand la montagne
déplace la Foi

Quand on hésite à frapper
au seuil de l’Inconnu

Quand on jurerait être
déjà passé par là

Quand les mots s’espacent
à mesure que le souffle s’allonge

Quand la joie se réveille
au moment où
on s’y attend le moins

Quand toute votre enfance resurgit
du simple fait d’être
monté au grenier

Quand on s’arrête
soudainement
de se croire
un monstre

Quand ça chatouille les chakras
à travers la forêt
des plaisir sensoriels

Quand tout l’éclat du monde
se concentre sur un seul point

Quand on espère très fort
que ça n’est pas une mauvaise blague

Quand bêtement
d’un coup
on ne veut plus
mourir

Quand vous n’avez
plus de tête
et que vous ne
le regrettez pas

Quand on assiste
au retour inopiné
de figures
très aimées

Quand la joie descend
jusqu’aux orteils

Quand la tentation est trop forte
bien que le panneau soit énorme

Quand ça semblerait bien
pouvoir durer toujours

Quand Ouuuiii ii i iii i i i i

Quand on n’a plus
qu’une envie

Quand il fait si bon
si doux
si tout

Quand cet élan
qui nous prend
c’est le pur Amour

[…]

(François Matton)

 

Recueil: 220 satoris mortels
Traduction:
Editions: P.O.L.

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C’est l’espérance folle (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018




C’est l’espérance folle
Qui nous console
De tomber du nid
Et qui demain prépare
Pour nos guitares
D’autres harmonies

S’élève l’espérance
Dans le silence
Soudain de la nuit
Et les matins qui chantent
Déjà enchantent
Nos soirs d’aujourd’hui

Viens
C’est la fête en semaine viens
Je t’attends,tu ne sais plus rien
Plus rien ne nous sépare viens
Viens
Si les larmes t’ont fait du bien
Ce sourire est déjà le lien
Avec les beaux jours qui viennent
Reviennent

C’est l’espérance folle
Qui carambole
Et tombe du temps
Je vois dans chaque pierre
Cette lumière
De nos coeurs battants

La mort c’est une blague
La même vague
Nous baigne toujours
Et cet oiseau qui passe
Porte la trace
D’étranges amours

Viens
C’est la fête en semaine viens
Je t’attends tu le sais plus rien
Plus rien ne nous sépare viens
Viens
Si les larmes t’ont fait du bien
Ce sourire est déjà le lien
Avec les beaux jours qui viennent
Reviennent

C’est l’espérance folle
Qui danse et vole
Au dessus des toits
Des maisons et des places
La terre est basse
Je vole avec toi

Tout est gagné d’avance
Je recommence
Je grimpe pieds nus
Au sommet des montagnes
Mâts de cocagne
Des cieux inconnus

(Guy Béart)

Illustration: Annagol

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La Belle (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017




    
La Belle

Ce que j’ai gagné, c’est la mort.
Transparente, universelle.
Elle a mes yeux ouverts, regarde.
Depuis que je l’ai gagnée, elle me suit…

Elle ne promet rien et donne tout.
Elle fuit ?
Je la cherche.
Je voulais vivre ?
Elle apparaît.

« Je ne t’ai point abandonné, dit-elle.
Je te connais par cœur. »…
Ne nous attendrissons pas.

Rien n’est pressé.
Nous avons le temps.
Personne ne nous attend….

Depuis que je me suis noyé sans le savoir,
je n’ai jamais cessé de faire
de la mousse et de l’écorce.

Très jeune, très vieux, je ne sais,
je joue avec toi comme avec une petite fille.
Je sais seulement que tu es douce
comme la neige qui étouffe…

Je ne savais pas que j’avais à t’aimer.
Ce que j’ai cherché ailleurs, c’est ta jeunesse,
celle qui donne au songe le goût de risquer sa vie.

J’ai failli être immortel.
Quelle blague !…
Si j’ai aimé les fleurs, les fruits, les êtres,
tu me les prêtas.
Je te les rends.

Préparons les noces.
La mariée n’est jamais trop belle.
Fais signe.
Quand tu voudras.

(Jean Malrieu)

 

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SONNETS POUR UNE FIN DE SIÈCLE (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016



 

Colibri   mort

SONNETS POUR UNE FIN DE SIÈCLE
DÉRISION

J’écris avec ma chair : c’est une vaste blague.
J’écris avec mon sang : c’est un joli mensonge.
J’écris pour découvrir un jour la vérité
comme on découvre un colibri au fond des fleurs

c’est du mélo. J’écris par besoin de mystère,
afin de devenir quelqu’un d’autre : bobard !
J’écris pour ne pas être seul : n’en croyez rien.
J’écris sur l’ordre implacable de Dieu : tu parles,

moi qui suis un athée ! Si vous voulez savoir,
j’écris par jeu : dix de carreau, impair et manque,
échec et mat. Quand il m’arrive de tricher,

j’intervertis mes pauvres mots, et c’est alors
que malgré moi j’écris par mon coeur, par mon âme,
par ma tendresse où tombent morts les colibris.

(Alain Bosquet)

 

 

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Les pommes de lune (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2016



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Les pommes de lune

Entre mars et Jupiter
Flottait une banderole
messieurs mesdames
Faites des affaires
Grande vente réclame
De pommes de terre

Un cosmonaute qui passait par là
Fut tellement surpris qu’il s’arrêta
Et voulut mettre pied à terre

mais pas de terre en ce coin là
Et de pommes de terre
Pas l’ombre d’une

C’est une blague sans doute
Dit il en reprenant sa route
Et à midi il se fit
Un plat de pommes de lune.

(Jean Rousselot)

 

 

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Un petit bonhomme rouge (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2015



bonhommes

Un petit bonhomme rouge
rencontre un petit bonhomme vert
Et cela fait des dégâts
Dans un rêve de beaux yeux
issu d’un bouquet de soucis
Et l’on se sauve et se poursuit
Nous sommes passés par ici
Nous repasserons par là
Et nous courons
Et nous rions
Tout cela n’est pas de la blague
C’est l’amour c’est la vie
C’est tes beaux yeux ma chérie.(Robert Desnos)

Illustration

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