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Poésie

Posts Tagged ‘(Blaise Cendrars)’

Pourquoi (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2018



Pourquoi

L’oiseau siffle
Les singes le regardent
Maîtrise
Je travaille en souriant
Tout ce qui m’arrive m’est absolument égal
Et tout ce que je fais m’est absolument indifférent
Je suis des yeux quelqu’un qui n’est pas là
J’écris en tournant le dos à la marche du navire
Soleil dans le brouillard
Avance
Retard
Oui

(Blaise Cendrars)


Illustration: Gilbert Garcin

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Du fond de mon coeur des larmes me viennent (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



 

bordel jeune fille

[…]
Du fond de mon coeur des larmes me viennent
Si je pense, Amour, à ma maîtresse;
Elle n’est qu’une enfant, que je trouvai ainsi
Pâle, immaculée, au fond d’un bordel.

Ce n’est qu’une enfant, blonde, rieuse et triste,
Elle ne sourit pas et ne pleure jamais;
Mais au fond de ses yeux, quand elle vous y laisse boire,
Tremble un doux lys d’argent, la fleur du poète.

Elle est douce et muette, sans aucun reproche,
Avec un long tressaillement à votre approche;
Mais quand moi je lui viens, de-ci, de-là, de fête,
Elle fait un pas, puis ferme les yeux – et fait un pas.
Car elle est mon amour, et les autres femmes
N’ont que des robes d’or sur de grands corps de flammes,
Ma pauvre amie est si esseulée,
Elle est toute nue, n’a pas de corps – elle est trop pauvre.

Elle n’est qu’une fleur candide, fluette,
La fleur du poète, un pauvre lys d’argent,
Tout froid, tout seul, et déjà si fané
Que les larmes me viennent si je pense à mon coeur.

[…]

(Blaise Cendrars)

 

 

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LES PAQUES A NEW-YORK (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



Green Cityscape Painting by Paul Brent; Green Cityscape Art Print for sale

LES PAQUES A NEW-YORK

Seigneur, l’aube a glissé froide comme un suaire
Et a mis tout à nu les gratte-ciel dans les airs.

Déjà un bruit immense retentit sur la ville.
Déjà les trains bondissent, grondent et défilent.

Les métropolitains roulent et tonnent sous terre.
Les ponts sont secoués par les chemins de fer.

La cité tremble. Des cris, du feu et des fumées,
Des sirènes à vapeur rauquent comme des huées.

Une foule enfiévrée par les sueurs de l’or
Se bouscule et s’engouffre dans de longs corridors.

Trouble, dans le fouillis empanaché des toits,
Le soleil, c’est votre Face souillée par les crachats.

Seigneur, je rentre fatigué, seul et très morne …
Ma chambre est nue comme un tombeau …

Seigneur, je suis tout seul et j’ai la fièvre …
Mon lit est froid comme un cercueil …

Seigneur, je ferme les yeux et je claque des dents
Je suis trop seul. J’ai froid. Je vous appelle …

Cent mille toupies tournoient devant mes yeux .. .
Non, cent mille femmes … Non, cent mille violoncelles

Je pense, Seigneur, à mes heures malheureuses …
Je pense, Seigneur, à mes heures en allées …

Je ne pense plus à Vous. Je ne pense plus à Vous.

(Blaise Cendrars)

Illustration: Paul Brent

 

 

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La rue (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2017



La rue est dans la nuit comme une déchirure
Plume d’or et de sang, de feu et d’épluchures.

(Blaise Cendrars)

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Je suis triste et malade (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2017



Je suis triste et malade; peut-être à cause de vous
Peut-être à cause d’un autre, peut-être à cause de vous.

(Blaise Cendrars)

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La fleur du poète (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2017



Elle n’est qu’une fleur candide, fluette
La fleur du poète, un pauvre lys d’argent

(Blaise Cendrars)

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Sur la robe elle a un corps (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



Sur la robe
elle a un corps

Le corps de la femme est aussi bosselé que mon crâne
Glorieuse
Si tu t’incarnes avec esprit
Les couturiers font un sot métier
Autant que la phrénologie
mes yeux sont des kilos qui pèsent la sensualité des femmes
Tout ce qui fuit, saille avance dans la profondeur
Les étoiles creusent le ciel
Les couleurs déshabillent
« Sur la robe elle a un corps »
Sous les bras des bruyères mains lunules et pistils quand les eaux se déversent
dans le dos avec les omoplates glauques
Le ventre un disque qui bouge
La double coque des seins passe sous le pont des arcs-en-ciel
Ventre
Disque
Soleil
Les cris perpendiculaires des couleurs tombent sur les cuisses

(Blaise Cendrars)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration: Fabienne Contat

 

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CHALEUR (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2017



CHALEUR

La chaleur est terrible
J’ai failli tourner de l’oeil en allant déjeuner
J’allais à pied
Les trottoirs se dérobaient sous mon poids
Pavés étourdissants de lumière j’avais le vertige

Voulez-vous une bonne recette contre la chaleur
me dit l’ami qui me prête sa salle de bain et sa douche
Et tandis que je me déverse sur le corps un litre d’eau de lavande il ajoute
Vous ne voulez plus souffrir de la chaleur ? – il suffit de n’y pas penser

Je n’y pense plus
En effet
Le troisième jour je n’en souffre plus

(Blaise Cendrars)

 

 

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Quelle chose étonnante que la lecture (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2017



Quelle chose étonnante que la lecture
qui abolit le temps, transvase l’espace vertigineux
sans pour cela suspendre le souffle,
ni ravir la vie au lecteur!

On est emporté sur un tapis volant.
Le bonnet enchanté de Fortunatus vous coiffe la tête.
On se croit invisible, absent,
bien qu’étant partout présent, même là, fébrile,
ce livre à la main, que l’on dévore, que l’on mange des yeux,
comme dans une opération de magie blanche,
pour se nourrir l’esprit.

Et la lecture est en effet une opération magique de la conscience
qui révèle une des facultés les plus méconnues de l’homme
et qui lui confère un grand pouvoir:
la faculté de la bilocation et le pouvoir de s’isoler,
de s’abstraire, de sortir de sa propre vie sans perdre contact avec la vie,
bref, de communier avec tout, même quand on ne croit plus à rien.

(Blaise Cendrars)

 

 

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AUX CINQ COINS (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2016





AUX CINQ COINS

Oser et faire du bruit
Tout est couleur mouvement explosion lumière
La vie fleurit aux fenêtres du soleil
Qui se fond dans ma bouche
Je suis mûr
Et je tombe translucide dans la rue

Tu parles, mon vieux

Je ne sais pas ouvrir les yeux?
Bouche d’or
La poésie est en jeu.

(Blaise Cendrars)

Illustration: Delamonica

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