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A la Rochecourbière (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2019


caponigro.stone.voices

A la Rochecourbière

L’air écoute:
Nul bruit ne l’amuse.

Un soleil blanchi
Sur un ciel dénudé.

La distance fait
Trembler les champs.

Nous marchons sur un sol
Sec, et percevons

Ou croyons percevoir

La voix des pierres:
Silence des oiseaux.

***

At La Rochecourbière

An alertness of air
No sound impedes.

A whitened sun
On the naked sky.

Distance disturbs
Trembling fields.

We step on the dry
Earth an hear

Or strain to hear
The voice of stone,

The silence of birds.

(Michael Edwards)

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Des hommes (Sylvie Saliceti)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018




    
Des hommes
réduits en poussière
ont porté une à une
ces pierres sèches
blanchies au grand soleil
des siècles,
pour monter ces murets
gardiens de la mémoire.

(Sylvie Saliceti)

 

Recueil:
Traduction:
Editions:

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Je me souviens (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



Je me souviens
D’ombres plus denses que le plomb
De regards impassibles
De rivières fourbues
De maisons rongées
De coeurs blanchis
D’hirondelles torpillées

Et de cette femme hagarde
sous l’explosion des armes.

Je me souviens
Du tumulte des sèves
De l’envolée des mots
De plaines sans discorde
Des chemins de clémence
Des regards qui s’éprennent

Et de ces beaux amants
sous les feux du désir
De tout ceci
De tout cela
Je me souviens
Et me souviens.

(Andrée Chedid)

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Par délicatesse (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



Par délicatesse

Ballerine j’ai été
Mais jamais n’ai dansé
Devant les grilles
N’ai fait que trois pas

Si bref le début
Si tôt nié
J’ai dansé sur l’envers
Du temps cadencé

Danseuse j’ai été
Mais jamais n’ai dansé
Me suis enfermée
Dans la prison du roi

Où, la mer ouverte
Et le temps blanchi ?
Me suis perdue si près
Du jardin recherché

Ballerine j’ai été
Mais jamais n’ai dansé
Ma vie entière j’ai été
Comme aveugle à errer

Ma vie attachée
Jamais ne l’ai détachée
Comme Rimbaud
Moi aussi je dirai :

« Oisive jeunesse
A tout asservie
Par délicatesse
J’ai perdu ma vie. »

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Pierre Corratgé

 

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MARINES (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



MARINES

I

Je me suis pris à caresser
La mer qui hume les orages

II

Ma bouche au ras des flots buveuse de paroles
Prenant l’or au soleil sur un chemin d’or chaud
Comme foule pressée entraînée exaltée
Les vagues les étés dans cet arbre ajouré
Dans cet arbre accessible aux couleurs et aux hommes
Leur azur leur ciel pur le mélange des eaux
Leur dentelle et la flamme du matin désert
Deux vallées trois sommets s’unissent font la chaîne
L’océan qui me mène a le destin du ciel
Et la vague initiale amenuise un nuage.

III

Miroir ouvert sur ces oiseaux uniques
Qui tremblent d’aise à chaque goutte d’eau.

IV

L’herbe grande d’océan
Sur les sables assoupis

La fleur de fille marine
Les astres vierges en fête
Midi blanc dans les fonds noirs
Et dans le filet l’hiver

L’injure jetée au vent À la vague du tombeau.

Tout au plus un navire
Tout au plus un navire à demi englouti
Comme un poignard dans sa blessure
Connaît encore l’ombre

Tout au plus un radeau
La mort simple
Et la mer est plus vide qu’un ivrogne pauvre.

VI

Dernière vague ivresse de vieillard
Les solubles coteaux et la lune risible
N’ont trouvé dans mon cœur qu’un espace restreint
Et la mer dans le ciel n’est qu’une goutte d’eau.

VII

C’est la pierre pâle au front des plus forts
Sous la terre humide et les feuilles mortes
Tous feux éteints dans les régions de l’ignorance

Sous les ongles de la rouille

Nous ne savons rien de la terre
L’homme n’a pas besoin de nous
Son ciel n’est plus le nôtre

Tout nous paraît immobile
L’oeil et le coeur de nos semblables
La lumière et ses géants
La profondeur et ses nains
La mort sans corps capitale

Le scandale de la tempête

Sauvés que notre poids s’élève
Comme la source à son premier éclair
Que notre forme soit sereine

La nuit se baigne dans les puits

Le risque de mourir s’annule
Comme deux des chiffres zéro
Une mousse de bluets
A blanchi jusqu’à la corde
La grand’voile de couleur.

(Paul Eluard)

Illustration: Tina Palmer

 

 

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UNE PETITE FILLE PERDUE (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017




UNE PETITE FILLE PERDUE

Enfants de l’âge futur,
Lisant ces vers indignés,
Apprenez que, fut un temps,
Amour, le doux amour, fut tenu pour un crime.

Dans le temps de l’Âge d’Or,
Du froid de l’hiver exempts,
Gars et filles, rayonnant
Á la lumière sacrée,
S’ébattent nus aux rayons du soleil.

Un jour un couple de jeunes,
Empli du plus doux souci,
Se rencontre au beau jardin
Où la lumière sacrée
Venait d’ouvrir les rideaux de la nuit.

Là, dans le jour qui se lève,
Ils jouent tous les deux dans l’herbe ;
Les parents étaient au loin,
Aucun étranger ne vint,
Et la vierge eut tôt fait d’oublier ses frayeurs.

Puis, repus de doux baisers,
Ils se donnent rendez-vous
A l’heure où, au ciel profond,
Le sommeil sans bruit déferle,
Où pleure le voyageur épuisé.

Et la fille, radieuse,
Vint à son père tout blanc,
Mais l’amour lu dans ses yeux
Fit, comme le Livre Saint,
Trembler d’effroi ses membres délicats.

« Ona, faible et pâle,
A ton père parle.
Quelle peur tremblante,
Quel affreux souci
Secouent les fleurs de ma tête blanchie. »

***

A LITTLE GIRL LOST

Children of the future age,
Reading this indignant page,
Know that in a former time
Love, sweet love, was thought a crime.

In the Age of Gold,
Free from winter’s cold,
Youth and maiden bright
To the holy light,
Naked in the sunny beams delight.

Once a youthful pair,
Filled with softest care,
Met in garden bright,
Where the holy light
Had just removed the curtains of the night.

There in rising day
On the grass they play;
Parents were afar,
Strangers came not near,
And the maiden soon forgot her fear.

Tired with kisses sweet,
They agree to meet
When the silent sleep
Waves o’er heaven’s deep,
And the weary tired wanderers weep.

To her father white
Came the maiden bright,
But his loving look,
Like the Holy Book,
All her tender limbs with terror shook.

`Ona, pale and weak,
To thy father speak.
Oh, the trembling fear,
Oh, the dismal care,
That shakes the blossoms of my hoary hair.’

(William Blake)

Illustration: Raphaëlle Zecchiero

 

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Parce que (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2017



Parce que

Parce que les autres se masquent mais toi non
Parce que les autres usent de la vertu
Pour acheter ce qui est sans rémission.
Parce que les autres ont peur mais toi non.

Parce que les autres sont des tombes blanchies
Où germe silencieuse la pourriture.
Parce que les autres se taisent mais toi non.

Parce que les autres s’achètent et se vendent
Et que leurs gestes donnent des dividendes.
Parce que les autres sont malins mais toi non.

Parce que les autres vont se mettre à l’abri
Et que toi tu vas main dans la main avec les périls.
Parce que les autres calculent mais toi non.

***

Porque

Porque os outros se mascaram mas tu não
Porque os outros usam a virtude
Para comprar o que não tem perdão
Porque os outros têm medo mas tu não

Porque os outros são os túmulos caiados
Onde germina calada a podridão.
Porque os outros se calam mas tu não.

Porque os outros se compram e se vendem
E os seus gestos dão sempre dividendo.
Porque os outros são hábeis mas tu não.

Porque os outros vão à sombra dos abrigos
E tu vais de mãos dadas com os perigos.
Porque os outros calculam mas tu não.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration: Claude Weisbuch

 

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Tu n’as pas senti passer le temps ! (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2016



Tu n’as pas senti passer le temps !
Banalité des banalités
Mais comment dire la chose autrement ?
Tu sors du berceau de l’enfance
et tu fais ta toilette
devant le miroir de la jeunesse
Au moment de t’habiller
ce sont les vêtements de l’adulte
que tu revêts
Tes cheveux ont déjà blanchi
quand tu prends ton petit déjeuner
Et voilà que tu sors de la maison
les pieds devant
Tu n’as ni déjeuné ni dîné
Tu n’as pas suivi
la course du soleil dans le ciel
et tu n’as pas goûté
à la douceur de la nuit
Un jour
ne serait-ce qu’un jour
t’aurait suffi
en guise d’éternité

(Abdellatif Laâbi)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

 

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Mes sœurs sorcières (Angélique Ionatos)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2016



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Mes sœurs sorcières

Ô mes sœurs sorcières, mes vieilles compagnes
Les enfants et les hommes ont déserté vos maisons.
Vos charmes se sont évanouis, vos cheveux ont blanchi,
Les jasmins se sont fanés et votre feu s’est éteint.

Ô mes sœurs sorcières, avec cette ride profonde entre vos sourcils
comme un sillon accablé, le sillon de la douleur.
Ô mes sœurs sorcières, mes pauvres servantes orphelines à présent
vous comptez les chagrins,les heures et les jours.

Ô mes sœurs sorcières, mes fées oubliées
Prenez des filaments de lune dorés et argentés
Brodez des étoiles brillantes, des gouttes de rosée
Des rêves et des espoirs sur nos ailes froissées.

***

0 αδελφέ< µου µάγισσε<
Ώ αδελφέ< µου µάγισσε< , παλιέ< µου φιλενάδε< Αδειάσανε τά σπίτια σα< από παιδιά κι από άντρε<
Λυθήκανε τά µάγια σα< κι ασπρίσαν τά µαλλιά σα< Μαράθηκαν τά γιασεµιά κι έσβησε η φωτιά σα<.
Ώ αδελφέ< µου µάγισσε< µέ τή βαθιά ρυτίδα
ανάµεσα στά φρείδια σα< τού πόνου η σφραγίδα.
Ώ αδελφέ< µου µάγισσε< φτωχέ< µου παρακόρε< τώρα µετράτε τού< καηµού< , τί< µέρε< καί τί< ώρε<.
Ώ αδελφέ< µου µάγισσε< , νεράïδε< ξεχασµένε< πάρτε κλωστέ< τού φεγγαριού χρυσέ< , µαλαµατένιε<
Κ < δροσοσταλίδε<
ωµένα µα< φτερά , ονείρατα κι ελπίδε<.

(Angélique Ionatos)

Découvert ici: http://gouttedeau.blog.lemonde.fr/

Illustration: Muriel Selleron

 

 

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Ô jeunesse (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2015



 

Carl Larsson breakfast-in-the-open-1913(1) [1280x768]

Ô jeunesse

Ô jeunesse voici que les noces s’achèvent
Les convives s’en vont des tables du banquet
Les nappes sont tachées de vin et le parquet
Est blanchi par les pas des danseurs et des rêves

Une vague a roulé des roses sur la grève
quelque amant malheureux jeta du haut du quai
Dans la mer en pleurant reliques et bouquets
Et les rois ont mangé la galette et la fève

Midi flambant fait pressentir le crépuscule
Le cimetière est plein d’amis qui se bousculent
que leur sommeil soit calme et leur mort sans rigueur

Mais tant qu’il restera du vin dans les bouteilles
qu’on emplisse mon verre et bouchant mes oreilles
J’écouterai monter l’océan dans mon coeur.

(Robert Desnos)

Illustration: Carl Larsson

 

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