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Poésie

Posts Tagged ‘blessure’

Les grandes blessures de la joie (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



 

les grandes blessures de la joie
qui voit se fendre le désert
pour la venue du visiteur

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Mathieu Levis

 

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Final provisoire (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Final provisoire

Jamais ne se cicatrisent vraiment
Les blessures du cœur.
Je succombe peu à peu
Aux heures mortelles d’ennui
Dont le venin s’instille en moi
Minute par minute
Au rythme régulier
Et lancinant
Du balancier
Et mon regard suit
Inlassablement
Hypnotisé
Le disque de cuivre ciselé
Qui brille comme un soleil
De pacotille
Et oscille comme un débile
Dans les entrailles de l’horloge
Mais sans battre comme un cœur.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Absence (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Absence

Je te laisse : aussitôt
tu circules en moi, cristalline
ou tremblante
ou inquiète, blessée par moi
ou tout d’amour comblée, comme en cet instant
où tes yeux
se ferment sur le présent de la vie
que je ne cesse de t’offrir.

Mon amour,
quand nous nous sommes rencontrés
nous avions soif et nous avons
bu toute l’eau et tout le sang,
quand nous nous sommes rencontrés
nous avions faim
alors nous nous sommes mordus
comme le feu,
il nous en resta des blessures.

Mais attends-moi,
garde-moi ta douceur.
Et je t’offrirai aussi
une rose.

(Pablo Neruda)


Illustration: Salvador Dali

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D’où viens-tu lumière? (Tahar Bekri)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019


lumière

 

De l’évasion de la nuit
De l’envol de l’ombre qui chavire
De la blessure de la pierre oubliée
Ou de la geste du coeur retrouvé?

(Tahar Bekri)

 

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Il est cent façons de mourir (Georges Perros)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019




    
On meurt de rire on meurt de faim
On meurt pour blessure à la guerre
On meurt au théâtre à la fin
D’un drame où le ciel est par terre.

Il est cent façons de mourir
Pour vivre on est beaucoup plus sage.
Il s’agit de savoir moisir
Entre l’espoir et le fromage.

(Georges Perros)

 

Recueil: Poèmes bleus
Traduction:
Editions:

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Ce qui manque à la parole (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019



Illustration: Karen LaMonte

    
Ce qui manque à la parole

Oublier, c’est aimer :
je t’oublie pour te retrouver
tu t’éloignes pour que revienne
le mystère de ta présence
je te parle et tu me parles
pour que s’échappe de nous
ce qui manque à la parole.

Oublier ? Le corps n’oublie pas
ses blessures, ses éveils, ses désirs
mais veut-il se souvenir
de leur secrète source ?
Oublier, c’est aimer :
c’est se fondre
au diapason des jours
à la mélodie des espaces

c’est accepter de ne plus savoir
pour connaître

et de ne plus connaître
pour exister.

Oublier, c’est aimer.

(Alain Suied)

Recueil: Sur le seuil invisible
Traduction:
Editions: Arfuyen

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Chair (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019



Illustration: Nigel Barker
    
Chair

La chair d’une femme
n’oublie pas
ne peut oublier
le combat
qui lui fit connaître l’enfant
et l’accueillir
ou non

fruit du passé
ou promesse

d’un autre avenir

le combat
de vie et de mort
le jeu de guerre

qui ouvre et referme

la blessure du néant

l’amour à cœur ouvert
l’amour aux yeux fermés
qui renaît dans

la chair d’une femme.

(Alain Suied)

 

Recueil: Sur le seuil invisible
Traduction:
Editions: Arfuyen

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Entre mots et néant (Évelyne Trouillot)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



 

Guy Baron

Entre mots et néant
l’encre trébuche
devant l’angoisse de naître
Comment garder
le poids de ta main
au chaud dans cette blessure
exclusivement mienne?

Amour des espaces interdits
rejoins-moi
en marge de ce qui fut

(Évelyne Trouillot)

Illustration: Guy Baron

 

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Quelquefois la forêt (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019



 

    

Quelquefois la forêt,
comme un corps fragile,
te demande d’ouvrir
en grand ta fenêtre,

tu obéis, avec la
complicité du jardin,
tu lui dis d’approcher,
qu’elle peut compter

sur ta joie où vibrent
encore des oiseaux que
l’âge n’a pas obscurcis

et qui planent dans
ta mémoire comme
les grandes mains
d’un crépuscule
sans blessures.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES SORCIERS ÉCUREUILS (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2019



Illustration   
    
LES SORCIERS ÉCUREUILS

Nous appliquons la lune,
Nous étendons la brume
Sur la blessure
Inguérissable des clairières,
Sans poids.

Le soir sous la lune
Nous avons des ébats que même la lune
Ne voit pas.
Nous faisons danser
En rondes brunes
Les haltes des rivières
L’ébat des bois.

Venus sans grands projets
Veulent de grands jets;
Nous voulons un monde
En grandes robes de soirée,
Pour servir la rosée.

Nous ne sommes pour personne, nous sommes!
… lutins remuants! Les hommes
Sont trop lourds pour savoir
Que pour nous un instant les eaux
Et l’ombre ont dansé.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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