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Poésie

Posts Tagged ‘blessure’

Au tribunal d’amour, après mon dernier jour… (Théodore Agrippa d’Aubigné)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022




    
Au tribunal d’amour, après mon dernier jour…

Au tribunal d’amour, après mon dernier jour,
Mon coeur sera porté diffamé de brûlures,
Il sera exposé, on verra ses blessures,
Pour connaître qui fit un si étrange tour,

À la face et aux yeux de la Céleste Cour
Où se prennent les mains innocentes ou pures ;
Il saignera sur toi, et complaignant d’injures
Il demandera justice au juge aveugle Amour :

Tu diras : C’est Vénus qui l’a fait par ses ruses,
Ou bien Amour, son fils : en vain telles excuses !
N’accuse point Vénus de ses mortels brandons,

Car tu les as fournis de mèches et flammèches,
Et pour les coups de trait qu’on donne aux Cupidons
Tes yeux en sont les arcs, et tes regards les flèches.

(Théodore Agrippa d’Aubigné)

Recueil: Poèmes par coeur
Traduction:
Editions: Seghers

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Les orties, la fumée (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2022


orties

Les orties, la fumée,
Les épines fleuries,
La cendre, l’herbe
dans tant d’absence éparse,
une dépouille humaine,
une rencontre nue,
un écho de plaisir,
une fleur animale,
deux yeux perdus,
un été familier,
une mesure d’ombre,
un soleil limité.
Boire très calme
la foudre inattendue ;
la tige découverte après l’étang de pierre,
et revenir encore à l’incendie parfait,
rêveur sous la paille,
et vénérer la paille où l’incendie se fait,
tenter contre la mort ce simple appareillage
Où ne pendent aux mâts que des voiles de flammes
Quelqu’un au bord du vertige,
une doublure agile,
un miroir de blessures.

(Alain Borne)

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POUR UNE FEMME VIVE (Pierre Gamarra)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2022



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
POUR UNE FEMME VIVE

Je ne saurai jamais quand tu m’as dit : je t’aime
je ne saurai jamais quand tu m’as dit : adieu
Si le fleuve et la mer effaçaient les poèmes,
mes mots seraient vaisseaux sur les lacs de tes yeux.

Je ne saurai jamais où commença la neige, où
revient le soleil pour les roses de mai, où ta voix
dit : je sais, quand je disais : que sais-je ? où
commença mon coeur, je ne saurai jamais.

Tu ne m’as rien donné, tu m’as donné le monde.
Lorsque tu me quittas, tu m’attendais toujours. Si
mon ciel était mort, j’aurais ta flamme blonde, et
si je revivais, je me mourrais d’amour.

Salut à toi, femme de l’aube, ma corolle,
princesse d’un hiver promise à l’églantier,
salut à toi, ma paix, mon pain, ma parabole,
salut mon indomptable et salut ma pitié.

Je te porte la palme et la farine pure,
je te livre l’orgueil avec l’humilité
Quand ces chants passeront, il restera l’été,
quand mon coeur se taira, je revivrai blessure.

Je te chante ce soir devant le monde lourd,
aux frontières d’un ciel labouré de promesses.
Je sais que je mourrai pour revivre sans cesse
et quand je revivrai, je me mourrai d’amour.

(Pierre Gamarra)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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« J’élève une rose… » (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2022



Illustration: Chantal Dufour
    
« J’élève une rose… »

J’élève une rose, et tout s’illumine
Comme ne le fait la lune, ni ne le peut le soleil :
Serpent de lumière ardente et enroulée
Ou vent de cheveux qui secoue.

J’élève une rose, et je crie vers les oiseaux
Qui ponctuent le ciel de nids et de chants.
Je bats sur le sol l’ordre qui décide
L’union des démons et des saints.

J’élève une rose, un corps et un destin
Contre le froid de la nuit qui se hasarde,
Et de la sève de la nuit et de mon sang
Je construis de la pérennité dans la vie brève.

J’élève une rose, et je laisse, et j’abandonne
Tout ce qui est douloureux de blessures et de frayeurs.
J’élève une rose, oui, et j’écoute la vie
Dans le chant des oiseaux sur mes épaules.

***

«Ergo urna rosa…»

Ergo urna rosa, e tudo se ilumina
Corno a lua não faz nem o sol pode:
Cobra de luz ardente e enroscada
Ou viento de cabelos que sacode.

Ergo urna rosa, e grito a quantas aves
O céu pontuam de ninhos e de cantos,
Bato no chão a ordem que decide
A união dos demos e dos santos.

Ergo urna rosa, um corpo e um destino
Contra o frío da nuite que se atreve,
E da seiva da rosa e do meu sangue
Construo perenidade em vida breve.

Ergo urna rosa, e deixo, e abandono
Quanto me dói de mágoas e assombros.
Ergo urna rosa, sim, e ouço a vida
Neste cantar das aves nos meus ombros.

(José Saramago)

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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Coquelicots en juillet (Sylvia Plath)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2022




    
Coquelicots en juillet

Petits coquelicots, petites flammes d’enfer,
Vous ne faites pas mal ?

Vous tremblez. Je ne sais pas vous toucher.
Je mets les mains dans les flammes. Rien ne brûle.

Et cela m’épuise de vous regarder
Trembler comme ça, rouge vif et froissés comme une bouche.

Une bouche que l’on vient d’ensanglanter.
Oh petites jupes sanglantes !

Il y a des vapeurs que je ne peux toucher.
Où est votre opium, où sont vos capsules écoeurantes ?

Si je pouvais saigner, ou dormir ! –
Si ma bouche pouvait épouser une blessure pareille !

Ou vos sucs distiller pour moi, dans cette capsule de verre,
Une stupeur, un apaisement.

Mais pas de couleur. Pas de couleur.

(Sylvia Plath)

Recueil: Ariel
Traduction: Valérie Rouzeau
Editions: Gallimard

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LE MÊME ARC (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2021



Illustration
    
LE MÊME ARC

Je dirais que je ne vois rien et que je ne sais pas.
Quelque chose est en suspens. L’heure en repos.
Je veux être vivant comme une blessure, comme un signe,
pas davantage que la rumeur d’une chose nue.
En ce moment rien n’est confus ni opaque.
Les labyrinthes sont tremblants, transparents.
On dirait que je traverse un jardin et que la vie entière
repose parmi les forces de la cendre
et l’éclat des flammes. Et je m’endors
en sentant la beauté et le temps, le même arc de lumière.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Le vase brisé (Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2021




Le vase brisé

Le vase où meurt cette verveine
D’un coup d’éventail fut fêlé ;
Le coup dut l’effleurer à peine,
Aucun bruit ne l’a révélé.

Mais la légère meurtrissure,
Mordant le cristal chaque jour,
D’une marche invisible et sûre
En a fait lentement le tour.

Son eau fraîche a fui goutte à goutte,
Le suc des fleurs s’est épuisé ;
Personne encore ne s’en doute,
N’y touchez pas, il est brisé.

Souvent aussi la main qu’on aime
Effleurant le coeur, le meurtrit ;
Puis le coeur se fend de lui-même,
La fleur de son amour périt ;

Toujours intact aux yeux du monde,
Il sent croître et pleurer tout bas
Sa blessure fine et profonde :
Il est brisé, n’y touchez pas.

(Sully Prudhomme)

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HÉTÉRODOXIES DANS LA MER EGÉE (Natalia Fernández Diaz-Cabal)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2021



Illustration: Natalia Fernández Díaz-Cabal
    

Poem in French, English, Spanish, Dutch and in Arabic, Armenian, Bangla, Catalan, Chinese, Farsi, Filipino, German, Greek, Hebrew, Hindi, Icelandic, Indonesian, Irish (Gaelic), Italian, Japanese, Kiswahili, Kurdish, Macedonian, Malay, Polish, Portuguese, Romanian, Russian, Serbian, Sicilian, Tamil, Turkish

Painting by Natalia Fernández Díaz-Cabal

Poem of the Week Ithaca 698 “HETERODOXIES AT THE AEGEAN SEA”, NATALIA FERNÁNDEZ DIAZ-CABAL, Spain

from: “Heterodoxias del tempo y la palabra”
Ediciones Alondras, 2021

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

***

HÉTÉRODOXIES DANS LA MER EGÉE

II
Tous ces héros
ont été réduits
en cendres,
en pierres
qui ne supportent plus
le pas à pas
des mélodies
arrachées
à leurs entrailles.
L’abîme
s’ouvre où
l’obscurité
des héros
imite
une blessure immortelle.

(Natalia Fernández Diaz-Cabal)
Espagne
Traduction de Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache

***

HETERODOXIES AT THE AEGEAN SEA

II
All these heroes
have been
reduced to ashes,
to stones
that no longer support
the step-by-step
of the tunes
ripped from the entrails.
The abyss opens
there where
the darkness of the heroes
mimicsn immortal wound

NATALIA FERNÁNDEZ DIAZ-CABAL, Spain
Translation Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan

***

HETERODOXIAS EN EL MAR EGEO

II
Todos esos héroes
han quedado
reducidos a cenizas,
a piedras
que ya no soportan
el paso a paso
de las melodías
arrancadas a las entrañas.
El abismo se
abre dondela oscuridad
de los héroes
imita una herida
inmortal.

NATALIA FERNÁNDEZ DIAZ-CABAL, Espana

***

HETERODOXIEËN IN DE EGEÏSCHE ZEE

II
Al deze helden
werden gereduceerd
tot as,
tot stenen
die niet langer
stapsgewijs
de melodieën verdragen
die uit de ingewanden
werden gerukt.
De afgrond
opent zich waar
de duisternis
van de helden
een onsterfelijke wonde
imiteert.

Natalia Fernández Diaz-Cabal, Spanje
Vertaling Germain Droogenbroodt

***

مُخَالِفٌ فِي بَحْرِ إيجَه

2
كُلُ هَؤُلاءِ الأَبْطَال
تَحَوَّلُوا إِلَى رَمَادٍ ،
إِلَى حِجَارَة
لاَ دَاعِمَ لَهَا مِن السُّقُوطِ

شَيئًا فَشَيئًا
تَتَشَقَّقُ الأَلْحَانُ مِن الأَعْمَاق.
تَنْفَتِحُ الهَاوِيَة
حَيْثُ ظُلْمَةُ الأَبْطَالِ
تَبْدُو كَأَنَّهَا تُقَلِّدُ جُرْحًا خَالِدًا
نتاليا فرنانديز دياز- كابال، إسبانيا
ترجمة للعربية: عبد القادر كشيدة
من مجموعة: « مخالفة الإيقاع والكلام ”

Translated into Arab by Mesaoud Abdelkader

***

ՀԵՏԵՐՈԴՈՔՍՆԵՐ ԷԳԵՅԱՆ ԾՈՎՈՒՄ

II
Այս բոլոր հերոսները
վերածվել են
մոխրի,
քարերի,
որոնք այլևս
չեն դիմացել
երկրի ընդերքից հետզհետե
պոկվող մեղեդիներին:
Անդունդը բացվում է
այնտեղ, ուր
հերոսների խավարը
նմանվում է
անմահացած վերքին:

Հայերեն թարգմանությունը՝ Արմենուհի Սիսյանի
Translated into Armenian by Armenuhi Sisyan

***

ইজিয়ান সাগরে হিটারডক্সি
II
সকল বীরেরা
হয়েছে
বিলীন ছাই থেকে,
পাথরে
যা আর করেনা বহন
ক্রমে
সংগীতের সুর
যা ছিড়ে গেছে অন্ত্রে থেকে ।
অতল স্পর্শ গভীর গহ্বর
সেখানে যেখানে
আছে অন্ধকার
বীরদের
একটি অবিনশ্বর ক্ষত
করে অনুবর্তন ।

নাটালিয়া ফার্নান্দেজ ডায়াজ-ক্যাবল, স্পেন
অনুবাদ জার্মেইন ড্রোজেনব্রুড
Bangla Translation: Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

THETERODÒXIES AL MAR EGEU
II
Tots aquests herois
han quedat
reduïts a cendres,
a pedres
que ja no suporten
el pas a pas
de les melodies
arrencades a les entranyes.
L’abisme
s’obre on
la foscor
dels herois
imita una ferida
immortal.

NATALIA FERNÁNDEZ DIAZ-CABAL, Espanya
Translated into Catalan by Natalia Fernández Diaz-Cabal

***

在爱琴海的异教徒

所有这些英雄
已经被
缩减成灰烬,
化成石头
不再忍受
撕心裂肺
旋律的
频繁步调。

深渊打开了
在那儿
这些英雄的
黑暗
仿效不朽的
伤口。

原作:西班牙 娜塔莉亚·费尔南德斯·迪亚兹·卡巴尔
英译:比利时 杰曼·卓根布鲁特
汉译:中 国 周道模 2021-9-18
Translated into Chinese by Willam Zhou

***
مرتدان در درياى اژه

تمام این قهرمانان
تبدیل
به خاکستر شده‌اند،
به سنگ‌ها
که دیگر تحمل نمی‌کند
گام به گام
آواهایی
برآمده از اندرون.
پرتگاه می‌شکافد
جایی‌که
سیاهی
قهرمانان
که دنبال می‌کند
زخم‌های جاودانه را.

ناتالیا فرناندز دیاز-کابال، اسپانیا
ترجمه: سپیده زمانی
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

MGA HETERODOKSIYS SA KARAGATAN NG AGEAN
(KAKAIBANG PANINIWALA)

II
Ang lahat ng mga bayaning ito
ay pawang
napaging abo,
na naging bato
kung saan hindi na kinaya
ang paunti-unting
tunog na
nagulanit mula sa mga lamang loob.
Ang kalaliman ay bumukas
kung saan
ang karimlan
ng mga bayani
ginagaya ang hindi na gumagaling na
sugat.

NATALIA FERNÁNDEZ DIAZ-CABAL, Spain
Isinalinsa Wikang Filipino ni Eden Soriano Trinidad
Translated into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

HETERODOXIEN IM ÄGÄISCHEN MEER

II
Alle diese Helden
wurden
zu Asche,
zu Steinen
die nicht mehr
die Bedeutung
der Melodien
ertragen können
die man den Eingeweiden
entrissen hat.
Der Abgrund öffnet sich
wo das Dunkel
der Helden
eine unsterbliche Wunde
nachbildet.

Natalia Fernández Diaz-Cabal, Spanien
Übersetzung Germain Droogenbroodt – Wolfgang Klinck

***

ΑΝΤΙΘΕΣΕΙΣ ΣΤΟ ΑΙΓΑΙΟ
ΙΙ
Οι ήρωες αυτοί γίνανε στάχτη
βράχια που
δεν καταλαβαίνουν βήμα στο βήμα μελωδίες
αποσπασμένες απ’ τα εντόσθια τους
Η άβυσσος ανοίγει
εκεί που το σκοτάδι των ηρώων
μιμείται το αιώνειο τραύμα

Natalia Fernández Diaz-Cabal, Spain
Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translated into Greek by Manolis Aligizakis

***

חילוקי דעות בים האגאי / נטליה פרננדס דיאז-קבל, ספרד

2
כָּל אוֹתָם גִּבּוֹרִים
צֻמְצְמוּ לְאֵפֶר,
לַאֲבָנִים
שֶׁאֵינָם נוֹשְׂאִים עוֹד,
צַעַד אַחַר צַעַד,
אֶת הַנִּגּוּנִים
שֶׁנִּקְרְעוּ מֵהַקְּרָבַיִם.

הַשְּׁאוֹל נִפְתָּח
שָׁם, הֵיכָן
שֶׁחֶשְׁכַת
הַגִּבּוֹרִים
מְחַקָּה פֶּצַע
נִצְחִי.

תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
Natalia Fernández Diaz-Cabal, Spain
Translated into Hebrew by Dorit Weisman

***

ईजियन सागर में विषमताएं

II
ये सभी नायक रहे हैं
राख में सिमट गए,
पत्थरों में
जिस पर अब कोई निशान नहीं है
कदम दर कदम
धुनों का
अब तक इन अंतड़ियों से फटे हुए।
रसातल खुल जाता है
वहाँ
जहाँ अँधेरा
नायकों की नकल
एक अमरता का
घाव।

नतालिया फर्नांडीज डियाज़-कैबल, स्पेन l
Hindi translation by Jyotirmaya Thakur.

***

HETERODOKS DI LAUT AEGEA

II
Semua ksatria
diduga
menyusut jadi abu,
dan batu
yang tidak lagi menumpu
tahap demi tahap
dari nada dan irama
yang terkoyak dari sanubari.
Jurang kematian menganga
disana dimana
kegelapan dari para ksatria
mendapati
luka abadi.

Natalia Fernández Diaz-Cabal, Spain
Translation Lily Siti Multatuliana (Indonesia)

***

HEITREADOCSACHT SA MHUIR AEIGÉACH

II
Rinneadh smionagar
is luaithreach
de na laochra,
na clocha
balbha,
ní chluintear coiscéim
ná allagar,
céasadh ná gáir chatha.
Osclaíonn aibhéis
sa Mhuir Aigéach,
i nduibhe
na laochra
aibhéis na gonta
síoraí.

Natalia Fernández Diaz-Cabal, An Spáinn
Aistriúchán le Rua Breathnach
Translated into Irish (Gaelic) by Rua Breathnach

***

VILLUTRÚ Í EYJAHAFI

II
Allar hetjurnar
eru orðnar
að ösku,
steinum
og bera ekki lengur
hænufet
sönvanna
rifin upp úr iðrunum.
Hyldýpið opnast
þar sem
myrkur
hetjanna
hermir eftir ódauðlegu
sári.

Natalia Fernández Diaz-Cabal, Spáni
Þór Stefánsson þýddi samkvæmt enskri þýðingu Germains Droogenbroodt
Translated into Islandic by Thor Stefánsson

***

ETERODOSSIE SUL MARE EGEO
II
Tutti questi eroi
sono stati
ridsotti in cenere,
in pietre
che più non sopportano
i passi dopo passi
delle melodie
strappati dalla viscere.
Gli abissi si aprono
là dove
l’oscurità
degli eroi
imita un’immortale
ferita.

Natalia Fernández Diaz-Cabal, Spagna
Traduzione di Germain Droogenbroodt e Luca Benassi
Translated into Italian by Luca Benassi

***

エーゲ海の異教Ⅱ

英雄たちは皆、灰となり
石となった
もはや内側から引き裂かれた
旋律の階梯に耐えることなく

英雄たちの暗闇が
不滅の傷を再現する時
深遠はそこに開く

ナタリア・フェルナンデス・ディアスーカバル(スペイン)
Translated into Japanese by Manabu Kitawaki

***

KINYUME NA IMANI KWENYE BAHARI LA AEGEAN

II
Hawa mashujaa wote wamepunguzwa
wakawa majivu,
wakawa mawe
ambayo haiwezi vumilia
kukanyangwa na nyayo kwa nyayo za wimbo ulio raruliwa kutoka matumbo.
Shimo lenyewe linafunguka
pale ambapo
kunalo giza
la mashujaa
linalo iiga mfano wa jiraha lisilo na mwisho wa uhai.

Natalia Fernández Diaz-Cabal, Spain
Translated into Kiswahili by Bob Mwangi Kihara

***

II

Ev lehengina hemî
bûne arî,
kevir
ewên nikanin
bere bere
awazan
gotirbikin
ewên hinava wan
hatine çriandin.
Çal vedibe
likuderê siya
lehenegan
birîneke nemir
hêştine.

Natalia Fernandez Diaz-Cabal, Êspaniya
Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

ХЕТЕРОДОКСИИТЕ НА ЕГЕЈСКОТО МОРЕ

II
Сите овие херои
станале
пепел,
камења
кои не можат повеќе да го издржат
ситниот чекор
на мелодиите
скинати од утробата.
Амбисот се отвора
таму каде
темнината
на хероите
имитира бесмртна
рана.

Наталија фернандез Диаз-Кабал, Шпанија
Превод на македонски јазик: Даниела Андоновска-Трајковска
Translated into Macedonian: Daniela Andonovska Trajkovska

***

PENYIMPANGAN DI LAUT AEGEAN

II
Para perwira ini
telah
merosot menjadi abu,
menjadi batu-batu
yang tidak lagi mampu menyokong
langkah demi langkah
irama-irama
yang terkoyak dari jiwa.

Rongga terbuka
di situ
kegelapan para perwira
menyerupai
luka abadi.

Natalia Fernández Diaz-Cabal
Malayan translation by Dr. Irwan Abu Bakar

***

ODMIENNE WERSJE WIERZEŃ Z MORZA EGEJSKIEGO

II
Ze wszystkich tych półbogów
pozostały jedynie
popioły,
kamienie
które nie niosą już
krok za krokiem
melodii
wydartych z trzewi
Otchłań otwiera się
tam, gdzie
mrok
herosów
naśladuje ranę
nieśmiertelną.

Natalia Fernández Diaz-Cabal, Hiszpania
Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Anna Maria Stępień

***

HETERODOXIAS NO MAR EGEU

II
Todos esses heróis
ficaram
reduzidos a cinzas,
a pedras
que já não suportam
a passagem
das melodias
arrancadas às entranhas.
Abre-se o abismo
no lugar onde
a escuridão
dos heróis
imita uma ferida
imortal.

Natalia Fernández Diaz-Cabal, Espanha
Tradução portuguesa: Maria do Sameiro Barroso

***

HETERODOXII ÎN MAREA EGEE

II
Toți eroii aceștia
au rămas
reduși la cenușă, la pietre
care nu mai suportă
pașii tărăgănați
ai melodiilor
smulse din rărunchi.
Abisul se desface
acolo unde
întunecimea eroilor
imită o rană
imortală.

Natalia Fernández Diaz-Cabal, Spania
Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

ЕРЕСИ В ЭГЕЙСКОМ МОРЕ

II
Все эти герои
теперь стали
пеплом,
камнями.
Они уже
не проносят
мелодий,
освобожденных
из самого сердца.
Разверзлась
пропасть, где
тьма
героев
притворилась
нескончаемой раной.

Наталия Фернандес Диас-Кабаль, Испания
Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translated into Russian by Daria Mishueva

***

OTPADNIŠTVO NA EGEJSKOM MORU

II
Svi ti junaci
se pretvoriše u pepeo,
u kamenje
koje više nema
pesmu radosti
u svom biću
dok maršira.
Bezdan se otvara
amo gde
tama
junaka
podražava besmrtnu ranu.

Natalia Fernández Diaz-Cabal, Spain
Sa engleskog prevelar S. Piksiades
Translated into Serbian by S. Piksiades

***

ETERODOSSII NTA LU MARI IGEU

Tutti sti eroi
hannu statu
ridduciuti a cinniri
e petri
ca non supportanu cchiù
lu passiari
di li miludii
strazzati di li ntistini.

L’abissu si apri
ddà unni
l‘oscurità di li eroi
imita na firita
mmortali

Natalia Fernández Diaz-Cabal, Spain
Traduzioni in Siciliano di Gaetano Cipolla

***

ஏஜியன் கடலில் வேறுபாடுகள்

இந்த பாட்டுடைத் தலைவர்கள்அனைவரும்
சாம்பலாகவும்,
கற்களாகவும்
குறைக்கப் பட்டுவிட்டனர்.
படிப்படியான
இன்னிசைகளாகவும் இல்லை.
குடலினின்று கிழிக்கப்பட்டு
iRaiwwiiஇறப்பற்ற காயத்தைப் போன்ற
பாட்டுடைத்தலைவர்களின் இருள்
நிறைந்த பாதாளம்
திறக்கிறது!
ஆக்கமும் மொழியாக்கமும்

Natalia Fernandez Diaz – Cabal, Spain
Translated into Tamil by DR. N V Subbaraman

***

EGE DENİZİNDE AYKIRI FİKİRLER
II

kahramanların hepsi
dönüştü
kül ve taşlara
onlar ki
desteklemiyor
iç organların
birer birer
kopuş ezgisini

uçurum açılır orada
orası ki
kahramanların karanlığının
benzediği yerdir
bir onmaz yaraya

Natalia Fernandez Dial-Cabal
İngilizceden çeviren: Muhsine Arda
Translated into Turkish by Muhsine Arda

 

Recueil: ITHACA 698
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
Holland: https://boekenplan.nl
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
France: https://arbrealettres.wordpress.com
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
Romania: http://www.logossiagape.ro; http://la-gamba.net/ro; http://climate.literare.ro; http://www.curteadelaarges.ro.; https://cetatealuibucur.wordpress.com
Spain: https://www.point-editions.com; https://www.luzcultural.com
India: https://nvsr.wordpress.com; https://ourpoetryarchive.blogspot.com>
USA-Romania: http://www.iwj-magazine.com/journal02

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Les Rois Mages (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2021



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Les Rois Mages

Avancerons-nous aussi vite que l’étoile
La randonnée n’a-t-elle pas assez duré
Réussirons-nous enfin à l’égarer
cette lueur au milieu de la lune et des bêtes
qui ne s’impatiente pas

La neige avait tissé les pays du retour
avec ses fleurs fondues où se perd la mémoire
De nouveaux compagnons se mêlaient à la troupe
qui sortaient des arbres comme les bûcherons
Le Juif errant peinait, aux blessures bafouées
Des fourrures couvraient le roi noir malade à mourir
Le pasteur de la faim est avec nous
Ses yeux bleus éclairent son manteau d’épluchures
et le troupeau rageur des enfants prisonniers

Nous allions voir la joie nous l’avons cru
la joie du monde née dans une maison par ici
C’était au commencement … Maintenant on ne parle pas
Nous allions délivrer un tombeau radieux
marqué d’une croix par les torches dans la forêt

Le pays n’est pas sűr les châteaux se glissent derrière nous
Pas de feu dans l’âtre des relais Les frontières
remuent à l’aube par les coups défendus
Nos paumes qui ont brisé les tempêtes de sable
sont trouées par la charançon et j’ai peur de la nuit

Ceux qui nous attendaient dans le vent de la route
se sont lassés le chœur se tourne contre nous
Par les banlieues fermées à l’aube les pays sans amour
nous avançons mêlés à tous et séparés
Sous les lourdes paupières de l’espérance
La peur haletait comme une haridelle

Nous arriverons trop tard le massacre est commencé
les innocents sont couchés dans l’herbe
Et chaque jour, nous remuons des flaques dans les contrées
Et la rumeur se creuse des morts non secourus
qui avaient espéré en notre diligence

Tout l’encens a pourri dans les boîtes en ivoire
et l’or a caillé nos cœurs comme du lait
La jeune fille s’est donnée aux soldats
que nous gardions dans l’arche pour le rayonnement
pour le sourire de sa face

Nous sommes perdus On nous a fait de faux rapports
C’est depuis le début du voyage
Il n’y avait pas de route il n’y a pas de lumière
Seul un épi d’or surgi du songe
que le poids de nos chutes n’a pas su gonfler
Et nous poursuivons en murmurant contre nous
tous le trois brouillés autant qu’un seul
peut l’être avec lui-même
Et le monde rêve à travers notre marche
dans l’herbe des bas-lieux
et ils espèrent
quand nous nous sommes trompés de chemin

Egarés dans les moires du temps – les durs méandres
qu’anime le sourire de l’Enfant –
chevaliers à la poursuite de la fuyante naissance
du futur qui nous guide comme un toucheur de bœufs
je maudis l’aventure je voudrais retourner
vers la maison et le platane
pour boire l’eau de mon puits que ne trouble pas la lune
et m’accomplir sur mes terrasses toujours égales
dans la fraîcheur immobile de mon ombre…

Mais je ne puis guérir d’un appel insensé.

(André Frénaud)

Illustration: Leopold Kupelwieser

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La Femme Peuplier (Jeanne Benameur)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2021



Illustration: Rémi Polack
    
La Femme Peuplier

Celle qui porte la joie
dans chaque frisson sur sa peau on l’appelle
La Femme Peuplier

Elle va
nue et souriante
les bras grands ouverts

Du Peuplier
elle a le frémissement à chaque souffle qui passe
Elle n’appelle rien mais tout va vers elle
Joyeuse elle s’offre à la caresse qui vient Sans retenue

Celui qui a la chance de la voir quand elle va ainsi nue et offerte
peut trouver la joie tout entière
dans chaque boucle de ses cheveux

Elle n’apparaît dans aucun rêve

Il faut
pour la voir
être celui qui chemine et que la chance aide

Certains passent à côté d’elle
et ne la voient pas

Son offrande est si vaste qu’elle est silencieuse

Ceux qui passent
la tête encombrée des bruits du monde
et du fracas des disputes vaines
n’ont aucune chance de poser la main sur son sein

Ils disent que la joie n’existe pas
que celui qui a été blessé un jour
garde sa blessure pour toujours.
Savent-ils que d’une caresse La
Femme Peuplier peut les rendre à
la joie du monde?

La Femme Peuplier s’est mise en route

Elle est cette femme qui marche dans les rues
et rien ne la distingue des autres femmes
Mais ceux qui l’approchent
sentent un souffle nouveau
les caresser
Ils repartent d’un pas plus léger
vers celles qui les attendent dans les maisons
celles qu’ils appellent leurs femmes
Ils sourient sans savoir pourquoi.

(Jeanne Benameur)

 

Recueil: De bronze et de souffle, nos coeurs
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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