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Poésie

Posts Tagged ‘bleu’

Chaque année plus longue (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017




    
Chaque année plus longue, la fin de l’hiver
De cri en cri nous redoutons de suivre les mouettes
qui assaillent la ville les portes n’y font rien, fermées,
ni les corps repliés.
On ne respire que pour soi.

Petite fille, pas même un an, tournée vers la lumière,
pour la première fois nous lui désignons les oiseaux
et tout de suite elle avance les mains comme le souffle
et sur la vitre chaude, que devons-nous dire ?
palpite ou résonne un ciel aussi bleu que ses yeux.

(Pierre Dhainaut)

 

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Les promesses du feu (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017



Illustration: Jean-Marie Reynaud
    
Les promesses du feu

Ce fer amour que je forge deux fois,
Va le jeter dans l’extase liquide.
Entends siffler le métal rouge orange
Devenu bleu par morsure de l’eau.

Comme un poumon ce soufflet qui s’anime
Et porte l’air au coeur du brasier.
Un autre fer pour un même cheval
Qui tirera le soc sur les labours.

Un autre, un autre encore pour l’image
De quatre fers, quatre points cardinaux
Qui jailliront comme des étincelles
Pour situer ta présence en ces lieux.

Coups sur l’enclume, un village s’éveille.
Coups sur le fer, une forme apparaît.
Le forgeron sous son cuir a des ailes
Et sur son front des perles de rosée.

Qui les dira ses prouesses cosmiques
Mariant l’air et la terre et le feu ?
Le bras se lève et retombe en cadence
Et le fer chante et chante le marteau.

L’adolescent qui regarde la flamme
Forge sa vie et contemple ce bras
Si musculeux, si noueux qu’il évoque
De vieux exploits enfouis dans l’Histoire.

Et cette odeur de charbon, de matière,
De fer à blanc, de sueur sur la chair
Grise l’instant. Des chapelets de fers
Sur le mur noir attendent leur voyage.

Frères du jour revenons à ces forges
Où fut un homme au visage de feu
Que je revois, présence salvatrice,
Quand le présent m’assaille de sa nuit

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

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Un rien me fait chanter (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017



 

Christian Schloe  1_  500

Un rien me fait chanter

{Refrain:}
Un rien me fait chanter
Un rien me fait danser
Un rien me fait trouver belle la vie
Un rien me fait plaisir
Un rêve un désir
Un rien me fait sourire l´âme ravie
Quand le ciel est joyeux, je me sens le cœur heureux
Et même quand il pleut j´aime la pluie
J´aime la terre les fleurs la vie et le ciel bleu
Et puis les femmes les femmes les femmes qu´ont les yeux bleus

Venez avec moi
Je cours dans les bois
Je brûle des branches pourries
Au cœur de l´hiver
Il y a du bois vert
Au printemps la neige est fleurie
Et la marmotte dit à l´écureuil :
« Depuis trois mois je n´ai pas fermé l´œil »

{au Refrain}

Marmotte vous mentez voici venir l´été
Les oiseaux vont chanter dans la nature
Aimons nos pères nos mères la vie et le Bon Dieu
Et puis les femmes les femmes les femmes qu´ont les yeux bleus

Bonjour mes amis
Le ciel a permis
Que l´on chante encore par le monde
La joie et l´amour
Reviendront un jour
Chantons tous en chœur à la ronde
Ho là! là! garçons et filles jolies
Dites-vous bien chaque jour chaque nuit

{au Refrain}

(Charles Trenet)

Illustration: Christian Schloe

 

 

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Toute nue (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017


galados

Toute nue aux plis de satin bleu,
Elle riait du présent, mon bel esclave

(Paul Eluard)

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Ménagère (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017




    
Ménagère mouche l’avant-printemps
A la fenêtre c’est du propre
En beauté sur le carreau
Que ça brille du ciel bien fait par transparence
Du bleu vitre qu’on s’y mire
Ménagère mouche mouche écrase
Du ciel bien fait

(Valérie Rouzeau)

 

Recueil: NEIGE RIEN
Editions: Editions Unes

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Anniversaire (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017



Anniversaire

« Et j’avais cinquante ans quand cela m’arriva. »

Je ne crois plus au langage des fleurs
Et l’Oiseau bleu pour moi ne chante plus.
Mes yeux se sont fatigués des couleurs
Et me voici las d’appels superflus.

C’est en un mot, la triste cinquantaine.
Mon âge mûr, pour tous fruits tu ne portes
Que vue hésitante et marche incertaine
Et ta frondaison n’a que feuilles mortes !

Mais des amis venus de l’étranger,
— Nul n’est, dit-on, prophète en son pays —
Du moins ont voulu, non encourager,
Consoler un peu ces lustres haïs.

Ils ont grimpé jusques à mon étage
Et des fleurs plein les mains, d’un ton sans leurre,
Souhaité gentiment à mon sot âge
Beaucoup d’autres ans et santé meilleure.

Et comme on buvait à ces vœux du cœur
Le vin d’or qui rit dans le cristal fin,
Il m’a semblé que des bouquets, en chœur,
Sortaient des voix sur un air divin ;

Et comme le pinson de ma fenêtre
Et le canari, son voisin de cage,
Pépiaient gaiement, je crus reconnaître
L’Oiseau bleu qui chantait dans le bocage.

(Paul Verlaine)

Illustration: Remy Disch

 

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LES POUVOIRS DE L’AMOUR (IX) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017



 

Illustration: Serge Marshennikov
    
LES POUVOIRS DE L’AMOUR (IX)

Le jour commence à reconnaître les fenêtres
avant de s’avancer sur la terre
dans les tessons de la rosée,
parmi les cailloux qui veulent te voir, nue.

Dans la chambre où tu dors,
il trace une presqu’île de clarté,
haute seulement de ta gorge dénudée
et d’un visage d’où tu dois éclore.

Le soleil passe à travers ta lingerie
comme si elle était le plus pur des nuages.
Il y demeure jusqu’au moment
où elle reprendra la forme de ton corps.

Tu attends qu’il se couche sur toi
pour le serrer contre ton ventre
et, lorsque tu lui en ouvres les bords,
il devient bleu dans tes yeux.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LES POUVOIRS DE L’AMOUR (VIII) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
LES POUVOIRS DE L’AMOUR (VIII)

Le soleil est dans les pierres
comme une statue renversée.
L’ombre est dans les arbres
comme une main coupée.

Les villages sont blancs
dans le cercle bleu de l’été.
Les insectes qui poursuivent le jour
se tuent dans les vitres.

Tu es seule à savoir faire rire les cailloux
qui glissent sous la verdure comme des poissons
et les ruisseaux essaient en vain
de voir au travers de la terre.

Nous nous arrêtons dans les moissons
et l’univers s’arrête en même temps que nous.
Nous sommes sûrs qu’aucun chemin n’a pu nous suivre,
que la mort même a perdu notre trace.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LES MOUETTES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2017



 

trois mouettes

LES MOUETTES

Je te donne trois mouettes

La pulpe d’un fruit
Le goût des jardins sur les choses

La verte étoile d’un étang
Le rire bleu de la barque
La froide racine du roseau

Je te donne trois mouettes
La pulpe d’un fruit

De l’aube entre les doigts
De l’ombre entre les tempes

Je te donne trois mouettes
Et le goût de l’oubli.

(Andrée Chedid)

Illustration

 

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Retouche à la traversée (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2017




    
retouche à la traversée

une ombre à la main la lumière attend
près d’un bleu de barque à fleuve blanc

on voit bien les trous dans l’heure en suspens

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie Retouches
Editions: Gallimard

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